Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

DU 30 novembre au 06 décembre (2 films) 12 novembre, 2011

Classé dans : Archives — Moïse @ 18:22

LE COCHON DE GAZA

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Film de Sylvain Estibal (comédie – France – 2011 – 1h39 – V.O.S.T.)
Avec Sasson Gabai, Baya Belal, Myriam Tekaïa …

Dans la longue liste de films évoquant de près ou de loin le conflit israélo-palestinien et au milieu d’une litanie de pleurs et de souffrance, Sylvain Estibal prend le parti du rire. Malgré les embûches – c’est son premier film, il s’attaque au conflit du Proche Orien et choisit délibérément un ton casse-gueule pour un pareil sujet – le réalisateur s’en sort haut la main. À Gaza, Jafaar, pauvre pêcheur au quotidien difficile, remonte un beau jour dans ses filets… un cochon, animal impur par excellence dans la culture musulmane, mais aussi dans celle des voisins juifs. Après avoir à tout prix voulu s’en débarrasser, Jafaar imagine une autre solution qui profiterait à son portefeuille. Un petit arrangement avec Allah, un retour au pragmatisme qui apparaît finalement comme la seule sortie de crise du conflit. De ce point de départ absurde s’il en est, Sylvain Estibal tire un récit drôle, intelligent et ingénieux sur le rapprochement de deux peuples. Le réalisateur déploie humblement une histoire rythmée et tout entière guidée par l’humour. Il est porté, d’abord, par une galerie de personnages hauts en couleur, qui gravitent autour de Jafaar. Loin de se juxtaposer les uns et les autres comme autant de prétextes à saynètes, ces personnages secondaires contribuent à un portrait d’un Gaza tout aussi déjanté que décrépi. Portrait complété, d’autre part, dans la grande tradition du clown chaplinesque, par un savoureux comique de geste, construit sur les allers-retours de l’autre côté du grillage, où Jafaar entre dans l’antre de l’ennemi pour y faire commerce de la semence de son cochon, trajet pour lequel il faut sans cesse imaginer des stratagèmes auprès des policiers pour déguiser ses réelles intentions. L’ingéniosité du réalisateur se lit dans l’intelligence avec laquelle il place quelques métaphores de la situation politiques jamais trop appuyées, mais toujours bâties sur ce principe de degré supplémentaire dans l’absurde, de personnages parlant chacun dans leur sphère sans atteindre l’autre, alors qu’ils se ressemblent tant. Les archétypes politiques attendus dans un tel contexte se présentent sous un nouveau genre, qui les débarrasse de leurs oripeaux moraux au profit d’un message véhiculé par la bouffonnerie. Drôle, parfois même désopilant, Le Cochon de Gaza est une fable pétrie d’humanisme… qui peut même se permettre une pointe de naïveté dans son final puisqu’elle a posé les règles du conte, de l’utopie, dès le début. La fable d’un rêveur éveillé dont l’humour casse les stéréotypes politiques offerts par certains mélodrames politiques trop discursifs.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 01 décembre à 21h (séance suivie d’une discussion avec l’association France Palestine Solidarité)
vendredi 02 décembre à 21h

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 04 décembre à 17h
lundi 05 décembre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 04 décembre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 06 décembre à 20h30

 

 

DU SILENCE ET DES OMBRES

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Film de Robert Mulligan (drame – USA – 1963 – 2h09 – V.O.S.T.)
Avec Gregory Peck, Mary Badham, Phillip Alford …

Film programmé dans le cadre du cycle « mémoire du cinéma » en partenariat avec Les Écrans

Méconnu en France, Du silence et des ombres est presque autant célèbre aux États-Unis que le livre dont il a été tiré, To Kill a Mockingbird (Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur). Un roman qui a valu le prix Pulitzer 1961 à son auteur Harper Lee, amie d’enfance de Truman Capote qui l’aida dans la longue enquête devant aboutir à De sang froid… Harper Lee y raconte, de façon romancée, son enfance dans l’Alabama des années 1930 et dessine la figure imposante d’un père avocat, qui lui apprit le sens de la justice et de la droiture morale. Le film en noir et blanc de Robert Mulligan (futur auteur d’Un été 42), fidèle au livre, nous plonge dans son premier tiers dans le monde de l’enfance, où l’on s’amuse à se faire peur pour un oui ou pour un non.L’héroïne, la jeune Scout, son frère Jem – des orphelins de mère – et leur nouveau copain Dill sont fascinés par la demeure de leur voisin. Ils l’imaginent hantée par une créature dangereuse, qui n’est autre que Boo Radley, le mystérieux fils de la maison.On retrouve dans l’adaptation de Mulligan l’ambiance de La Nuit du chasseur de Charles Laughton (et du roman de Davis Grubb), soit un mélange de mythologie biblique et de littérature gothique sur fond de moiteur et de peur, commun aux écrivains du Sud.Ensuite, le récit dévie et Du silence et des ombres devient un film de procès. Le père des enfants, Atticus (Gregory Peck, qui obtint un oscar au passage), va devoir défendre un ouvrier agricole noir accusé d’avoir violé une jeune fille blanche.Nous sommes en 1932 dans le Sud, où l’on pratique allègrement le lynchage… Les trois enfants, lors de ce procès, vont découvrir à la fois la violence dont les hommes et la société peuvent se rendre coupables, et la noblesse morale d’un père qu’ils connaissaient au fond très mal.Enfin, ils découvriront aussi le vrai visage de Boo Radley (Robert Duvall dans son tout premier rôle au cinéma !). Humaniste par l’ambition affichée de son sujet, souvent perçu comme un vibrant plaidoyer contre le racisme, c’est donc lorsqu’il nous emmène de l’autre côté du décor, du côté des premiers frémissements d’une peur viscérale, que le film prend toute son ampleur. Donnant à voir des enfants qui s’amusent à se faire peur, dans une campagne du Sud des États-Unis dont il a fait son terrain de jeu de prédilection, Mulligan offre un miroir au spectateur qui, dans la salle obscure, cherche à son tour d’excitants frissons. Et du même coup, il laisse deviner comment cette recherche instinctive d’épouvantails imaginaires peut amener des groupes entiers à se livrer à des chasses aux sorcières contre leurs ennemis présumés, ou à se passionner pour les péripéties de terrifiants procès.


Lamastre
(centre culturel) :
mardi 06 décembre à 21h

Vernoux (salle du lac) :
lundi 05 décembre à 18h

 

 

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