Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

Du 15 au 21 février (2 films) 21 février, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 23:06

LOUISE WIMMER

Du 15 au 21 février (2 films) dans Archives affiche-Louise-Wimmer
Film de Cyril Mennegun (Drame – France – 2012 – 1h20)
Avec Corinne Masiero, Jérôme Kircher, Anne Benoit, Marie Kremer…

L’héroïne, Louise Wimmer (Corinne Masiero, une révélation), en concurrence directe avec les personnages féminins de Ken Loach, est une quadra plus tellement pimpante qu’un divorce apparemment brutal a plongée dans l’enfer de la précarité. Femme de ménage à la solde d’un patron tyrannique, elle dort dans sa voiture, consume ses journées entre les PMU et les baises sans amour dans des hôtels miteux. Elle est peu aimable (mais qui le serait ?), presque antipathique, et refuse à quiconque de dévoiler le moindre indice sur son passé – trop fière ou simplement enfermée dans le déni. Arc-boutée contre la fatalité, elle incarne la volonté de prendre son destin en main. Louise est d’autant plus héroïque qu’elle est ordinaire. Louise vit au bord du gouffre et le film ressemble d’abord à la peinture d’une situation sociale, d’une précarité montrée ici dans sa forme la plus extrême. Si Louise Wimmer s’en tenait à ce seul propos, ce serait un film méritoire, un « cri d’alarme » ou un « implacable réquisitoire ». Or, c’est bien plus que ça. On voit bien avec ce portrait en pointillé ce qui motive le film, sa volonté de ne rien céder à la psychologie, de camper les effets quotidiens et prosaïques d’un déclassement : Louise Wimmer restera un mystère, l’esquisse du drame des travailleurs pauvres. Mais dans ce bloc de misère, le réalisateur et la comédienne sculptent peu à peu un personnage d’une grande complexité. Issu du documentaire, Cyril Mennegun signale à grands traits son expertise dans des séquences hyperréalistes, accordées par un scénario malin qui fait du plus petit accident un nouveau motif de suspense. Tout cela serait déjà vu ou anecdotique si Louise Wimmer n’entraînait pas dans sa chute une idée de la France telle qu’elle va, et dont les termes propulsent le film bien au-dessus de la petite chronique à fleur de réel. Le monde du travail, le vieux mythe de la solidarité de classe, la famille, l’amitié : c’est un champ de ruines dans lequel se débat Louise Wimmer, un vaste no man’s land où les valeurs d’hier sont battues en brèche par un capitalisme sans nom.

Film précédé d’un court métrage:

L’HOMME À LA GORDINI

un film de Jean-Christophe Lie (Animation – France – 2009 – 0h10)

Fin des années 1970, une banlieue imaginaire où la coutume est de ne porter ni de slip ni de pantalon, uniquement des hauts oranges. Avec l’aide d’un insurgé masqué en R8 Gordini bleue, Monsieur R et sa femme préparent une révolution vestimentaire radicale et s’élancent à l’assaut du totalitarisme monochromatique orange.

 

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 16 février à 21h

vendredi 17 février
21h

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 19 février à 17h
lundi 20 février à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 19 février à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 21 février à 20h30

 

CARMEN JONES

affiche-carmen-jones dans Archives
Film de Otto Preminger (romance / musical – USA – 1981 – 1h47 – V.O.S.T.)
Avec Dorothy Dandridge, Harry Belafonte, Pearl Bailey, Olga James …

Pendant la Seconde Guerre mondiale, dans le Sud des Etats-Unis, au milieu d’un camp militaire, la jolie Carmen Jones aux mœurs légères fait tourner les têtes des soldats, provoquant des rivalités jalouses. Joe se laisse séduire, abandonne sa gentille fiancée pour la sulfureuse Carmen et devient déserteur. Il est mis en prison mais Carmen accepte d’attendre sa sortie pour qu’ils continuent de filer leur parfait amour… Le roman originel de Mérimée pour l’histoire, l’opéra de Bizet pour la musique, le musical de Broadway, pour sa transposition du drame dans un milieu exclusivement afro-américain : autant de sources dont se nourrit Preminger pour livrer une version cinématographique de Carmen finalement tout à fait personnelle. On ne s’étonnera pas qu’une telle histoire ait pu intéresser un cinéaste particulièrement porté sur les personnages hors normes. Loin de tout académisme, son Carmen Jones est riche en audaces. Il fallait d’abord oser réintégrer dans la transposition contemporaine de cette histoire ancienne les airs d’opéra que le musical avait délaissés. Le choc entre des registres d’art a priori antagonistes ne se produit pas seulement à l’échelle des séquences, mais au sein même des passages chantés, qui fusionnent les mélodies de Bizet à la langue populaire qui leur sert d’appui. Ce sont ces paroles qui font le lien entre les scènes parlées et chantées et donnent aux interventions musicales toute leur pertinence. Comme Carmen Jones, cette femme qu’une forme de sagesse retient d’accorder trop d’importance à la vie, le film qui porte son nom fait une sorte de constat de la nature irrationnelle et immorale de l’être humain, rendant compte avec acuité des mécanismes affectifs qui régissent les comportements de chacun.

Lamastre (centre culturel) :
mardi 21 février à 21h

Vernoux (salle du lac) :
samedi 18 février à 21h

 

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