Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

Du 21 au 27 mars (1 film + Festival d’Un Jour) 27 mars, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 11:32

UNE BOUTEILLE À LA MER

Du 21 au 27 mars (1 film + Festival d'Un Jour) dans Archives affiche-une-bouteille-%C3%A0-la-mer
Film de Thierry Binisti (Drame – France / Israël – 2012 – 1h39 – V.O.S.T.)
Avec Agathe Bonitzer, Mahmoud Shalaby, Hiam Abbass, Jean-Philippe Ecoffey…

À l’origine de cette œuvre sensible et tendue par l’espoir, il y a le livre de Valérie Zenatti, Une bouteille dans la mer de Gaza. Thierry Binisti, qui signa L’Outremangeur, avec Éric Cantona en 2003, s’empare avec bonheur de ce roman pour la jeunesse qui évoque l’obstination d’une jeune Française, Tal, installée à Jérusalem avec ses parents et son frère aîné, cherchant désespérément à appréhender la réalité de ceux qui vivent « de l’autre côté », à Gaza. Au lendemain d’un attentat, la jeune lycéenne rédige une lettre qu’elle destine à un Palestinien imaginaire, et que son frère, soldat de Tsahal, accepte de jeter à la mer, enroulée dans une bouteille vide. Après des jours d’incertaine dérive, la bouteille s’échoue pour de bon sur la grève d’une plage de Gaza, au pied d’un groupe de jeunes Palestiniens qui ont tôt fait de se moquer de ce message si ridicule. Et de l’oublier jusqu’à ce que le désœuvrement, le sentiment d’enfermement, pousse l’un d’entre eux à répondre par mail, en signant d’un anonyme « Gazaman ». L’entrée en matière est des plus abruptes, mais l’obstination de la jeune fille finit par dépasser le besoin de défoulement de son interlocuteur et rendre possible l’esquisse d’un dialogue sur écran, qui s’approfondit peu à peu. Insensiblement, l’incompréhension laisse place à une volonté d’échange et de connaissance de l’autre. Jusqu’au désir de le rejoindre, en dépit de toutes les entraves, physiques ou mentales, la peur, la haine, la violence des environnements réciproques qui tuent instantanément toute tentative d’ouverture. Une bouteille à la mer est une fable, tamisant un peu l’extrême âpreté d’une situation politiquement inextricable et humainement invivable. Mais cette fable, même si elle met en scène deux adolescents et joue sur la naissance du sentiment amoureux, s’inscrit dans le sillage d’œuvres qui, déjà, s’en sont remis à l’espoir d’une communication possible entre les êtres. De La Fanfare  d’Eran Kolirin (2007) aux Citronniers  d’Eran Riklis (2008). Intelligent, sensible, profond, ce beau film illustre avec acuité le sentiment de révolte des uns et des autres, l’impossibilité de trouver une issue à ce qui emprisonne, mais aussi le rôle essentiel que joue la parole dans le besoin de « réconciliation intérieure »  qu’évoque Valérie Zenatti. A travers la petite histoire dans la grande, sans user des bons sentiments, le film parvient à nous toucher et délivrer son message d’espoir… tout simplement.

Film précédé du court métrage:

TANGHI ARGENTINI
Film de Guido Thys (Fiction – Belgique – 2006 – 14′)

Malgré l’ambiance froide et anonyme qui règne sur son lieu de travail, un employé tente d’apporter un peu de bonheur à ses collègues. À la place des traditionnels cadeaux de Noël, il a décidé de leur offrir quelque chose de vrai et de précieux.

Lamastre (centre culturel) :
vendredi 23 mars à 21h

samedi 24 mars
21h

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 25 mars 17h
lundi 26 mars à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 25 mars à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 27 mars à 20h30

 

FESTIVAL D’UN JOUR

affiche_festival_dun_jour_2012 dans Archives

Les secrets du cinéma d’animation en volume

Démonstration interactive : le volume et les effets spéciaux

À partir de 6 ans  // 1h30

 Venez pousser la porte du monde de l’animation en volume et soulever le voile de ses secrets de fabrication, lors d’une démonstration dynamique et interactive ! La réalisation d’un film commence très souvent de la même manière : une fois le scénario écrit, quels partis pris choisir, quels messages transmettre ? Puis, après le choix de l’esthétique vient le temps de la fabrication : quel matériau ? quelle technique ? Les marionnettes, les décors, la caméra… Tout est en place pour débuter le tournage ! Images, extraits, décors et marionnettes, en provenance directe des plateaux de tournage du Printemps de Mélie – réalisé par Pierre-Luc Granjon et produit par Folimage – émaillent cette démonstration et vous ouvriront les fenêtres de l’envers du décor… Les plus téméraires d’entre vous feront même revivre au personnage de Boniface une nouvelle mésaventure !

Lamastre (centre culturel) :
Mardi 27 mars à 19h30


 

 

 

Du 14 au 20 mars (1 film + 1 programme de courts métrages) 20 mars, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 15:51

L’AMOUR DURE TROIS ANS

Du 14 au 20 mars (1 film + 1 programme de courts métrages) dans Archives affiche-lamoure-dure-3-ans
Film de Frédéric Beigbeder (Romance / Comédie – France – 2012 – 1h38)
Avec Louise Bourgoin, Gaspard Proust, Joey Starr, Nicolas Bedos, Frédérique Bel …

Frédéric Beigbeder, dandy, écrivain, critique littéraire et éternel adolescent, est aussi un grand sentimental. Il n’a qu’un seul défaut: il jure que l’amour ne dure que trois ans: « la 1re année, on achète les meubles, la 2e année, on déplace les meubles, la 3e année, on partage les meubles ». Ce théorème très personnel était la trame de son roman autobiographique devenu aujourd’hui son premier film. Une comédie romantique, légère et pétillante comme du champagne, sur les déboires sentimentaux de Marc Marronnier, critique littéraire et chroniqueur mondain. Les dialogues claquent, les personnages sont croqués avec le regard aiguisé du moraliste, la bande originale est exquise… Et les acteurs sont, tous, aux petits oignons. Frédéric Beigbeder, roi des cocktails, dose avec doigté les mots d’esprit, les scènes d’humour désabusé, de mélancolie et d’amour fou. Il a trouvé en Gaspard Proust son parfait alter ego cinématographique. Maladroit, énervant, cynique, dépressif et attachant, notre héros pleure quand il revoit Peau d’âne, rate son suicide après son divorce et retrouve enfin une raison de vivre en séduisant Alice, la femme de son cousin. Louise Bourgoin est irrésistible, JoeyStarr surfe sur des sentiments inattendus rythmés par la musique de Michel Legrand, Frédérique Bel est bilingue quand elle fait l’amour, Nicolas Bedos est parfait en jeune bourgeois dont les qualités se résument à une collection de polos Lacoste roses, Bernard Menez, qui joue le rôle du père hédoniste et libidineux de Marc, est plus truculent que jamais et Annie Duperey absolument délirante en mère castratrice auteure du guide de vie féministe Je suis mère célibataire et je t’emmerde. Le scénario drôlement bien troussé a été bien peaufiné par l’auteur. Ironique, cette comédie romantique l’est du début à la fin, parce que l’ironie est ce qui définit le rapport au monde de ce clown triste qu’est le personnage principal. Mais l’amour dont l’auteur témoigne pour le genre cinématographique dans lequel il s’inscrit, sauve le film du cynisme. En inventant son propre ton, et en faisant naître chez le spectateur une authentique émotion, Beigbeder rend hommage à ses idoles de la plus belle façon qui soit.

Film précédé du court métrage:

EN ATTENDANT QUE LA PLUIE CESSE
Film de Charlotte Joulia (fiction – France – 2008 – 8’53″)

Un orage éclate. Une femme se réfugie sous un porche, où un homme s’est déjà abrité. Tout s’arrête le temps d’un instant, en attendant que la pluie cesse…

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 15 mars à 21h

vendredi 16 mars
21h

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 18 mars à 17h
lundi 19 mars à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 18 mars à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 20 mars à 20h30

PROGRAMME DE COURTS MÉTRAGES

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LE BÛCHERON DES MOTS de Izu Troin (animation – France – 2009 – 11’10 »)
Dans un pays où les habitants se nourrissent, au sens propre, de lettres et de mots cueillis dans les arbres, la lecture est vitale s’ils ne veulent pas mourir… d’ennui. Mais certains livres sont interdits à cause de leur contenu émotionnel et des transformations physiques qu’ils provoquent. Nadal, un bûcheron des mots, fait une rencontre qui change définitivement sa vie…

LA VITA NUOVA de Arnaud Demuynck (animation – Français – 2008 – 12′)
Un poète est à son écritoire quand un cocher frappe à sa fenêtre et l’invite à le suivre. Par la porte vitrée de la calèche défilent ses souvenirs… l’opéra, une diva merveilleuse… Il est temps pour le poète d’écrire son dernier vers. La Vita Nuova est un palimpseste cinématographique, directement inspiré de l »œuvre de Gérard de Nerval.

RÉBUS de François Vogel (animation – Français – 2008 – 05’20 »)
De la cuisine au jardin, du jardin à la cuisine, les trois protagonistes de ‘Rébus’ nous emmènent dans les méandres d’un espace distordu à la recherche des mots cachés dans l’image.

MATIÈRES À RÊVER de Florence Miailhe (Animation – France – 2009 – 06’00)
Trouver matière à fantasmer dans la manière même de peindre. “Matières à rêver” s’improvise, comme on peut improviser, en amour, en fonction de sa fantaisie, de son partenaire, du temps qu’il fait, du lieu.

INSPIRAçAO de Elodie Rivalan (Fiction/Animation – France – 2009 – 10’48 »)
Le poète s’endort, le poème s’éveille… sur un texte de Fernando Pessoa.

PAROLES EN L’AIR de Sylvain Vincendeau (animation – France – 07’40 » )
L’histoire délicate d’un jeune homme tentant d’attirer l’attention de sa voisine en pleurs

Chalencon (salle polyvalente) :
samedi 17 mars à 18h (
séance en partenariat avec l’association Culturelle de Chalencon dans le cadre du Printemps des Poètes)

Lamastre (centre culturel) :
mardi 20 mars à 21h (
séance de rattrapage)

 

 

Du 07 au 13 mars (3 films) 14 mars, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 12:51

SUR LA PLANCHE

Du 07 au 13 mars (3 films) dans Archives affiche-sur-la-planche
Film de Leïla Kilani (drame – France / Maroc – 2012 – 1h46 – V.O.S.T.)
Avec Soufia Issami, Mouna Bahmad, Nouzha Akel, Sara Betioui …

Sur la planche nous embarque direct et sans préliminaires dans le quotidien de jeunes filles en situation de survie à Tanger. Badia et ses copines, la vingtaine, travaillent plus pour gagner moins dans les usines de fringues et de produits marins d’une zone portuaire en pleine expansion. Les fruits de la croissance n’étant pas redistribués à ces ouvrières, elles pratiquent la débrouille pour mettre du beurre dans leur maigre semoule : prostitution, arnaques, petits larcins… On ne trouvera pas le moindre gramme de misérabilisme dans l’attitude de ces “bad girls”, ni dans le regard que porte sur elles Leïla Kilani. Comme dit Badia : “Je ne vole pas, je me rembourse”. Souvent portée à l’épaule, la caméra de Kilani colle aux basques de ces petites bombes d’énergie. Un des point fort du film est ce qu’il saisit : des jeunes femmes qui pulvérisent toutes les idées reçues sur la “femme arabe”, un peu putes mais totalement insoumises, animées d’une libido dévastatrice, propulsées par une vigueur folle et une conscience aiguë de leur condition. Elles tracent leur route en toute autonomie dans la jungle de l’économie libérale et de l’injustice sociale, hurlant un gros “fuck” aux convenances de leur société ultra patriarcale. Un de leurs trésors est la parole : un flow d’enfer, entre poésie, rap, slam, scat, qui répand son kérosène dans tout le film et électrise le spectateur. Ce film est aussi un formidable document sur le Maroc contemporain et ses mutations, tourné en immersion avec des comédiennes amateurs. On y apprend les codes de la rue tangéroise, la lutte des classes et des sous-classes, la frontière entre les ouvrières “textile” et les ouvrières “crevettes”, ces dernières étant considérées comme la lie du bas de l’échelle sociale… Ce film très urbain et nocturne, constamment strié de tension, n’est pas sans évoquer Cassavetes ou les premiers Scorsese. On fantasme beaucoup sur Tanger, et sans effacer une dimension fantasmatique séduisante mais un peu poussiéreuse, Leïla Kilani nous montre une autre facette de la ville, beaucoup plus réelle et contemporaine, dans un film à la fois galvanisant et tragique.

Film précédé d’un cours métrage:

THÉ NOIR

Film de Serge Elissalde (Animation – France – 2008 – 5′)

Thé noir ou comment une simple tasse de thé peut devenir une terrible source d’angoisse. Où l’on découvre avec délices l’inépuisable potentiel comique de la paranoïa d’un consommateur de thé confronté à l’obligation de faire un choix. Un humour manifestement noir qui trouve dans le trait et le geste du réalisateur une expression appropriée et exacerbée.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 08 mars à 21h

vendredi 09 mars
21h

Vernoux (salle du lac) :
samedi 10 mars à 17h
lundi 12 mars à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 11 mars à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 13 mars à 20h30

ZARAFA

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Film de Rémy Bezançon & Jean-Christophe Lie (animation – France – 2012 – 1h18)
Film tout public à partir de 6 ans

Sous un baobab, un vieil homme raconte aux enfants qui l’entourent, une histoire : celle de l’amitié indéfectible entre Maki, un enfant de 10 ans, et Zarafa, une girafe orpheline, cadeau du Pacha d’Égypte au Roi de France Charles X. Hassan, prince du désert, est chargé par le Pacha de conduire Zarafa jusqu’en France mais Maki, bien décidé à tout faire pour contrarier cette mission et ramener la girafe sur sa terre natale, va les suivre au péril de sa vie. Au cours de ce long périple qui les mènera du Soudan à Paris, en passant par Alexandrie, Marseille et les Alpes enneigées, ils vont vivre mille péripéties … C’est un voyage passionnant que nous proposent les deux réalisateurs. Un conte drôle et grave, épique et intimiste, qui prend possession de l’Histoire pour imaginer une aventure colorée et spirituelle entre l’Afrique et la France. Sous couvert d’une épopée fantastique mêlant un petit esclave, une girafe, un bédouin, un aéronaute et des flibustiers, les deux auteurs jouent sans mièvrerie entre réalité et imaginaire. Visuellement, c’est du bonheur de retrouver une 2D traditionnelle. A chaque nouvelle étape, Zarafa impose de nouveaux codes formels et sublime du même coup les émotions. Le film aborde des thèmes difficiles, tel que l’esclavage, le racisme, le colonialisme, tout en étant subtil dans la narration. Grâce à son humanité, ses désirs de cinéma et sa poésie, le film fait partie des meilleures réussites du genre. Un concentré du meilleur de l’animation actuelle pour un scénario totalement original, rythmé, qui saura plaire autant aux enfants qu’aux adultes.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 08 mars à 15h
(séance en partenariat avec l’UTL)
dimanche 11 mars à
16h30
lundi 12 mars à 10h45 (
séance scolaire)
mardi 13 mars à 18h

Vernoux (salle du lac) :
mercredi 07 mars à 15h
samedi 10 mars à 15h

Chalencon (salle polyvalente) :
samedi 10 mars à 20h30 (
séance en partenariat avec K’on voit Exceptionnel dans le cadre de la nuit de la BD)

PORTRAIT D’UNE ENFANT DÉCHUE

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Film de Jerry Schatzberg (Drame – USA – 1972 – 1h44 – V.O.S.T.)
Avec Faye Dunaway, Barry Primus, John Heffernan, Viveca Lindfors …
Ciné mémoire

Ancienne célébrité de mannequinat, Lou Andreas Sand s’est isolée dans une maison au bord de l’océan où elle tente de vivre autrement, en se consacrant à la poésie et à la sculpture. Abîmée par la dépression et les excès, elle reçoit la visite de son ami photographe Aaron Reinhardt.  Il tente avec elle de faire le point sur sa vie. Faye Dunaway, qui était déjà une icône, trouve ici l’un de ses rôles les plus marquants: en incarnant une cover-girl déchue à deux âges de son existence, elle mêle à la sophistication une fragilité bouleversante. Resté invisible depuis longtemps, Portrait d’une enfant déchue est, au-delà de son audace artistique, une sublime tragédie de la perdition.

Lamastre (centre culturel) :
mardi 13 mars à 21h

Vernoux (salle du lac)
samedi 10 mars à 21h

 

 

Du 29 février au 06 mars 7 mars, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 14:59

J.EDGAR

Du 29 février au 06 mars dans Archives affiche-J.edgar_
Film de Clint Eastwood (Biopic / drame – USA – 2012 – 2h15 – V.O.S.T.)
Avec Leonardo DiCaprio, Naomi Watts, Armie Hammer, Josh Lucas…

Le film explore la vie publique et privée de l’une des figures les plus puissantes, les plus controversées et les plus énigmatiques du 20e siècle, J. Edgar Hoover. Incarnation du maintien de la loi en Amérique pendant près de cinquante ans, J. Edgar Hoover était à la fois craint et admiré, honni et révéré. Mais, derrière les portes fermées, il cachait des secrets qui auraient pu ruiner son image, sa carrière et sa vie. Avec J. Edgar, Clint Eastwood réalise sans doute un de ses films les plus ambitieux, bien aidé par un Leonardo DiCaprio magistral dans un registre mêlant l’antipathique au vulnérable qu’il maîtrise sur le bout des doigts. Eastwood dresse un portrait de «son» Amérique, celle d’une supposée apogée que le cinéaste a fini par incarner, à travers un héros paradoxal, torturé et tragique, vivant toute son existence au rythme contraire de sa réputation. J. Edgar Hoover fut le redouté patron du FBI. Avec un acharnement obsessionnel, il mit tout ce qu’il put en fiches détaillées, modernisant les techniques de police scientifique et usant de tous les coups tordus pour maintenir son pouvoir à une échelle de quasi-invincibilité. Il fait plus que survivre à huit présidents qui, au même titre que chaque personnalité politique américaine, vivaient dans la crainte de son ahurissante collection de dossiers compromettants qu’il entassait dans un placard de son bureau. A ce titre, les frères Kennedy en ont salement bavé, de même que Franklin D. Roosevelt qui dut encaisser les révélations sur le compte de son épouse, paraît-il aussi attirée par les aventures fugaces avec des femmes que par les idées progressistes. En revanche, le tout-puissant FBI et son directeur se sont montrés bien mous du genou quand il s’est agi de lutter contre le crime organisé. D’où un soupçon légitime de collusion avec la mafia qui se portait comme un charme tandis que le moindre membre d’un groupuscule de gauche était traqué sans pitié. Par contre, le quotidien d’Hoover n’était que manies de vieux garçon et manifestations de son sale caractère, humiliant ses agents, exprimant sans retenue son mépris pour les Noirs, les Juifs ou les homosexuels et cultivant une haine sans limite pour tout ce qui se rapprochait des communistes. Ce qui intéresse Eastwood au plus haut point dans ce personnage, c’est la part de mystères et de légendes ténébreuses. Le film prend à son compte l’hypothèse que Hoover était sous l’emprise castratrice d’une mère dragon dont il n’est jamais parvenu à se soustraire. Il dit enfin que Hoover n’a connu qu’un seul et unique amour : Clyde Tolson, son adjoint, avec qui il vivait, dînait, partait en vacances en Floride, jouait aux courses et aux côtés duquel il voulut se faire enterrer. Avant d’être un film sur l’exercice du pouvoir, J. Edgar est un film sur un amour impossible. Que Hoover ait couché avec Tolson n’est pas la question. Le film montre bien davantage que Hoover, le gardien le plus féroce, le plus intransigeant d’un conformisme américain blanc, a été le maître d’ouvrage d’un système totalitaire dans lequel il s’est lui-même enseveli. Son entêtement à empiler les secrets de toute l’Amérique dans un placard ne servait finalement qu’à mieux y dissimuler les siens. A sa mort, sa secrétaire, qui l’a accompagné pendant toute sa carrière, a détruit tous les dossiers, sans un mot. J.Edgar est une réussite, un film tourmenté et fascinant surgi des replis les plus ténébreux de l’histoire et de la psyché américaines.

film précédé d’un court métrage:

FRENCH ROAST

Film de Fabrice O.Joubert (Animation – France – 2010 – 0h08)

Au moment de régler l’addition dans une chic brasserie Parisienne, un homme d’affaires guindé se rend compte avec horreur qu’il a oublié son portefeuille : comment va-t-il payer ?

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 01 mars à 21h

vendredi 02 mars
21h

Vernoux (salle du lac) :
samedi 03 mars 21h
dimanche 04 mars 17h
lundi 05 mars à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 04 mars à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 06 mars à 20h30

 

 

 
 

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