Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

Du 28 mars au 03 avril (2 films) 4 avril, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 15:58

LA DÉSINTÉGRATION

Du 28 mars au 03 avril (2 films) dans Archives affiche-la-d%C3%A9sint%C3%A9gration
Film de Philippe Faucon (Drame – France – 2012 – 1h18)
Avec Rashid Debbouze, Yassine Azzouz, Ymanol Perset …

Une cité dans l’agglomération Lilloise, aujourd’hui. Ali, Nasser et Hamza, âgés d’une vingtaine d’années, font la connaissance de Djamel, dix ans de plus qu’eux. Aux yeux d’Ali et ses amis, Djamel apparaît comme un aîné aux propos acérés et au charisme certain. Habile manipulateur, il endoctrine peu à peu les trois garçons, connaissant mieux que quiconque leurs déceptions, leurs failles et leurs révoltes face à une société dans laquelle ils sont nés, mais dont aucun des trois ne pense plus désormais faire partie. Comme souvent Philippe Faucon n’a pas opté pour la facilité. Le parcours d’un jeune étudiant d’origine maghrébine qui devient terroriste islamiste est le type de sujet qui expose soit à la caricature stigmatisante, soit à la complaisance angélique. Avec son sens de l’épure habituel, Faucon évite ces deux écueils. La réussite du film passe d’abord par l’écriture. Créer trois personnages pour montrer que la bascule dans l’islamisme peut résulter de diverses causes : le désœuvrement, la foi exacerbée, le sentiment d’être rejeté par le système républicain… Montrer aussi que l’intégrisme virulent n’est pas une fatalité chez les populations arabo-musulmanes à travers une mère éplorée qui ne comprend plus son fils ou un grand frère parfaitement intégré. Mais le plus remarquable dans le cinéma de Faucon, c’est son style, frontal et sobre, limpide et franc, précis et sec, sa façon de raconter avec clarté et simplicité des situations extrêmement complexes, son refus du spectaculaire et de la vanité stylistique. Les étapes du parcours d’Ali et de ses camarades sont déroulées avec la minutie d’horloge et l’absence d’esbroufe: la difficulté à trouver un travail, la désespérance qui se mue en colère, l’interaction quasi chimique avec une figure charismatique qui s’engouffre avec son poison idéologique dans la brèche des apories de la République, le rejet de la famille qui succède à celui de la société… Le titre du film est à entrées multiples : il désigne la désintégration du personnage, de la famille, d’une partie des classes populaires, mais surtout, se veut l’opposé de la fameuse intégration à la française. Philippe Faucon ne parle finalement pas tant du terrorisme ou de l’islamisme que des failles d’un modèle républicain laissé en jachère par des années de politique irresponsable qui ont ouvert la porte à la violence. Il le fait sans slogan, par les seuls moyens du récit et du cinéma.

Ce film est précédé du court métrage:

CAUCHEMAR BLANC
Film de Mathieu Kassovitz (Fiction – France – 1991 – 10’00)
Avec Roger Souza, Jean-Pierre Darroussin, François Toumarkine, Yvan Attal

Dans une banlieue parisienne, quatre français attendent, comme chaque dimanche soir, que le mal blanchi apparaisse à portée de gourdin. Mais ce soir, l’expédition va virer au cauchemar. D’après une BD de Moebius. 

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 29 mars à 21h

vendredi 30 mars
21h

Vernoux (salle du lac) :
samedi 31 mars à 21h
lundi 02 avril à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 01 avril à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 03 avril à 20h30

 

OCTOBRE À PARIS

octobre_a_paris0 dans Archives
Film de Jacques Panijel (Documentaire – France – 1963 / 2011 – 1h10)
Film projeté dans le cadre du « printemps du documentaire » et du cycle « mémoire du cinéma », en partenariat avec Les Écrans
Une journée citoyenne « la guerre d’Algérie en question » est organisée à Lamastre le dimanche 01 avril, autour de ce film et du spectacle témoignage de Bernard Gerland « Ma guerre d’Algérie »

Réalisé peu après les événements du 17 octobre 1961 où de nombreux Algériens périrent au cours d’une manifestation parisienne, Octobre à Paris rassemble les témoignages de victimes que rien n’autorise alors à pouvoir s’exprimer publiquement. D’abord interdit puis tombé dans l’oubli, ce précieux travail du scientifique et militant Jacques Panijel connaît, cinquante ans après les faits, sa première exploitation officielle en salles et continue d’interroger notre rapport à la guerre d’Algérie. Entre les massacres de Sétif (8 mai 1945) et les morts du métro Charonne (8 février 1962), la journée sanglante du 17 octobre 1961 occupe une place d’honneur dans la liste des atrocités commises par l’Etat français durant la guerre d’Algérie. Ce jour-là, à l’initiative du Front de libération nationale (FLN), 30 000 Algériens descendent manifester dans les rues de Paris pour protester pacifiquement contre le couvre-feu décrété à leur intention par le préfet de police, Maurice Papon. La police, chauffée à blanc par les nombreuses pertes que lui font subir les attentats du FLN sur le territoire français, et couverte par ses autorités de tutelle, se livre à une répression sanglante, dont le nombre de victimes est estimé entre 80 et 200 morts. Les cadavres seront, pour certains, retrouvés flottant dans la Seine. Aucune reconnaissance ni réparation officielles depuis lors. On aura beau jeu, bien sûr, de reprocher à ce film la partialité de son regard. Après tout, on était en guerre et le FLN ne faisait pas non plus dans la dentelle. Mais toute la beauté d’Octobre à Paris vient précisément du fait qu’il n’en veut rien savoir. Que seules l’occupent la trahison de la démocratie, la honte du rôle historique joué alors par la France et l’indignation face à la barbarie civilisée qui s’abat sciemment sur des protestataires désarmés. C’est ce sentiment de révolte morale, ce sursaut de la conscience qui confèrent au film non seulement sa puissance émotionnelle, mais aussi sa manière incroyablement vivante de filmer les gens, leur parole et les lieux chargés de souffrance qui les réunissent. Octobre à Paris, qui, au départ, est en retard sur l’événement, retourne ainsi son handicap en devenant une archive unique et un film pionnier des luttes cinématographiques à venir.

Lamastre (centre culturel) :
dimanche 01 avril à 20h30

 

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