Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

Du 20 au 26 juin 26 juin, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 18:13

DE ROUILLE ET D’OS

Du 20 au 26 juin dans Archives affiche-de-rouile-et-dos
Film de Jacques Audiard (Drame – France – 2012 – 1h55)
Avec Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Armand Verdure, Bouli Lanners…

Père de famille à la rue, Ali quitte le nord de la France et trouve refuge chez sa sœur et son beau-frère, qui travaillent et habitent sur la Côte d’Azur. Son fils Sam, 5 ans, l’accompagne, voire l’encombre. Ce n’est pas le Pérou mais l’accueil familial, un toit et le climat du Sud permettent à Ali et Sam de se poser et de se reconstruire. Carrure d’athlète, Ali trouve un emploi de vigile dans un dancing où il rencontre la belle Stéphanie, dresseuse d’orques dans le Marineland local. Un soir, elle lui téléphone : victime d’un accident du travail, elle est en fauteuil roulant, privée de ses deux jambes à partir des genoux. Le film va s’attacher à décrire minutieusement la relation entre Ali, monstre de plénitude physique, et Stéphanie, beauté amputée. Comme Sur mes lèvres, autre film d’Audiard, De rouille et d’os se fonde sur un pitch hors norme : l’histoire entre un taulard et une sourde-muette laisse place à celle entre un père déchu et une cul-de-jatte. Au départ partenaires souhaitant combattre leur solitude, Ali et Stéphanie deviennent sex-friends, elle pour revenir vers la vie, remettre en marche son corps mutilé, lui pour l’aider et prendre du plaisir. Cette relation d’amitié sexuelle, peut-être d’amour, semble avoir des vertus d’échanges à tous les niveaux. Devenu lutteur pour une organisation de combats et paris clandestins, Ali voit son intégrité morale et physique sérieusement esquintée. Au début réticente, la fragile Stéphanie semble peu à peu prendre plaisir à ce spectacle lucratif de la violence. A mesure que son homme prend des coups, elle progresse dans sa rééducation. Entre Ali et Stéphanie s’opère une sorte de mise à égalité des corps, l’un s’abîmant quand l’autre se reconstruit. De rouille et d’os est un film impressionnant de maîtrise, d’intensité et, finalement, de simplicité. La plus large part de réussite du film tient dans les personnages, donc les acteurs : leurs corps, leurs phrasés, leurs interactions, leurs regards, leur palette de sentiments. Matthias Schoenaerts et Marion Cotillard sont immenses. Déjà impressionnant dans Bullhead, le balèze flamand va devenir à coup sûr une star, alliant la présence physique, le visage bien dessiné, l’accent peu usité et un naturel désarmant dans toutes les situations. Marion Cotillard, elle est tout bonnement excellente. C’est le cas aussi de tous les seconds rôles : Bouli Lanners, Céline Sallette, Corinne Masiero ou le petit Armand Verdure existent pleinement à côté du couple central. Quelles que soient les affinités avec le cinéma de Jacques Audiard, quel que soit le jugement que l’on porte sur ses films, force est de constater que De rouille et d’os est parfaitement réussi.

Ce film est précédé du court métrage:
UNE PUTE ET UN POUSSIN
un film de Clément Michel
(Fiction – France – 2008 – 15′)

Yelle joue Louise, une jeune femme perdue au beau milieu de nulle part. A un arrêt de bus totalement improbable, elle rencontre un jeune homme costumé en gros poussin qui pédale péniblement sur une bicyclette rouillée. Une rencontre tendre et loufoque entre deux petits oiseaux paumés qui vont faire un bout de chemin ensemble.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 21 juin à 21h

vendredi 22 juin
à 21h

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 24 juin à 17h
lundi 25 juin à 18h & 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 24 juin à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 26 juin à 20h30

 

 

 

Du 06 au 12 juin (4 films) 12 juin, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 22:21

DARK SHADOWS

Du 06 au 12 juin (4 films) dans Archives affiche-dark-shadows
Film de Tim Burton (Comédie fantastique – USA – 2012 – 1h52 – V.O.S.T.)
Avec Johnny Depp, Michelle Pfeiffer, Helena Bonham Carter, Eva Green…

Il a la classe, Barnabas Collins (Johnny Depp). Il a la classe, avec son teint blafard, ses accroche-cœurs, ses chemises à jabot et son accent british. Après 200 ans passés dans un tombeau où une belle sorcière d’origine française, Angélique Bouchard (Eva Green), l’a fait jeter par jalousie après avoir tué la femme qu’il aimait, ce fils d’un riche pionnier WASP implanté dans le Maine – où il a fondé une ville nommée Collinsport – se réveille un jour chez ses descendants de 1972, sorte de famille de dégénérés (dont la matriarche est interprétée par la géniale Michelle Pfeiffer), notables débiles et désargentés qui tentent de survivre grâce à leur réputation passée. Des ratés chez qui la médiocrité intellectuelle le dispute à l’appât du gain et à l’attrait pour le goût du jour. Or la jeune fille de la famille, Victoria Winters, ressemble étonnamment à l’amante défunte de Barnabas, et la ville de Collinsport est par ailleurs le fief d’une jeune et jolie femme qui a les traits de l’épouvantable Angélique Bouchard… Barnabas va-t-il revivre le même cauchemar ? De cette rencontre entre un vampire très chic et une famille sous l’emprise des règles de la société de consommation, Tim Burton tire à la fois une déclinaison de gags savoureux et une critique sociale, nihiliste et guillerette, de l’ennui acculturé généré par la civilisation américaine à laquelle il nous a habitués depuis ses débuts. Il tire aussi sur tout ce qui bouge : Barnabas prend par exemple le “M” d’une enseigne de McDonald’s pour l’initiale de Méphistophélès, ou confond sa descendante ado, au langage fleuri et aux poses alanguies de fausse beatnik, avec une prostituée. Le talent de Burton et de Depp fait que cet humour n’est jamais réactionnaire : Barnabas est aussi ridicule que les victimes de son jugement. Dark Shadows, tiré d’une série à succès diffusée entre 1966 et 1971 sur ABC, trouve aussi ses racines dans une culture spécifiquement américaine. Car le personnage de Barnabas renvoie moins à une nouvelle incarnation du conte de La Belle au Bois-Dormant qu’à l’un des premiers personnages de la littérature et de la mythologie américaines, celui de Rip Van Winkle. Barnabas n’est pas qu’un personnage comique, mais l’émouvant et drolatique morceau de ruban adhésif qui va relier les membres de la famille Collins à sa propre histoire. Barnabas Collins, c’est le retour du même ou une journée sans fin. En tentant de revivre deux cents ans plus tard son histoire d’amour avortée avec la femme qu’il aime et de lui donner une fin heureuse, en affrontant à nouveau, afin de la vaincre, l’incarnation du mal qui l’avait jeté dans les coulisses de la vie et du temps, il essaie de réparer les erreurs du passé et de préparer sa filiation aux embûches de l’avenir, de lui redonner un sang neuf : le comble pour un vampire. Tim Burton reste un éternel enfant qui ne se résout pas à l’idée que l’on ne puisse pas encore tout changer, tout réparer, tout revivre au-delà de la mort. Dark Shadows se révèle l’un de ses plus beaux films.

Ce film est précédé du court métrage:
CUL DE BOUTEILLE
un film de Jean-Claude Rozec
(Animation – France – 2010 – 09’00 »)

La nouvelle terrible est tombée : profondément myope, Arnaud doit porter des lunettes, et pas n’importe quelles lunettes, une monture grossière qui lui décolle les oreilles et lui pince le nez. Des verres si épais que ses yeux ne semblent plus que deux petits points noirs… Ces affreuses binocles, Arnaud ne les aime pas et il préfère de loin le monde flou et protéiforme de sa myopie, un monde peuplé de monstres, licornes et autres chimères qui apparaissent au gré de sa fertile imagination.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 07 juin à 21h

vendredi 08 juin
à 21h

Vernoux (salle du lac) :
samedi 09 juin à 17h
dimanche 10 juin à 17h
lundi 11 juin à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 10 juin à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 12 juin à 20h30

 

ET SI ON VIVAIT TOUS ENSEMBLE?

affiche-et-si-on-vivait-tous-ensemble dans Archives
Film de Stéphane Robelin (Comédie – France / Allemagne – 2012 – 1h36)
Avec Jane Fonda, Pierre Richard, Géraldine Chaplin, Claude Rich, Guy Bedos…

Annie, Jean, Claude, Albert et Jeanne sont liés par une solide amitié depuis plus de 40 ans. Alors quand la mémoire flanche, quand le cœur s’emballe et quand le spectre de la maison de retraite pointe son nez, ils se rebellent et décident de vivre tous ensemble. Le projet paraît fou mais même si la promiscuité dérange et réveille de vieux souvenirs, une formidable aventure commence : celle de la communauté… à 75 ans! Le problème de la dépendance, de la solitude ou de la maladie chez les personnes âgés n’est pas forcément le sujet le plus vendeur au cinéma, ni certainement le plus aisé à traiter. Pourtant Stéphane Robelin s’en sort plutôt bien avec Et si on vivait tous ensemble ? en parvenant à nous toucher avec une bande de sexagénaires bien mûrs. Une partie de la réussite de l’entreprise tient évidemment dans le casting que le réalisateur a pu réunir : Guy Bedos, Claude Rich, Pierre Richard, Géraldine Chaplin et même l’Américaine Jane Fonda ! Ensemble, ils parviennent à nous emporter avec humour dans cette histoire de petits vieux qui décident de vivre ensemble plutôt que d’aller finir leurs jours dans une maison de retraite. Une expérience que l’on ne vit pas seulement du côté de ces anciens mais également à travers le regard d’un « jeune », incarné par l’acteur allemand Daniel Brühl. L’audace du sujet, traité avec simplicité et réalisme sur le ton de l’humour et parfois sans tabous, l’emporte au final sur la qualité de la réalisation, qui n’est pas sans défauts, loin de là. Déconcertant est l’adjectif qui va le mieux à ce film qui se présente sous les dehors d’une comédie classique, avec son joli pavillon de banlieue, ses observations sociologiques et ses gags parfois prévisibles. Ce qui l’est moins, c’est l’omniprésence de la mort, qui donne au film une texture souvent inquiétante, parfois saisissante. Un titre plus honnête serait : « Et si on finissait de vivre tous ensemble ? ». Une comédie douce-amère bien venue.

Lamastre (centre culturel)
jeudi 07 juin à 15h

Colombier le Vieux (salle des fêtes) :
vendredi 08 juin à 21h

Vernoux (salle du lac)
samedi 09 juin à 21h

 

L’OURS ET LE MAGICIEN

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Films de Maris Brinkmans, Evald Lacis, et Janis Cimermanis
(animation – Lettonie -  2009 – 0h51 – V.F.)
Tout public, à partir de 3 ans

On ne sait pas quelle place tient l’animation de marionnettes dans la balance commerciale lettone, mais la production est constante et arrive régulièrement jusqu’aux écrans français. Depuis plus de 50 ans, le studio AB de Riga, en Lettonie, produit ces films pour enfants. Dépourvus de dialogues mais joliment bruités, les deux premiers, L’ours arrive et L’eau magique, séduisent par leur humour discret. Le troisième, Le Maître des glaces, cette fois dialogué, joue sur un registre plus poétique, avec sa princesse emprisonnée, sauvée par le jeune page. Dans L’Eau magique, de Maris Brinkmanis, deux créatures indéfinissables mais sympathiques découvrent les bienfaits et les dangers d’un liquide capable de faire fleurir le désert mais aussi de ressusciter les monstres (rien de bien méchant, pas de cauchemars à craindre). L’Ours arrive de Janis Cimermanis suit les tribulations d’un plantigrade polaire mais brun que la fonte des glaces amène jusqu’à un village européen. Le sang-froid des enfants sauve l’ours de la panique des adultes. Le scénario du troisième court, Le Maître des glaces, mélange vigoureusement Perrault et Andersen. Comme dans La Belle au bois dormant, la vengeance d’un convive maltraité plonge un royaume dans le sommeil, comme dans La Reine des glaces, il faut délivrer un prisonnier d’une forteresse enneigée. Les gentils gags visuels des deux premiers films laissent ici la place à des luttes spectaculaires à coups de rayons glaçants et d’épées enchantées. À la fois inventives, facétieuses et d’une grande poésie, les trois histoires qui composent L’ours et le magicien sont une ode à l’imaginaire.

Colombier le Vieux (salle des fêtes) :
vendredi 08 juin à 10h (séance scolaire ouverte à tous)

UNE VIE DE CHAT

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Film d’animation de Jean-Loup Felicioli & Alain Gagnol (policier – France -  2010 – 1h10)
Avec les voix de Dominique Blanc, Bruno Salomone, Jean Benguigui, Bernadette Lafont…
Film tout public, à partir de 6 ans

L’animation est en droit d’explorer tous les genres et, grâce à Une vie de chat, les enfants vont pouvoir être initiés sans douleur aux charmes du polar: Dino est un chat qui partage sa vie entre deux maisons. Le jour, il vit avec Zoé, la fillette d’une commissaire de police. La nuit, il escalade les toits de Paris en compagnie de Nico, un cambrioleur d’une grande habileté. Jeanne, la commissaire de police, est sur les dents. Elle doit à la fois arrêter l’auteur de nombreux vols de bijoux, et s’occuper de la surveillance du Colosse de Nairobi, une statue géante convoitée par Costa, le criminel responsable de la mort de son mari policier. Depuis ce drame, la fillette ne dit plus un mot. Les événements vont se précipiter la nuit où Zoé surprend Costa et sa bande. Une poursuite s’engage, qui durera jusqu’au matin, et qui verra tous les personnages se croiser, s’entraider ou se combattre, jusque sur les toits de Notre-Dame… Troisième long métrage des studios d’animation valentinois Folimage (après La Prophétie des grenouilles et Mia et le Migou), Une vie de chat frappe par sa souplesse gracile, la vivacité féline de ses dessins, l’harmonie bondissante de la musique et des couleurs. Il surprend par la manière dont, en à peine une heure et dix minutes, il condense une intrigue de polar bigarrée et une chronique sociale touchante. Un burlesque potache s’y niche par ailleurs, qui se traduit autant par la bêtise crasse des gangsters, leurs répliques pittoresques, leurs accents belges à couper au couteau. Celui, titi parisien, de Bernadette Lafont, qui prête sa voix à la nounou de Zoé, affreuse mégère à la solde des gangsters, apporte une saveur supplémentaire, qui s’accorde avec les quelques gags à répétition bien sentis. Une telle profusion traduit un formidable instinct de mise en scène. Il serait dommage de passer à côté.

Colombier le Vieux (salle des fêtes) :
vendredi 08 juin à 14h (séance scolaire ouverte à tous)

 

 

Du 30 mai au 05 juin (5 films) 5 juin, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 16:28

LA FEMME DU Vème

Du 30 mai au 05 juin (5 films) dans Archives affiche-la-femme-du-5%C3%A8me2
Film de Pawel Pawlikowski (Thriller – France / Pologne – 2011 – 1h25 – V.O.S.T.)
Avec Kristin Scott Thomas, Ethan Hawke, Joanna Kulig…
Ce film est présenté dans le cadre des « prémices du festival roman et cinéma », à l’occasion de la venue de l’auteur Douglas Kennedy, à Privas, le 1er juin.

On sent très vite qu’il ne va pas bien. Que tout joue contre lui. Son avion semble n’atterrir que sur une roue. Sa femme, qu’il retrouve à Paris après une longue absence, a peur et refuse qu’il voie leur fille. Il s’obstine. Elle appelle les flics. Alors, il fuit dans les rues, s’endort dans un bus, se fait voler bagages et papiers, échoue dans un hôtel où le taulier lui propose un job de veilleur de nuit dans un lieu bizarre, propice à des trafics probablement sanglants… Sans doute Tom, écrivain américain en panne de tout, est-il en train de devenir fou. A moins que d’autres cherchent à le ren­dre tel. C’est ainsi, en tout cas, que Pawel Pawlikowski, ciné­aste polonais filme son héros, défait dans un Paris hostile, sombre, propice à toutes les paranoïas… Le fantastique s’impose, insidieux et d’autant plus troublant que fondé, à chaque instant, sur un imperceptible décalage du réel. On est dans un cinéma de l’inquiétude, typique de l’Est – de la Pologne surtout. On songe aux premiers Polanski bien sûr : Le Couteau dans l’eau, Cul-de-sac. Rien n’est logique. Rien n’est clair. Ni Tom. Ni sa femme qui le fuit et sa fille qu’il poursuit. Ni ses rencontres. Ni son esprit. Comme galvanisé par une mise en scène qui semble tisser autour du héros – et du spectateur – une toile d’araignée invisible, le roman de Douglas Kennedy se métamorphose en polar onirique. Tom dérive, délire. Il frôle sans cesse des dangers diffus. Autour de lui, l’espace rétrécit. Mais, curieusement, les dangers qui le guettent, les ennemis qui le traquent s’évaporent comme par magie. Qui ordonne les pièces du puzzle ? Lui ? Ceux qui l’emploient comme veilleur de nuit ? Ou cette femme mystérieuse, rencontrée par hasard que Kris­tin Scott Thomas interprète avec une rouerie suave, une délicatesse amusée… Ce film elliptique, rapide, n’ex­plique rien : il invente. Il invite à aller de l’avant, à effacer les apparences, à traverser le miroir pour mieux percevoir l’invisible. Pawel Pawlikowski filme des mélancolies. Celle d’une jeune femme blonde qui attend en vain celui qui ne reviendra plus. Celle de son héros, aussi, qu’il n’abandonne que lorsqu’il est à bout, au bout de son errance, résigné à son sort. Il a sauvé ce qui pouvait l’être. Lui ne compte pas, ne compte plus. Comme un petit garçon apeuré, il ferme les yeux devant cette lumière qui l’aveugle et dans laquelle il se fond.

Ce film est précédé du court métrage:
REFLET D’ENFANT
un film de Eric Rosenlund
(Animation – Suède – 2007 – 05’00 »)

Une nuit sombre et orageuse. Une petite fille est seule chez elle, mais est-elle réellement seule ?

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 31 mai à 21h

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 03 juin à 17h
lundi 04 juin à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 03 juin à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 05 juin à 20h30

 

HUGO CABRET

affiche-hugo-cabret1 dans Archives
Film de Martin Scorsese (aventure – USA – 2011 – 2h08 – V.F.)
Avec Ben Kingsley, Sacha Baron Cohen, Asa Butterfield, Chloé Moretz, Helen McCrory…
Film tout public à partir de 6 ans programmé dans le cadre du festival « roman & cinéma – jeune public »

Voilà un film où on découvre pêle-mêle une aventure pleine de mystères dans un Paris à l’ancienne, la reconstitution d’un fameux accident qui eut lieu à la gare Montparnasse, au temps où elle s’appelait gare de l’Ouest, et celle de la non moins fameuse projection, en 1896, d’un des premiers films de l’histoire du cinématographe, L’Arrivée d’un train en gare de La Cio­tat des frères Lumière. Mais si Hugo Cabret nous ramène au temps du cinéma muet, c’est à travers un grand spectacle sous la direction de Martin Scorsese. Il y a là de quoi enchan­ter les enfants comme les cinéphiles, et même les enfants cinéphiles, ceux du film montrant l’exemple d’une formation précoce et très heureuse à l’amour du septième art. Pour réunir tout cela, il a d’abord fallu un livre fort et original, L’Invention de Hugo Cabret, de Brian Selznick. Son héros est un gamin orphelin qui, dans le Paris de 1931, vit seul sous les toits d’une grande gare dont il remonte les horloges. Une au­tre mécanique l’occupe : la mise en route d’un étrange automate laissé par son père. Pour l’animer, une clé en forme de coeur est nécessaire. Hugo va la trouver grâce à Isabelle, orpheline elle aussi, qui vit chez le vieux marchand de jouets de la gare. Cet homme austère a un fabuleux ­secret : il a été un inventeur, un créateur d’images pleines d’imagination. Il s’appelle Georges Méliès… Mais le génial auteur du Voyage dans la Lune (1902) a fini ruiné, oublié dans cette gare où il a dû se faire marchand de jouets. Avant d’être redécouvert et fêté à Paris… Comme un jeu de pistes à la fois sophistiqué et enfantin, l’intrigue d’Hugo Cabret mêle fantaisie et réalité historique pour nous conduire vers la belle aventure des débuts du cinéma, à travers Méliès. Retourner à l’enfance de l’art, c’est aussi, pour les orphelins Hugo et Isabelle, renouer les fils de leur propre histoire. Le film, comme le livre auquel il est fidèle, reste un conte. Il nous dit que le cinéma illumine notre vie et nous guide de la solitude à la lumière. Et Scorsese se fait avec joie le porte-voix de ce message, lui qui a dédié depuis longtemps une grande partie de son travail à la mémoire du cinéma et à sa transmission à travers des documentaires et une fondation, World Cinema Foundation. Loin de tout ce que le réalisateur des Affranchis et de Casino a fait jusqu’ici, Hugo Cabret n’en est donc pas moins une oeuvre personnelle. Mais Scorsese se place surtout ici en admirateur. Humble et passionné. Face au légendaire Méliès, il se montre, dans une scène, simple photographe venu immortaliser le maître. Au service de sa gloire, en quelque sorte. Donc au service du spectacle, car l’histoire du cinéma inventé par le magicien Méliès, c’est celle de la naissance des trucs et des trucages, des tours de magie et des effets spéciaux. Scorsese a d’autant plus d’admiration pour ces manipulations de l’image qu’il se situe davantage du côté des frères Lumière, proche du documentaire. Méliès, quant à lui, voit dans le cinéma les pouvoirs d’un immense tableau animé ; il est du côté de la peinture, du dessin. Mais nul devoir de choisir entre ces différentes visions, Hugo Cabret les célèbre toutes. Hugo Cabret fait le lien entre cinéma d’hier et d’aujourd’hui. Scorsese nous parle de l’émerveillement inventé et réinventé par le cinéma.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 31 mai à 14h

Vernoux (salle du lac) :
mercredi 30 mai à 15h
lundi 04 juin à 08h45

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 05 juin à 14h

 

ET SI ON VIVAIT TOUS ENSEMBLE?

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Film de Stéphane Robelin (Comédie – France / Allemagne – 2012 – 1h36)
Avec Jane Fonda, Pierre Richard, Géraldine Chaplin, Claude Rich, Guy Bedos…

Annie, Jean, Claude, Albert et Jeanne sont liés par une solide amitié depuis plus de 40 ans. Alors quand la mémoire flanche, quand le cœur s’emballe et quand le spectre de la maison de retraite pointe son nez, ils se rebellent et décident de vivre tous ensemble. Le projet paraît fou mais même si la promiscuité dérange et réveille de vieux souvenirs, une formidable aventure commence : celle de la communauté… à 75 ans! Le problème de la dépendance, de la solitude ou de la maladie chez les personnes âgés n’est pas forcément le sujet le plus vendeur au cinéma, ni certainement le plus aisé à traiter. Pourtant Stéphane Ribolin s’en sort plutôt bien avec Et si on vivait tous ensemble ? en parvenant à nous toucher avec une bande de sexagénaires bien mûrs. Une partie de la réussite de l’entreprise tient évidemment dans le casting que le réalisateur a pu réunir : Guy Bedos, Claude Rich, Pierre Richard, Géraldine Chaplin et même l’Américaine Jane Fonda ! Ensemble, ils parviennent à nous emporter avec humour dans cette histoire de petits vieux qui décident de vivre ensemble plutôt que d’aller finir leurs jours dans une maison de retraite. Une expérience que l’on ne vit pas seulement du côté de ces anciens mais également à travers le regard d’un « jeune », incarné par l’acteur allemand Daniel Brühl. L’audace du sujet, traité avec simplicité et réalisme sur le ton de l’humour et parfois sans tabous, l’emporte au final sur la qualité de la réalisation, qui n’est pas sans défauts, loin de là. Déconcertant est l’adjectif qui va le mieux à ce film qui se présente sous les dehors d’une comédie classique, avec son joli pavillon de banlieue, ses observations sociologiques et ses gags parfois prévisibles. Ce qui l’est moins, c’est l’omniprésence de la mort, qui donne au film une texture souvent inquiétante, parfois saisissante. Un titre plus honnête serait : « Et si on finissait de vivre tous ensemble ? ». Une comédie douce-amère bien venue.

Nozières (salle des fêtes) :
vendredi 01 juin à 21h

 

L’OURS ET LE MAGICIEN

afficheloursetlemagicien.jpg
Films de Maris Brinkmans, Evald Lacis, et Janis Cimermanis
(animation – Lettonie -  2009 – 0h51 – V.F.)

Tout public, à partir de 3 ans

On ne sait pas quelle place tient l’animation de marionnettes dans la balance commerciale lettone, mais la production est constante et arrive régulièrement jusqu’aux écrans français. Depuis plus de 50 ans, le studio AB de Riga, en Lettonie, produit ces films pour enfants. Dépourvus de dialogues mais joliment bruités, les deux premiers, L’ours arrive et L’eau magique, séduisent par leur humour discret. Le troisième, Le Maître des glaces, cette fois dialogué, joue sur un registre plus poétique, avec sa princesse emprisonnée, sauvée par le jeune page. Dans L’Eau magique, de Maris Brinkmanis, deux créatures indéfinissables mais sympathiques découvrent les bienfaits et les dangers d’un liquide capable de faire fleurir le désert mais aussi de ressusciter les monstres (rien de bien méchant, pas de cauchemars à craindre). L’Ours arrive de Janis Cimermanis suit les tribulations d’un plantigrade polaire mais brun que la fonte des glaces amène jusqu’à un village européen. Le sang-froid des enfants sauve l’ours de la panique des adultes. Le scénario du troisième court, Le Maître des glaces, mélange vigoureusement Perrault et Andersen. Comme dans La Belle au bois dormant, la vengeance d’un convive maltraité plonge un royaume dans le sommeil, comme dans La Reine des glaces, il faut délivrer un prisonnier d’une forteresse enneigée. Les gentils gags visuels des deux premiers films laissent ici la place à des luttes spectaculaires à coups de rayons glaçants et d’épées enchantées. À la fois inventives, facétieuses et d’une grande poésie, les trois histoires qui composent L’ours et le magicien sont une ode à l’imaginaire.

Nozières (salle des fêtes) :
vendredi 01 juin à 10h30 (séance scolaire ouverte à tous)

UNE VIE DE CHAT

afficheuneviedechat.jpg

Film d’animation de Jean-Loup Felicioli & Alain Gagnol (policier – France -  2010 – 1h10)
Avec les voix de Dominique Blanc, Bruno Salomone, Jean Benguigui, Bernadette Lafont…
Film tout public, à partir de 6 ans

L’animation est en droit d’explorer tous les genres et, grâce à Une vie de chat, les enfants vont pouvoir être initiés sans douleur aux charmes du polar: Dino est un chat qui partage sa vie entre deux maisons. Le jour, il vit avec Zoé, la fillette d’une commissaire de police. La nuit, il escalade les toits de Paris en compagnie de Nico, un cambrioleur d’une grande habileté. Jeanne, la commissaire de police, est sur les dents. Elle doit à la fois arrêter l’auteur de nombreux vols de bijoux, et s’occuper de la surveillance du Colosse de Nairobi, une statue géante convoitée par Costa, le criminel responsable de la mort de son mari policier. Depuis ce drame, la fillette ne dit plus un mot. Les événements vont se précipiter la nuit où Zoé surprend Costa et sa bande. Une poursuite s’engage, qui durera jusqu’au matin, et qui verra tous les personnages se croiser, s’entraider ou se combattre, jusque sur les toits de Notre-Dame… Troisième long métrage des studios d’animation valentinois Folimage (après La Prophétie des grenouilles et Mia et le Migou), Une vie de chat frappe par sa souplesse gracile, la vivacité féline de ses dessins, l’harmonie bondissante de la musique et des couleurs. Il surprend par la manière dont, en à peine une heure et dix minutes, il condense une intrigue de polar bigarrée et une chronique sociale touchante. Un burlesque potache s’y niche par ailleurs, qui se traduit autant par la bêtise crasse des gangsters, leurs répliques pittoresques, leurs accents belges à couper au couteau. Celui, titi parisien, de Bernadette Lafont, qui prête sa voix à la nounou de Zoé, affreuse mégère à la solde des gangsters, apporte une saveur supplémentaire, qui s’accorde avec les quelques gags à répétition bien sentis. Une telle profusion traduit un formidable instinct de mise en scène. Il serait dommage de passer à côté.

Nozières (salle des fêtes) :
vendredi 01 juin à 13h30 (séance scolaire ouverte à tous)

 

 
 

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