Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

Du 30 mai au 05 juin (5 films) 5 juin, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 16:28

LA FEMME DU Vème

Du 30 mai au 05 juin (5 films) dans Archives affiche-la-femme-du-5%C3%A8me2
Film de Pawel Pawlikowski (Thriller – France / Pologne – 2011 – 1h25 – V.O.S.T.)
Avec Kristin Scott Thomas, Ethan Hawke, Joanna Kulig…
Ce film est présenté dans le cadre des « prémices du festival roman et cinéma », à l’occasion de la venue de l’auteur Douglas Kennedy, à Privas, le 1er juin.

On sent très vite qu’il ne va pas bien. Que tout joue contre lui. Son avion semble n’atterrir que sur une roue. Sa femme, qu’il retrouve à Paris après une longue absence, a peur et refuse qu’il voie leur fille. Il s’obstine. Elle appelle les flics. Alors, il fuit dans les rues, s’endort dans un bus, se fait voler bagages et papiers, échoue dans un hôtel où le taulier lui propose un job de veilleur de nuit dans un lieu bizarre, propice à des trafics probablement sanglants… Sans doute Tom, écrivain américain en panne de tout, est-il en train de devenir fou. A moins que d’autres cherchent à le ren­dre tel. C’est ainsi, en tout cas, que Pawel Pawlikowski, ciné­aste polonais filme son héros, défait dans un Paris hostile, sombre, propice à toutes les paranoïas… Le fantastique s’impose, insidieux et d’autant plus troublant que fondé, à chaque instant, sur un imperceptible décalage du réel. On est dans un cinéma de l’inquiétude, typique de l’Est – de la Pologne surtout. On songe aux premiers Polanski bien sûr : Le Couteau dans l’eau, Cul-de-sac. Rien n’est logique. Rien n’est clair. Ni Tom. Ni sa femme qui le fuit et sa fille qu’il poursuit. Ni ses rencontres. Ni son esprit. Comme galvanisé par une mise en scène qui semble tisser autour du héros – et du spectateur – une toile d’araignée invisible, le roman de Douglas Kennedy se métamorphose en polar onirique. Tom dérive, délire. Il frôle sans cesse des dangers diffus. Autour de lui, l’espace rétrécit. Mais, curieusement, les dangers qui le guettent, les ennemis qui le traquent s’évaporent comme par magie. Qui ordonne les pièces du puzzle ? Lui ? Ceux qui l’emploient comme veilleur de nuit ? Ou cette femme mystérieuse, rencontrée par hasard que Kris­tin Scott Thomas interprète avec une rouerie suave, une délicatesse amusée… Ce film elliptique, rapide, n’ex­plique rien : il invente. Il invite à aller de l’avant, à effacer les apparences, à traverser le miroir pour mieux percevoir l’invisible. Pawel Pawlikowski filme des mélancolies. Celle d’une jeune femme blonde qui attend en vain celui qui ne reviendra plus. Celle de son héros, aussi, qu’il n’abandonne que lorsqu’il est à bout, au bout de son errance, résigné à son sort. Il a sauvé ce qui pouvait l’être. Lui ne compte pas, ne compte plus. Comme un petit garçon apeuré, il ferme les yeux devant cette lumière qui l’aveugle et dans laquelle il se fond.

Ce film est précédé du court métrage:
REFLET D’ENFANT
un film de Eric Rosenlund
(Animation – Suède – 2007 – 05’00 »)

Une nuit sombre et orageuse. Une petite fille est seule chez elle, mais est-elle réellement seule ?

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 31 mai à 21h

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 03 juin à 17h
lundi 04 juin à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 03 juin à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 05 juin à 20h30

 

HUGO CABRET

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Film de Martin Scorsese (aventure – USA – 2011 – 2h08 – V.F.)
Avec Ben Kingsley, Sacha Baron Cohen, Asa Butterfield, Chloé Moretz, Helen McCrory…
Film tout public à partir de 6 ans programmé dans le cadre du festival « roman & cinéma – jeune public »

Voilà un film où on découvre pêle-mêle une aventure pleine de mystères dans un Paris à l’ancienne, la reconstitution d’un fameux accident qui eut lieu à la gare Montparnasse, au temps où elle s’appelait gare de l’Ouest, et celle de la non moins fameuse projection, en 1896, d’un des premiers films de l’histoire du cinématographe, L’Arrivée d’un train en gare de La Cio­tat des frères Lumière. Mais si Hugo Cabret nous ramène au temps du cinéma muet, c’est à travers un grand spectacle sous la direction de Martin Scorsese. Il y a là de quoi enchan­ter les enfants comme les cinéphiles, et même les enfants cinéphiles, ceux du film montrant l’exemple d’une formation précoce et très heureuse à l’amour du septième art. Pour réunir tout cela, il a d’abord fallu un livre fort et original, L’Invention de Hugo Cabret, de Brian Selznick. Son héros est un gamin orphelin qui, dans le Paris de 1931, vit seul sous les toits d’une grande gare dont il remonte les horloges. Une au­tre mécanique l’occupe : la mise en route d’un étrange automate laissé par son père. Pour l’animer, une clé en forme de coeur est nécessaire. Hugo va la trouver grâce à Isabelle, orpheline elle aussi, qui vit chez le vieux marchand de jouets de la gare. Cet homme austère a un fabuleux ­secret : il a été un inventeur, un créateur d’images pleines d’imagination. Il s’appelle Georges Méliès… Mais le génial auteur du Voyage dans la Lune (1902) a fini ruiné, oublié dans cette gare où il a dû se faire marchand de jouets. Avant d’être redécouvert et fêté à Paris… Comme un jeu de pistes à la fois sophistiqué et enfantin, l’intrigue d’Hugo Cabret mêle fantaisie et réalité historique pour nous conduire vers la belle aventure des débuts du cinéma, à travers Méliès. Retourner à l’enfance de l’art, c’est aussi, pour les orphelins Hugo et Isabelle, renouer les fils de leur propre histoire. Le film, comme le livre auquel il est fidèle, reste un conte. Il nous dit que le cinéma illumine notre vie et nous guide de la solitude à la lumière. Et Scorsese se fait avec joie le porte-voix de ce message, lui qui a dédié depuis longtemps une grande partie de son travail à la mémoire du cinéma et à sa transmission à travers des documentaires et une fondation, World Cinema Foundation. Loin de tout ce que le réalisateur des Affranchis et de Casino a fait jusqu’ici, Hugo Cabret n’en est donc pas moins une oeuvre personnelle. Mais Scorsese se place surtout ici en admirateur. Humble et passionné. Face au légendaire Méliès, il se montre, dans une scène, simple photographe venu immortaliser le maître. Au service de sa gloire, en quelque sorte. Donc au service du spectacle, car l’histoire du cinéma inventé par le magicien Méliès, c’est celle de la naissance des trucs et des trucages, des tours de magie et des effets spéciaux. Scorsese a d’autant plus d’admiration pour ces manipulations de l’image qu’il se situe davantage du côté des frères Lumière, proche du documentaire. Méliès, quant à lui, voit dans le cinéma les pouvoirs d’un immense tableau animé ; il est du côté de la peinture, du dessin. Mais nul devoir de choisir entre ces différentes visions, Hugo Cabret les célèbre toutes. Hugo Cabret fait le lien entre cinéma d’hier et d’aujourd’hui. Scorsese nous parle de l’émerveillement inventé et réinventé par le cinéma.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 31 mai à 14h

Vernoux (salle du lac) :
mercredi 30 mai à 15h
lundi 04 juin à 08h45

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 05 juin à 14h

 

ET SI ON VIVAIT TOUS ENSEMBLE?

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Film de Stéphane Robelin (Comédie – France / Allemagne – 2012 – 1h36)
Avec Jane Fonda, Pierre Richard, Géraldine Chaplin, Claude Rich, Guy Bedos…

Annie, Jean, Claude, Albert et Jeanne sont liés par une solide amitié depuis plus de 40 ans. Alors quand la mémoire flanche, quand le cœur s’emballe et quand le spectre de la maison de retraite pointe son nez, ils se rebellent et décident de vivre tous ensemble. Le projet paraît fou mais même si la promiscuité dérange et réveille de vieux souvenirs, une formidable aventure commence : celle de la communauté… à 75 ans! Le problème de la dépendance, de la solitude ou de la maladie chez les personnes âgés n’est pas forcément le sujet le plus vendeur au cinéma, ni certainement le plus aisé à traiter. Pourtant Stéphane Ribolin s’en sort plutôt bien avec Et si on vivait tous ensemble ? en parvenant à nous toucher avec une bande de sexagénaires bien mûrs. Une partie de la réussite de l’entreprise tient évidemment dans le casting que le réalisateur a pu réunir : Guy Bedos, Claude Rich, Pierre Richard, Géraldine Chaplin et même l’Américaine Jane Fonda ! Ensemble, ils parviennent à nous emporter avec humour dans cette histoire de petits vieux qui décident de vivre ensemble plutôt que d’aller finir leurs jours dans une maison de retraite. Une expérience que l’on ne vit pas seulement du côté de ces anciens mais également à travers le regard d’un « jeune », incarné par l’acteur allemand Daniel Brühl. L’audace du sujet, traité avec simplicité et réalisme sur le ton de l’humour et parfois sans tabous, l’emporte au final sur la qualité de la réalisation, qui n’est pas sans défauts, loin de là. Déconcertant est l’adjectif qui va le mieux à ce film qui se présente sous les dehors d’une comédie classique, avec son joli pavillon de banlieue, ses observations sociologiques et ses gags parfois prévisibles. Ce qui l’est moins, c’est l’omniprésence de la mort, qui donne au film une texture souvent inquiétante, parfois saisissante. Un titre plus honnête serait : « Et si on finissait de vivre tous ensemble ? ». Une comédie douce-amère bien venue.

Nozières (salle des fêtes) :
vendredi 01 juin à 21h

 

L’OURS ET LE MAGICIEN

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Films de Maris Brinkmans, Evald Lacis, et Janis Cimermanis
(animation – Lettonie -  2009 – 0h51 – V.F.)

Tout public, à partir de 3 ans

On ne sait pas quelle place tient l’animation de marionnettes dans la balance commerciale lettone, mais la production est constante et arrive régulièrement jusqu’aux écrans français. Depuis plus de 50 ans, le studio AB de Riga, en Lettonie, produit ces films pour enfants. Dépourvus de dialogues mais joliment bruités, les deux premiers, L’ours arrive et L’eau magique, séduisent par leur humour discret. Le troisième, Le Maître des glaces, cette fois dialogué, joue sur un registre plus poétique, avec sa princesse emprisonnée, sauvée par le jeune page. Dans L’Eau magique, de Maris Brinkmanis, deux créatures indéfinissables mais sympathiques découvrent les bienfaits et les dangers d’un liquide capable de faire fleurir le désert mais aussi de ressusciter les monstres (rien de bien méchant, pas de cauchemars à craindre). L’Ours arrive de Janis Cimermanis suit les tribulations d’un plantigrade polaire mais brun que la fonte des glaces amène jusqu’à un village européen. Le sang-froid des enfants sauve l’ours de la panique des adultes. Le scénario du troisième court, Le Maître des glaces, mélange vigoureusement Perrault et Andersen. Comme dans La Belle au bois dormant, la vengeance d’un convive maltraité plonge un royaume dans le sommeil, comme dans La Reine des glaces, il faut délivrer un prisonnier d’une forteresse enneigée. Les gentils gags visuels des deux premiers films laissent ici la place à des luttes spectaculaires à coups de rayons glaçants et d’épées enchantées. À la fois inventives, facétieuses et d’une grande poésie, les trois histoires qui composent L’ours et le magicien sont une ode à l’imaginaire.

Nozières (salle des fêtes) :
vendredi 01 juin à 10h30 (séance scolaire ouverte à tous)

UNE VIE DE CHAT

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Film d’animation de Jean-Loup Felicioli & Alain Gagnol (policier – France -  2010 – 1h10)
Avec les voix de Dominique Blanc, Bruno Salomone, Jean Benguigui, Bernadette Lafont…
Film tout public, à partir de 6 ans

L’animation est en droit d’explorer tous les genres et, grâce à Une vie de chat, les enfants vont pouvoir être initiés sans douleur aux charmes du polar: Dino est un chat qui partage sa vie entre deux maisons. Le jour, il vit avec Zoé, la fillette d’une commissaire de police. La nuit, il escalade les toits de Paris en compagnie de Nico, un cambrioleur d’une grande habileté. Jeanne, la commissaire de police, est sur les dents. Elle doit à la fois arrêter l’auteur de nombreux vols de bijoux, et s’occuper de la surveillance du Colosse de Nairobi, une statue géante convoitée par Costa, le criminel responsable de la mort de son mari policier. Depuis ce drame, la fillette ne dit plus un mot. Les événements vont se précipiter la nuit où Zoé surprend Costa et sa bande. Une poursuite s’engage, qui durera jusqu’au matin, et qui verra tous les personnages se croiser, s’entraider ou se combattre, jusque sur les toits de Notre-Dame… Troisième long métrage des studios d’animation valentinois Folimage (après La Prophétie des grenouilles et Mia et le Migou), Une vie de chat frappe par sa souplesse gracile, la vivacité féline de ses dessins, l’harmonie bondissante de la musique et des couleurs. Il surprend par la manière dont, en à peine une heure et dix minutes, il condense une intrigue de polar bigarrée et une chronique sociale touchante. Un burlesque potache s’y niche par ailleurs, qui se traduit autant par la bêtise crasse des gangsters, leurs répliques pittoresques, leurs accents belges à couper au couteau. Celui, titi parisien, de Bernadette Lafont, qui prête sa voix à la nounou de Zoé, affreuse mégère à la solde des gangsters, apporte une saveur supplémentaire, qui s’accorde avec les quelques gags à répétition bien sentis. Une telle profusion traduit un formidable instinct de mise en scène. Il serait dommage de passer à côté.

Nozières (salle des fêtes) :
vendredi 01 juin à 13h30 (séance scolaire ouverte à tous)

 

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