Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

Du 06 au 12 juin (4 films) 12 juin, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 22:21

DARK SHADOWS

Du 06 au 12 juin (4 films) dans Archives affiche-dark-shadows
Film de Tim Burton (Comédie fantastique – USA – 2012 – 1h52 – V.O.S.T.)
Avec Johnny Depp, Michelle Pfeiffer, Helena Bonham Carter, Eva Green…

Il a la classe, Barnabas Collins (Johnny Depp). Il a la classe, avec son teint blafard, ses accroche-cœurs, ses chemises à jabot et son accent british. Après 200 ans passés dans un tombeau où une belle sorcière d’origine française, Angélique Bouchard (Eva Green), l’a fait jeter par jalousie après avoir tué la femme qu’il aimait, ce fils d’un riche pionnier WASP implanté dans le Maine – où il a fondé une ville nommée Collinsport – se réveille un jour chez ses descendants de 1972, sorte de famille de dégénérés (dont la matriarche est interprétée par la géniale Michelle Pfeiffer), notables débiles et désargentés qui tentent de survivre grâce à leur réputation passée. Des ratés chez qui la médiocrité intellectuelle le dispute à l’appât du gain et à l’attrait pour le goût du jour. Or la jeune fille de la famille, Victoria Winters, ressemble étonnamment à l’amante défunte de Barnabas, et la ville de Collinsport est par ailleurs le fief d’une jeune et jolie femme qui a les traits de l’épouvantable Angélique Bouchard… Barnabas va-t-il revivre le même cauchemar ? De cette rencontre entre un vampire très chic et une famille sous l’emprise des règles de la société de consommation, Tim Burton tire à la fois une déclinaison de gags savoureux et une critique sociale, nihiliste et guillerette, de l’ennui acculturé généré par la civilisation américaine à laquelle il nous a habitués depuis ses débuts. Il tire aussi sur tout ce qui bouge : Barnabas prend par exemple le “M” d’une enseigne de McDonald’s pour l’initiale de Méphistophélès, ou confond sa descendante ado, au langage fleuri et aux poses alanguies de fausse beatnik, avec une prostituée. Le talent de Burton et de Depp fait que cet humour n’est jamais réactionnaire : Barnabas est aussi ridicule que les victimes de son jugement. Dark Shadows, tiré d’une série à succès diffusée entre 1966 et 1971 sur ABC, trouve aussi ses racines dans une culture spécifiquement américaine. Car le personnage de Barnabas renvoie moins à une nouvelle incarnation du conte de La Belle au Bois-Dormant qu’à l’un des premiers personnages de la littérature et de la mythologie américaines, celui de Rip Van Winkle. Barnabas n’est pas qu’un personnage comique, mais l’émouvant et drolatique morceau de ruban adhésif qui va relier les membres de la famille Collins à sa propre histoire. Barnabas Collins, c’est le retour du même ou une journée sans fin. En tentant de revivre deux cents ans plus tard son histoire d’amour avortée avec la femme qu’il aime et de lui donner une fin heureuse, en affrontant à nouveau, afin de la vaincre, l’incarnation du mal qui l’avait jeté dans les coulisses de la vie et du temps, il essaie de réparer les erreurs du passé et de préparer sa filiation aux embûches de l’avenir, de lui redonner un sang neuf : le comble pour un vampire. Tim Burton reste un éternel enfant qui ne se résout pas à l’idée que l’on ne puisse pas encore tout changer, tout réparer, tout revivre au-delà de la mort. Dark Shadows se révèle l’un de ses plus beaux films.

Ce film est précédé du court métrage:
CUL DE BOUTEILLE
un film de Jean-Claude Rozec
(Animation – France – 2010 – 09’00 »)

La nouvelle terrible est tombée : profondément myope, Arnaud doit porter des lunettes, et pas n’importe quelles lunettes, une monture grossière qui lui décolle les oreilles et lui pince le nez. Des verres si épais que ses yeux ne semblent plus que deux petits points noirs… Ces affreuses binocles, Arnaud ne les aime pas et il préfère de loin le monde flou et protéiforme de sa myopie, un monde peuplé de monstres, licornes et autres chimères qui apparaissent au gré de sa fertile imagination.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 07 juin à 21h

vendredi 08 juin
à 21h

Vernoux (salle du lac) :
samedi 09 juin à 17h
dimanche 10 juin à 17h
lundi 11 juin à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 10 juin à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 12 juin à 20h30

 

ET SI ON VIVAIT TOUS ENSEMBLE?

affiche-et-si-on-vivait-tous-ensemble dans Archives
Film de Stéphane Robelin (Comédie – France / Allemagne – 2012 – 1h36)
Avec Jane Fonda, Pierre Richard, Géraldine Chaplin, Claude Rich, Guy Bedos…

Annie, Jean, Claude, Albert et Jeanne sont liés par une solide amitié depuis plus de 40 ans. Alors quand la mémoire flanche, quand le cœur s’emballe et quand le spectre de la maison de retraite pointe son nez, ils se rebellent et décident de vivre tous ensemble. Le projet paraît fou mais même si la promiscuité dérange et réveille de vieux souvenirs, une formidable aventure commence : celle de la communauté… à 75 ans! Le problème de la dépendance, de la solitude ou de la maladie chez les personnes âgés n’est pas forcément le sujet le plus vendeur au cinéma, ni certainement le plus aisé à traiter. Pourtant Stéphane Robelin s’en sort plutôt bien avec Et si on vivait tous ensemble ? en parvenant à nous toucher avec une bande de sexagénaires bien mûrs. Une partie de la réussite de l’entreprise tient évidemment dans le casting que le réalisateur a pu réunir : Guy Bedos, Claude Rich, Pierre Richard, Géraldine Chaplin et même l’Américaine Jane Fonda ! Ensemble, ils parviennent à nous emporter avec humour dans cette histoire de petits vieux qui décident de vivre ensemble plutôt que d’aller finir leurs jours dans une maison de retraite. Une expérience que l’on ne vit pas seulement du côté de ces anciens mais également à travers le regard d’un « jeune », incarné par l’acteur allemand Daniel Brühl. L’audace du sujet, traité avec simplicité et réalisme sur le ton de l’humour et parfois sans tabous, l’emporte au final sur la qualité de la réalisation, qui n’est pas sans défauts, loin de là. Déconcertant est l’adjectif qui va le mieux à ce film qui se présente sous les dehors d’une comédie classique, avec son joli pavillon de banlieue, ses observations sociologiques et ses gags parfois prévisibles. Ce qui l’est moins, c’est l’omniprésence de la mort, qui donne au film une texture souvent inquiétante, parfois saisissante. Un titre plus honnête serait : « Et si on finissait de vivre tous ensemble ? ». Une comédie douce-amère bien venue.

Lamastre (centre culturel)
jeudi 07 juin à 15h

Colombier le Vieux (salle des fêtes) :
vendredi 08 juin à 21h

Vernoux (salle du lac)
samedi 09 juin à 21h

 

L’OURS ET LE MAGICIEN

afficheloursetlemagicien.jpg
Films de Maris Brinkmans, Evald Lacis, et Janis Cimermanis
(animation – Lettonie -  2009 – 0h51 – V.F.)
Tout public, à partir de 3 ans

On ne sait pas quelle place tient l’animation de marionnettes dans la balance commerciale lettone, mais la production est constante et arrive régulièrement jusqu’aux écrans français. Depuis plus de 50 ans, le studio AB de Riga, en Lettonie, produit ces films pour enfants. Dépourvus de dialogues mais joliment bruités, les deux premiers, L’ours arrive et L’eau magique, séduisent par leur humour discret. Le troisième, Le Maître des glaces, cette fois dialogué, joue sur un registre plus poétique, avec sa princesse emprisonnée, sauvée par le jeune page. Dans L’Eau magique, de Maris Brinkmanis, deux créatures indéfinissables mais sympathiques découvrent les bienfaits et les dangers d’un liquide capable de faire fleurir le désert mais aussi de ressusciter les monstres (rien de bien méchant, pas de cauchemars à craindre). L’Ours arrive de Janis Cimermanis suit les tribulations d’un plantigrade polaire mais brun que la fonte des glaces amène jusqu’à un village européen. Le sang-froid des enfants sauve l’ours de la panique des adultes. Le scénario du troisième court, Le Maître des glaces, mélange vigoureusement Perrault et Andersen. Comme dans La Belle au bois dormant, la vengeance d’un convive maltraité plonge un royaume dans le sommeil, comme dans La Reine des glaces, il faut délivrer un prisonnier d’une forteresse enneigée. Les gentils gags visuels des deux premiers films laissent ici la place à des luttes spectaculaires à coups de rayons glaçants et d’épées enchantées. À la fois inventives, facétieuses et d’une grande poésie, les trois histoires qui composent L’ours et le magicien sont une ode à l’imaginaire.

Colombier le Vieux (salle des fêtes) :
vendredi 08 juin à 10h (séance scolaire ouverte à tous)

UNE VIE DE CHAT

afficheuneviedechat.jpg

Film d’animation de Jean-Loup Felicioli & Alain Gagnol (policier – France -  2010 – 1h10)
Avec les voix de Dominique Blanc, Bruno Salomone, Jean Benguigui, Bernadette Lafont…
Film tout public, à partir de 6 ans

L’animation est en droit d’explorer tous les genres et, grâce à Une vie de chat, les enfants vont pouvoir être initiés sans douleur aux charmes du polar: Dino est un chat qui partage sa vie entre deux maisons. Le jour, il vit avec Zoé, la fillette d’une commissaire de police. La nuit, il escalade les toits de Paris en compagnie de Nico, un cambrioleur d’une grande habileté. Jeanne, la commissaire de police, est sur les dents. Elle doit à la fois arrêter l’auteur de nombreux vols de bijoux, et s’occuper de la surveillance du Colosse de Nairobi, une statue géante convoitée par Costa, le criminel responsable de la mort de son mari policier. Depuis ce drame, la fillette ne dit plus un mot. Les événements vont se précipiter la nuit où Zoé surprend Costa et sa bande. Une poursuite s’engage, qui durera jusqu’au matin, et qui verra tous les personnages se croiser, s’entraider ou se combattre, jusque sur les toits de Notre-Dame… Troisième long métrage des studios d’animation valentinois Folimage (après La Prophétie des grenouilles et Mia et le Migou), Une vie de chat frappe par sa souplesse gracile, la vivacité féline de ses dessins, l’harmonie bondissante de la musique et des couleurs. Il surprend par la manière dont, en à peine une heure et dix minutes, il condense une intrigue de polar bigarrée et une chronique sociale touchante. Un burlesque potache s’y niche par ailleurs, qui se traduit autant par la bêtise crasse des gangsters, leurs répliques pittoresques, leurs accents belges à couper au couteau. Celui, titi parisien, de Bernadette Lafont, qui prête sa voix à la nounou de Zoé, affreuse mégère à la solde des gangsters, apporte une saveur supplémentaire, qui s’accorde avec les quelques gags à répétition bien sentis. Une telle profusion traduit un formidable instinct de mise en scène. Il serait dommage de passer à côté.

Colombier le Vieux (salle des fêtes) :
vendredi 08 juin à 14h (séance scolaire ouverte à tous)

 

Commenter

 
 

loladu84mdr |
shaolin13 |
Silyvor Movie |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PHILIPPE PINSON - ...
| Playboy Communiste
| STREAMINGRATOX