Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

Du 22 au 28 Août 28 août, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 8:35

BLANCHE NEIGE ET LE CHASSEUR

Du 22 au 28 Août dans Archives affiche-blanche-neige-et-le-chasseur
Film de Rupert Sanders (Aventure / Fantastique – USA – 2012 – 2h06 – V.F.)
Avec Kristen Stewart, Chris Hemsworth, Charlize Theron …
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Dans des temps immémoriaux où la magie, les fées et les nains étaient monnaie courante, naquit un jour l’unique enfant d’un bon roi et de son épouse chérie : une fille aux lèvres rouge sang, à la chevelure noire comme l’ébène et à la peau blanche comme neige. Et voilà précisément où l’histoire que vous croyiez connaître prend fin et où la nouvelle adaptation épique et envoutante de ce célèbre conte des frères Grimm débute. Notre héroïne, dont la beauté vient entacher la suprématie de l’orgueilleuse Reine Ravenna et déclencher son courroux, n’a plus rien d’une damoiselle en détresse, et la cruelle marâtre en quête de jeunesse éternelle ignore que sa seule et unique rivale a été formée à l’art de la guerre par le chasseur qu’elle avait elle-même envoyé pour la capturer. Alliant leurs forces, Blanche-Neige et le chasseur vont fomenter une rébellion et lever une armée pour reconquérir le royaume de Tabor et libérer son peuple du joug de l’impitoyable Ravenna. Cette nouvelle adaptation du conte de fées des frères Grimm est loin, très loin, du célèbre dessin animé des studios Disney, réalisé en 1937. Un film à grand spectacle, qui fait penser par moments au « Seigneur des anneaux », proche de l’univers de l’héroïc-fantasy, sombre et trash à souhait. Ce « Blanche-Neige » version noire bénéficie de deux stars en grande forme: Charlize Theron dans un de ces rôles de méchante qu’elle affectionne tout particulièrement, la reine Ravenna, et Kristen Stewart, la jeune héroïne de « Twilight » en Blanche-Neige amoureuse et futée qui convainc le chasseur (Chris Hemsworth) envoyé pour la tuer de devenir son protecteur et son mentor. Quant aux sept nains, ils sont ici inquiétants, lubriques et voleurs. Ce premier film  de Rupert Sanders se présente comme une réalisation efficace dans son récit, créative dans ses moyens et suffisamment intelligente dans son travail sur la matière première. Porté par un imaginaire très proche des graves exubérances de Terry Gilliam dans Les Frères Grimm (2005), le film s’apprécie surtout comme un parcours visuel où fourmillent petites et grandes trouvailles d’animateurs. De la silhouette majestueuse du miroir à forme humaine jusqu’au vieillissement accéléré de la reine, le parti pris est clair et bien défendu : dire un conte, c’est avant tout planter un décor. Que cet enchantement premier fonctionne, et le reste suivra sans trop de mal. Mais, par-delà les codes anciens du conte et – moins anciens – du cinéma qui aime à les redire, se construit au fil du récit un modèle résolument contemporain : une féminité à la Jeanne d’Arc, vierge et guerrière, immensément fragile et plus puissante encore de ses faiblesses. C’était l’une des ambitions manquées de l’Alice de Burton. C’est la grande force de cette Blanche-Neige en armure, hurlant de sa toute petite voix pour rassembler sous sa bannière les hommes immenses. Un modèle entre histoire et conte, qui n’est pas le pire que l’on puisse désirer à 15 ans, ou plus tôt, ou bien plus tard.

Ce film est précédé du court métrage:
LE BÛCHERON DES MOTS
un film de Izu Troin
(Animation – France – 2009 – 11’10)

Dans un pays où les habitants se nourrissent, au sens propre, de lettres et de mots cueillis dans les arbres, la lecture est vitale s’ils ne veulent pas mourir… d’ennui. Mais certains livres sont interdits à cause de leur contenu émotionnel et des transformations physiques qu’ils provoquent. Nadal, un bûcheron des mots, fait une rencontre qui change définitivement sa vie…

Lamastre :
jeudi 23 août à 21h30
(plein air – préau école publique)

vendredi 24 août
à 21h (centre culturel)
samedi 25 août à 18h
(centre culturel)

Vernoux (salle du lac) :
lundi 27 août à 18h & 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 26 août à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 28 août à 20h30

 

 

 

Du 15 au 21 août 21 août, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 12:20

MOONRISE KINGDOM

Du 15 au 21 août dans Archives affiche-moonrise-kingdom
Film de Wes Anderson (Dramédie – USA – 2012 – 1h34 – V.O.S.T.)
Avec Bruce Willis, Edward Norton, Bill Murray, Tilda Swinton …

Les îles au large de la Nouvelle-Angleterre sont des pages blanches pour les ciné­astes, mondes clos où faire régner leur seul imaginaire. Récemment, Roman Polanski y a projeté sa parano diffuse (The Ghost Writer) et Martin Scorsese, sa parano massive (Shutter Island). Avec Wes Anderson, changement complet de fantasmagorie. Sur une de ces îles, au cœur de l’été 1965, Suzy et Sam, douze ans, tombent amoureux, concluent un pacte secret et s’enfuient ensemble. Alors que chacun se mobilise pour les retrouver, une violente tempête s’approche des côtes et va bouleverser davantage encore la vie de la communauté. On est trop sérieux quand on a 12 ans, trop lunaire aussi. Sous l’œil grand angle du jeune quadra Wes Anderson, c’est l’âge de tous les ravissements, toutes les sidérations, toutes les bascules, où surgit l’ivresse tétanique du premier amour. Un âge d’échappées et de pactes terribles, dont Moonrise Kingdom fait sa trame élégiaque, s’accrochant à la fuite en socquettes des deux gosses enamourés à travers mers, bois et falaises, avec une troupe scoute, les services sociaux et toutes les névroses du monde adulte à leurs trousses. Suzy est une belle enfant au visage grave soupçonnée par ses parents d’être dépressive, Sam un orphelin ombrageux en uniforme et toque Crockett, promis aux électrochocs et, pire encore, à la garde de Tilda Swinton. Leur évasion leur fait traverser utopies enfantines avec Françoise Hardy pour marraine, premiers baisers, premières morsures. Ce septième film d’Anderson, qui lui a valu sa première invitation à prendre part au cirque cannois, est une somme de son art dont la maîtrise affole plus encore qu’elle n’impressionne. Le cinéaste semble ici plus affairé que jamais à plier le monde et son casting all-star (Bruce Willis, Edward Norton, Bill Murray…) aux puissances de ses visions géométriques, d’en faire une glaise malléable à l’extrême liberté d’écriture qu’il s’offre. C’est un cinéma ouvragé au couteau suisse, cet ustensile qui lui va si bien, et que l’on retrouve en presque chacun de ses films. La couverture du magazine scout Indian Corn, des boîtes de pâtée pour chat, les tempes grises de Tilda Swinton sous son brushing roux, plus que jamais chaque détail, chaque geste, chaque motif s’accorde avec une frénésie de cartoon à l’infinie sophistication de son fétichisme envoûté. Le film ne prolonge pas moins le ressac douloureux qui balaie son cinéma depuis que celui-ci entreprend d’opérer sa révolution adulte. Ici, une noirceur terrible tapisse la cale du film et s’incarne dans ses portraits du désenchantement adulte – rien d’heureux ne se vit en dehors d’un paradis chimérique déjà perdu. Cette ombre vient recouvrir l’intrigue enfantine de son écho cinglant, alors que dans son dernier volet le récit est livré aux splendeurs tonitruantes d’une nuit bleu argent d’ouragan. Mais la foudre peut bien s’abattre sur un enfant, rien n’entravera ici la destinée romantique des amants en culotte scoute. Pour eux, souffle la chanson, c’est encore «le temps des copains, le temps de l’amour, et de l’aventure. Quand le temps va et vient, on ne pense à rien, malgré ses blessures…»

Ce film est précédé du court métrage:
CARLITOPOLIS
un film de Luis Nieto
(Fiction – France – 2006 – 03’10 »)

Un étudiant présente son projet de fin d’études devant un jury. Cet acte banal se transforme peu à peu en une performance absurde et trompeuse au cours de laquelle une petite souris de laboratoire appelée Carlito subit toutes sortes d’expériences. Un mélange de prises de vue réelles et d’images de synthèse nous fait douter de la véracité des images, mais aussi des mots. Qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui est faux ?

Lamastre (plein air – préau école publique) :
jeudi 16 août à 21h30

vendredi 17 août
à 21h30

Vernoux (salle du lac) :
samedi 18 août à 18h & 21h
lundi 20 août à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 19 août à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 21 août à 20h30

 

 

 

Du 08 au 14 août (2 films) 14 août, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 9:28

L’AGE DE GLACE 4
LA DÉRIVE DES CONTINENTS

Du 08 au 14 août (2 films) dans Archives affiche-lage-de-glace-41
Film de Steve Martino & Mike Thurmeier (Animation – USA – 2012 – 1h34 – V.F.)
Avec les voix de Gérard Lanvin, Vincent Cassel, Elie Semoun, Christophe Dechavane…
Film tous publics à partir 6 ans

Alors que la saga l’Age de Glace nous fait mourir de rire depuis onze ans et qu’elle compte déjà une trilogie (2001-2005-2009), les réalisateurs ont remis le paquet avec ce quatrième volet. En effet, dès le début du film, on retrouve notre fidèle Scrat – toujours aussi obsédé par sa noisette – qui va provoquer la division de l’unique terre en plusieurs continents et ainsi séparer Manny et ses deux amis (Sid et Diego) du reste de leur famille. Durant cette folle introduction – plutôt anecdotique, on vous laisse le plaisir de la découvrir – on reste ébahit devant un graphisme époustouflant, fluide et rapide qui nous replonge vitesse grand V dans cette nouvelle épopée préhistorique, qui parvient à tirer le meilleur des ingrédients de la saga. Que serait l’univers de l’Age de Glace sans sa bande de personnages totalement loufoques, à l’humour décapant et à la personnalité attachante ? Pas grand chose, on vous l’accorde ! En plus de retrouver l’écureuil Scrat, ainsi que le trio formé par Manny, Sid et Diego, on découvre de nouveaux personnages tels que la jeune Pêche, la fille mammouth de Manny et Ellie, ou encore son fidèle ami – très choupinet – Louis, alias Moucheron. Mais l’arrivée que l’on préfère dans cet Age de Glace 4 est celle d’une paresseuse qui n’est autre que la grand-mère édentée et complètement frappadingue de Sid. Un personnages qui nous aura fait rire à chacune de ses apparitions ! Autres nouveaux dans cette épisode, les méchants pirates qui ne manqueront pas d’amuser les plus jeunes lorsqu’ils pousseront la chansonnette. A ce propos, on peut remarquer qu’avec une partie de son casting (original) composé de chanteurs – Jennifer Lopez, Queen Latifah, Nicki Minaj et Drake – l’Age de Glace 4 propose une bande originale de qualité (restez bien durant le générique de fin, il vaut vraiment le coup d’oeil). En revanche, si l’histoire est plaisante, on regretta parfois son rythme en dents de scie . On passe de séquences assez lentes – heureusement assez brèves – à des scènes très drôles – où les blagues s’enchaînent facilement – pour revenir à des moments plus monotones, notamment lorsqu’on quitte les quatre personnages principaux. Cependant, on trouvera comme excuse qu’il faut bien mettre en place l’intrigue et qu’on ne peut pas faire un film uniquement basé sur des bonnes vannes. En conclusion, on peut donc dire que cet épisode est bien plus réussi que le précédent et qu’en conséquence, les fans ne devraient donc pas être les seuls à apprécier le spectacle !

Lamastre (plein air – préau école publique) :
jeudi 09 août à 21h30
vendredi 10 août
à 21h30

Vernoux (salle du lac) :
samedi 11 août à 18h
lundi 13 août à 18h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 12 août à 17h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 14 août à 20h30

 

HOLY MOTORS

affiche-holy-motors dans Archives
Film de Léos Carax (Drame / Fantastique – France – 2012 – 1h55)
Avec Denis Lavant, Eva Mendes, Edith Scob, Kylie Minogue…

De l’aube à la nuit, quelques heures dans l’existence de Monsieur Oscar, un être qui voyage de vie en vie. M. Oscar semble jouer des rôles, plongeant en chacun tout entier. Il est seul, uniquement accompagné de Céline, longue dame blonde aux commandes de l’immense machine qui le transporte dans Paris et autour. Tel un tueur consciencieux allant de gage en gage. À la poursuite de la beauté du geste. Du moteur de l’action. Des femmes et des fantômes de sa vie. Mais où est sa maison, sa famille, son repos ? Holy Motors est à la fois un film fauché et une superproduction – une vue d’ensemble de l’histoire du cinéma (du chronographe de Marey aux capteurs numériques des tournages sans caméra) et le portrait intime d’un cinéaste qui n’a pas réalisé de long-métrage depuis 1999. Cette intimité est établie dès le prologue qui montre un homme endormi dans une pièce qui communique avec un théâtre. Tiré de son sommeil, l’homme chausse des lunettes noires et ouvre la porte qui mène au spectacle. Ce rêveur éveillé, c’est Leos Carax, en personne. Il se retrouve en pyjama dans une salle comble. Depuis l’échec de Pola X, le cinéaste n’a pu mener à bien les projets qui sont nés de son imagination. Il y parvient enfin et commence par se mettre en scène en somnambule, tiré de son hibernation par un moteur mystérieux, dont le carburant est probablement extrait du regard d’un public que la caméra filme de face. Pour naviguer entre l’épopée et les replis les plus secrets de l’âme d’un artiste, Leos Carax a choisi pour vaisseau une limousine étirée, toute blanche. Elle est conduite par une femme élégante, Céline (Edith Scob), qui est venue chercher un homme manifestement puissant dans sa belle villa, de l’autre côté du périphérique. Le prologue nous a appris à nous méfier des apparences et le M. Oscar (Denis Lavant) que Céline salue avec déférence ne s’assied à l’arrière de la grande voiture que pour mieux travailler. Dans cette loge, Oscar se travestit et devient tour à tour une vieille femme, un clochard monstrueux, un père de famille, un assassin asiatique, un vieillard agonisant. A chaque métamorphose correspond une situation, « un rendez-vous », dit Céline dont on s’aperçoit bientôt qu’elle n’a pas grand-chose d’une domestique et tout d’un manager. Ce forçat de la transformation s’use sous nos yeux. Ce qu’accomplit Denis Lavant dans Holy Motors tient du prodige : il passe d’un personnage à l’autre en s’abandonnant sans retenue à chacun des rôles. Quand il devient M. Merde, une créature répugnante déjà vue dans le sketch du film collectif Tokyo, l’acteur disparaît sous les postiches, exsudant une énergie de centrale atomique parfaitement incompatible avec la lassitude du père de famille qu’il incarne quelques séquences plus loin. Ces contradictions, ces oppositions radicales n’empêcheront pas qu’à la fin du film, on sera devenu un intime de M. Oscar, l’homme qui est payé pour se transformer et vivre d’autres vies. Pourquoi ce travail de titan ? M. Oscar vit et travaille dans un monde où le spectacle s’est atomisé pour infiltrer les vies, sans que l’on ne sache plus qui parle à qui, qui regarde, qui joue. Leos Carax invente une manière délibérément velléitaire de faire du cinéma : chaque désir est mis en scène, entre innovation formelle et amour un rien fétichiste de l’histoire du cinéma. Conquérant souverain, faussement mélancolique, incroyablement ludique, sidérant d’originalité et d’invention : Carax nous livre un film génial. Un beau et étrange requiem pour le cinéma.

Ce film est précédé du court métrage:
FARD

Film de David Alapont & Luis Briceno
(Animation – France – 2009 – 12’55 »)

Dans un futur proche, le monde semble fonctionner de façon efficace et contrôlée… Fard dépeint une société aseptisée et froide dans laquelle évoluent des clones au teint blafard. Les auteurs ne s’encombrent pas d’une intrigue compliquée et préfèrent privilégier les symboliques véhiculées par le genre : la représentation despotique du pouvoir ou l’humanité fragilisée par la figure envahissante de l’humanoïde. 

Lamastre (plein air – préau école publique) :
mardi 14 août à 21h30

Vernoux (salle du lac) :
samedi 11 août à 21h
dimanche 12 août à 17h
lundi 13 août à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 12 août à 20h30

 

 

 

Du 01 au 07 août (2 films) 7 août, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 14:00

LA PART DES ANGES

Du 01 au 07 août (2 films) dans Archives affiche-La-part-des-anges
Film de Ken Loach (Comédie dramatique – Grande Bretagne – 2012 – 1h41 – V.O.S.T.)
Avec Paul Brannigan, John Henshaw, Gary Maitland, Roger Allam…

Le prix du jury attribué à la Part des anges de Ken Loach au dernier Festival de Cannes a surpris tout le monde. Surtout Ken Loach (Palme d’or en 2006 pour Le vent se lève), qui l’a reçu un sourire perplexe aux lèvres. Son film avait été accueilli avec une étrange condescendance. C’était «un petit Loach», c’était «gentil», c’était «sympa». Sans doute était-ce tout cela. Mais aussi davantage. D’abord, ne pas trahir son sujet, écrit par son scénariste fétiche Paul Laverty et né d’une statistique navrante – l’année dernière, en Angleterre, pour la première fois, le nombre de jeunes au chômage a dépassé le million – , Loach n’a pas trahi, il a, à nouveau, comme souvent, comme il sait le faire, montré que la classe ouvrière de son pays ne va pas au paradis et que c’est plus dur encore lorsque l’on est jeune, lorsqu’on est petit. Les drames sociaux de Ken Loach imposent admiration et respect. Cette fois il a choisi pour dire ses colères, son engagement sans faille du côté des lésés, le registre insolite et bienfaisant de la comédie. On rit donc souvent – même si ce n’est pas gai –, avec ce conte de fées cabossées, rédemption d’un voyou avenant dans les effluves célestes d’un whisky de prix. Ça se passe à Glasgow dont on voit les rues sombres mais aussi la campagne douce, et où l’accent écossais est épais comme le brouillard. Robbie, la vingtaine, plein de rages légitimes, navigue de bagarres violentes en larcins divers, mais voilà, de toutes ses forces, il voudrait rentrer dans l’ordre : il est amoureux d’une fille «trop bien pour lui», et il va être papa… Échappant par miracle à la prison, Robbie est condamné à 300 heures de travaux d’intérêt général. Dès lors, le film échappe au drame (et aussi à la réalité), comme un oiseau s’échappe de sa cage. Harry, un éducateur bon comme une nounou, se prend d’affection pour lui et trois autres de ses ouailles un peu délinquantes occupées à nettoyer un cimetière, et les emmène en excursion pour les distraire. Notamment dans une raffinerie de whisky. C’est là qu’elles apprennent, et nous aussi, que la vapeur d’alcool s’échappant inéluctablement des fûts précieux est appelée «la part des anges». C’est là que Robbie révèle ses dons insoupçonnés, il a un nez, un palais, et est vite repéré par un grand spécialiste. Une vente aux enchères d’un montant astronomique doit avoir lieu, un américain richissime et inculte est le client idéal. Et si pendant la nuit précédant la vente, on pompait un peu du divin breuvage pour le remplacer par de la piquette et vendre à son juste prix (astronomique) le nectar prélevé, le client n’y boirait que du feu. C’est à cette épopée modeste de nos quatre larrons maladroits, dérisoires mousquetaires en kilt, que le film nous convie. Prendre aux riches quand on est pauvre, après tout… A la fin, non, Robbie n’est pas devenu un ange. Mais Ken Loach lui fait confiance. Et nous aussi. Il va réussir à attraper sa chance. Du moins une petite part. Ce Ken Loach millésime 2012 est à déguster sans modération !

Ce film est précédé du court métrage:
EN BOUQUETS SERRÉS
un film de Ornette Spenceley
(Fiction – Grande-Bretagne – 2007 – 10′ – V.O.S.T.)

Une jeune mère célibataire gagne sa vie en sillonnant le pays comme ouvrière agricole. Après la perte soudaine de son emploi, elle est contrainte d’assumer ses responsabilités parentales.

Lamastre (plein air – préau école publique) :
jeudi 02 août à 21h30

vendredi 03 août
à 21h30

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 05 août à 17h
lundi 06 août à 18h & 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 05 août à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 07 juillet à 20h30

 

LES AVENTURES EXTRAORDINAIRES
D’ADÈLE BLANC-SEC

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Film de Luc Besson (Aventure – France – 2010 – 1h47)
Avec Louise Bourgoin, Gilles Lellouche,Mathieu Amalric, Jean-Paul Rouve…
Film tous publics / séance gratuite offerte par la ville de Vernoux en Vivarais

En cette année 1912, Adèle Blanc-Sec, jeune journaliste intrépide, est prête à tout pour arriver à ses fins, y compris débarquer en Égypte et se retrouver aux prises avec des momies en tout genre. Au même moment à Paris, c’est la panique ! Un œuf de ptérodactyle, vieux de 136 millions d’années, a mystérieusement éclos sur une étagère du Jardin des Plantes, et l’oiseau sème la terreur dans le ciel de la capitale. Pas de quoi déstabiliser Adèle Blanc-Sec, dont les aventures révèlent bien d’autres surprises extraordinaires… Luc Besson reprend l’esprit et les images, les vignettes mêmes des bandes dessinées de Jacques Tardi et c’est donc dans une ambiance familière aux amateurs du dessinateur qu’éclôt cet œuf de ptérodactyle, et c’est un Choupard alcoolisé qui l’aperçoit d’abord rue de Rivoli. Cette répétition cinématographique de l’univers dessiné est elle-même inventive, drôle et aventureuse. Le rapport à la parodie est nickel : c’est plein de mystères mais on sent que leur résolution n’est pas la grande affaire du film. Le montage joue des associations et celle qui voit le vieux professeur Espérandieu remuer des épaules pour simuler le battement des ailes de l’encore plus vieux ptérodactyle dit la respiration humoristique de l’œuvre de Luc Besson. Adèle Blanc-Sec est en Égypte quand commence sa propre aventure extraordinaire. Avec ces pyramides et ce sphinx, son ciel bleu, ses prétendus pilleurs de tombes et ses momies bientôt en folie. C’est que, curieusement, Adèle a besoin d’un médecin de l’Antiquité pour guérir sa sœur qu’une malencontreuse partie (amicale) de tennis a presque tuée, et c’est pourquoi – la logique a ses raisons que la raison ignore – l’affaire du ptérodactyle ne la laisse pas indifférente. «Maintenant que l’incroyable est fait, passons à l’impossible», comme elle le dira. Cela nécessitera de s’affronter à un «ignoble crétin» après l’autre et, là encore, Luc Besson réussit sa panoplie de personnages lamentables, de cet imbécile d’inspecteur Caponi aux allures d’Averell Dalton, au chasseur de fauves ne sachant pas chasser avec ou sans chien, en passant par l’infâme Dieuleveult dont les intentions on ne peut plus malveillantes à l’endroit d’Adèle sont perpétuellement et bienheureusement perturbées. Louise Bourgoin est inattaquable en tant que mademoiselle Blanc-Sec : drôle et chieuse à la fois, et toujours cadrée décemment quand elle est nue. Cela ne manque ni de fraîcheur, ni de fantaisie. C’est drôle et palpitant à la fois.

Vernoux (place Beauregard) :
vendredi 03 août à 21h30 (gratuit)

 

 

 

 
 

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