Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

Du 26 septembre au 02 octobre (3 films) 2 octobre, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 14:05

A PERDRE LA RAISON

Du 26 septembre au 02 octobre (3 films) dans Archives AFFICHE-A-PERDRE-LA-RAISON
Film de Joachim Lafosse (Drame – France – 2012 – 1h51)
Avec Tahar Rahim, Niels Arestrup, Émilie Dequenne …

Murielle et Mounir s’aiment passionnément. Depuis son enfance, le jeune homme vit chez le Docteur Pinget, qui lui assure une vie matérielle aisée. Quand Mounir et Murielle décident de se marier et d’avoir des enfants, la dépendance du couple envers le médecin devient excessive. Murielle se retrouve alors enfermée dans un climat affectif irrespirable, ce qui mène insidieusement la famille vers une issue tragique. Pourquoi et comment une cellule familiale en vient à se désintégrer ? C’est la grande obsession du cinéma de Joachim Lafosse, auteur passionnant qui franchit un cap avec ce film, impressionnant de tension sourde, de malaise refoulé. A perdre la raison est le récit d’une série d’anomalies se complétant pour créer une situation familiale aberrante. Le talent de Joachim Lafosse est de la rendre crédible, et surtout poignante, à travers le personnage de Muriel, qu’Émilie Dequenne interprète visage d’abord radieux, puis de moins en moins expressif au fil des années. L’isolement progressif à l’intérieur de soi, la fatigue, l’air hagard : il est rare de voir une telle « descente » dans la dépression filmée avec tant de justesse. Qu’est-ce qui explique cette dislocation ? Un processus sournois. Muriel, femme instruite, professeur de français, se retrouve plus ou moins volontairement captive d’un piège, d’un ensemble de liens pervers entretenus avec son entourage direct, et surtout par le docteur Pinget. Un curieux bonhomme, celui-là, médecin aux petits soins mais toxique, généreux autant qu’asphyxiant. Comme il est seul et riche, il s’achète un fils, Mounir, qui, lui, est issu d’une famille marocaine dans le besoin. Grâce à son argent, Pinget fait vivre tout le monde : Mounir, Muriel et bientôt les enfants… Il n’est pourtant pas l’unique raison qui explique le cataclysme à venir. Le film combine de nombreux facteurs explosifs — l’inconscient des personnages, mais aussi l’Histoire, sur fond de paternalisme colonialiste — tous disséminés finement. Le cinéaste brasse large, sans jamais donner une quelconque sensation de démonstration. Il scrute les ambivalences des relations de pouvoir dans une cellule humaine, jusqu’au drame. Une œuvre superbe de maîtrise, de justesse et de sensibilité.

Ce film est précédé du court métrage:
DIX
un film de Bif
(Fiction – Grande Bretagne – 2008 – 07′ – V.O.S.T.)

Marc a besoin des pavés de la rue pour se déplacer, effrayé à l’idée de marcher sur les lignes. Il suit un traitement pour dépasser sa phobie, mais plus le temps passe, plus les risques pris semblent énormes. Et si la réalité dépassait ses craintes les plus délirantes ?

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 27 septembre à 21h

vendredi 28 septembre
à 21h

Vernoux (salle du lac) :
samedi 29 septembre à 18h
lundi 01 octobre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 30 septembre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 02 octobre à 20h30

 

ZELIG

affiche-zélig dans Archives
Film de Woody Allen (Comédie – USA – 1983 – 1h19 – V.O.S.T.)
Avec Mia Farrow, Woody Allen, Patrick Horgan …
Film programmé dans le cadre de notre cycle « mémoire du cinéma » en partenariat avec Les Écrans

Leonard Zelig relève, dans ces années trente, d’un cas peu ordinaire. Obèse, boxeur ou écrivain, il prend l’apparence de tous ceux qu’il côtoie. Eudora, en psychanalysant Léonard, découvre que celui-ci souffre d’un cruel besoin d’amour. Mais qui est Zelig ? Pépite méconnue de la filmographie de Woody Allen, cette courte mais exquise comédie est, comme le personnage qu’elle met en scène, totalement insaisissable. Faux biopic d’un homme sans identité qui prend l’apparence physique et la personnalité de ceux qu’il côtoie, Zelig pastiche avec une délicieuse insolence les documentaires gonflés aux images d’archives et aux interviews d’experts qui pullulent sur le petit écran. Additionnant de nombreuses images issues de films et d’infos de l’époque, Woody Allen s’amuse à créer la confusion en y insérant de façon quasi subliminale, ici une photo retouchée, là une séquence criante de vérité, plaçant Zelig dans des situations souvent incongrues, aux prises avec quelques figures de son époque dans un mouvement perpétuellement indécis, contrarié et grotesque. Le résultat est troublant, provoquant un léger malaise qui emmène le film bien au-delà de la comédie pure. Le miroir tendu par Zelig, homme-éponge en manque d’amour, révèle une humanité bien mal en point. L’indécision du héros, même subie, est l’effarant symptôme d’une maladie que chaque époque se coltine : le refus – fût-il inconscient – d’être soi et de trouver dans la société une bonne raison d’incarner le rôle qui lui est assigné. Dissimulées derrière la farce, les gesticulations des médecins, scientifiques et psychanalystes pour trouver une solution au mal dont souffre Zelig révèlent en creux le pessimisme d’un cinéaste dont le pendant « sérieux » n’était alors pas encore légitime aux yeux de la critique et du public américains. Pour autant, Zelig est loin d’être un abrutissant pensum allégorique pour sociologues amateurs : bien au contraire, l’ensemble est mené avec verve et légèreté, sans se départir de l’humour qui caractérise le cinéaste. Une merveille de drôlerie à l’irrévérence raffinée, Zelig est à (re)découvrir de toute urgence.

Lamastre (centre culturel)
mardi 02 octobre à 21h

Vernoux (salle du lac)
samedi 29 septembre à 21h
lundi 01 octobre à 18h

 

BOVINES

AFFICHE-BOVINES
Film de Emmanuel Gras (Documentaire – France -  2012 – 1h04)
Film tous publics, à partir de 6 ans, programmé dans le cadre d’une journée d’animation et d’échange autour de l’élevage, avec l’intervention de Jocelyne Porcher, auteure de plusieurs ouvrages sur les relations de travail entre éleveurs et animaux.

Dans les champs, on les voit, étendues dans l’herbe ou broutant paisiblement. Grosses bêtes placides que l’on croit connaître parce que ce sont des animaux d’élevage. Lions, gorilles, ours ont toute notre attention, mais a-t-on jamais vraiment regardé des vaches ? S’est-ont demandé ce qu’elles faisaient de leurs journées ? Que font-elles quand un orage passe ? Lorsque le soleil revient ? A quoi pensent-elles lorsqu’elles se tiennent immobiles, semblant contempler le vide ? Mais, au fait, pensent-elles ? Au rythme de l’animal, au milieu d’un troupeau, Bovines raconte la vie des vaches, la vraie. On pourrait légitimement classer Bovines dans la catégorie des «documentaires animaliers», mais ce serait prendre le risque d’induire le spectateur en erreur. Si celui-ci attend une variation instruite autour du «peuple vache», s’il imagine avoir affaire à une nouvelle superproduction genre du type Félins ou Océans, il sera fatalement trompé. Mais pas nécessairement déçu. Bovines est avant tout un geste. Un geste de filmeur doué et constant, qui plante sa caméra dans une prairie de France, à quelques mètres d’un troupeau de vaches couleur crème, placides et majestueuses. Pas de voix off, pas de texte explicatif, juste la contemplation empathique et sereine du troupeau de charolaises et de ses habitudes ruminantes. Pour tenir le spectateur dans la durée avec ses seules splendides vaches pour sujet, Emmanuel Gras fait preuve d’un don parmi les plus rares : celui de la bonne distance. Ici, tout est affaire de plan juste, de cadre fort, de son vrai, de cordeau précis comme dans la construction picturale classique de maîtres anciens. Bref, tout est ici question de style. Non seulement le style rigoureux du cinéaste mais aussi celui de ses «actrices» : tendres, émouvantes, fringantes et racées, les vaches de Bovines ont sacrément du chien. Le style étant lui aussi une affaire de morale, il finit par produire un genre d’osmose inattendue : le cinéaste et ses vaches se rejoignent dans une sorte de douce obstination à vivre là, au présent, dans l’instant du plan, dans un face-à-face patient, terrien, puissant, tout en langueur et force. A force de patience, Emmanuel Gras a su transformer son premier long métrage en expérience sensitive.

Lamastre (centre culturel)
dimanche 30 septembre à 15h30

 

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