Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

Du 26 septembre au 02 octobre (5 films) 10 octobre, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 12:59

UNE VIE MEILLEURE

Du 26 septembre au 02 octobre (5 films) dans Archives AFFICHE-UNE-VIE-MEILLEURE
Film de Cédric Kahn (Drame – France – 2012 – 1h50)
Avec Guillaume Canet, Leïla Bekhti, Slimane Khettabi …

Yann et Nadia tombent amoureux, il est cuisinier, elle élève seule un garçon, ils rêvent de monter leur restaurant. Cette mise en place avance rapidement, sans chichis, plaçant le film dans un élan sec et tendu. Les tourtereaux contractent des emprunts, mettent en chantier leur petite entreprise. Un rêve prend forme, se matérialise littéralement sous nos yeux. Des erreurs dans les travaux, une autorisation administrative qui tarde, et c’est l’engrenage du surendettement qui se met en branle. Pris au piège, Nadia, Yann et le petit vont devoir lutter ou tomber. Une vie meilleure fait bien sûr écho à la crise et à son lot de drames. Mais sa force vive consiste à ne jamais présenter ses personnages comme des victimes, d’en faire des combattants du quotidien. Peu porté sur le compassionnel, Cédric Kahn ne surplombe pas ses personnages et règle sa mise en scène à leur niveau, collant sa caméra à leurs problèmes. Prenant appui sur un contexte social fort, Une vie meilleure est filmé et rythmé comme un film d’action, un thriller de survie : rebondissements, personnages toujours en mouvement, imbrication entre le social (problèmes de travail et d’argent) et l’intime (déchirement du couple, relation entre l’adulte et l’enfant…). Tout entier tenaillé par des questions de récit (comment stopper la chute ? comment échapper aux mâchoires des créanciers ? quid du couple ?) et par la pulsation de sa dramaturgie, Cédric Kahn ne ménage aucune place à l’apitoiement, à la dénonciation, au simplisme, injecte au contraire de la complexité, laissant au spectateur la liberté d’analyser le destin des personnages, ce qu’il dit de notre époque. Lutter ou tomber, c’est aussi le la de sa mise en scène. Le bel équilibre entre “cinéma grand public” et reflet de l’âpreté de nos temps est résumé par son casting. Deux stars, Guillaume Canet et Leïla Bekhti, qui font oublier leur célébrité pour être Yann et Nadia, avec ce talent suprême qui consiste à rendre le travail d’acteur invisible. Entre eux, Slimane Khettabi, gamin qui imprègne le film d’une belle énergie brute, une présence sauvageonne. On est heureux de retrouver Cédric Kahn dans sa meilleure vis, celle d’un cinéma âpre, vif, mat, pieds dans le réel et tête dans la fiction. Belle adaptation du roman de Philippe Routier Une vie plus douce.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 06 octobre à 13h45 (festival Roman et Cinéma)

 

LE JARDIN DES FINZI CONTINI

affiche-le-jardin-des-Finzi-Contini dans Archives
Film de Vittorio De Sica (Drame / Historique – Italie – 2007 – 1h34 – V.O.S.T.)
Avec Dominique Sanda, Fabio Testi, Romolo Valli …

Italie, 1938. Ayant entrepris depuis peu de se convertir à l’antisémitisme, le régime fasciste multiplie les mesures vexatoires contre les Juifs italiens. Mais la famille Finzi-Contini, pilier de l’aristocratie de Ferrare depuis des générations, ne croit pas à l’imminence de la menace. Les deux enfants adultes, Micol et Alberto, aiment bien donner des parties et jouer au tennis dans l’immense parc qui entoure le palazzo familial. Comme les clubs sportifs viennent d’être interdits aux Juifs, des jeunes gens de milieux plus modestes sont désormais invités à jouer dans le jardin des Finzi-Contini. C’est ainsi que Giorgio a l’occasion de rencontrer la lointaine Micol et tombe peu à peu amoureux d’elle, qui lui en préfère un autre, cependant qu’hors des murs, le pire se prépare… Vittorio De Sica, grand cinéaste, inventeur avec quelques autres du néoréalisme italien, eut quelque peine à retrouver par la suite une telle magnificence. Mais à revoir Le jardin des Finzi-Contini, on se dit que le père de l’inoubliable Voleur de bicyclette a quand même eu quelques beaux sursauts. Et que l’élégant transalpin n’a rien perdu de son goût des vélos, mais plus sérieusement, des études sociologiques et psychologiques. Situant son intrigue à Ferrare, ville moyenne au prestigieux passé, il livre une étude extrêmement précise des familles juives y vivant. Parfaitement assimilées (on y dit les prières de la Pâque en italien), diverses tant au plan de leur situation sociale (sont ici également étudiées les relations entre la moyenne et la grande bourgeoisie) que de leurs opinions politiques (certaines ont de fortes sympathies fascistes, ce qui correspond à la réalité historique et constitue au demeurant un autre signe d’assimilation), elles voient progressivement se resserrer autour d’elles l’étau de l’antisémitisme et des terribles mesures qui l’accompagnent. Incrédules, impuissants, fatalistes ou révoltés, tous seront frappés sans distinction. L’une des grandes qualités de cette œuvre est d’aborder ce pan aujourd’hui encore méconnu de l’histoire italienne. Avec discrétion et acuité, De Sica construit un récit infiniment complexe et nuancé, baigné par une atmosphère cotonneuse et confinée qui fait puissamment ressortir les drames qui se nouent et viennent cueillir ses personnages. La caméra, très dynamique, scrute les êtres aux plus près de leurs émotions à l’aide de nombreux et somptueux gros plans et travellings avant. Entre étude sociologique et bouleversement politique, une superbe tragédie humaine, sensible et juste, adaptée du roman éponyme de Giorgio Bassani.

Lamastre (centre culturel)
mardi 09 octobre à 21h

Vernoux (salle Louis Nodon)
samedi 06 octobre à 17h (festival Roman et Cinéma)

 

LA COULEUR DES SENTIMENTS

AFFICHE-LA-COULEUR-DES-SENTIMENTS
Film de Tate Taylor (Drame – USA -  2011 – 2h26 – V.O.S.T.)
Avec Emma Stone, Jessica Chastain, Viola Davis, Sissy Spacek …

Jackson, Mississippi, au début des années 1960. Dans le Sud ségrégationniste, les domestiques noires n’ont par leur mot à dire. Elles travaillent avec dévouement pour les familles blanches et balaient, en silence, les humiliations. Aibileen a élevé 17 enfants blancs et les a tous aimés comme les siens. Minny, cuisinière hors pair, s’est occupée de Mrs Walters avant d’être renvoyée par sa fille. Skeeter, journaliste débutante, issue de la bourgeoisie, va s’intéresser à leur sort. Dans le plus grand secret, elle recueille leurs confidences pour en faire un livre, alors que ses amies, pour la plupart mariées, sont restées enracinées dans un schéma conventionnel. Elles ne se sentent absolument pas concernées par la lutte pour les droits civiques, préfèrent bridger et faire des enfants… Le racisme et les droits civiques ne sont qu’un arrière-plan au combat de femmes, à l’amitié et au courage érigés en valeurs modernes contre la bigoterie et le conservatisme. La Couleur des sentiments est l’adaptation du best-seller éponyme de Kathryn Stockett. Un premier roman né d’un regret : celui de ne pas s’être suffisamment intéressée à la vie de Demetrie, la domestique noire qui l’a élevée. Celle qu’elle considère comme sa seconde maman est morte lorsqu’elle avait 16 ans. Kathryn Stockett a confié la réalisation du film à son ami d’enfance Tate Taylor. Il a grandi comme elle à Jackson et restitue l’atmosphère de l’époque sans manichéisme, avec sensibilité, tendresse et humour. Le récit, parfois un peu trop linéaire, est dynamisé par une bande d’actrices formidables : Bryce Dallas Howard en peste raciste, Jessica Chastain en jeune mariée écorchée et fragile, Emma Stone, pleine de compassion. Sans oublier Octavia Spencer, concentré d’insolence bourrue, et Viola Davis, tout entière en émotion contenue.

Vernoux (salle Louis Nodon)
samedi 06 octobre à 21h (festival Roman et Cinéma)

 

LE DERNIER VOL DU FLAMANT

affiche-le-dernier-vol-du-flamant-
Film de Joao Ribeiro (Thriller – Brésil / Mozambique -  2012 – 1h30 – V.O.S.T.)
Avec Carlo D’Ursi, Eliote Alex, Alberto Magassela …

Tizangara, petit village de l’intérieur du Mozambique, premières années de l’après-guerre civile. Cinq explosions. Cinq morts, des soldats des Nations Unies dont on ne retrouve que les organes génitaux et le caractéristique casque bleu des soldats de la paix. 
« Pour connaître la vérité, n’interrogez pas les gens, interrogez la vie ». C’est ce qu’affirment les villageois à l’enquêteur étranger envoyé par les Nations Unies pour élucider ce mystère. Le dernier vol du flamant est l’adaptation du roman éponyme de Mia Couto. Ce dernier est l’un des auteurs les plus fameux du Mozambique, et son œuvre est traduite dans plusieurs dizaines de pays. Le réalisateur Joao Ribeiro lui avait déjà consacré un documentaire, « Mia Couto – O Desenhador de Palavras ? » (2006), et le court métrage « The Gaze of the Stars » (« Le Regard des étoiles »), réalisé en 1997, était également une adaptation d’un de ses écrits. Ce film est le premier long métrage de fiction du cinéaste mozambicain, très investi dans la vie cinématographique de son pays, puisqu’il est l’un des membres fondateurs de la AMOCINE (l’Association des réalisateurs mozambicains). Le dernier vol du flamant rose a remporté le prix du Meilleur long métrage au festival international du film d’Angola. Cette production n’a pas manqué de s’envoler et de faire escale dans une multitude de festivals en France, au Canada, ou encore en Corée du Sud… Citons aussi sa présence en 2010 à Cannes, au pavillon « Les cinémas du monde », ainsi qu’une nomination au Goya du Meilleur Film Européen (l’équivalent des César en Espagne). Un film rare, à ne pas louper!

Vernoux (salle Louis Nodon)
dimanche 07 octobre à 13h30 (festival Roman et Cinéma)


EXTRÊMEMENT FORT INCROYABLEMENT PRES

affiche-extremement-fort
Film de Stephen Daldry (Drame – USA – 2012 – 2h08 – V.O.S.T.)
Avec Tom Hanks, Thomas Horn, Sandra Bullock, Viola Davis, Max Von Sydow …

Oskar Schell, 11 ans, est un jeune New-Yorkais à l’imagination débordante. Un an après la mort de son père dans les attentats du World Trade Center, le « jour le plus noir », selon l’adolescent, il découvre une clé dans les affaires du défunt. Déterminé à maintenir un lien avec l’homme qui lui a appris à surmonter ses plus grandes angoisses, il se met en tête de trouver la serrure qui correspond à la mystérieuse clé. Tandis qu’il sillonne la ville pour résoudre l’énigme, il croise toutes sortes d’individus qui, chacun à leur façon, sont des survivants. Chemin faisant, il découvre aussi des liens insoupçonnés avec son père qui lui manque terriblement et avec sa mère qui semble si loin de lui, mais aussi avec le monde déconcertant et périlleux qui l’entoure… Pour son quatrième long-métrage, Stephen Daldry (The Hours, The Reader, tout les deux programmés au festival Roman et Cinéma) se lance dans l’adaptation du roman éponyme de Jonathan Safran Foer. A travers le parcours initiatique d’un enfant new-yorkais étonnamment mûr et sensible pour son âge, le film aborde avec originalité la détresse des familles touchées par les attentats du 11 septembre. Rompu aux drames, le réalisateur britannique connaît évidemment toutes les ficelles pour nous tirer les larmes et il faut bien avouer qu’ici il ne se fait pas prier pour les utiliser. Cependant, si les allergiques au mélo devront certainement passer leur chemin au risque d’être fortement malmenés au cours du métrage, cette adaptation ne se résume pas qu’au flot de larmes qu’il est enclin à susciter. En effet, le spectateur sera conquis par la subtile composition de candeur et de perspicacité offerte par le jeune Thomas Horn qui interprète Oskar. Il nous livre ainsi un personnage tout aussi attachant qu’insupportable qu’on se plait à suivre dans cette incroyable quête. De plus, au fil de ses nombreuses rencontres où l’on croise notamment l’émouvante Viola Davis (qu’on aura vu dans La couleur des sentiments) ou le talentueux Max Von Sydow, le film amène habilement son lot de leçon de vie non sans distiller çà et là des touches d’humour. Extrêmement émouvant et incroyablement bouleversant.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
dimanche 07 octobre à 16h (festival Roman et Cinéma)

 

Un passeport est vendu 30€. Il donne accès aux cinq séances et au diner du samedi 06 octobre.
Dimanche 07 octobre un déjeuner est proposé à 12€.
Règlement à la réservation.

Informations et vente sur les lieux de projections (Vernoux, Chalencon, Lamastre, Saint Jean Chambre) et à l’Office du Tourisme du Pays de Vernoux, le Cheminou tel. 04 75 58 18 10.
Il est bien sur possible de venir ponctuellement pour tel ou tel film, les tarifs restent les mêmes qu’habituellement.


 

1 Commentaire

  1.  
    Pierre CUEVAS
    Pierre CUEVAS écrit:

    ROMAN ET CINEMA : encore BRAVO et MERCI à tous ceux qui s’y sont investis !

Commenter

 
 

loladu84mdr |
shaolin13 |
Silyvor Movie |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PHILIPPE PINSON - ...
| Playboy Communiste
| STREAMINGRATOX