Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

Du 10 au 16 octobre (3 films) 16 octobre, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 23:07

CAMILLE REDOUBLE

Du 10 au 16 octobre (3 films) dans Archives camille-redouble
Film de Noémie Lvovsky (Comédie – France – 2012 – 1h55)
Avec Jean-Pierre Léaud, Mathieu Amalric, Noémie Lvovsky, Samir Guesmi, Michel Vuillermoz, Denis Podalydès, Judith Chemla …

Camille a seize ans lorsqu’elle rencontre Eric. Ils s’aiment passionnément et Camille donne naissance à une fille… 25 ans plus tard : Eric quitte Camille pour une femme plus jeune. Le soir du 31 décembre, Camille se trouve soudain renvoyée dans son passé. Elle a de nouveau seize ans. Elle retrouve ses parents, ses amies, son adolescence… et Eric. Va-t-elle fuir et tenter de changer leur vie à tous deux ? Va-t-elle l’aimer à nouveau alors qu’elle connaît la fin de leur histoire ?
Pour ceux que l’expérience tenterait, comment se retrouve-t-on, con­crètement, au milieu de ses copains de lycée, quand on a l’âge d’être leurs parents ? C’est simple, il suffit de se sentir expulsé de se sa propre vie. Comédienne en galère, Camille ressent comme une mutilation le départ de son homme. Elle noie sa colère et son chagrin dans l’alcool. Jusqu’à s’évanouir un 31 décembre à minuit. Et se réveiller dans sa peau d’adolescente. C’est Noémie Lvovsky, la réalisatrice, qui joue ce personnage, aussi bien au présent qu’en visite dans le passé, où les autres la voient comme une toute jeune fille. Pas d’effets spéciaux : la différence physique se limite au maquillage et à la longueur des cheveux. Ce corps bien peu adolescent est évidemment source de burlesque — a fortiori revêtu de la panoplie girlie des années 1980, genre Cindy Lauper. Mais il rappelle surtout le degré supérieur de conscience de Camille : elle sait tout des vingt-cinq années suivantes, qui va se marier, tomber malade, mourir… Certains auront reconnu, dans ses moindres détails, le principe de Peggy Sue s’est mariée, de Francis Ford Coppola : Camille redouble en est une sorte de remake, avec ceci de piquant que l’époque de la maturité désenchantée de Peggy (1987) correspond au paradis de jouvence de Camille. En vérité, les deux films sont animés par des forces très différentes. Coppola démystifiait le temps d’avant. Lvovsky, elle assume jusqu’au bout l’idéalisation du passé. Il y a de la magie dans les retrouvailles avec les parents, les copines, la chambre d’ado tapissée de photos d’acteurs, cette impression de Camille de rentrer à la maison, même quand elle prend place dans une salle de classe. Se recueillir ou agir, notre héroïne hésite. Face au miracle de la présence physique de sa mère (Yolande Moreau), dont elle sait la mort imminente, elle s’empresse d’enregistrer cette voix si douce, pour en garder, cette fois, la trace. En amour, la tentation d’interférer dans le cours des choses est la plus forte, à la lumière d’un avenir déjà connu. Quand Camille croise, au lycée, Eric, son futur mari et futur-ex, elle cherche avec véhémence à résister au coup de foudre, à faire payer à l’innocent sa trahison à venir. Et elle met un point d’honneur à s’amuser avec d’autres. Est-ce que Camille saura tout recommencer sur de nouvelles bases ? Est-ce qu’on peut changer le passé ? Chacun connaît déjà la réponse. Le charme irrésistible du film est ailleurs. Tout spectateur retrouvera instantanément l’essence de ses années lycée, mieux encore qu’avec une reconstitution directe. Dans Camille redouble, cette liberté, cet élan juvénile qui projettent l’héroïne vers les autres sont délestés de toutes les contraintes propres à l’instant présent. Si, pour le commun des mortels, l’adolescence est sur le moment un brouillon indéchiffrable, le film nous offre un luxe : la version « au propre », celle où l’on y voit enfin clair, où l’essentiel saute aux yeux. La seconde fois est bien plus belle que la première. Camille redouble, et c’est ce qu’on souhaite à tout le monde.

Ce film est précédé du court métrage:
3ème B, 4ème GAUCHE
Film de Jérémy Clapin (Animation – France – 2008 – 13’30 »)

Salomé, y a que ‘ça’ qui l’intéresse. Son voisin, Nicolas aussi, mais lui, il le fait ! Il le fait même avec plein de filles qu’il ramène dans leur immeuble. Salomé aimerait bien être une de ces filles… Alors, elle rôde autour de Nicolas qui ne se méfie pas. Car, après tout, Salomé n’est qu’une gamine…

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 11 octobre à 21h
vendredi 12 octobre
à 21h

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 13 octobre à 18h
dimanche 14 octobre à 17h
lundi 15 octobre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 14 octobre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 16 octobre à 20h30

 

LA COULEUR DES SENTIMENTS

affiche-la-couleur-des-sentiments dans Archives
Film de Tate Taylor (Drame – USA -  2011 – 2h26 – V.O.S.T.)
Avec Emma Stone, Jessica Chastain, Viola Davis, Sissy Spacek …

Jackson, Mississippi, au début des années 1960. Dans le Sud ségrégationniste, les domestiques noires n’ont par leur mot à dire. Elles travaillent avec dévouement pour les familles blanches et balaient, en silence, les humiliations. Aibileen a élevé 17 enfants blancs et les a tous aimés comme les siens. Minny, cuisinière hors pair, s’est occupée de Mrs Walters avant d’être renvoyée par sa fille. Skeeter, journaliste débutante, issue de la bourgeoisie, va s’intéresser à leur sort. Dans le plus grand secret, elle recueille leurs confidences pour en faire un livre, alors que ses amies, pour la plupart mariées, sont restées enracinées dans un schéma conventionnel. Elles ne se sentent absolument pas concernées par la lutte pour les droits civiques, préfèrent bridger et faire des enfants… Le racisme et les droits civiques ne sont qu’un arrière-plan au combat de femmes, à l’amitié et au courage érigés en valeurs modernes contre la bigoterie et le conservatisme. La Couleur des sentiments est l’adaptation du best-seller éponyme de Kathryn Stockett. Un premier roman né d’un regret : celui de ne pas s’être suffisamment intéressée à la vie de Demetrie, la domestique noire qui l’a élevée. Celle qu’elle considère comme sa seconde maman est morte lorsqu’elle avait 16 ans. Kathryn Stockett a confié la réalisation du film à son ami d’enfance Tate Taylor. Il a grandi comme elle à Jackson et restitue l’atmosphère de l’époque sans manichéisme, avec sensibilité, tendresse et humour. Le récit, parfois un peu trop linéaire, est dynamisé par une bande d’actrices formidables : Bryce Dallas Howard en peste raciste, Jessica Chastain en jeune mariée écorchée et fragile, Emma Stone, pleine de compassion. Sans oublier Octavia Spencer, concentré d’insolence bourrue, et Viola Davis, tout entière en émotion contenue.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 13 octobre à 21h
lundi 15 octobre à 18h

 

LE TABLEAU

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Films de Jean-François Laguionie (animation – France -  2011 – 1h16)
Avec les voix de Jessica Monceau, Adrien Larmande, Thierry Jahn, Julien Bouanich …
Tous public, à partir de 6 ans

Le peintre est un dieu cruel. Il n’a pas achevé son tableau. Il a abandonné les créatures qui y résident à leur société hiérarchisée. Éclatants de couleurs, arrogants et rondouillards, les personnages finis, les Toupins, y forment la caste dirigeante. Dans l’ombre, exploités, maltraités, il y a les mal peints, les inachevés, les Pafinis. Et, tout en bas de l’échelle… picturale, se terrent de pauvres esquisses, les Reufs dont les lignes noires rappellent Giacometti. Pour rétablir l’égalité, une petite délégation, toutes classes confondues, décide de quitter le tableau pour retrouver le peintre. L’idée est lumineuse. Elle est le malin prétexte à une rêverie sur l’art. Chaque étape de l’aventure, d’une toile à l’autre, dans un atelier abandonné, correspond à un hommage. L’odyssée mène de Modigliani et Cézanne à Picasso et sa période bleue, en passant par une géante alanguie, que l’on croirait dessinée par Matisse. Jean-François Laguionie est un cinéaste rare. Son précédent long métrage animé date de 2004. Dans L’Île de Black Mór, conte maritime, le jeune héros était déjà un laissé-pour-compte, un orphelin en quête d’identité. Le cinéaste reprend et amplifie ici la dénonciation du racisme, des inégalités sociales. Quant à l’enquête sur le mystérieux peintre qui ne cesse de se dérober, elle captive, vertigineuse mise en abîme de la création, où chaque oeuvre ouvre sur une autre, et où l’artiste lui-même n’est, peut-être, que le rêve de quelqu’un d’autre… J-F. Laguionie nous offre ici une palpitante aventure, doublée d’une fable humaniste. Le raffinement du graphisme et la pertinence de l’écriture font de ce film une magnifique réussite.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 13 octobre à 16h

 

 

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