Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

Du 17 au 23 octobre (2 films) 23 octobre, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 6:36

BROKEN

Du 17 au 23 octobre (2 films) dans Archives affiche-broken1
Film de Rufus Norris (Drame – Angleterre – 2012 – 1h30 – V.O.S.T.)
Avec Tim Roth, Éloïse Laurence, Cillian Murphy, Bill Milner, Zana Marjanovic, Robert Emms …

Une petite place ronde, comme on en trouve dans les cités pavillonnaires. Quelques maisons de briques disposées en cercle, sans qu’il soit possible de s’abstraire du voisinage. C’est là que vit Skunk, 11 ans, petite fille diabétique mais pleine d’entrain, avec son frère, son père avocat (Tim Roth) et la jeune femme qui s’occupe d’eux – à laquelle son fiancé (Cillian Murphy), jeune professeur, rend souvent visite. En face, Rick, un peu plus âgé, ado au léger handicap mental, seul avec ses vieux parents. Et à côté, l’antipathique M. Oswald et ses trois filles, furies au langage ordurier qui sèment la terreur dans le quartier et au collège. Quelques affirmations lourdes de conséquences vont brutalement dérégler le microcosme de ces vies en équilibre plus ou moins précaire. Tout bascule lorsque Skunk voit Oswald se jeter sur le frêle Rick et le rouer de coups en l’accusant d’avoir abusé de l’une de ses filles. Quelles qu’en soient les raisons, la violence de cette agression marque l’enfant, et traumatise dramatiquement l’adolescent fragile. Passant d’une maison à l’autre, d’une famille à l’autre, Rufus Norris filme chaque partie de ce petit monde sans juger, mais en révélant discrètement les failles d’amour, en laissant deviner ce que sont devenues les vieilles douleurs et comment pèsent les grandes absences… En s’immisçant avec subtilité dans l’intimité de ces « cocons » plus ou moins protecteurs, il signe un très beau film, parfois rude mais remarquable dans sa manière d’évoquer les différents visages de l’amour et du manque, l’innocence perdue et le mal insufflé, le processus incontrôlé qui amène des vies à prendre un chemin plutôt qu’un autre. À s’enfoncer dans la tragédie ou, au contraire, à s’en préserver de peu. « Un jour, vous verrez, elle va nous en mettre plein la vue », s’écriera le jeune professeur en parlant de Skunk. Formidablement interprété, notamment par la jeune comédienne Éloïse Laurence – qui fait ses débuts au cinéma après avoir été choisie parmi 850 jeunes filles –, Broken est aussi remarquable pour son commencement et sa fin, qui disent tant en si peu d’images. S’il s’agit d’un premier film, le réalisateur n’est pas pour autant un débutant, et s’est notamment illustré comme metteur en scène de théâtre et d’opéra, un parcours qui explique sans doute quelques unes des bonnes qualités de Broken. L’artiste s’impose comme un très fin dramaturge, qui joue de ses nombreux personnages avec une grande finesse, usant tantôt de mécaniques extrêmement subtiles pour ordonner leurs actions, tantôt d’un sens de l’arbitraire qui s’accommode parfaitement de la brutalité des faubourgs populaires. Un bon film anglais délicat et sensible.

Ce film est précédé du court métrage:
LES ESCARGOTS DE JOSEPH
Film de Sophie Roze (Animation – France – 2009 – 11’48 »)

Joseph est un petit garçon introverti et timide qui collectionne les escargots. Un jour, il se fait avaler par son nombril et découvre un monde inquiétant, celui des nombrilistes : ceux-ci, à force de ne communiquer qu’avec leur nombril, s’enroulent sur eux-mêmes et se transforment en escargot…

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 18 octobre à 21h
vendredi 19 octobre
à 21h

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 20 octobre à 18h
dimanche 21 octobre à 17h
lundi 22 octobre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 21 octobre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 23 octobre à 20h30

 

UNE FEMME SOUS INFLUENCE

affiche-une-femme-sous-influence dans Archives
Film de John Cassavetes (Drame – USA -  1975 – 2h09 – V.O.S.T.)
Avec Gena Rowlands, Peter Falk, Matthew Cassel …
Cycle « mémoire du cinéma » en partenariat avec Les Écrans

Réalisé peu après les réussites de Faces et Husbands, Une femme sous influence est, dans l’œuvre de John Cassavetes, un repli. Repli sur le foyer, sur l’anxiété d’une classe, il raconte l’égarement dans la folie d’une mère de famille, Mabel, protégée d’elle-même par son ouvrier de mari. A travers son portrait affleure celui, terrible, d’une classe sociale condamnée. Le cinéma de Cassavetes tire sa force de son énergie vitaliste : son obsession pour les comédiens, l’entière soumission de la caméra aux aléas du jeu… Aucun impératif d’écriture ne vient interférer dans son dispositif centré sur ce qui vit. On connaît ce metteur en scène et son côté tyrannique, capable d’amener méthodiquement ses acteurs à un état de fatigue démentiel pour en puiser les performances les plus brutes. À ce titre, Une femme sous influence relève pour Cassavetes d’un degré d’implication plus personnel, en ce qu’il est principalement interprété par des membres de sa propre famille, alors même qu’il ouvre à vif la question du cocon familial et de l’enfermement. L’interprétation du film comme une autofiction est tentante, vu l’entremêlement de l’intrigue avec le tournage lui-même : Cassavetes et son épouse/actrice principale, hypothéquant leur maison pour financer le film, entretenant sur le tournage des rapports orageux… Ce n’est pourtant pas la clé d’Une femme sous influence, donc le portrait n’est pas celui de Gena Rowlands, ni même du couple qu’elle forme avec le cinéaste. L’interprétation de Gena Rowlands est, bien sûr, au centre. Il est parfois difficile de qualifier sa névrose : tantôt un lâcher prise, une paranoïa, une anxiété chronique, mais aussi de touchants moments d’évasion, elle est surtout due à un bouillonnement intérieur incontrôlable. Que ce soit dans l’enthousiasme ou la colère, Mabel est sans limites. Dur portrait d’une middle-class perdue dans une quête obsessionnelle de la normalité. Peut-être parce que la normalité c’est la garantie d’une forme de sécurité idéologique, grâce à des repères, des balises. Elle est profondément chimérique, et surtout bien plus contenue dans le personnage de Nick. L’épatant Peter Falk doit constamment composer avec des sentiments contraires : la colère, la pitié, l’amour. Coincé entre les feux de ces émotions, c’est lui qui plonge dans l’impasse du déni : un acharnement vain à simuler, hystériquement, une vie normale. Être normal, c’est quoi ? C’est amener les enfants à la plage, pour « jouer ». Nick les prend sous le bras comme des sacs de commissions, les trimballe le long des étendues de sable. C’est avoir une conversation : « bonjour », « comment vas-tu », « quel temps fait-il ? » Nick hurle ces formules à la figure d’invités décontenancés. La normalité, si on la recherche obsessionnellement, est l’impasse absolue. C’est cette représentation abattue de l’américain moyen qui transforme, peut-être fortuitement, le portrait de lutte d’Une femme sous influence en état des lieux d’une classe désossée, réduite à ses artifices sociaux et dépourvue de sa substance humaine. Dans cette spirale, il n’y a plus que l’aliénation, qu’elle soit explosive comme celle de Mabel, ou intérieure, virale, comme celle de Nick.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 20 octobre à 21h
lundi 22 octobre à 18h

 

 

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