Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

Du 24 au 30 octobre (2 films) 30 octobre, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 22:30

VOUS N’AVEZ ENCORE RIEN VU

Du 24 au 30 octobre (2 films) dans Archives affiche-vs-navez-encore-rien-vu
Film de Alain Resnais (Drame – France – 2012 – 1h55)
Avec Mathieu Amalric, Pierre Arditi, Sabine Azéma, Anne Consigny, Michel Piccoli, Hippolyte Girardot …

Pendant toute sa carrière de cinéaste, Alain Resnais n’a cessé d’inventer de nouveaux dispositifs pour nous divertir. Celui de Vous n’avez encore rien vu est assez complexe : un célèbre auteur dramatique, nommé Antoine d’Anthac (Denis Podalydès), vient de casser sa pipe. Il a chargé au préalable son homme de confiance de convoquer tous ses acteurs fétiches, sans leur annoncer le but de cette réunion, dans une grande demeure isolée. Tous acceptent les règles de cette mise en scène assez agathachristienne sur le papier. Ils sont tous là, sous leur vrai nom : Pierre Arditi, Michel Piccoli, Sabine Azéma, Anny Duperey, Lambert Wilson, etc. On leur annonce alors qu’Anthac leur a confié une mission posthume : juger de la nouvelle mise en scène de sa pièce Eurydice (en réalité la pièce est de Jean Anouilh) par une jeune troupe, la compagnie de la Colombe (inventée pour l’occasion, avec Vimala Pons dans le rôle d’Eurydice), dont ils vont pouvoir visionner une captation. Or les acteurs que nous connaissons bien ont en leur temps chacun interprété un rôle dans cette pièce. C’est pour cela qu’ils ont été choisis comme experts par leur défunt auteur. La projection de la captation commence (réalisée par Bruno Podalydès, à qui Resnais a donné carte blanche). Mais petit à petit, les “anciens” acteurs se plaisent à rejouer eux aussi certaines scènes de la pièce. Chaque personnage de la pièce qui défile sous nos yeux va être incarné par plusieurs acteurs. Il ne s’agit plus seulement d’un miroir que tendraient des jeunes acteurs à leurs prédécesseurs, mais de deux miroirs parallèles, dont l’un serait le passé, l’autre le futur, entre lesquels les acteurs du présent viendraient se refléter à l’infini. Une mise en abyme démultipliée d’une pièce dont le thème mythologique parle, rappelons-le, d’amour, de mort, de résurrection, mais d’une résurrection provisoire (Eurydice retournant aux enfers, Orphée n’ayant pu résister à se retourner pour la regarder). Vous n’avez encore rien vu, film vertigineux tiré d’une œuvre du répertoire français, ouvre ni plus ni moins, à travers le prisme du grand cinéaste qu’est Resnais, sur une vision de l’infini, l’espoir que l’œuvre perdurera tant qu’elle sera jouée, répétée à perte de temps et d’horizon, jusqu’à ce qu’elle sombre dans le néant. Résumons un instant la situation : un vieux cinéaste (Resnais-Orphée) demande à des acteurs de perpétuer son esprit ludique en faisant revivre une pièce oubliée le temps d’un film-Eurydice. Il demande aussi à un cinéaste plus jeune que lui mais admiré, Bruno Podalydès, d’imaginer une interprétation contemporaine de la pièce d’Anouilh. Vous n’avez encore rien vu a tout du passage de témoin d’un grand inventeur de forme à ses possibles successeurs. Il leur transmet sa recette en les faisant participer à la confection du plat. De tout temps, Resnais a frayé avec les “sous-arts”, la “sous-littérature”, les genres (populaires ou non) et les styles méprisés : l’opérette, le mélo chic de boulevard, la BD et la littérature décriée de son époque. Certains trouveront la pièce d’Anouilh datée, et ils auront peut-être raison… Mais il n’y a pas de petite ou de grande œuvre. Tout dépend de ce qu’on y a ressenti, avec quoi il ne faut pas mentir, se mentir. Tout dépend de ce qu’on en fait, de ce qu’on lui redonne avec la sincérité et la gratitude de celui qui en a été ému. Resnais en tire un grand film, éloge discret et bouleversant à l’imaginaire, au cinéma, à la fiction, et surtout, surtout, à ceux qui leur donnent vie : ces créatures un peu bizarres et monstrueuses que sont les acteurs.

Ce film est précédé du court métrage:
EN PEINE FORME
Film de Pierre Etaix (Fiction – France – 1971 – 12′)

Un jeune homme fuit la grande ville et cherche une place dans un camping. Mais dans quel camp, exactement, est-il tombé ? Et comment en sortir ?

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 25 octobre à 21h
vendredi 26 octobre
à 21h

Vernoux (salle Louis Nodon) :
dimanche 28 octobre à 17h
lundi 29 octobre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 28 octobre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 30 octobre à 20h30

 

LES SEIGNEURS

affiche-les-seigneurs dans Archives
Film de Olivier Dahan (Comédie – France -  2012 -1h37)
Avec José Garcia, Jean-Pierre Marielle, Franck Dubosc, Omar Sy …

Patrick Orbéra, la cinquantaine, est une ancienne gloire du football qui a totalement raté sa reconversion. Sans emploi, alcoolique et ruiné, il n’a même plus le droit de voir sa fille Laura. Contraint par un juge de retrouver un emploi stable, il n’a d’autre choix que de partir sur une petite île bretonne, pour entraîner l’équipe de foot locale. Si ils gagnent les 3 prochains matchs, ils réuniront assez d’argent pour sauver la conserverie de l’île, placée en redressement judiciaire, et qui emploie la moitié des habitants. Patrick Orbéra est immédiatement confronté à un obstacle majeur : transformer des pêcheurs en footballeurs quasi-professionnels. Il décide alors de faire appel à ses anciens coéquipiers pour l’aider à hisser le petit club breton parmi les grands… A cette fine équipe que sont Omar Sy, Gad Elmaleh, Ramzy, JoeyStarr, Franck Dubosc et José Garcia, Olivier Dahan a demandé de jouer perso sans sortir des cadres fixés par la comédie. C’est réussi et le plaisir de ce film vaut par la prestation de ces énergumènes, modérés par l’autorité naturelle d’un Jean-Pierre Marielle, impérial en maire décidé à sauver sa conserverie de sardines. Si le réalisateur de La Môme s’intéresse soudainement aux comédies à crampons, c’est sans doute parce que ce film est d’abord le récit d’une rédemption – celle d’une légende ayant troqué le ballon rond contre le ballon de rouge – qui se transforme en chemin de croix pour toute son équipe. Malgré quelques digressions poético-naïves, et en dépit de quelques brèves faiblesses de rythme, Dahan s’applique à confectionner une œuvre populaire, mais pas populiste, avec une ambition esthétique bien au-dessus de la moyenne. Servis par un scénario qui ne laisse personne sur la touche, ses comédiens assurent un divertissement de première division.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
vendredi 26 octobre à 18h & 21h
samedi 27 octobre à 21h
lundi 29 octobre à 18h

 

 

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