Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

Du 31 octobre au 06 novembre (4 films) 6 novembre, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 15:47

CHERCHEZ HORTENSE

Du 31 octobre au 06 novembre (4 films) dans Archives affiche-cherchez-hotense
Film de Pascal Bonitzer (Comédie – France – 2012 – 1h40)
Avec Jean-Pierre Bacri, Kristin Scott Thomas, Isabelle Carré, Claude Rich, Jackie Berroyer …

Damien, un homme de bien, professeur de civilisation chinoise, a accepté, sur l’insistance de sa femme Iva, de rendre un service : parler à son père, président du conseil d’État, du cas d’une certaine Zorica, menacée d’expulsion par la justice, et tenter de le convaincre d’intercéder en sa faveur auprès d’un homme de pouvoir qui travaille dans l’ombre et répond au nom d’Henri Hortense (d’où le titre du film).  Seulement, comme l’avoue Damien à sa bande de copains de bistrot, il n’a “de rapports simples avec personne”, et surtout pas avec son père, homme narcissique, séducteur et fier de l’être. Les choses vont donc mal se dérouler. Le père de Damien l’évite par tous les moyens, toutes les portes du conseil d’État s’avérant de merveilleux passages dérobés pour fuir les problèmes humains. Par manque de courage et pour plaire à sa femme, Damien va pourtant laisser croire que tout est en bonne voie. Mais il y a complication quand il se rend compte que la jolie employée du restaurant qu’il fréquente quotidiennement a un rapport avec l’affaire. Chassés-croisés, trahisons, adultère, sentiments amoureux qui s’éveillent, coïncidences confondantes, le récit avance, entre rires et grandes émotions, avec grâce et une fausse frivolité, à coups de coq-à-l’âne et de digressions, vers une fin inattendue et qu’on espérait désespérément. On retrouve dans Cherchez Hortense ce goût prononcé de Bonitzer pour les personnages de dépressifs, pour les histoires baroques, oniriques et étranges qui apparaissaient déjà dans ses scénarios pour Rivette et surtout Raùl Ruiz, cette fois inscrites dans notre quotidien politique et historique, dans nos petits problèmes souvent ridicules de cul, de sentiments, de parentalité, ou de couple. Toutes les histoires et tous les personnages secondaires qui tournent autour de l’intrigue principale, loin de nous en éloigner, l’enrichissent en permanence, nous ramènent vers elle, étoffent les héros. Enfin, Bonitzer réussit quelques scènes de cinéaste admirables, de celles qui vous ont amené un jour à aimer le cinéma, quand tout à coup, les fantasmes (parfois les plus secrets, les plus honteux) de l’auteur et du spectateur ne font plus qu’un. Le sixième film de Pascal Bonitzer en tant que réalisateur (après Encore, Rien sur Robert, Le Grand Alibi…) est son film le plus fort, le plus tenu et tonique, le plus riche sans doute aussi.


Ce film est précédé du court métrage:

LE CLOU
Film de Benedikt Erlingsson (Fiction – Islande – 2008 – 15′ – V.O.S.T.)

Robert est un homme important qui assume de grandes responsabilités. Un jour, suite à un accident, la frontière se brouille entre l’homme et la bête qui sommeille en lui.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 01 novembre à 21h
vendredi 02 novembre
à 21h

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 03 novembre à 18h
lundi 05 novembre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 04 novembre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 06 novembre à 20h30

 

SAVAGES

affiche-savages dans Archives
Film de Olivier Stone (Thriller – USA -  2012 -2h10 – V.O.S.T.)
Avec Taylor Kitsch, Aaron Taylor-Johnson, Blake Lively, Benecio Del Toro, John Travolta …
Attention: film interdit aux moins de 12 ans

Laguna Beach, Californie : Ben, botaniste bohème, Chon, ancien Navy Seal, et la belle O partagent tout. Ben et Chon sont à la tête d’un business florissant. Les graines ramenées par Chon de ses missions et le génie de Ben ont donné naissance au meilleur cannabis qui soit. Même s’il est officiellement produit pour des raisons thérapeutiques, ils en dealent partout avec la complicité de Dennis, un agent des stups. Leur affaire marche tellement bien qu’elle attire l’attention du cartel mexicain de Baja, dirigé d’une main de fer par Elena. Face à leur proposition d’ »association », Chon est partisan de résister par la force, mais Ben préfère tout abandonner. Pour les contraindre à coopérer, le cartel kidnappe O. Elena a eu raison d’utiliser les liens très forts du trio, mais elle a aussi sous-estimé leur capacité à réagir… C’est le début d’une guerre entre l’organisation du crime dont le bras armé, Lado, ne fait aucun cadeau et le trio. Qu’il s’agisse de pouvoir, d’innocence, ou de la vie de ceux qu’ils aiment, tout le monde a quelque chose à perdre. Du sexe, de la drogue, de la violence au menu de cette adaptation réussie du best-seller de Don Winslow. Avec Savages Oliver Stone semble avoir retrouvé le plaisir de filmer, une gourmandise parfois roublarde qui transpire à chaque plan, et cette obsession d’extraire la trivialité des images que nous consommons et qui constitue la matière première de ses meilleurs films. Après une décennie consacrée à aborder les grands problèmes du monde contemporain (le 11 Septembre, George W.Bush, Fidel Castro, la crise financière…) avec un sérieux de bénédictin, Oliver Stone revient à quelque chose de plus léger. Plus léger, façon de parler : le film s’ouvre sur une décapitation dans une cave au Mexique, là où sévit la guerre des cartels, l’une des plus meurtrières au monde. Mais l’acte est filmé avec détachement, de façon presque badine, puis regardé par deux surfeurs californiens confortablement assis derrière leur ordinateur, pétard et paréo à portée de main. L’effroi les saisit bel et bien, mais disparaît aussi vite, le temps d’un clic. Snuff zapping.  On reconnaît là le réalisateur de Tueurs nés, pour qui la violence est une pop song anodine que les Américains fredonnent entre un burger et un reality-show, une tare congénitale dont il convient, à défaut de pouvoir l’endiguer, de saisir la mécanique infernale. Montage nerveux, narration déstructurée, savant mélange de violence, d’érotisme et d’humour, message sous-jacent délicieusement amoral… Oliver Stone revient en fanfare aux affaires avec ce thriller décoiffant, remarquablement maîtrisé et jubilatoire.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 03 novembre à 21h
dimanche 04 novembre à 17h
lundi 05 novembre à 18h

 

KIRIKOU ET LES HOMMES ET LES FEMMES

affiche-kirikou
Film de Michel Ocelot (Animation – France – 2012 – 1h28 – en 3D à Vernoux)
Film tout public à partir de 3 ans

Retrouver le Vieux Grincheux perdu, aider la Femme Forte à reconstruire le toit de sa case détruit par Karaba la sorcière, calmer les pleurs des bébés en jouant de la flûte, apprivoiser le Monstre Bleu… Dans cette deuxième série de contes dérivés de Kirikou et la Sorcière, le plus petit des héros de dessins animés ne chôme pas, l’imagination de Michel Ocelot reste intarissable, et le résultat est à nouveau un ravissement. De la fable musicale au conte moral, chaque histoire se construit en quelques idées simples, qui prennent corps en lignes expressives et couleurs vibrantes avec un relief unique. Michel Ocelot fait en effet un usage singulier de la 3D, déjà expérimenté dans les Contes de la Nuit : il s’agit de superposer plusieurs couches planes pour donner un sentiment de profondeur plutôt que de volume. L’effet obtenu, semblable à celui des anciens théâtres d’ombres qui ont inspiré les Contes de la Nuit, permet de donner l’impression que le personnage se détache d’un fond parfois abstrait, comme ce bleu changeant et mobile derrière le grand-père de Kirikou qui fait de la caverne où le vieil homme raconte les histoires un espace sans fond, ouvert au monde infini des contes. A l’inverse, le monde de Kirikou est fait d’espaces clos : le village tout rond, et au loin la case magique de Karaba la sorcière. Entre les deux, une sorte de zone de non-droit que seuls les fétiches franchissent pour accomplir les missions que leur donne leur maîtresse. Lorsque les villageois s’y aventurent, c’est que l’heure est bien grave, et qu’il faut tout risquer pour une conciliation avec l’ennemie de toujours. Seul Kirikou le parcourt sans crainte dans un sens et dans l’autre, sa silhouette minuscule passant d’un buisson à l’autre comme un souffle. Au fond, chacun des défis qu’il s’impose revient à tenter de rendre les espaces clos perméables les uns aux autres : guérir les peurs héritées, cultiver la curiosité de l’autre. Le touareg, la vieille femme inconnue. La sorcière. Le dernier conte propose à ce défi sans cesse renouvelé une solution charmante. Pour calmer les bébés qui pleurent, Kirikou apprend à jouer de la flûte. Sa mélodie fédère les rythmes des instruments de percussion des villageois, et les petits se calment. Mais l’harmonie naissant à un effet corollaire inattendu : là-bas, très loin et soudain très près, la sorcière sort de sa case, et demande à ce que l’on joue plus fort. Et sa voix, l’instrument que la nature et non la magie lui donne, vient se joindre presque malgré elle à la musique de Kirikou. Bien jolie façon de redire ces grandes leçons que les précédentes aventures du héros minuscule disaient déjà si simplement. Mais on ne se lasse pas de l’entendre une fois encore, portée par un nouvel air.

Lamastre (centre culturel) :
mardi 06 novembre
à 15h (ciné-goûter)

Vernoux (salle Louis Nodon) :
mercredi 31 octobre à 14h (3D)
samedi 03 novembre à 16h
(3D)
lundi 05 novembre à 16h
(3D)

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 04 novembre à 17h30

 

LES PIRATES! BONS À RIEN, MAUVAIS EN TOUT

affiche-les-pirates
Film de Peter Lord (Animation – Angleterre -  2012 -1h12 – V.F.)
Film tout public à partir de 6 ans

Malgré son enthousiasme, le Capitaine Pirate a beaucoup de mal à se faire passer pour une terreur des mers. Secondé par un équipage aussi peu doué que lui, le Capitaine rêve pourtant de battre ses rivaux, Black Bellamy et Liz Lafaucheuse, en remportant le prestigieux Prix du Pirate de l’Année. Pour le Capitaine et son drôle d’équipage, c’est le début d’une incroyable odyssée qui, des rivages de Blood Island jusqu’aux rues embrumées de Londres, va les conduire d’épreuves en rencontres. S’ils vont faire équipe avec un jeune scientifique du nom de Charles Darwin, ils vont aussi devoir affronter mille dangers et tenter de survivre à la reine Victoria, qui voue une haine absolue aux pirates… En avant pour l’aventure ! Peter Lord se lance à l’abordage des romans de Gideon Defoe, phénomène littéraire outre-Manche, rencontre explosive entre Robert Stevenson et les Monty Python. Tout est dans le titre. Le capitaine Pirate, son Dodo apprivoisé et son équipage de gentils branquignols, ne sont la terreur d’aucun océan. C’est tout juste s’ils arrivent à attaquer des bateaux pleins de nudistes, de fantômes ou d’écoliers en balade : n’importe quoi sauf du vrai gibier de pirates. Ces abordages à répétition portent bien la marque des studios d’animation Aardman : couleurs pimpantes et enfantines, textures veloutées et humour fou-fou. Les créateurs de Wallace et Gromit ou de Chicken Run nous offrent une nouvelle séance d’euphorie, peuplée de losers rondouillards, où les monstres marins des cartes de navigation s’animent, où le roi des flibustiers ressemble à Elvis… Mélange de pâte à modeler traditionnelle et d’animation numérique, le film bondit des mers chaudes aux brumes de Londres, où guette l’ennemie numéro un des héros, la grande « méchante » du film : la reine Victoria herself ! Une bonbonne pomponnée et perverse, que les créateurs s’ingénient à malmener et à ridiculiser avec bonheur. La virtuosité de l’animation, le second degré des dialogues, la loufoquerie débridée du scénario ainsi qu’un goût immodéré de l’absurde burlesque assurent la réussite de cette hilarante parodie.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
mercredi 31 octobre à 17h

Lamastre (centre culturel) :
samedi 03 novembre
à 15h

 

 

4 Commentaires

  1.  
    Flore
    Flore écrit:

    Bonjour,
    Bravo pour la programmation de nombreux films variés (Alain Resnais, Tim Burton, …) !
    Cependant une remarque sur le court métrage « le clou » qui accompagnait « cherchez Hortense » : c’était un film que j’ai trouvé choquant et que j’ai eu du mal à regarder, de par la « violence » gratuite qui y était montrée. Moi qui regarde volontiers des films d’horreur, ce n’est pas le fait de voir un clou dans une tête qui m’a perturbée, mais plutôt l’impression générale qui se dégageait du film. J’ai d’ailleurs remarqué que bon nombre de spectateurs de la salle semblaient partager mon point de vue, et heureux que ce court métrage se termine. Mais qu’on ne se méprenne pas, je trouve intéressant d’avoir un court métrage avant un film, même si tous ne me plaisent pas (je tire au passage mon chapeau à « cul de bouteille » qui m’a presque fait pleurer tellement je l’ai trouvé beau, comme quoi je ne suis pas si mauvais public !). Longue vie à notre cinéma !!

  2.  
    roullet nathalie
    roullet nathalie écrit:

    Bonjour,
    Pensez-vous programmer :
    « une famille respectable » de Massoud Bakhshi » et
     » RENGAINE » de Rachid Djaïdani »
    Merci pour la réponse et à Ecran village d’être là !

  3.  
    Moïse
    Moïse écrit:

    Bonjour,

    les deux films que vous proposez ne sont pas prévus au programme, faute de temps et de place. Il faut aussi bien sur prendre en compte qu’actuellement, la majorité des films sortent uniquement en version numérique, et que le circuit Écran Village est encore en argentique (sauf Vernoux), ce qui restreint énormément les possibilités de programmation. Mais le changement c’est normalement pour bientôt… alors n’hésitez pas, continuez de nous faire part de vos envies cinématographiques…

  4.  
    Moïse
    Moïse écrit:

    Bonjour Flore,
    effectivement, le court métrage « Le Clou » est très grincent et a quelque chose d’insoutenable. Mais je ne dirais pas qu’il y ait de la violence gratuite. Personnellement, j’ai beaucoup aimé: Le Clou est une comédie absurde avec un traitement froid, implacable des situations les plus incongrues. C’est également un film pamphlétaire, très critique à l’égard du gouvernement islandais. Le tournage de certaines scènes à Reykjavik, dans la maison où Reagan et Gorbachev ont signé un accord de paix en 1985, est un ‘détail’ ici hautement symbolique.
    Merci pour votre critique, c’est avec une joie non dissimulée que je vous encourage à continuer à le faire: c’est très intéressant pour nous d’avoir des retours sur les films qu’on vous propose.

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