Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

Du 05 au 11 décembre (3 films) 11 novembre, 2012

Classé dans : Prochains films — Moïse @ 10:47

LA VIERGE, LES COPTES ET MOI

Du 05 au 11 décembre (3 films) dans Prochains films affiche-la-vierge-les-coptes-et-moi1
Film de Namir Abdel Messeeh (Documentaire / comédie – France / Égypte – 2012 – 1h31 – V.O.S.T.)
Avec Siham Abdel Messeeh, Namir Abdel Messeeh …

Officiellement associé au courant de l’autofiction, Namir Abdel Messeeh met en scène sur un mode semi-documentaire son retour à l’Égypte de ses origines. Il a une passion pour sa mère, râleuse mais solidaire, qui est le personnage clé du film. Ce cinéaste de culture franco-arabe livre une comédie sur l’Égypte chrétienne au moment où, après sa récente révolution, le pays est pris en tenailles entre les islamistes et les militaires. D’ailleurs, quelque part dans le film, vraisemblablement tourné avant 2011, une voix off fait grief au cinéaste de son ignorance de ce bouleversement. Cela dit, cet essai drolatique sur la communauté copte, dont fait partie la famille paysanne du cinéaste, est très instructif quant à la vitalité de ce courant chrétien calqué sur la mentalité musulmane (les deux camps vénérant la Vierge Marie, du moins en Égypte). C’est le ton du film, à la fois pince-sans-rire et chaleureux, qui fait son style. Comme d’autres cinéastes arabes, Namir Abdel Messeeh, élevé en France, tire une force humoristique rare de son déracinement. Le contraste entre tradition égyptienne et modernité européenne lui permet de porter un regard à la fois tendre et critique sur sa famille et les archaïsmes de sa communauté. Parti pour faire une enquête sur les apparitions de la Vierge en Égypte, notamment celle de 1968 (possible supercherie du régime de Nasser), le cinéaste ne trouve guère de témoins et bifurque vers sa famille modeste, qui vit à la campagne, au grand dam de sa mère et de son producteur, qui lui coupe les vivres. Une fois sa mère devenue gestionnaire du projet, Namir Abdel Messeeh décide de mettre en scène une apparition fictive de la Vierge avec des paysans du cru. L’impréparation chronique et les ratages fournissent l’essentiel du récit. L’humour et la légèreté du film sont alimentés par ces échecs successifs, qui contraignent le cinéaste à rester alerte et à rebondir constamment. Comme il le dit très bien lui-même, “l’échec est une matière nourrissante”. Cette capacité à se remettre en question, à savoir improviser et changer son fusil d’épaule en cours de route est, contrairement à ce que dit son producteur en voix off, sa plus grande force. On peut même prédire que, grâce à cette fantaisie et cette faculté d’adaptation permanentes, Namir Abdel Messeeh va devenir un des réalisateurs de comédie avec lesquels il faudra compter.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 06 décembre à 21h
vendredi 07 décembre
à 21h

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 08 décembre à 18h
lundi 10 décembre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 09 décembre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 11 décembre à 20h30

                                                                                                                                                

SKYFALL

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Film de Sam Mendes (Action / espionnage – USA -  2012 -2h23 – V.O.S.T. & V.F.)
Avec Daniel Craig, Judi Dench, Javier Barden, Naomie Harris, Bérénice Marlohe …

Comme le beaujolais nouveau ou le noir dans les défilés de mode, James Bond revient. Il a 50 ans cette année et, sous les traits de Daniel Craig, porte toujours beau. Mais, à en croire les politiciens qui veulent nettoyer le MI-6, l’espion qu’on aimait serait usé, vieilli, fatigué. Au retour d’une mission calamiteuse, 007 doit d’ailleurs repasser les tests du parfait agent secret… où il échoue piteusement, le souffle court, l’épaule en compote, avec des performances au tir dignes d’un parkinsonien. Quant à son expérience du « terrain », elle semble ringarde face aux nouveaux terroristes du XXIe siècle, ces hackers de génie dont les programmes informatiques sèment le chaos jusqu’au coeur de Londres. Alors, James, bon(d) à partir la retraite ? Sam Mendes prouve  le contraire. Le réalisateur des Noces Rebelles et American Beauty revient à l’essentiel de la série : humour british et élégance. Et il prend le temps de creuser la psychologie des personnages, quitte à alléger le film en testostérone. Opter pour un découpage à l’ancienne, avec des plans qui osent dépasser les cinq secondes, a du bon : voir la course-poursuite dans Istanbul qui ouvre le film. Quand l’intrigue fait ensuite escale à Shanghai, on se croirait chez Wong Kar-wai : le temps semble suspendu, sous les reflets irréels des néons publicitaires — somptueuse photo de Roger Deakins, le chef opérateur attitré des frères Coen. Le retour au classicisme passe aussi par un méchant d’anthologie. Il faut attendre 70 minutes pour le découvrir, mais quelle apparition ! Javier Bardem, le cheveu blond platine, compose un criminel aussi suave qu’une créature d’Almodóvar et aussi terrifiant que le serial killer de No country for old men. Sa première entrevue avec Craig, riche en sous-entendus homosexuels, est l’un des sommets de Skyfall — Sam Mendes confirme une fois encore son talent pour la direction d’acteurs. Comme de juste, les deux ennemis s’affrontent pour une femme. Pas pour la James « bombe » girl 2012 — la supersexy Bérénice Marlohe, vite sacrifiée. Mais pour une mamie, ou plutôt une « maman » : M, la chef septuagénaire du MI-6, incarnée de nouveau par la grande Judi Dench. Le tour du monde réglementaire se termine là où tout a commencé : sur les terres natales de 007, au beau milieu de la lande écossaise, pour un finale à la fois explosif et crépusculaire. Il aura fallu attendre 50 ans pour qu’un réalisateur évoque l’enfance de Bond. Une manière émouvante de boucler la boucle, pour mieux repartir vers de nouvelles aventures.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
vendredi 07 décembre à 21h (V.O.S.T.)
samedi 08 décembre à 21h
(V.F.)
dimanche 09 décembre à 17h
(V.F.)
lundi 10 décembre à 18h
(V.O.S.T.)


FRANKENWEENIE

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Film de Tim Burton (Animation – USA – 2012 – 1h27 – 3D – V.F.)
Film tout public à partir de 10 ans

Pourquoi donc Tim Burton est-il allé déterrer ce court métrage de 1984, réalisé à l’époque où il travaillait pour Disney, pour en faire un remake flambant neuf, en animation image par image et en très élégante 3D ? Le parallèle entre l’intrigue du film et la carrière de son auteur est trop tentant pour ne pas être évoqué : ce chien chéri, écrasé par une voiture et ressuscité illico par son propriétaire, le petit Victor Frankenstein, ne serait-ce pas, au fond, le cinéma de Burton ramené ici à sa vigueur originelle ? Le cinéaste touffu demeure dans son jardin d’enfant, bien décidé à nous montrer chacun de ses jouets : Vincent Price, Boris Karloff, Ed Wood, les horror movies de la Universal, Edgar Allan Poe, Godzilla, les Gremlins, la banlieue conformiste d’Edward aux mains d’argent, on en passe. Il aura donc fallu au réalisateur ce retour aux sources de son art pour que la flamme revienne. Et de quelle manière! Frankenweenie, conte fantastique, prouve que Burton est plus que jamais un prodige de l’image, un roi de l’animation. Mais aussi un créateur hors pair qui détient la sagesse de regarder d’où l’on vient et de rendre hommage à ces aînés. En cela, Frankenweenie est un film brillant, échevelé, drôle et touchant. Le seul véritable ajout par rapport au film original (outre le passage à l’animation) est la multiplication des monstres, qui donne au dernier acte des allures de grand parc d’attraction. Pas un plan qui n’en rappelle un autre, donc, et pourtant l’impression demeure d’être face à quelque chose de neuf, du moins garanti sans pourriture. Un monstre de Frankenstein sain de corps et d’esprit, en somme – soit très exactement la nature du chien Sparky une fois ramené à la vie. L’intrigue file à toute allure, le découpage est précis comme rarement, l’animation merveilleusement fluide, et l’ensemble émeut par sa grâce et sa sincérité. Frankenweenie est ainsi ce drôle de film miraculeux qui, sans rien changer en apparence à la recette, parvient à lui redonner la saveur que nos palais croyaient définitivement perdue. Avec ce retour aux sources, une boucle semble ainsi bouclée, et la seule chose qu’on puisse désormais souhaiter à Tim Burton est de trouver de nouveaux chemins plutôt que d’anciens corps à réanimer.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
mercredi 05 décembre à 14h & 16h (3D)
samedi 08 décembre à 14h & 16h
(3D)
dimanche 09 décembre à 15h
(3D)

 

 

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