Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

Du 14 au 20 Novembre (2 films) 20 novembre, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 19:12

ASTÉRIX ET OBÉLIX AU SERVICE DE SA MAJESTÉ

Du 14 au 20 Novembre (2 films) dans Archives affiche-asterix-et-obelix
Film de Laurent Tirad (Comédie – France – 2012 – 1h49)
Avec Gérard Depardieu, Edouard Baer, Catherine Deneuve, Valérie Lemercier, Fabrice Luchini …

50 avant Jésus Christ, César a soif de conquêtes. A la tête de ses glorieuses légions il décide d’envahir cette île située aux limites du monde connu, ce pays mystérieux appelé Brittania, la Bretagne. La victoire est rapide et totale. Enfin… presque. Un petit village breton parvient à lui résister, mais ses forces faiblissent. Cordelia, la reine des Bretons, décide donc d’envoyer son plus fidèle officier, Jolitorax, chercher de l’aide en Gaule, auprès d’un autre petit village, connu pour son opiniâtre résistance aux Romains… Dans le village gaulois en question, Astérix et Obélix sont déjà bien occupés. Le chef leur a en effet confié son neveu Goudurix, une jeune tête à claques fraîchement débarquée de Lutèce, dont ils sont censés faire un homme. Et c’est loin d’être gagné. Quand Jolitorax arrive pour demander de l’aide, on décide de lui confier un tonneau de potion magique, et de le faire escorter par Astérix et Obélix, mais aussi Goudurix, car ce voyage semble une excellente occasion pour parfaire son éducation. Malheureusement, rien ne va se passer comme prévu… Fatigués, Astérix et Obélix? Pas du tout. Ils sont plus vifs et plus drôles que jamais, la potion magique fait toujours son effet et le quatrième épisode de leurs aventures au cinéma est peut-être le plus réussi de tous. Gérard Depardieu est toujours Obélix, mais Astérix a un nouveau visage: après Christian Clavier et Clovis Cornillac, c’est Edouard Baer qui est chargé ici d’incarner la gouaille, la débrouillardise et la résistance gauloises à l’envahisseur. Et il campe un Astérix inédit, qui se pose des tas de questions existentielles. Le film est tiré de deux albums dans lesquels les héros gaulois allaient voir au-delà des frontières de leur petit village: Astérix chez les Bretons et Astérix et les Normands. Avec un scénario assez élaboré, ce nouvel « Astérix » ne craint pas la comparaison avec les trois précédents. Mais c’est surtout l’humour, la qualité des dialogues et une certaine profondeur dans le comportement des personnages qui font du film une vraie réussite. Pour la première fois, Astérix et Obélix se posent des questions sur leur amitié, qui n’est plus une façade. Depardieu fait d’Obélix un personnage plus touchant, plus susceptible que d’habitude, tandis qu’Edouard Baer oscille, pour Astérix, entre un intello frimeur et pince-sans-rire et un dragueur solitaire et pathétique. Car, pour la première fois aussi, les femmes ont des seconds rôles importants: Catherine Deneuve en reine d’Angleterre, Charlotte Le Bon en fiancée de Jolitorax et Valérie Lemercier qui joue sa mère. Il y a donc des idylles, des tentatives de séduction et des interrogations sur la vie de couple: Astérix et Obélix, « deux types qui vivent ensemble avec un chien? », souligne l’effronté Goudurix. Le scénario baigne dans un anachronisme permanent et qui faisait déjà le charme des BD, la société actuelle étant évoquée dans le cadre gallo-romain: sans-papiers, jeunesse parisienne, vie londonienne, reine d’Angleterre, audit des dépenses romaines, homosexualité, immigration, rugby, psychanalyse, etc… Dialogues ciselés, rires assurés, scènes d’action, une réalisation léchée, un scénario bien ficelé, et un casting épatant font de cette quatrième aventure d’Astérix sur grand écran une réussite.

Ce film est précédé du court métrage:
AU BOUT DU MONDE
Film de Konstantin Bronzit (Animation – France – 1999 – 7’27 » – muet)

Les aventures d’une maison à l’équilibre fragile posée sur le pic d’une colline, elle balance alternativement de droite à gauche au grand dam de ses habitants.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 15 novembre à 21h
vendredi 16 novembre
à 18h & 21h

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 17 novembre à 16h & 21h
lundi 19 novembre à 18h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 18 novembre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 20 novembre à 20h30

                                                                                                                                               

 

CÉSAR DOIT MOURIR

affiche-cesar-doit-mourir dans Archives
Film de Paolo & Vittorio Taviani (Drame – Italie -  2012 -1h16 – V.O.S.T.)
Avec Cosimo Rega, Salvatore Striano, Giovanni Arcuri …

Évoluant sur le fil ô combien fragile de la fiction théâtrale et du documentaire carcéral, César doit mourir convoque les fantômes shakespeariens au cœur d’un quartier de haute sécurité de la centrale de Rebibbia. Longues peines et perpétuités y tiennent le rôle de leur (propre) vie, dans une mise en scène qui joue habilement des contraintes de l’espace carcéral. L’exercice est plus périlleux qu’il n’y paraît : prenant un moindre risque, il se serait effacé derrière une captation témoignant sans apprêt du spectacle monté par les détenus de cette centrale de banlieue romaine sous l’impulsion d’un metteur en scène fabuleux, Fabio Cavalli. Lorgnant vers la fiction de réhabilitation, il aurait pris des airs de success story et rejoint la cohorte de films-Guinness où des octogénaires montent des groupes de rock et autres chorales humanitaires. Le pari des frères Taviani tient de la performance d’un équilibriste, toujours sur le point de chuter et jamais très loin de toucher les cieux. Découvrant cette troupe de comédiens amateurs constituée de condamnés à perpétuité, ils leur proposent de monter le Jules César de Shakespeare, tragédie antique nourrie des cauchemars et des haines sanglantes du dramaturge britannique, aussi éloignée que singulièrement proche des vies de ces détenus. Les premiers plans du film sur les derniers moments de la pièce donnent raison aux cinéastes : la mort de Brutus, renonçant à sa vie comme un homme qui sait sa faute impardonnable, y est poignante de vraisemblance. Une fois le rideau tombé, c’est encadrés de surveillants en uniformes que les comédiens quittent la scène pour rejoindre leurs cellules, tandis que le public sort de la salle sous l’oeil des miradors. Le film bascule alors vers un noir et blanc plein de saillies et de clartés, parti-pris esthétique d’une abstraction de l’espace de la prison. La mise en scène intègre adroitement le décor carcéral, comme le cadre grandiose d’une Rome impériale sclérosée par les conjurations fratricides. Le scénario suit les actes de la pièce dans ce lieu d’enfermement où, au fil de répétitions, les profils s’aiguisent et les langues s’affûtent, trouvant de terribles échos dans les vies chaotiques des comédiens. Les murs de briques bruissent de mille complots, les assassinats se fourbissent à l’ombre de tristes cellules, les cours de bitume résonnent des plaintes endeuillées des partisans vaincus de César, et les grillages et barreaux cachent les regards de témoins. Par le truchement de la mise en scène théâtrale, toutes les scènes sont jouées à l’intention d’un spectateur invisible, matérialisé par la présence de la caméra ou bien celle d’observateurs inopinés, comme ces surveillants qui attendent le dénouement d’une scène pour sonner la fin de la promenade. Le montage détourne avec une même habilité les codes du film de prison, en offrant à chaque protagoniste une scène où se présenter. Alternant répétitions et représentations, régimes documentaire et dramatique, le film évolue avec agilité hors des continuités narratives ou chronologiques. Qu’on ne s’y trompe pas pourtant, César doit mourir tient plus de la fiction que du documentaire. Il y a bien longtemps que les deux frères italiens ont pris conscience que leur écriture les portait du côté de la fiction. En 1989, les deux frères avaient croisé Howard Hawks, de passage à Rome. Celui-ci leur avait expliqué : « Vous voulez donner au public quelque chose qu’il ne connaît pas, moi je cherche à lui donner ce que je crois qu’il aime. Mais nous avons un maître commun : Shakespeare, qui faisait les deux, et qui, comme vous et moi, savait qu’un drame doit avoir une fin ouverte, et non une conclusion totale. »Il ne croyait pas si bien dire.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 17 novembre à 18h
dimanche 18 novembre à 17h
lundi 19 novembre à 21h

 

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