Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 
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Du 28 novembre au 04 décembre (2 films) 12 novembre, 2012

Classé dans : A l'affiche cette semaine — Moïse @ 14:49

DANS LA MAISON

Du 28 novembre au 04 décembre (2 films) dans A l'affiche cette semaine affiche-dans-la-maison1
Film de François Ozon (Thriller – France – 2012 – 1h45)
Avec Fabrice Luchini, Kristin Scott Thomas, Emmanuelle Seigner, Denis Ménochet, Ernest Umhauer …

Germain (Fabrice Luchini) est un prof de français, marié à la gérante d’une galerie d’art (Kristin Scott Thomas). C’est un prof ordinaire dans un ­lycée qui prétend ne pas l’être. Un quinquagénaire, vaguement las de devoir — ordre de l’administration — appeler « apprenants » des élèves justement si peu désireux d’apprendre. Sauf un petit blond, toujours au dernier rang de sa classe. Lui n’écrit pas mal. Alors que ses camarades ont raconté leur week-end avec une pauvreté stylistique à faire se flinguer de désespoir n’importe quel enseignant digne de ce nom, il a décrit une journée passée chez son meilleur ami. En des termes étranges, parfois incongrus, presque méprisants. Et il a conclu sa dissertation par ces mots étranges : « A suivre… ». Intrigant, cet « à suivre ». Intrigué, donc, Germain suit cet élève doué là où il veut le mener. Est-ce vrai, est-ce faux, ce qu’il lui raconte sur le père de son copain, si fruste, sur sa mère, si médiocre, si désirable ? Ce feuilleton presque quotidien, qu’il commente avec sa femme, d’ailleurs, lui devient vite indispensable. Comme un shoot. Le voilà prêt à prendre des risques pour continuer à jouer les voyeurs littéraires auprès de cet ado à qui on donnerait le bon Dieu sans confession. Sauf que le regard de Claude (Ernst Umhauer) s’éclaire parfois d’une lueur bizarre, comme pour suggérer une perversité qui ne demanderait qu’à s’épanouir. Les films d’Ozon sont tous des machineries parfaites qui soudain im­plosent en emportant dans les décom­bres l’ordre, la morale et — son thème ­privilégié — la famille. Dans la maison est si drôle, si soyeux, si rythmé que la noirceur avance masquée… Pour le cinéaste, le film sonne, en tout cas, comme un manifeste. Sur le métier de créateur. Sur l’art de diriger comédiens et… spectateurs ! Dans une époque pénible où pullulent les histoires vraies, où romanciers et cinéastes collent à leur vie comme à leur nombril, François Ozon, qui a toujours inventé ou adapté des histoires bizarres ou folles, affirme ici l’importance de l’artifice. De l’imagination. De l’évasion. La fiction, il n’y a que ça de vrai. La fiction où l’on s’égare, où l’on se perd, où l’on progresse en croyant régresser, où l’on ne découvre pas celui qu’on est, mais celui qu’on ne veut surtout pas devenir. Je manipule, tu manipules, François Ozon manipule… Tous les cinéastes manipulent, bien sûr, mais lui plus que les autres. A ses débuts on sentait un rien trop son plaisir à transformer ses personnages en pions et ses spectateurs en jouets. Puis, la tendresse et la douceur, insensiblement, se sont infiltrées dans ses films. Sans que s’affadissent l’ironie du cinéaste, son insolence, son amour du jeu (et du « je » : le goût des autres allant souvent de pair avec le goût de soi). Un film qui charme, qui étonne, qui excite. Qui nous mène par le bout du nez, une fois encore, mais si aisément qu’on est ravi de se laisser séduire. Un petit chef-d’œuvre troublant et subtil. Un pastiche de thriller drôle et enlevé.

Ce film est précédé du court métrage:
L’ACCORDEUR
Film de Olivier Treiner (Fiction – France – 2010 – 13’30 »)

Adrien est un jeune pianiste prodige. Il s’est effondré psychologiquement après avoir échoué à un concours de renom et travaille désormais comme accordeur de piano. Comme remède à cette vie, il s’invente un masque d’aveugle pour pénétrer l’intimité de ses clients. Cet artifice permet à Adrien de reprendre goût à la musique. Mais à force de voir des choses qu’il ne devrait pas voir, Adrien se trouve pris à son propre piège quand ce mensonge le conduit à être le témoin d’un meurtre.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 29 novembre à 21h
vendredi 30 novembre
à 21h

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 01 décembre à 18h
dimanche 02 décembre à 17h
lundi 03 décembre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 02 décembre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 04 décembre à 20h30

                                                                                                                                               

 

JULES ET JIM

affiche-jules-et-jim dans A l'affiche cette semaine
Film de François Truffaut (Comédie dramatique / Romance – France -  1962 -1h45)
Avec Jeanne Moreau, Oskar Werner, Henri Serre …
Film programmé dans le cadre de notre cycle « mémoire du cinéma » en partenariat avec Les Écrans

Œuvre parmi les plus emblématiques de la Nouvelle Vague, le 3e film de François Truffaut, Jules et Jim, est l’adaptation du roman éponyme de Henri-Pierre Roché, qui narre l’amitié au début des années 1920 entre les inséparables et indissociables Jules, allemand, et Jim, français. Le film, comme Les 400 Coups, opte pour une esthétique réaliste : outre les images d’archives utilisées alors que la 1ère Guerre Mondiale perturbe le récit (Jules et Jim y participant tous les deux, l’un combattant aux côtés des français, l’autre de celui des allemands), les escapades du trio formé par Jules, Jim et Catherine sont photographiées comme des photos de rues, prises sur le vif. Ambivalence des images, réelles ou de fiction, et ambivalence des sons, voix-off, dialogues et partitions musicales s’entremêlant sans cesse. François Truffaut procède ici par collage. Une pluralité de tons s’installe alors : par son brassage des formes de discours, Truffaut mêle littérature et cinéma, présent (des dialogues, de l’image captant un instant de vie) et passé (le style romanesque de l’ensemble), vie et mort. Dans la peinture du triangle amoureux, signalant une vie menée en dehors des conventions et de la morale, Jules, Jim et Catherine sont seuls au monde et donc invulnérables, ils ne cessent de prouver leur joie de vivre. Pourtant ce trio si soudé est d’emblée trop fragile pour être éternel : Catherine arbore une casquette, se peint une moustache, mais n’est jamais semblable à Jules et Jim. Plus qu’un simple personnage, elle est un symbole, une personnification de la Nouvelle Vague : Catherine dicte le montage de Jules et Jim, imposant ainsi son rythme, puisque c’est elle qui provoque des arrêts sur image dès qu’elle pose ou de grandes ellipses à chacun de ses permanents changements d’avis. Comme le mouvement qu’elle incarne, elle revendique sa liberté mais demeure éphémère. François Truffaut réalise un film oscillant sans cesse entre légèreté et gravité, entre comédie et tragédie, entre l’euphorie de vivre l’instant présent, emporté par le tourbillon de la vie et le désespoir d’une fin inévitable. Avec Jules et Jim, François Truffaut redéfinit la notion d’adaptation. Si comme le roman de Roché son film met en scène la rencontre entre les héros éponymes et Catherine, le cinéaste donne à voir également une autre rencontre, liée à des préoccupations exclusivement cinématographiques : celle entre deux amateurs d’art et un nouveau mouvement personnifié par le personnage féminin, incarné par Jeanne Moreau, qui deviendra l’une des icônes de la Nouvelle Vague.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 01 décembre à 21h
lundi 03 décembre à 18h

 

 
 

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