Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

Du 21 au 27 novembre 27 novembre, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 15:27

AMOUR

Du 21 au 27 novembre dans Archives affiche-amour
Film de Michael Haneke (Drame – France / Autriche – 2012 – 2h07)
Avec Jean-Louis Trintignant, Emmanuelle Riva, Isabelle Huppert …
Palme d’Or du 65e festival de Cannes

Chez Michael Haneke, les individus sont placés devant ce qui les brise et l’existence est toujours filmée du point de vue d’un gâchis qui s’accomplit froidement en série de récits heurtés, volontairement choquants. Amour n’échappe pas à la règle. Un homme et une femme, Georges et Anne (Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva, duo d’exception), octogénaires dans un appartement haussmannien tapissé de livres. Ils sont vieux mais encore vaillants. Pourtant, un matin, au petit déjeuner, Anne reste quelques minutes hébétée, les yeux dans le vide. On diagnostique un problème vasculaire nécessitant une opération qui, en définitive, tourne mal. Anne revient au bercail paralysée du côté droit. La situation, très vite, se dégrade et Georges doit assister sans recours à l’inexorable processus d’avilissement de celle avec qui il a toujours vécu. Le caractère destructeur du cinéma de Haneke aborde ici une nouvelle frontière, qui l’oblige à changer de posture. Il lui faut, peut-être pour la première fois, non plus verser l’acide sur le vernis d’un système social hypocrite et pourrissant mais sauver quelque chose du néant commun. A force de promener sur le monde contemporain un miroir cruel, Haneke a fini par croiser son propre reflet, et l’intellectuel sarcastique a pris peur. Tout peut s’arrêter, net, comme la musique au long d’Amour, qui n’est jamais donnée comme un morceau complet mais un segment de piano que le montage sectionne comme on décapite un poulet. La déchéance d’une femme malade, «rien de tout ça ne mérite d’être montré», dit Georges à sa fille qui oscille entre crise de nerfs et conseils inutiles. Haneke contredit son personnage, il lève le voile sur une expérience inhospitalière mais, de bout en bout, on sent qu’il cherche autre chose que l’enfonçage de portes ouvertes sur les misères de la fin de vie. En lui se superpose le savoir-faire du miniaturiste qui ne laisse aucun détail du quotidien au hasard mais aussi le tourment de celui qui refuse sa condition limitée et qui veut trouver un moyen d’avoir le dernier mot. L’amour à 80 ans n’est pas comme à 20 ans mais c’est toujours l’amour, peut-être même son degré d’achèvement ou de dépouillement ultime puisqu’il est débarrassé de tout enrobage romantique, réduit à l’essence de la vie partagée par deux êtres. Mise amour, mise à mort, telle est la martingale existentielle de ce film. Dans ce huis-clos somptueux, le réalisateur affronte la terreur de la mort à travers le dernier face-à-face de ce vieux couple. Pas de consolation, pas de pathos, pas de faux espoirs, pas de “Anne va s’en sortir et gambader”, pas de béquille divine, pas de sornettes sur le paradis ou l’enfer, pas de “Anne va être rappelée à Dieu” : la mort vue par Haneke est concrète, prosaïque, laïque, athée (elle est même autre chose, que l’on ne dévoilera pas mais qui suscitera forcément discussion). Un jour, la vie s’arrête, c’est très douloureux, c’est inacceptable. Il faut l’accepter, l’affronter. Haneke ne se (nous) raconte pas d’histoires et regarde l’inéluctable droit dans les yeux. En notre époque terrifiante de régression religieuse, cette placide et franche lucidité fait du bien. Bien que clinique, voire empreint de cruauté, Amour est constamment touchant, et parfois bouleversant.

Ce film est précédé du court métrage:
L’HOMME QUI DORT
Film de Inès Sedan (Animation – France – 2009 – 11’43 » – muet)

Sofia est une femme qui vit avec son mari qu’elle aime profondément. Mais son mari est un homme qui dort toujours et Sofia doit admettre que peut-être il ne se réveillera jamais.

Lamastre (centre culturel) :
vendredi 23 novembre
à 14h (séance scolaire ouverte à tous) & 21h
mardi  27 novembre à 15h
(en partenariat avec l’UTL) & 21h

Vernoux (salle Louis Nodon) :
dimanche 25 novembre à 17h
lundi 26 novembre à 18h & 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 25 novembre à 20h30

 

 

Du 14 au 20 Novembre (2 films) 20 novembre, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 19:12

ASTÉRIX ET OBÉLIX AU SERVICE DE SA MAJESTÉ

Du 14 au 20 Novembre (2 films) dans Archives affiche-asterix-et-obelix
Film de Laurent Tirad (Comédie – France – 2012 – 1h49)
Avec Gérard Depardieu, Edouard Baer, Catherine Deneuve, Valérie Lemercier, Fabrice Luchini …

50 avant Jésus Christ, César a soif de conquêtes. A la tête de ses glorieuses légions il décide d’envahir cette île située aux limites du monde connu, ce pays mystérieux appelé Brittania, la Bretagne. La victoire est rapide et totale. Enfin… presque. Un petit village breton parvient à lui résister, mais ses forces faiblissent. Cordelia, la reine des Bretons, décide donc d’envoyer son plus fidèle officier, Jolitorax, chercher de l’aide en Gaule, auprès d’un autre petit village, connu pour son opiniâtre résistance aux Romains… Dans le village gaulois en question, Astérix et Obélix sont déjà bien occupés. Le chef leur a en effet confié son neveu Goudurix, une jeune tête à claques fraîchement débarquée de Lutèce, dont ils sont censés faire un homme. Et c’est loin d’être gagné. Quand Jolitorax arrive pour demander de l’aide, on décide de lui confier un tonneau de potion magique, et de le faire escorter par Astérix et Obélix, mais aussi Goudurix, car ce voyage semble une excellente occasion pour parfaire son éducation. Malheureusement, rien ne va se passer comme prévu… Fatigués, Astérix et Obélix? Pas du tout. Ils sont plus vifs et plus drôles que jamais, la potion magique fait toujours son effet et le quatrième épisode de leurs aventures au cinéma est peut-être le plus réussi de tous. Gérard Depardieu est toujours Obélix, mais Astérix a un nouveau visage: après Christian Clavier et Clovis Cornillac, c’est Edouard Baer qui est chargé ici d’incarner la gouaille, la débrouillardise et la résistance gauloises à l’envahisseur. Et il campe un Astérix inédit, qui se pose des tas de questions existentielles. Le film est tiré de deux albums dans lesquels les héros gaulois allaient voir au-delà des frontières de leur petit village: Astérix chez les Bretons et Astérix et les Normands. Avec un scénario assez élaboré, ce nouvel « Astérix » ne craint pas la comparaison avec les trois précédents. Mais c’est surtout l’humour, la qualité des dialogues et une certaine profondeur dans le comportement des personnages qui font du film une vraie réussite. Pour la première fois, Astérix et Obélix se posent des questions sur leur amitié, qui n’est plus une façade. Depardieu fait d’Obélix un personnage plus touchant, plus susceptible que d’habitude, tandis qu’Edouard Baer oscille, pour Astérix, entre un intello frimeur et pince-sans-rire et un dragueur solitaire et pathétique. Car, pour la première fois aussi, les femmes ont des seconds rôles importants: Catherine Deneuve en reine d’Angleterre, Charlotte Le Bon en fiancée de Jolitorax et Valérie Lemercier qui joue sa mère. Il y a donc des idylles, des tentatives de séduction et des interrogations sur la vie de couple: Astérix et Obélix, « deux types qui vivent ensemble avec un chien? », souligne l’effronté Goudurix. Le scénario baigne dans un anachronisme permanent et qui faisait déjà le charme des BD, la société actuelle étant évoquée dans le cadre gallo-romain: sans-papiers, jeunesse parisienne, vie londonienne, reine d’Angleterre, audit des dépenses romaines, homosexualité, immigration, rugby, psychanalyse, etc… Dialogues ciselés, rires assurés, scènes d’action, une réalisation léchée, un scénario bien ficelé, et un casting épatant font de cette quatrième aventure d’Astérix sur grand écran une réussite.

Ce film est précédé du court métrage:
AU BOUT DU MONDE
Film de Konstantin Bronzit (Animation – France – 1999 – 7’27 » – muet)

Les aventures d’une maison à l’équilibre fragile posée sur le pic d’une colline, elle balance alternativement de droite à gauche au grand dam de ses habitants.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 15 novembre à 21h
vendredi 16 novembre
à 18h & 21h

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 17 novembre à 16h & 21h
lundi 19 novembre à 18h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 18 novembre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 20 novembre à 20h30

                                                                                                                                               

 

CÉSAR DOIT MOURIR

affiche-cesar-doit-mourir dans Archives
Film de Paolo & Vittorio Taviani (Drame – Italie -  2012 -1h16 – V.O.S.T.)
Avec Cosimo Rega, Salvatore Striano, Giovanni Arcuri …

Évoluant sur le fil ô combien fragile de la fiction théâtrale et du documentaire carcéral, César doit mourir convoque les fantômes shakespeariens au cœur d’un quartier de haute sécurité de la centrale de Rebibbia. Longues peines et perpétuités y tiennent le rôle de leur (propre) vie, dans une mise en scène qui joue habilement des contraintes de l’espace carcéral. L’exercice est plus périlleux qu’il n’y paraît : prenant un moindre risque, il se serait effacé derrière une captation témoignant sans apprêt du spectacle monté par les détenus de cette centrale de banlieue romaine sous l’impulsion d’un metteur en scène fabuleux, Fabio Cavalli. Lorgnant vers la fiction de réhabilitation, il aurait pris des airs de success story et rejoint la cohorte de films-Guinness où des octogénaires montent des groupes de rock et autres chorales humanitaires. Le pari des frères Taviani tient de la performance d’un équilibriste, toujours sur le point de chuter et jamais très loin de toucher les cieux. Découvrant cette troupe de comédiens amateurs constituée de condamnés à perpétuité, ils leur proposent de monter le Jules César de Shakespeare, tragédie antique nourrie des cauchemars et des haines sanglantes du dramaturge britannique, aussi éloignée que singulièrement proche des vies de ces détenus. Les premiers plans du film sur les derniers moments de la pièce donnent raison aux cinéastes : la mort de Brutus, renonçant à sa vie comme un homme qui sait sa faute impardonnable, y est poignante de vraisemblance. Une fois le rideau tombé, c’est encadrés de surveillants en uniformes que les comédiens quittent la scène pour rejoindre leurs cellules, tandis que le public sort de la salle sous l’oeil des miradors. Le film bascule alors vers un noir et blanc plein de saillies et de clartés, parti-pris esthétique d’une abstraction de l’espace de la prison. La mise en scène intègre adroitement le décor carcéral, comme le cadre grandiose d’une Rome impériale sclérosée par les conjurations fratricides. Le scénario suit les actes de la pièce dans ce lieu d’enfermement où, au fil de répétitions, les profils s’aiguisent et les langues s’affûtent, trouvant de terribles échos dans les vies chaotiques des comédiens. Les murs de briques bruissent de mille complots, les assassinats se fourbissent à l’ombre de tristes cellules, les cours de bitume résonnent des plaintes endeuillées des partisans vaincus de César, et les grillages et barreaux cachent les regards de témoins. Par le truchement de la mise en scène théâtrale, toutes les scènes sont jouées à l’intention d’un spectateur invisible, matérialisé par la présence de la caméra ou bien celle d’observateurs inopinés, comme ces surveillants qui attendent le dénouement d’une scène pour sonner la fin de la promenade. Le montage détourne avec une même habilité les codes du film de prison, en offrant à chaque protagoniste une scène où se présenter. Alternant répétitions et représentations, régimes documentaire et dramatique, le film évolue avec agilité hors des continuités narratives ou chronologiques. Qu’on ne s’y trompe pas pourtant, César doit mourir tient plus de la fiction que du documentaire. Il y a bien longtemps que les deux frères italiens ont pris conscience que leur écriture les portait du côté de la fiction. En 1989, les deux frères avaient croisé Howard Hawks, de passage à Rome. Celui-ci leur avait expliqué : « Vous voulez donner au public quelque chose qu’il ne connaît pas, moi je cherche à lui donner ce que je crois qu’il aime. Mais nous avons un maître commun : Shakespeare, qui faisait les deux, et qui, comme vous et moi, savait qu’un drame doit avoir une fin ouverte, et non une conclusion totale. »Il ne croyait pas si bien dire.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 17 novembre à 18h
dimanche 18 novembre à 17h
lundi 19 novembre à 21h

 

 

Du 07 au 13 novembre (4 films) 13 novembre, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 22:51

KILLER JOE

Du 07 au 13 novembre (4 films) dans Archives affiche-killer-joe
Film de William Friedkin (Thriller / Policier – USA – 2012 – 1h42 -V.O.S.T.)
Avec Matthew McConaughey, Emile Hirsch, Juno Temple, Thomas Haden Church …
Attention: film interdit aux moins de 12 ans

Chris, 22 ans, minable dealer de son état, doit trouver 6 000 dollars ou on ne donnera pas cher de sa peau. Une lueur d’espoir germe dans son esprit lorsque se présente à lui une arnaque à l’assurance vie. Celle que sa crapule de mère a contractée pour 50 000 dollars. Mais qui va se charger du sale boulot ? Killer Joe est appelé à la rescousse. Flic le jour, tueur à gages la nuit, il pourrait être la solution au problème. Seul hic : il se fait payer d’avance, ce qui n’est clairement pas une option pour Chris qui n’a pas un sou en poche. Chris tente de négocier mais Killer Joe refuse d’aller plus loin. Il a des principes…jusqu’à ce qu’il rencontre Dottie, la charmante sœur de Chris. Alors Killer Joe veut bien qu’on le paye sur le fric de l’assurance si on le laisse jouer avec Dottie. Après le monumental Bug qui propageait la paranoïa comme un virus, le réalisateur William Friedkin et le scénariste Tracy Letts ne pouvaient pas en rester là. Killer Joe scelle leur seconde collaboration et évidemment il promet de marquer le spectateur au fer rouge. Tel quel, il s’agit d’une descente aux enfers convulsive, un opéra white trash allant très loin dans l’outrance, une bonne blague provocatrice et dérangeante. Cette description abrasive de l’Amérique péquenaude peut donner l’impression d’avoir été mille fois vue, notamment chez Tennessee Williams, mais Friedkin réussit à renouveler le thème de l’ambiguïté morale – son sujet de prédilection – en lui donnant une complexité inédite. Et il n’y va pas de main morte. Rien à faire du bon goût, de la sensibilité et autres sornettes. La violence, il en a filmé les effets séduisants et détestables tout au long de films à succès légèrement démodés (The French Connection), et parfois bien meilleurs que leur réputation (Le Convoi de la peur, remake du célèbre Salaire de la peur, d’Henri-Georges Clouzot). En bon moraliste — tous les Américains le sont peu ou prou —, les progrès du Mal en l’homme l’ont toujours fasciné, parce que, dit-il, « c’est une lutte constante pour nos anges de gagner la bataille ». Chez lui, ils la perdent souvent… De la pièce de Tracy Letts, il tire une farce. Une charge. Sur une famille qui, par monstruosité autant que par bêtise, plonge dans un piège qui va la détruire. Sur un monde sans repères, aussi, que domine ce flic sans loi, soudain amoureux. Célèbre pour exacerber les scènes d’hystérie, le cinéaste, curieusement, a toujours, revendiqué un goût pour l’épure : « Une pièce, deux acteurs : le strict minimum me plaît. » Comme, ici, le clic-clac du briquet du shérif assassin… Chez Friedkin, un simple petit bruit, répété à satiété, fait naître la tension. Ce curieux suspense tragi-comique. Et puis, brutalement, il lâche les chiens. La conjuration des imbéciles s’effondre. Tout explose. La folie douce devient furieuse. Et soudain, c’est l’enfer… Killer Joe appartient à ces films sans happy-end que l’on regarde suspendu dans le vide, les yeux en spirale, entre rire et effroi.

Ce film est précédé du court métrage:
LA GRAN CARRERA (LA GRANDE COURSE)

Film de Kote Camacho (Fiction – Espagne – 2010 – noir et blanc – 07′ – V.O.S.T.)

1914. L’hippodrome de Lasarte présente une course avec un prix jamais vu pour le cheval gagnant. Les huit meilleurs chevaux du monde sont inscrits. Des amateurs et d’importants parieurs du monde entier se réuniront pour participer à ce grand événement : le Grand Prix du Demi Million.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 08 novembre à 21h
vendredi 09 novembre
à 21h

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 10 novembre à 18h
dimanche 11 novembre à 17h
lundi 12 novembre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 11 novembre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 13 novembre à 20h30

 

LA NUIT DES FORAINS

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Film de Ingmar Bergman (Drame – Suède -  1953 -1h33 – V.O.S.T.)
Avec Gunnar Björnstrand, Ake Gronberg, Harriet Anderson …
Cycle mémoire du cinéma en partenariat avec Les Ecrans

1900 en Suède. Un cirque minable fait halte dans une petite ville de province où Alberti, le directeur de la troupe, a abandonné sa femme et ses enfants, trois ans auparavant. En proie à de grosses difficultés financières, Alberti et Anne, sa nouvelle compagne, vont quémander des costumes au directeur du théâtre local. Le spectacle a finalement lieu mais s’achève lamentablement avec l’arrivée cocasse de la police. Bravant la jalousie d’Anne, Alberti va rendre visite à son ancienne épouse. Leurs retrouvailles tournent au fiasco. Pour se venger, Anne se donne à Franz, un acteur cynique, en échange d’un bijou sans valeur. Découvrant l’infidélité d’Anne, Alberti provoque Franz qui le roue de coups pendant le numéro d’écuyère d’Anne. Humilié, Alberti s’isole dans sa roulotte et rate son suicide.  Au petit matin, la caravane reprend la route. Frost, le clown, raconte un rêve étrange où il rapetisse dans le ventre de sa mère. Anne, revenue auprès d’Alberti, lui adresse un triste sourire. Pessimiste sans être désespéré, visuellement éblouissante, La Nuit des Forains est l’une des œuvres les plus marquante de Bergman. Ce film fût tourné à l’époque où il se voyait plutôt comme un homme de théâtre et considérait le cinéma comme une distraction. Si bien que le monde du spectacle devient, une fois encore, le thème essentiel de ce film. Ingmar Bergman y oppose la vie misérable d’un cirque ambulant à la réussite sociale d’un théâtre de province. Il contient en résumé toute la philosophie des premiers films du maître, soit : cesser d’aimer, c’est mourir. Très mal accueilli à sa sortie en Suède, La Nuit des Forains est pourtant certainement l’un de ses films les plus personnels. A la question : « Quelle place faites-vous à LA NUIT DES FORAINS au sein de votre œuvre ? », l’auteur répondit : « Ce film fut pour moi une libération. »

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 10 novembre à 21h
lundi 12 novembre à 18h

 

KIRIKOU ET LES HOMMES ET LES FEMMES

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Film de Michel Ocelot (Animation – France – 2012 – 1h28 – en 3D à Vernoux)
Film tout public à partir de 3 ans

Retrouver le Vieux Grincheux perdu, aider la Femme Forte à reconstruire le toit de sa case détruit par Karaba la sorcière, calmer les pleurs des bébés en jouant de la flûte, apprivoiser le Monstre Bleu… Dans cette deuxième série de contes dérivés de Kirikou et la Sorcière, le plus petit des héros de dessins animés ne chôme pas, l’imagination de Michel Ocelot reste intarissable, et le résultat est à nouveau un ravissement. De la fable musicale au conte moral, chaque histoire se construit en quelques idées simples, qui prennent corps en lignes expressives et couleurs vibrantes avec un relief unique. Michel Ocelot fait en effet un usage singulier de la 3D, déjà expérimenté dans les Contes de la Nuit : il s’agit de superposer plusieurs couches planes pour donner un sentiment de profondeur plutôt que de volume. L’effet obtenu, semblable à celui des anciens théâtres d’ombres qui ont inspiré les Contes de la Nuit, permet de donner l’impression que le personnage se détache d’un fond parfois abstrait, comme ce bleu changeant et mobile derrière le grand-père de Kirikou qui fait de la caverne où le vieil homme raconte les histoires un espace sans fond, ouvert au monde infini des contes. A l’inverse, le monde de Kirikou est fait d’espaces clos : le village tout rond, et au loin la case magique de Karaba la sorcière. Entre les deux, une sorte de zone de non-droit que seuls les fétiches franchissent pour accomplir les missions que leur donne leur maîtresse. Lorsque les villageois s’y aventurent, c’est que l’heure est bien grave, et qu’il faut tout risquer pour une conciliation avec l’ennemie de toujours. Seul Kirikou le parcourt sans crainte dans un sens et dans l’autre, sa silhouette minuscule passant d’un buisson à l’autre comme un souffle. Au fond, chacun des défis qu’il s’impose revient à tenter de rendre les espaces clos perméables les uns aux autres : guérir les peurs héritées, cultiver la curiosité de l’autre. Le touareg, la vieille femme inconnue. La sorcière. Le dernier conte propose à ce défi sans cesse renouvelé une solution charmante. Pour calmer les bébés qui pleurent, Kirikou apprend à jouer de la flûte. Sa mélodie fédère les rythmes des instruments de percussion des villageois, et les petits se calment. Mais l’harmonie naissant à un effet corollaire inattendu : là-bas, très loin et soudain très près, la sorcière sort de sa case, et demande à ce que l’on joue plus fort. Et sa voix, l’instrument que la nature et non la magie lui donne, vient se joindre presque malgré elle à la musique de Kirikou. Bien jolie façon de redire ces grandes leçons que les précédentes aventures du héros minuscule disaient déjà si simplement. Mais on ne se lasse pas de l’entendre une fois encore, portée par un nouvel air.

Lamastre (centre culturel) :
vendredi 09 novembre
à 15h

Vernoux (salle Louis Nodon) :
mercredi 07 novembre à 17h (3D)
samedi 10 novembre à 14h
(3D)

 

LES PIRATES! BONS À RIEN, MAUVAIS EN TOUT

affiche-les-pirates
Film de Peter Lord (Animation – Angleterre -  2012 -1h12 – V.F.)
Film tout public à partir de 6 ans

Malgré son enthousiasme, le Capitaine Pirate a beaucoup de mal à se faire passer pour une terreur des mers. Secondé par un équipage aussi peu doué que lui, le Capitaine rêve pourtant de battre ses rivaux, Black Bellamy et Liz Lafaucheuse, en remportant le prestigieux Prix du Pirate de l’Année. Pour le Capitaine et son drôle d’équipage, c’est le début d’une incroyable odyssée qui, des rivages de Blood Island jusqu’aux rues embrumées de Londres, va les conduire d’épreuves en rencontres. S’ils vont faire équipe avec un jeune scientifique du nom de Charles Darwin, ils vont aussi devoir affronter mille dangers et tenter de survivre à la reine Victoria, qui voue une haine absolue aux pirates… En avant pour l’aventure ! Peter Lord se lance à l’abordage des romans de Gideon Defoe, phénomène littéraire outre-Manche, rencontre explosive entre Robert Stevenson et les Monty Python. Tout est dans le titre. Le capitaine Pirate, son Dodo apprivoisé et son équipage de gentils branquignols, ne sont la terreur d’aucun océan. C’est tout juste s’ils arrivent à attaquer des bateaux pleins de nudistes, de fantômes ou d’écoliers en balade : n’importe quoi sauf du vrai gibier de pirates. Ces abordages à répétition portent bien la marque des studios d’animation Aardman : couleurs pimpantes et enfantines, textures veloutées et humour fou-fou. Les créateurs de Wallace et Gromit ou de Chicken Run nous offrent une nouvelle séance d’euphorie, peuplée de losers rondouillards, où les monstres marins des cartes de navigation s’animent, où le roi des flibustiers ressemble à Elvis… Mélange de pâte à modeler traditionnelle et d’animation numérique, le film bondit des mers chaudes aux brumes de Londres, où guette l’ennemie numéro un des héros, la grande « méchante » du film : la reine Victoria herself ! Une bonbonne pomponnée et perverse, que les créateurs s’ingénient à malmener et à ridiculiser avec bonheur. La virtuosité de l’animation, le second degré des dialogues, la loufoquerie débridée du scénario ainsi qu’un goût immodéré de l’absurde burlesque assurent la réussite de cette hilarante parodie.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
mercredi 07 novembre à 14h
samedi 10 novembre à 16h

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 08 novembre
à 15h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 11 novembre à 17h30

 

 

 

Du 31 octobre au 06 novembre (4 films) 6 novembre, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 15:47

CHERCHEZ HORTENSE

Du 31 octobre au 06 novembre (4 films) dans Archives affiche-cherchez-hotense
Film de Pascal Bonitzer (Comédie – France – 2012 – 1h40)
Avec Jean-Pierre Bacri, Kristin Scott Thomas, Isabelle Carré, Claude Rich, Jackie Berroyer …

Damien, un homme de bien, professeur de civilisation chinoise, a accepté, sur l’insistance de sa femme Iva, de rendre un service : parler à son père, président du conseil d’État, du cas d’une certaine Zorica, menacée d’expulsion par la justice, et tenter de le convaincre d’intercéder en sa faveur auprès d’un homme de pouvoir qui travaille dans l’ombre et répond au nom d’Henri Hortense (d’où le titre du film).  Seulement, comme l’avoue Damien à sa bande de copains de bistrot, il n’a “de rapports simples avec personne”, et surtout pas avec son père, homme narcissique, séducteur et fier de l’être. Les choses vont donc mal se dérouler. Le père de Damien l’évite par tous les moyens, toutes les portes du conseil d’État s’avérant de merveilleux passages dérobés pour fuir les problèmes humains. Par manque de courage et pour plaire à sa femme, Damien va pourtant laisser croire que tout est en bonne voie. Mais il y a complication quand il se rend compte que la jolie employée du restaurant qu’il fréquente quotidiennement a un rapport avec l’affaire. Chassés-croisés, trahisons, adultère, sentiments amoureux qui s’éveillent, coïncidences confondantes, le récit avance, entre rires et grandes émotions, avec grâce et une fausse frivolité, à coups de coq-à-l’âne et de digressions, vers une fin inattendue et qu’on espérait désespérément. On retrouve dans Cherchez Hortense ce goût prononcé de Bonitzer pour les personnages de dépressifs, pour les histoires baroques, oniriques et étranges qui apparaissaient déjà dans ses scénarios pour Rivette et surtout Raùl Ruiz, cette fois inscrites dans notre quotidien politique et historique, dans nos petits problèmes souvent ridicules de cul, de sentiments, de parentalité, ou de couple. Toutes les histoires et tous les personnages secondaires qui tournent autour de l’intrigue principale, loin de nous en éloigner, l’enrichissent en permanence, nous ramènent vers elle, étoffent les héros. Enfin, Bonitzer réussit quelques scènes de cinéaste admirables, de celles qui vous ont amené un jour à aimer le cinéma, quand tout à coup, les fantasmes (parfois les plus secrets, les plus honteux) de l’auteur et du spectateur ne font plus qu’un. Le sixième film de Pascal Bonitzer en tant que réalisateur (après Encore, Rien sur Robert, Le Grand Alibi…) est son film le plus fort, le plus tenu et tonique, le plus riche sans doute aussi.


Ce film est précédé du court métrage:

LE CLOU
Film de Benedikt Erlingsson (Fiction – Islande – 2008 – 15′ – V.O.S.T.)

Robert est un homme important qui assume de grandes responsabilités. Un jour, suite à un accident, la frontière se brouille entre l’homme et la bête qui sommeille en lui.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 01 novembre à 21h
vendredi 02 novembre
à 21h

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 03 novembre à 18h
lundi 05 novembre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 04 novembre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 06 novembre à 20h30

 

SAVAGES

affiche-savages dans Archives
Film de Olivier Stone (Thriller – USA -  2012 -2h10 – V.O.S.T.)
Avec Taylor Kitsch, Aaron Taylor-Johnson, Blake Lively, Benecio Del Toro, John Travolta …
Attention: film interdit aux moins de 12 ans

Laguna Beach, Californie : Ben, botaniste bohème, Chon, ancien Navy Seal, et la belle O partagent tout. Ben et Chon sont à la tête d’un business florissant. Les graines ramenées par Chon de ses missions et le génie de Ben ont donné naissance au meilleur cannabis qui soit. Même s’il est officiellement produit pour des raisons thérapeutiques, ils en dealent partout avec la complicité de Dennis, un agent des stups. Leur affaire marche tellement bien qu’elle attire l’attention du cartel mexicain de Baja, dirigé d’une main de fer par Elena. Face à leur proposition d’ »association », Chon est partisan de résister par la force, mais Ben préfère tout abandonner. Pour les contraindre à coopérer, le cartel kidnappe O. Elena a eu raison d’utiliser les liens très forts du trio, mais elle a aussi sous-estimé leur capacité à réagir… C’est le début d’une guerre entre l’organisation du crime dont le bras armé, Lado, ne fait aucun cadeau et le trio. Qu’il s’agisse de pouvoir, d’innocence, ou de la vie de ceux qu’ils aiment, tout le monde a quelque chose à perdre. Du sexe, de la drogue, de la violence au menu de cette adaptation réussie du best-seller de Don Winslow. Avec Savages Oliver Stone semble avoir retrouvé le plaisir de filmer, une gourmandise parfois roublarde qui transpire à chaque plan, et cette obsession d’extraire la trivialité des images que nous consommons et qui constitue la matière première de ses meilleurs films. Après une décennie consacrée à aborder les grands problèmes du monde contemporain (le 11 Septembre, George W.Bush, Fidel Castro, la crise financière…) avec un sérieux de bénédictin, Oliver Stone revient à quelque chose de plus léger. Plus léger, façon de parler : le film s’ouvre sur une décapitation dans une cave au Mexique, là où sévit la guerre des cartels, l’une des plus meurtrières au monde. Mais l’acte est filmé avec détachement, de façon presque badine, puis regardé par deux surfeurs californiens confortablement assis derrière leur ordinateur, pétard et paréo à portée de main. L’effroi les saisit bel et bien, mais disparaît aussi vite, le temps d’un clic. Snuff zapping.  On reconnaît là le réalisateur de Tueurs nés, pour qui la violence est une pop song anodine que les Américains fredonnent entre un burger et un reality-show, une tare congénitale dont il convient, à défaut de pouvoir l’endiguer, de saisir la mécanique infernale. Montage nerveux, narration déstructurée, savant mélange de violence, d’érotisme et d’humour, message sous-jacent délicieusement amoral… Oliver Stone revient en fanfare aux affaires avec ce thriller décoiffant, remarquablement maîtrisé et jubilatoire.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 03 novembre à 21h
dimanche 04 novembre à 17h
lundi 05 novembre à 18h

 

KIRIKOU ET LES HOMMES ET LES FEMMES

affiche-kirikou
Film de Michel Ocelot (Animation – France – 2012 – 1h28 – en 3D à Vernoux)
Film tout public à partir de 3 ans

Retrouver le Vieux Grincheux perdu, aider la Femme Forte à reconstruire le toit de sa case détruit par Karaba la sorcière, calmer les pleurs des bébés en jouant de la flûte, apprivoiser le Monstre Bleu… Dans cette deuxième série de contes dérivés de Kirikou et la Sorcière, le plus petit des héros de dessins animés ne chôme pas, l’imagination de Michel Ocelot reste intarissable, et le résultat est à nouveau un ravissement. De la fable musicale au conte moral, chaque histoire se construit en quelques idées simples, qui prennent corps en lignes expressives et couleurs vibrantes avec un relief unique. Michel Ocelot fait en effet un usage singulier de la 3D, déjà expérimenté dans les Contes de la Nuit : il s’agit de superposer plusieurs couches planes pour donner un sentiment de profondeur plutôt que de volume. L’effet obtenu, semblable à celui des anciens théâtres d’ombres qui ont inspiré les Contes de la Nuit, permet de donner l’impression que le personnage se détache d’un fond parfois abstrait, comme ce bleu changeant et mobile derrière le grand-père de Kirikou qui fait de la caverne où le vieil homme raconte les histoires un espace sans fond, ouvert au monde infini des contes. A l’inverse, le monde de Kirikou est fait d’espaces clos : le village tout rond, et au loin la case magique de Karaba la sorcière. Entre les deux, une sorte de zone de non-droit que seuls les fétiches franchissent pour accomplir les missions que leur donne leur maîtresse. Lorsque les villageois s’y aventurent, c’est que l’heure est bien grave, et qu’il faut tout risquer pour une conciliation avec l’ennemie de toujours. Seul Kirikou le parcourt sans crainte dans un sens et dans l’autre, sa silhouette minuscule passant d’un buisson à l’autre comme un souffle. Au fond, chacun des défis qu’il s’impose revient à tenter de rendre les espaces clos perméables les uns aux autres : guérir les peurs héritées, cultiver la curiosité de l’autre. Le touareg, la vieille femme inconnue. La sorcière. Le dernier conte propose à ce défi sans cesse renouvelé une solution charmante. Pour calmer les bébés qui pleurent, Kirikou apprend à jouer de la flûte. Sa mélodie fédère les rythmes des instruments de percussion des villageois, et les petits se calment. Mais l’harmonie naissant à un effet corollaire inattendu : là-bas, très loin et soudain très près, la sorcière sort de sa case, et demande à ce que l’on joue plus fort. Et sa voix, l’instrument que la nature et non la magie lui donne, vient se joindre presque malgré elle à la musique de Kirikou. Bien jolie façon de redire ces grandes leçons que les précédentes aventures du héros minuscule disaient déjà si simplement. Mais on ne se lasse pas de l’entendre une fois encore, portée par un nouvel air.

Lamastre (centre culturel) :
mardi 06 novembre
à 15h (ciné-goûter)

Vernoux (salle Louis Nodon) :
mercredi 31 octobre à 14h (3D)
samedi 03 novembre à 16h
(3D)
lundi 05 novembre à 16h
(3D)

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 04 novembre à 17h30

 

LES PIRATES! BONS À RIEN, MAUVAIS EN TOUT

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Film de Peter Lord (Animation – Angleterre -  2012 -1h12 – V.F.)
Film tout public à partir de 6 ans

Malgré son enthousiasme, le Capitaine Pirate a beaucoup de mal à se faire passer pour une terreur des mers. Secondé par un équipage aussi peu doué que lui, le Capitaine rêve pourtant de battre ses rivaux, Black Bellamy et Liz Lafaucheuse, en remportant le prestigieux Prix du Pirate de l’Année. Pour le Capitaine et son drôle d’équipage, c’est le début d’une incroyable odyssée qui, des rivages de Blood Island jusqu’aux rues embrumées de Londres, va les conduire d’épreuves en rencontres. S’ils vont faire équipe avec un jeune scientifique du nom de Charles Darwin, ils vont aussi devoir affronter mille dangers et tenter de survivre à la reine Victoria, qui voue une haine absolue aux pirates… En avant pour l’aventure ! Peter Lord se lance à l’abordage des romans de Gideon Defoe, phénomène littéraire outre-Manche, rencontre explosive entre Robert Stevenson et les Monty Python. Tout est dans le titre. Le capitaine Pirate, son Dodo apprivoisé et son équipage de gentils branquignols, ne sont la terreur d’aucun océan. C’est tout juste s’ils arrivent à attaquer des bateaux pleins de nudistes, de fantômes ou d’écoliers en balade : n’importe quoi sauf du vrai gibier de pirates. Ces abordages à répétition portent bien la marque des studios d’animation Aardman : couleurs pimpantes et enfantines, textures veloutées et humour fou-fou. Les créateurs de Wallace et Gromit ou de Chicken Run nous offrent une nouvelle séance d’euphorie, peuplée de losers rondouillards, où les monstres marins des cartes de navigation s’animent, où le roi des flibustiers ressemble à Elvis… Mélange de pâte à modeler traditionnelle et d’animation numérique, le film bondit des mers chaudes aux brumes de Londres, où guette l’ennemie numéro un des héros, la grande « méchante » du film : la reine Victoria herself ! Une bonbonne pomponnée et perverse, que les créateurs s’ingénient à malmener et à ridiculiser avec bonheur. La virtuosité de l’animation, le second degré des dialogues, la loufoquerie débridée du scénario ainsi qu’un goût immodéré de l’absurde burlesque assurent la réussite de cette hilarante parodie.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
mercredi 31 octobre à 17h

Lamastre (centre culturel) :
samedi 03 novembre
à 15h

 

 

 

Du 24 au 30 octobre (2 films) 30 octobre, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 22:30

VOUS N’AVEZ ENCORE RIEN VU

Du 24 au 30 octobre (2 films) dans Archives affiche-vs-navez-encore-rien-vu
Film de Alain Resnais (Drame – France – 2012 – 1h55)
Avec Mathieu Amalric, Pierre Arditi, Sabine Azéma, Anne Consigny, Michel Piccoli, Hippolyte Girardot …

Pendant toute sa carrière de cinéaste, Alain Resnais n’a cessé d’inventer de nouveaux dispositifs pour nous divertir. Celui de Vous n’avez encore rien vu est assez complexe : un célèbre auteur dramatique, nommé Antoine d’Anthac (Denis Podalydès), vient de casser sa pipe. Il a chargé au préalable son homme de confiance de convoquer tous ses acteurs fétiches, sans leur annoncer le but de cette réunion, dans une grande demeure isolée. Tous acceptent les règles de cette mise en scène assez agathachristienne sur le papier. Ils sont tous là, sous leur vrai nom : Pierre Arditi, Michel Piccoli, Sabine Azéma, Anny Duperey, Lambert Wilson, etc. On leur annonce alors qu’Anthac leur a confié une mission posthume : juger de la nouvelle mise en scène de sa pièce Eurydice (en réalité la pièce est de Jean Anouilh) par une jeune troupe, la compagnie de la Colombe (inventée pour l’occasion, avec Vimala Pons dans le rôle d’Eurydice), dont ils vont pouvoir visionner une captation. Or les acteurs que nous connaissons bien ont en leur temps chacun interprété un rôle dans cette pièce. C’est pour cela qu’ils ont été choisis comme experts par leur défunt auteur. La projection de la captation commence (réalisée par Bruno Podalydès, à qui Resnais a donné carte blanche). Mais petit à petit, les “anciens” acteurs se plaisent à rejouer eux aussi certaines scènes de la pièce. Chaque personnage de la pièce qui défile sous nos yeux va être incarné par plusieurs acteurs. Il ne s’agit plus seulement d’un miroir que tendraient des jeunes acteurs à leurs prédécesseurs, mais de deux miroirs parallèles, dont l’un serait le passé, l’autre le futur, entre lesquels les acteurs du présent viendraient se refléter à l’infini. Une mise en abyme démultipliée d’une pièce dont le thème mythologique parle, rappelons-le, d’amour, de mort, de résurrection, mais d’une résurrection provisoire (Eurydice retournant aux enfers, Orphée n’ayant pu résister à se retourner pour la regarder). Vous n’avez encore rien vu, film vertigineux tiré d’une œuvre du répertoire français, ouvre ni plus ni moins, à travers le prisme du grand cinéaste qu’est Resnais, sur une vision de l’infini, l’espoir que l’œuvre perdurera tant qu’elle sera jouée, répétée à perte de temps et d’horizon, jusqu’à ce qu’elle sombre dans le néant. Résumons un instant la situation : un vieux cinéaste (Resnais-Orphée) demande à des acteurs de perpétuer son esprit ludique en faisant revivre une pièce oubliée le temps d’un film-Eurydice. Il demande aussi à un cinéaste plus jeune que lui mais admiré, Bruno Podalydès, d’imaginer une interprétation contemporaine de la pièce d’Anouilh. Vous n’avez encore rien vu a tout du passage de témoin d’un grand inventeur de forme à ses possibles successeurs. Il leur transmet sa recette en les faisant participer à la confection du plat. De tout temps, Resnais a frayé avec les “sous-arts”, la “sous-littérature”, les genres (populaires ou non) et les styles méprisés : l’opérette, le mélo chic de boulevard, la BD et la littérature décriée de son époque. Certains trouveront la pièce d’Anouilh datée, et ils auront peut-être raison… Mais il n’y a pas de petite ou de grande œuvre. Tout dépend de ce qu’on y a ressenti, avec quoi il ne faut pas mentir, se mentir. Tout dépend de ce qu’on en fait, de ce qu’on lui redonne avec la sincérité et la gratitude de celui qui en a été ému. Resnais en tire un grand film, éloge discret et bouleversant à l’imaginaire, au cinéma, à la fiction, et surtout, surtout, à ceux qui leur donnent vie : ces créatures un peu bizarres et monstrueuses que sont les acteurs.

Ce film est précédé du court métrage:
EN PEINE FORME
Film de Pierre Etaix (Fiction – France – 1971 – 12′)

Un jeune homme fuit la grande ville et cherche une place dans un camping. Mais dans quel camp, exactement, est-il tombé ? Et comment en sortir ?

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 25 octobre à 21h
vendredi 26 octobre
à 21h

Vernoux (salle Louis Nodon) :
dimanche 28 octobre à 17h
lundi 29 octobre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 28 octobre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 30 octobre à 20h30

 

LES SEIGNEURS

affiche-les-seigneurs dans Archives
Film de Olivier Dahan (Comédie – France -  2012 -1h37)
Avec José Garcia, Jean-Pierre Marielle, Franck Dubosc, Omar Sy …

Patrick Orbéra, la cinquantaine, est une ancienne gloire du football qui a totalement raté sa reconversion. Sans emploi, alcoolique et ruiné, il n’a même plus le droit de voir sa fille Laura. Contraint par un juge de retrouver un emploi stable, il n’a d’autre choix que de partir sur une petite île bretonne, pour entraîner l’équipe de foot locale. Si ils gagnent les 3 prochains matchs, ils réuniront assez d’argent pour sauver la conserverie de l’île, placée en redressement judiciaire, et qui emploie la moitié des habitants. Patrick Orbéra est immédiatement confronté à un obstacle majeur : transformer des pêcheurs en footballeurs quasi-professionnels. Il décide alors de faire appel à ses anciens coéquipiers pour l’aider à hisser le petit club breton parmi les grands… A cette fine équipe que sont Omar Sy, Gad Elmaleh, Ramzy, JoeyStarr, Franck Dubosc et José Garcia, Olivier Dahan a demandé de jouer perso sans sortir des cadres fixés par la comédie. C’est réussi et le plaisir de ce film vaut par la prestation de ces énergumènes, modérés par l’autorité naturelle d’un Jean-Pierre Marielle, impérial en maire décidé à sauver sa conserverie de sardines. Si le réalisateur de La Môme s’intéresse soudainement aux comédies à crampons, c’est sans doute parce que ce film est d’abord le récit d’une rédemption – celle d’une légende ayant troqué le ballon rond contre le ballon de rouge – qui se transforme en chemin de croix pour toute son équipe. Malgré quelques digressions poético-naïves, et en dépit de quelques brèves faiblesses de rythme, Dahan s’applique à confectionner une œuvre populaire, mais pas populiste, avec une ambition esthétique bien au-dessus de la moyenne. Servis par un scénario qui ne laisse personne sur la touche, ses comédiens assurent un divertissement de première division.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
vendredi 26 octobre à 18h & 21h
samedi 27 octobre à 21h
lundi 29 octobre à 18h

 

 

 

Du 17 au 23 octobre (2 films) 23 octobre, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 6:36

BROKEN

Du 17 au 23 octobre (2 films) dans Archives affiche-broken1
Film de Rufus Norris (Drame – Angleterre – 2012 – 1h30 – V.O.S.T.)
Avec Tim Roth, Éloïse Laurence, Cillian Murphy, Bill Milner, Zana Marjanovic, Robert Emms …

Une petite place ronde, comme on en trouve dans les cités pavillonnaires. Quelques maisons de briques disposées en cercle, sans qu’il soit possible de s’abstraire du voisinage. C’est là que vit Skunk, 11 ans, petite fille diabétique mais pleine d’entrain, avec son frère, son père avocat (Tim Roth) et la jeune femme qui s’occupe d’eux – à laquelle son fiancé (Cillian Murphy), jeune professeur, rend souvent visite. En face, Rick, un peu plus âgé, ado au léger handicap mental, seul avec ses vieux parents. Et à côté, l’antipathique M. Oswald et ses trois filles, furies au langage ordurier qui sèment la terreur dans le quartier et au collège. Quelques affirmations lourdes de conséquences vont brutalement dérégler le microcosme de ces vies en équilibre plus ou moins précaire. Tout bascule lorsque Skunk voit Oswald se jeter sur le frêle Rick et le rouer de coups en l’accusant d’avoir abusé de l’une de ses filles. Quelles qu’en soient les raisons, la violence de cette agression marque l’enfant, et traumatise dramatiquement l’adolescent fragile. Passant d’une maison à l’autre, d’une famille à l’autre, Rufus Norris filme chaque partie de ce petit monde sans juger, mais en révélant discrètement les failles d’amour, en laissant deviner ce que sont devenues les vieilles douleurs et comment pèsent les grandes absences… En s’immisçant avec subtilité dans l’intimité de ces « cocons » plus ou moins protecteurs, il signe un très beau film, parfois rude mais remarquable dans sa manière d’évoquer les différents visages de l’amour et du manque, l’innocence perdue et le mal insufflé, le processus incontrôlé qui amène des vies à prendre un chemin plutôt qu’un autre. À s’enfoncer dans la tragédie ou, au contraire, à s’en préserver de peu. « Un jour, vous verrez, elle va nous en mettre plein la vue », s’écriera le jeune professeur en parlant de Skunk. Formidablement interprété, notamment par la jeune comédienne Éloïse Laurence – qui fait ses débuts au cinéma après avoir été choisie parmi 850 jeunes filles –, Broken est aussi remarquable pour son commencement et sa fin, qui disent tant en si peu d’images. S’il s’agit d’un premier film, le réalisateur n’est pas pour autant un débutant, et s’est notamment illustré comme metteur en scène de théâtre et d’opéra, un parcours qui explique sans doute quelques unes des bonnes qualités de Broken. L’artiste s’impose comme un très fin dramaturge, qui joue de ses nombreux personnages avec une grande finesse, usant tantôt de mécaniques extrêmement subtiles pour ordonner leurs actions, tantôt d’un sens de l’arbitraire qui s’accommode parfaitement de la brutalité des faubourgs populaires. Un bon film anglais délicat et sensible.

Ce film est précédé du court métrage:
LES ESCARGOTS DE JOSEPH
Film de Sophie Roze (Animation – France – 2009 – 11’48 »)

Joseph est un petit garçon introverti et timide qui collectionne les escargots. Un jour, il se fait avaler par son nombril et découvre un monde inquiétant, celui des nombrilistes : ceux-ci, à force de ne communiquer qu’avec leur nombril, s’enroulent sur eux-mêmes et se transforment en escargot…

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 18 octobre à 21h
vendredi 19 octobre
à 21h

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 20 octobre à 18h
dimanche 21 octobre à 17h
lundi 22 octobre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 21 octobre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 23 octobre à 20h30

 

UNE FEMME SOUS INFLUENCE

affiche-une-femme-sous-influence dans Archives
Film de John Cassavetes (Drame – USA -  1975 – 2h09 – V.O.S.T.)
Avec Gena Rowlands, Peter Falk, Matthew Cassel …
Cycle « mémoire du cinéma » en partenariat avec Les Écrans

Réalisé peu après les réussites de Faces et Husbands, Une femme sous influence est, dans l’œuvre de John Cassavetes, un repli. Repli sur le foyer, sur l’anxiété d’une classe, il raconte l’égarement dans la folie d’une mère de famille, Mabel, protégée d’elle-même par son ouvrier de mari. A travers son portrait affleure celui, terrible, d’une classe sociale condamnée. Le cinéma de Cassavetes tire sa force de son énergie vitaliste : son obsession pour les comédiens, l’entière soumission de la caméra aux aléas du jeu… Aucun impératif d’écriture ne vient interférer dans son dispositif centré sur ce qui vit. On connaît ce metteur en scène et son côté tyrannique, capable d’amener méthodiquement ses acteurs à un état de fatigue démentiel pour en puiser les performances les plus brutes. À ce titre, Une femme sous influence relève pour Cassavetes d’un degré d’implication plus personnel, en ce qu’il est principalement interprété par des membres de sa propre famille, alors même qu’il ouvre à vif la question du cocon familial et de l’enfermement. L’interprétation du film comme une autofiction est tentante, vu l’entremêlement de l’intrigue avec le tournage lui-même : Cassavetes et son épouse/actrice principale, hypothéquant leur maison pour financer le film, entretenant sur le tournage des rapports orageux… Ce n’est pourtant pas la clé d’Une femme sous influence, donc le portrait n’est pas celui de Gena Rowlands, ni même du couple qu’elle forme avec le cinéaste. L’interprétation de Gena Rowlands est, bien sûr, au centre. Il est parfois difficile de qualifier sa névrose : tantôt un lâcher prise, une paranoïa, une anxiété chronique, mais aussi de touchants moments d’évasion, elle est surtout due à un bouillonnement intérieur incontrôlable. Que ce soit dans l’enthousiasme ou la colère, Mabel est sans limites. Dur portrait d’une middle-class perdue dans une quête obsessionnelle de la normalité. Peut-être parce que la normalité c’est la garantie d’une forme de sécurité idéologique, grâce à des repères, des balises. Elle est profondément chimérique, et surtout bien plus contenue dans le personnage de Nick. L’épatant Peter Falk doit constamment composer avec des sentiments contraires : la colère, la pitié, l’amour. Coincé entre les feux de ces émotions, c’est lui qui plonge dans l’impasse du déni : un acharnement vain à simuler, hystériquement, une vie normale. Être normal, c’est quoi ? C’est amener les enfants à la plage, pour « jouer ». Nick les prend sous le bras comme des sacs de commissions, les trimballe le long des étendues de sable. C’est avoir une conversation : « bonjour », « comment vas-tu », « quel temps fait-il ? » Nick hurle ces formules à la figure d’invités décontenancés. La normalité, si on la recherche obsessionnellement, est l’impasse absolue. C’est cette représentation abattue de l’américain moyen qui transforme, peut-être fortuitement, le portrait de lutte d’Une femme sous influence en état des lieux d’une classe désossée, réduite à ses artifices sociaux et dépourvue de sa substance humaine. Dans cette spirale, il n’y a plus que l’aliénation, qu’elle soit explosive comme celle de Mabel, ou intérieure, virale, comme celle de Nick.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 20 octobre à 21h
lundi 22 octobre à 18h

 

 

 

Du 10 au 16 octobre (3 films) 16 octobre, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 23:07

CAMILLE REDOUBLE

Du 10 au 16 octobre (3 films) dans Archives camille-redouble
Film de Noémie Lvovsky (Comédie – France – 2012 – 1h55)
Avec Jean-Pierre Léaud, Mathieu Amalric, Noémie Lvovsky, Samir Guesmi, Michel Vuillermoz, Denis Podalydès, Judith Chemla …

Camille a seize ans lorsqu’elle rencontre Eric. Ils s’aiment passionnément et Camille donne naissance à une fille… 25 ans plus tard : Eric quitte Camille pour une femme plus jeune. Le soir du 31 décembre, Camille se trouve soudain renvoyée dans son passé. Elle a de nouveau seize ans. Elle retrouve ses parents, ses amies, son adolescence… et Eric. Va-t-elle fuir et tenter de changer leur vie à tous deux ? Va-t-elle l’aimer à nouveau alors qu’elle connaît la fin de leur histoire ?
Pour ceux que l’expérience tenterait, comment se retrouve-t-on, con­crètement, au milieu de ses copains de lycée, quand on a l’âge d’être leurs parents ? C’est simple, il suffit de se sentir expulsé de se sa propre vie. Comédienne en galère, Camille ressent comme une mutilation le départ de son homme. Elle noie sa colère et son chagrin dans l’alcool. Jusqu’à s’évanouir un 31 décembre à minuit. Et se réveiller dans sa peau d’adolescente. C’est Noémie Lvovsky, la réalisatrice, qui joue ce personnage, aussi bien au présent qu’en visite dans le passé, où les autres la voient comme une toute jeune fille. Pas d’effets spéciaux : la différence physique se limite au maquillage et à la longueur des cheveux. Ce corps bien peu adolescent est évidemment source de burlesque — a fortiori revêtu de la panoplie girlie des années 1980, genre Cindy Lauper. Mais il rappelle surtout le degré supérieur de conscience de Camille : elle sait tout des vingt-cinq années suivantes, qui va se marier, tomber malade, mourir… Certains auront reconnu, dans ses moindres détails, le principe de Peggy Sue s’est mariée, de Francis Ford Coppola : Camille redouble en est une sorte de remake, avec ceci de piquant que l’époque de la maturité désenchantée de Peggy (1987) correspond au paradis de jouvence de Camille. En vérité, les deux films sont animés par des forces très différentes. Coppola démystifiait le temps d’avant. Lvovsky, elle assume jusqu’au bout l’idéalisation du passé. Il y a de la magie dans les retrouvailles avec les parents, les copines, la chambre d’ado tapissée de photos d’acteurs, cette impression de Camille de rentrer à la maison, même quand elle prend place dans une salle de classe. Se recueillir ou agir, notre héroïne hésite. Face au miracle de la présence physique de sa mère (Yolande Moreau), dont elle sait la mort imminente, elle s’empresse d’enregistrer cette voix si douce, pour en garder, cette fois, la trace. En amour, la tentation d’interférer dans le cours des choses est la plus forte, à la lumière d’un avenir déjà connu. Quand Camille croise, au lycée, Eric, son futur mari et futur-ex, elle cherche avec véhémence à résister au coup de foudre, à faire payer à l’innocent sa trahison à venir. Et elle met un point d’honneur à s’amuser avec d’autres. Est-ce que Camille saura tout recommencer sur de nouvelles bases ? Est-ce qu’on peut changer le passé ? Chacun connaît déjà la réponse. Le charme irrésistible du film est ailleurs. Tout spectateur retrouvera instantanément l’essence de ses années lycée, mieux encore qu’avec une reconstitution directe. Dans Camille redouble, cette liberté, cet élan juvénile qui projettent l’héroïne vers les autres sont délestés de toutes les contraintes propres à l’instant présent. Si, pour le commun des mortels, l’adolescence est sur le moment un brouillon indéchiffrable, le film nous offre un luxe : la version « au propre », celle où l’on y voit enfin clair, où l’essentiel saute aux yeux. La seconde fois est bien plus belle que la première. Camille redouble, et c’est ce qu’on souhaite à tout le monde.

Ce film est précédé du court métrage:
3ème B, 4ème GAUCHE
Film de Jérémy Clapin (Animation – France – 2008 – 13’30 »)

Salomé, y a que ‘ça’ qui l’intéresse. Son voisin, Nicolas aussi, mais lui, il le fait ! Il le fait même avec plein de filles qu’il ramène dans leur immeuble. Salomé aimerait bien être une de ces filles… Alors, elle rôde autour de Nicolas qui ne se méfie pas. Car, après tout, Salomé n’est qu’une gamine…

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 11 octobre à 21h
vendredi 12 octobre
à 21h

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 13 octobre à 18h
dimanche 14 octobre à 17h
lundi 15 octobre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 14 octobre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 16 octobre à 20h30

 

LA COULEUR DES SENTIMENTS

affiche-la-couleur-des-sentiments dans Archives
Film de Tate Taylor (Drame – USA -  2011 – 2h26 – V.O.S.T.)
Avec Emma Stone, Jessica Chastain, Viola Davis, Sissy Spacek …

Jackson, Mississippi, au début des années 1960. Dans le Sud ségrégationniste, les domestiques noires n’ont par leur mot à dire. Elles travaillent avec dévouement pour les familles blanches et balaient, en silence, les humiliations. Aibileen a élevé 17 enfants blancs et les a tous aimés comme les siens. Minny, cuisinière hors pair, s’est occupée de Mrs Walters avant d’être renvoyée par sa fille. Skeeter, journaliste débutante, issue de la bourgeoisie, va s’intéresser à leur sort. Dans le plus grand secret, elle recueille leurs confidences pour en faire un livre, alors que ses amies, pour la plupart mariées, sont restées enracinées dans un schéma conventionnel. Elles ne se sentent absolument pas concernées par la lutte pour les droits civiques, préfèrent bridger et faire des enfants… Le racisme et les droits civiques ne sont qu’un arrière-plan au combat de femmes, à l’amitié et au courage érigés en valeurs modernes contre la bigoterie et le conservatisme. La Couleur des sentiments est l’adaptation du best-seller éponyme de Kathryn Stockett. Un premier roman né d’un regret : celui de ne pas s’être suffisamment intéressée à la vie de Demetrie, la domestique noire qui l’a élevée. Celle qu’elle considère comme sa seconde maman est morte lorsqu’elle avait 16 ans. Kathryn Stockett a confié la réalisation du film à son ami d’enfance Tate Taylor. Il a grandi comme elle à Jackson et restitue l’atmosphère de l’époque sans manichéisme, avec sensibilité, tendresse et humour. Le récit, parfois un peu trop linéaire, est dynamisé par une bande d’actrices formidables : Bryce Dallas Howard en peste raciste, Jessica Chastain en jeune mariée écorchée et fragile, Emma Stone, pleine de compassion. Sans oublier Octavia Spencer, concentré d’insolence bourrue, et Viola Davis, tout entière en émotion contenue.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 13 octobre à 21h
lundi 15 octobre à 18h

 

LE TABLEAU

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Films de Jean-François Laguionie (animation – France -  2011 – 1h16)
Avec les voix de Jessica Monceau, Adrien Larmande, Thierry Jahn, Julien Bouanich …
Tous public, à partir de 6 ans

Le peintre est un dieu cruel. Il n’a pas achevé son tableau. Il a abandonné les créatures qui y résident à leur société hiérarchisée. Éclatants de couleurs, arrogants et rondouillards, les personnages finis, les Toupins, y forment la caste dirigeante. Dans l’ombre, exploités, maltraités, il y a les mal peints, les inachevés, les Pafinis. Et, tout en bas de l’échelle… picturale, se terrent de pauvres esquisses, les Reufs dont les lignes noires rappellent Giacometti. Pour rétablir l’égalité, une petite délégation, toutes classes confondues, décide de quitter le tableau pour retrouver le peintre. L’idée est lumineuse. Elle est le malin prétexte à une rêverie sur l’art. Chaque étape de l’aventure, d’une toile à l’autre, dans un atelier abandonné, correspond à un hommage. L’odyssée mène de Modigliani et Cézanne à Picasso et sa période bleue, en passant par une géante alanguie, que l’on croirait dessinée par Matisse. Jean-François Laguionie est un cinéaste rare. Son précédent long métrage animé date de 2004. Dans L’Île de Black Mór, conte maritime, le jeune héros était déjà un laissé-pour-compte, un orphelin en quête d’identité. Le cinéaste reprend et amplifie ici la dénonciation du racisme, des inégalités sociales. Quant à l’enquête sur le mystérieux peintre qui ne cesse de se dérober, elle captive, vertigineuse mise en abîme de la création, où chaque oeuvre ouvre sur une autre, et où l’artiste lui-même n’est, peut-être, que le rêve de quelqu’un d’autre… J-F. Laguionie nous offre ici une palpitante aventure, doublée d’une fable humaniste. Le raffinement du graphisme et la pertinence de l’écriture font de ce film une magnifique réussite.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 13 octobre à 16h

 

 

 

Du 26 septembre au 02 octobre (5 films) 10 octobre, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 12:59

UNE VIE MEILLEURE

Du 26 septembre au 02 octobre (5 films) dans Archives AFFICHE-UNE-VIE-MEILLEURE
Film de Cédric Kahn (Drame – France – 2012 – 1h50)
Avec Guillaume Canet, Leïla Bekhti, Slimane Khettabi …

Yann et Nadia tombent amoureux, il est cuisinier, elle élève seule un garçon, ils rêvent de monter leur restaurant. Cette mise en place avance rapidement, sans chichis, plaçant le film dans un élan sec et tendu. Les tourtereaux contractent des emprunts, mettent en chantier leur petite entreprise. Un rêve prend forme, se matérialise littéralement sous nos yeux. Des erreurs dans les travaux, une autorisation administrative qui tarde, et c’est l’engrenage du surendettement qui se met en branle. Pris au piège, Nadia, Yann et le petit vont devoir lutter ou tomber. Une vie meilleure fait bien sûr écho à la crise et à son lot de drames. Mais sa force vive consiste à ne jamais présenter ses personnages comme des victimes, d’en faire des combattants du quotidien. Peu porté sur le compassionnel, Cédric Kahn ne surplombe pas ses personnages et règle sa mise en scène à leur niveau, collant sa caméra à leurs problèmes. Prenant appui sur un contexte social fort, Une vie meilleure est filmé et rythmé comme un film d’action, un thriller de survie : rebondissements, personnages toujours en mouvement, imbrication entre le social (problèmes de travail et d’argent) et l’intime (déchirement du couple, relation entre l’adulte et l’enfant…). Tout entier tenaillé par des questions de récit (comment stopper la chute ? comment échapper aux mâchoires des créanciers ? quid du couple ?) et par la pulsation de sa dramaturgie, Cédric Kahn ne ménage aucune place à l’apitoiement, à la dénonciation, au simplisme, injecte au contraire de la complexité, laissant au spectateur la liberté d’analyser le destin des personnages, ce qu’il dit de notre époque. Lutter ou tomber, c’est aussi le la de sa mise en scène. Le bel équilibre entre “cinéma grand public” et reflet de l’âpreté de nos temps est résumé par son casting. Deux stars, Guillaume Canet et Leïla Bekhti, qui font oublier leur célébrité pour être Yann et Nadia, avec ce talent suprême qui consiste à rendre le travail d’acteur invisible. Entre eux, Slimane Khettabi, gamin qui imprègne le film d’une belle énergie brute, une présence sauvageonne. On est heureux de retrouver Cédric Kahn dans sa meilleure vis, celle d’un cinéma âpre, vif, mat, pieds dans le réel et tête dans la fiction. Belle adaptation du roman de Philippe Routier Une vie plus douce.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 06 octobre à 13h45 (festival Roman et Cinéma)

 

LE JARDIN DES FINZI CONTINI

affiche-le-jardin-des-Finzi-Contini dans Archives
Film de Vittorio De Sica (Drame / Historique – Italie – 2007 – 1h34 – V.O.S.T.)
Avec Dominique Sanda, Fabio Testi, Romolo Valli …

Italie, 1938. Ayant entrepris depuis peu de se convertir à l’antisémitisme, le régime fasciste multiplie les mesures vexatoires contre les Juifs italiens. Mais la famille Finzi-Contini, pilier de l’aristocratie de Ferrare depuis des générations, ne croit pas à l’imminence de la menace. Les deux enfants adultes, Micol et Alberto, aiment bien donner des parties et jouer au tennis dans l’immense parc qui entoure le palazzo familial. Comme les clubs sportifs viennent d’être interdits aux Juifs, des jeunes gens de milieux plus modestes sont désormais invités à jouer dans le jardin des Finzi-Contini. C’est ainsi que Giorgio a l’occasion de rencontrer la lointaine Micol et tombe peu à peu amoureux d’elle, qui lui en préfère un autre, cependant qu’hors des murs, le pire se prépare… Vittorio De Sica, grand cinéaste, inventeur avec quelques autres du néoréalisme italien, eut quelque peine à retrouver par la suite une telle magnificence. Mais à revoir Le jardin des Finzi-Contini, on se dit que le père de l’inoubliable Voleur de bicyclette a quand même eu quelques beaux sursauts. Et que l’élégant transalpin n’a rien perdu de son goût des vélos, mais plus sérieusement, des études sociologiques et psychologiques. Situant son intrigue à Ferrare, ville moyenne au prestigieux passé, il livre une étude extrêmement précise des familles juives y vivant. Parfaitement assimilées (on y dit les prières de la Pâque en italien), diverses tant au plan de leur situation sociale (sont ici également étudiées les relations entre la moyenne et la grande bourgeoisie) que de leurs opinions politiques (certaines ont de fortes sympathies fascistes, ce qui correspond à la réalité historique et constitue au demeurant un autre signe d’assimilation), elles voient progressivement se resserrer autour d’elles l’étau de l’antisémitisme et des terribles mesures qui l’accompagnent. Incrédules, impuissants, fatalistes ou révoltés, tous seront frappés sans distinction. L’une des grandes qualités de cette œuvre est d’aborder ce pan aujourd’hui encore méconnu de l’histoire italienne. Avec discrétion et acuité, De Sica construit un récit infiniment complexe et nuancé, baigné par une atmosphère cotonneuse et confinée qui fait puissamment ressortir les drames qui se nouent et viennent cueillir ses personnages. La caméra, très dynamique, scrute les êtres aux plus près de leurs émotions à l’aide de nombreux et somptueux gros plans et travellings avant. Entre étude sociologique et bouleversement politique, une superbe tragédie humaine, sensible et juste, adaptée du roman éponyme de Giorgio Bassani.

Lamastre (centre culturel)
mardi 09 octobre à 21h

Vernoux (salle Louis Nodon)
samedi 06 octobre à 17h (festival Roman et Cinéma)

 

LA COULEUR DES SENTIMENTS

AFFICHE-LA-COULEUR-DES-SENTIMENTS
Film de Tate Taylor (Drame – USA -  2011 – 2h26 – V.O.S.T.)
Avec Emma Stone, Jessica Chastain, Viola Davis, Sissy Spacek …

Jackson, Mississippi, au début des années 1960. Dans le Sud ségrégationniste, les domestiques noires n’ont par leur mot à dire. Elles travaillent avec dévouement pour les familles blanches et balaient, en silence, les humiliations. Aibileen a élevé 17 enfants blancs et les a tous aimés comme les siens. Minny, cuisinière hors pair, s’est occupée de Mrs Walters avant d’être renvoyée par sa fille. Skeeter, journaliste débutante, issue de la bourgeoisie, va s’intéresser à leur sort. Dans le plus grand secret, elle recueille leurs confidences pour en faire un livre, alors que ses amies, pour la plupart mariées, sont restées enracinées dans un schéma conventionnel. Elles ne se sentent absolument pas concernées par la lutte pour les droits civiques, préfèrent bridger et faire des enfants… Le racisme et les droits civiques ne sont qu’un arrière-plan au combat de femmes, à l’amitié et au courage érigés en valeurs modernes contre la bigoterie et le conservatisme. La Couleur des sentiments est l’adaptation du best-seller éponyme de Kathryn Stockett. Un premier roman né d’un regret : celui de ne pas s’être suffisamment intéressée à la vie de Demetrie, la domestique noire qui l’a élevée. Celle qu’elle considère comme sa seconde maman est morte lorsqu’elle avait 16 ans. Kathryn Stockett a confié la réalisation du film à son ami d’enfance Tate Taylor. Il a grandi comme elle à Jackson et restitue l’atmosphère de l’époque sans manichéisme, avec sensibilité, tendresse et humour. Le récit, parfois un peu trop linéaire, est dynamisé par une bande d’actrices formidables : Bryce Dallas Howard en peste raciste, Jessica Chastain en jeune mariée écorchée et fragile, Emma Stone, pleine de compassion. Sans oublier Octavia Spencer, concentré d’insolence bourrue, et Viola Davis, tout entière en émotion contenue.

Vernoux (salle Louis Nodon)
samedi 06 octobre à 21h (festival Roman et Cinéma)

 

LE DERNIER VOL DU FLAMANT

affiche-le-dernier-vol-du-flamant-
Film de Joao Ribeiro (Thriller – Brésil / Mozambique -  2012 – 1h30 – V.O.S.T.)
Avec Carlo D’Ursi, Eliote Alex, Alberto Magassela …

Tizangara, petit village de l’intérieur du Mozambique, premières années de l’après-guerre civile. Cinq explosions. Cinq morts, des soldats des Nations Unies dont on ne retrouve que les organes génitaux et le caractéristique casque bleu des soldats de la paix. 
« Pour connaître la vérité, n’interrogez pas les gens, interrogez la vie ». C’est ce qu’affirment les villageois à l’enquêteur étranger envoyé par les Nations Unies pour élucider ce mystère. Le dernier vol du flamant est l’adaptation du roman éponyme de Mia Couto. Ce dernier est l’un des auteurs les plus fameux du Mozambique, et son œuvre est traduite dans plusieurs dizaines de pays. Le réalisateur Joao Ribeiro lui avait déjà consacré un documentaire, « Mia Couto – O Desenhador de Palavras ? » (2006), et le court métrage « The Gaze of the Stars » (« Le Regard des étoiles »), réalisé en 1997, était également une adaptation d’un de ses écrits. Ce film est le premier long métrage de fiction du cinéaste mozambicain, très investi dans la vie cinématographique de son pays, puisqu’il est l’un des membres fondateurs de la AMOCINE (l’Association des réalisateurs mozambicains). Le dernier vol du flamant rose a remporté le prix du Meilleur long métrage au festival international du film d’Angola. Cette production n’a pas manqué de s’envoler et de faire escale dans une multitude de festivals en France, au Canada, ou encore en Corée du Sud… Citons aussi sa présence en 2010 à Cannes, au pavillon « Les cinémas du monde », ainsi qu’une nomination au Goya du Meilleur Film Européen (l’équivalent des César en Espagne). Un film rare, à ne pas louper!

Vernoux (salle Louis Nodon)
dimanche 07 octobre à 13h30 (festival Roman et Cinéma)


EXTRÊMEMENT FORT INCROYABLEMENT PRES

affiche-extremement-fort
Film de Stephen Daldry (Drame – USA – 2012 – 2h08 – V.O.S.T.)
Avec Tom Hanks, Thomas Horn, Sandra Bullock, Viola Davis, Max Von Sydow …

Oskar Schell, 11 ans, est un jeune New-Yorkais à l’imagination débordante. Un an après la mort de son père dans les attentats du World Trade Center, le « jour le plus noir », selon l’adolescent, il découvre une clé dans les affaires du défunt. Déterminé à maintenir un lien avec l’homme qui lui a appris à surmonter ses plus grandes angoisses, il se met en tête de trouver la serrure qui correspond à la mystérieuse clé. Tandis qu’il sillonne la ville pour résoudre l’énigme, il croise toutes sortes d’individus qui, chacun à leur façon, sont des survivants. Chemin faisant, il découvre aussi des liens insoupçonnés avec son père qui lui manque terriblement et avec sa mère qui semble si loin de lui, mais aussi avec le monde déconcertant et périlleux qui l’entoure… Pour son quatrième long-métrage, Stephen Daldry (The Hours, The Reader, tout les deux programmés au festival Roman et Cinéma) se lance dans l’adaptation du roman éponyme de Jonathan Safran Foer. A travers le parcours initiatique d’un enfant new-yorkais étonnamment mûr et sensible pour son âge, le film aborde avec originalité la détresse des familles touchées par les attentats du 11 septembre. Rompu aux drames, le réalisateur britannique connaît évidemment toutes les ficelles pour nous tirer les larmes et il faut bien avouer qu’ici il ne se fait pas prier pour les utiliser. Cependant, si les allergiques au mélo devront certainement passer leur chemin au risque d’être fortement malmenés au cours du métrage, cette adaptation ne se résume pas qu’au flot de larmes qu’il est enclin à susciter. En effet, le spectateur sera conquis par la subtile composition de candeur et de perspicacité offerte par le jeune Thomas Horn qui interprète Oskar. Il nous livre ainsi un personnage tout aussi attachant qu’insupportable qu’on se plait à suivre dans cette incroyable quête. De plus, au fil de ses nombreuses rencontres où l’on croise notamment l’émouvante Viola Davis (qu’on aura vu dans La couleur des sentiments) ou le talentueux Max Von Sydow, le film amène habilement son lot de leçon de vie non sans distiller çà et là des touches d’humour. Extrêmement émouvant et incroyablement bouleversant.

Vernoux (salle Louis Nodon) :
dimanche 07 octobre à 16h (festival Roman et Cinéma)

 

Un passeport est vendu 30€. Il donne accès aux cinq séances et au diner du samedi 06 octobre.
Dimanche 07 octobre un déjeuner est proposé à 12€.
Règlement à la réservation.

Informations et vente sur les lieux de projections (Vernoux, Chalencon, Lamastre, Saint Jean Chambre) et à l’Office du Tourisme du Pays de Vernoux, le Cheminou tel. 04 75 58 18 10.
Il est bien sur possible de venir ponctuellement pour tel ou tel film, les tarifs restent les mêmes qu’habituellement.


 

 

Dimanche 30 septembre à Lamastre 2 octobre, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 15:31

UNE JOURNÉE BŒUF

Dimanche 30 septembre à Lamastre dans Archives AFFICHE-BOVINES2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Projection du film : « BOVINES » d’ EMMANUEL GRAS (documentaire – France – 2012 – 1h04)

Dans les champs, on les voit, étendues dans l’herbe ou broutant paisiblement. Grosses bêtes placides que l’on croit connaître parce que ce sont des animaux d’élevage. Lions, gorilles, ours ont toute notre attention, mais a-t-on jamais vraiment regardé des vaches ? S’est-ont demandé ce qu’elles faisaient de leurs journées ? Que font-elles quand un orage passe ? Lorsque le soleil revient ? A quoi pensent-elles lorsqu’elles se tiennent immobiles, semblant contempler le vide ? Mais, au fait, pensent-elles ? Au rythme de l’animal, au milieu d’un troupeau, Bovines raconte la vie des vaches, la vraie. On pourrait légitimement classer Bovines dans la catégorie des «documentaires animaliers», mais ce serait prendre le risque d’induire le spectateur en erreur. Si celui-ci attend une variation instruite autour du «peuple vache», s’il imagine avoir affaire à une nouvelle superproduction genre du type Félins ou Océans, il sera fatalement trompé. Mais pas nécessairement déçu. Bovines est avant tout un geste. Un geste de filmeur doué et constant, qui plante sa caméra dans une prairie de France, à quelques mètres d’un troupeau de vaches couleur crème, placides et majestueuses. Pas de voix off, pas de texte explicatif, juste la contemplation empathique et sereine du troupeau de charolaises et de ses habitudes ruminantes. Pour tenir le spectateur dans la durée avec ses seules splendides vaches pour sujet, Emmanuel Gras fait preuve d’un don parmi les plus rares : celui de la bonne distance. Ici, tout est affaire de plan juste, de cadre fort, de son vrai, de cordeau précis comme dans la construction picturale classique de maîtres anciens. Bref, tout est ici question de style. Non seulement le style rigoureux du cinéaste mais aussi celui de ses «actrices» : tendres, émouvantes, fringantes et racées, les vaches de Bovines ont sacrément du chien. Le style étant lui aussi une affaire de morale, il finit par produire un genre d’osmose inattendue : le cinéaste et ses vaches se rejoignent dans une sorte de douce obstination à vivre là, au présent, dans l’instant du plan, dans un face-à-face patient, terrien, puissant, tout en langueur et force. A force de patience, Emmanuel Gras a su transformer son premier long métrage en expérience sensitive.

bien-être-animal2 dans ArchivesDiscussion – échanges à l’issu du film avec JOCELYNE PORCHER

Depuis 2003, Jocelyne Porcher est chargée de recherches à l’Inra Sad-Apt (INAPG-Paris). Ses recherches portent sur la relation de travail entre éleveurs et animaux en élevage et dans les productions animales. Elle s’est engagée dans une démarche de recherche après avoir été éleveuse et technicienne agricole. Aujourd’hui, elle aimerait que la recherche s’ouvre à des personnes qui ne sont pas issues du système universitaire. « Une dure bataille » dit-elle « contre le « destin » social, et contre mes « chers collègues », ceux des porcheries puis ceux de la recherche sur le « bien-être animal », à qui mes idées comme moi-même étaient étrangères. » Alors qu’elle débute des études agricoles (BTA), elle découvre la production porcine. Les questions se bousculent alors dans la tête de Jocelyne Porcher : qu’est-ce que l’élevage ? A quoi sert la violence dans les porcheries ? Ai-je une sensibilité particulière parce que je suis une femme ? Parce que je suis néo-rurale ? Questions qu’elle a d’ailleurs travaillées dans sa thèse Éleveurs et animaux, réinventer le lien, parue en 2002, aux éditions PUF, et qui a reçu le prix « Le Monde la Recherche Universitaire ». Après le BTA, Jocelyne continue un BTS « productions animales », puis enchaîne sur une formation continue d’ingénieur agricole. Elle comprend alors que son champ de réflexion peut s’inscrire, d’un point de vue scientifique, dans la problématique du « bien-être animal », sujet sur lequel elle commence à travailler avec des chercheurs de l’INRA.Insatiable, une fois son diplôme d’ingénieur en poche, elle s’inscrit en DEA et travaille à la Bergerie Nationale de Rambouillet comme chargée de mission sur le bien-être animal, où elle cherche à mettre en évidence, ce qui deviendra le socle de sa thèse et de son travail ultérieur : le lien de bonheur et de souffrance partagés qui existent entre éleveurs et animaux. Pour la première fois, elle montre que dans les systèmes industriels, les travailleurs souffrent également de la souffrance qu’ils infligent aux animaux. Dès lors, comment tiennent-ils au travail ? Pourquoi ?… Qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas contre les éleveurs que Jocelyne Porcher est en guerre. Elle cherche simplement à montrer que l’élevage est un métier qui rend heureux, les humains et les animaux. « C’est la vie que je défends, la vraie vie, relationnelle, affective… et la science qui va avec « . Jocelyne Porcher a su mettre au service de la science, sa passion pour l’élevage et ne cesse de défricher ce nouveau champ de réflexion sur l’intime relation qui se noue entre les hommes et les animaux au travail.

Après cet échange entre le public et Jocelyne Porcher, un apéro et un repas (à base de viande de bœuf) seront proposés à ceux qui souhaitent continuer le débat autour d’un bon repas!

 

Dimanche 30 SEPTEMBRE 2012 au centre culturel de LAMASTRE

HORAIRES

Film: BOVINES (durée 1h04)

15h30

Suivi d’un échange entre le public et JOCELYNE PORCHER

17h00

Apéro – débat

18h30

Repas: (salades, bœuf en daube, pommes de terre, dessert et un verre de vin)

19h00

TARIFS :

Cinéma : 4 € à partir de 12 ans / 2.50 pour les moins de 12 ans

Forfait  film + échanges – discussion + apéro + repas : 15 € à partir de 12 ans / 12 € pour les moins de 12 ans

Il est possible et même fortement recommandé de réserver vos places, par tous les moyens de communication mis à votre disposition. Attention, réservation obligatoire pour les repas

 

 

Du 26 septembre au 02 octobre (3 films)

Classé dans : Archives — Moïse @ 14:05

A PERDRE LA RAISON

Du 26 septembre au 02 octobre (3 films) dans Archives AFFICHE-A-PERDRE-LA-RAISON
Film de Joachim Lafosse (Drame – France – 2012 – 1h51)
Avec Tahar Rahim, Niels Arestrup, Émilie Dequenne …

Murielle et Mounir s’aiment passionnément. Depuis son enfance, le jeune homme vit chez le Docteur Pinget, qui lui assure une vie matérielle aisée. Quand Mounir et Murielle décident de se marier et d’avoir des enfants, la dépendance du couple envers le médecin devient excessive. Murielle se retrouve alors enfermée dans un climat affectif irrespirable, ce qui mène insidieusement la famille vers une issue tragique. Pourquoi et comment une cellule familiale en vient à se désintégrer ? C’est la grande obsession du cinéma de Joachim Lafosse, auteur passionnant qui franchit un cap avec ce film, impressionnant de tension sourde, de malaise refoulé. A perdre la raison est le récit d’une série d’anomalies se complétant pour créer une situation familiale aberrante. Le talent de Joachim Lafosse est de la rendre crédible, et surtout poignante, à travers le personnage de Muriel, qu’Émilie Dequenne interprète visage d’abord radieux, puis de moins en moins expressif au fil des années. L’isolement progressif à l’intérieur de soi, la fatigue, l’air hagard : il est rare de voir une telle « descente » dans la dépression filmée avec tant de justesse. Qu’est-ce qui explique cette dislocation ? Un processus sournois. Muriel, femme instruite, professeur de français, se retrouve plus ou moins volontairement captive d’un piège, d’un ensemble de liens pervers entretenus avec son entourage direct, et surtout par le docteur Pinget. Un curieux bonhomme, celui-là, médecin aux petits soins mais toxique, généreux autant qu’asphyxiant. Comme il est seul et riche, il s’achète un fils, Mounir, qui, lui, est issu d’une famille marocaine dans le besoin. Grâce à son argent, Pinget fait vivre tout le monde : Mounir, Muriel et bientôt les enfants… Il n’est pourtant pas l’unique raison qui explique le cataclysme à venir. Le film combine de nombreux facteurs explosifs — l’inconscient des personnages, mais aussi l’Histoire, sur fond de paternalisme colonialiste — tous disséminés finement. Le cinéaste brasse large, sans jamais donner une quelconque sensation de démonstration. Il scrute les ambivalences des relations de pouvoir dans une cellule humaine, jusqu’au drame. Une œuvre superbe de maîtrise, de justesse et de sensibilité.

Ce film est précédé du court métrage:
DIX
un film de Bif
(Fiction – Grande Bretagne – 2008 – 07′ – V.O.S.T.)

Marc a besoin des pavés de la rue pour se déplacer, effrayé à l’idée de marcher sur les lignes. Il suit un traitement pour dépasser sa phobie, mais plus le temps passe, plus les risques pris semblent énormes. Et si la réalité dépassait ses craintes les plus délirantes ?

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 27 septembre à 21h

vendredi 28 septembre
à 21h

Vernoux (salle du lac) :
samedi 29 septembre à 18h
lundi 01 octobre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 30 septembre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 02 octobre à 20h30

 

ZELIG

affiche-zélig dans Archives
Film de Woody Allen (Comédie – USA – 1983 – 1h19 – V.O.S.T.)
Avec Mia Farrow, Woody Allen, Patrick Horgan …
Film programmé dans le cadre de notre cycle « mémoire du cinéma » en partenariat avec Les Écrans

Leonard Zelig relève, dans ces années trente, d’un cas peu ordinaire. Obèse, boxeur ou écrivain, il prend l’apparence de tous ceux qu’il côtoie. Eudora, en psychanalysant Léonard, découvre que celui-ci souffre d’un cruel besoin d’amour. Mais qui est Zelig ? Pépite méconnue de la filmographie de Woody Allen, cette courte mais exquise comédie est, comme le personnage qu’elle met en scène, totalement insaisissable. Faux biopic d’un homme sans identité qui prend l’apparence physique et la personnalité de ceux qu’il côtoie, Zelig pastiche avec une délicieuse insolence les documentaires gonflés aux images d’archives et aux interviews d’experts qui pullulent sur le petit écran. Additionnant de nombreuses images issues de films et d’infos de l’époque, Woody Allen s’amuse à créer la confusion en y insérant de façon quasi subliminale, ici une photo retouchée, là une séquence criante de vérité, plaçant Zelig dans des situations souvent incongrues, aux prises avec quelques figures de son époque dans un mouvement perpétuellement indécis, contrarié et grotesque. Le résultat est troublant, provoquant un léger malaise qui emmène le film bien au-delà de la comédie pure. Le miroir tendu par Zelig, homme-éponge en manque d’amour, révèle une humanité bien mal en point. L’indécision du héros, même subie, est l’effarant symptôme d’une maladie que chaque époque se coltine : le refus – fût-il inconscient – d’être soi et de trouver dans la société une bonne raison d’incarner le rôle qui lui est assigné. Dissimulées derrière la farce, les gesticulations des médecins, scientifiques et psychanalystes pour trouver une solution au mal dont souffre Zelig révèlent en creux le pessimisme d’un cinéaste dont le pendant « sérieux » n’était alors pas encore légitime aux yeux de la critique et du public américains. Pour autant, Zelig est loin d’être un abrutissant pensum allégorique pour sociologues amateurs : bien au contraire, l’ensemble est mené avec verve et légèreté, sans se départir de l’humour qui caractérise le cinéaste. Une merveille de drôlerie à l’irrévérence raffinée, Zelig est à (re)découvrir de toute urgence.

Lamastre (centre culturel)
mardi 02 octobre à 21h

Vernoux (salle du lac)
samedi 29 septembre à 21h
lundi 01 octobre à 18h

 

BOVINES

AFFICHE-BOVINES
Film de Emmanuel Gras (Documentaire – France -  2012 – 1h04)
Film tous publics, à partir de 6 ans, programmé dans le cadre d’une journée d’animation et d’échange autour de l’élevage, avec l’intervention de Jocelyne Porcher, auteure de plusieurs ouvrages sur les relations de travail entre éleveurs et animaux.

Dans les champs, on les voit, étendues dans l’herbe ou broutant paisiblement. Grosses bêtes placides que l’on croit connaître parce que ce sont des animaux d’élevage. Lions, gorilles, ours ont toute notre attention, mais a-t-on jamais vraiment regardé des vaches ? S’est-ont demandé ce qu’elles faisaient de leurs journées ? Que font-elles quand un orage passe ? Lorsque le soleil revient ? A quoi pensent-elles lorsqu’elles se tiennent immobiles, semblant contempler le vide ? Mais, au fait, pensent-elles ? Au rythme de l’animal, au milieu d’un troupeau, Bovines raconte la vie des vaches, la vraie. On pourrait légitimement classer Bovines dans la catégorie des «documentaires animaliers», mais ce serait prendre le risque d’induire le spectateur en erreur. Si celui-ci attend une variation instruite autour du «peuple vache», s’il imagine avoir affaire à une nouvelle superproduction genre du type Félins ou Océans, il sera fatalement trompé. Mais pas nécessairement déçu. Bovines est avant tout un geste. Un geste de filmeur doué et constant, qui plante sa caméra dans une prairie de France, à quelques mètres d’un troupeau de vaches couleur crème, placides et majestueuses. Pas de voix off, pas de texte explicatif, juste la contemplation empathique et sereine du troupeau de charolaises et de ses habitudes ruminantes. Pour tenir le spectateur dans la durée avec ses seules splendides vaches pour sujet, Emmanuel Gras fait preuve d’un don parmi les plus rares : celui de la bonne distance. Ici, tout est affaire de plan juste, de cadre fort, de son vrai, de cordeau précis comme dans la construction picturale classique de maîtres anciens. Bref, tout est ici question de style. Non seulement le style rigoureux du cinéaste mais aussi celui de ses «actrices» : tendres, émouvantes, fringantes et racées, les vaches de Bovines ont sacrément du chien. Le style étant lui aussi une affaire de morale, il finit par produire un genre d’osmose inattendue : le cinéaste et ses vaches se rejoignent dans une sorte de douce obstination à vivre là, au présent, dans l’instant du plan, dans un face-à-face patient, terrien, puissant, tout en langueur et force. A force de patience, Emmanuel Gras a su transformer son premier long métrage en expérience sensitive.

Lamastre (centre culturel)
dimanche 30 septembre à 15h30

 

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