Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

Du 11 au 17 juillet 17 juillet, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 16:17

LA PETITE VENISE

Du 11 au 17 juillet dans Archives affiche-La-petite-venise
Film de Andrea Segre (Drame – Italie – 2012 – 1h38 – V.O.S.T.)
Avec Zhao Tao, Rade Serbedzija, Marco Paolini…

Shun Li travaille dans une usine textile dans la banlieue de Rome afin d’obtenir ses papiers. Elle est soudainement transférée à Chioggia, une petite île de la lagune de Venise, où elle se retrouve à travailler comme barmaid dans un pub. Bepi, un pêcheur slave surnommé « le Poète » par ses amis, est un habitué de ce pub depuis des années. Leur rencontre est une évasion poétique, un dialogue muet entre deux cultures différentes, mais pas si éloignées. C’est une odyssée dans le coeur profond de la lagune, à la fois mère et berceau des identités, et qui ne reste jamais immobile. Mais l’amitié entre Shun Li et Bepi bouleverse les différentes communautés, qui vont tenter d’y mettre un terme…
Le réalisateur filme Chioggia avec amour : on ne sait si son regard la rend plus belle l’été, au soleil, ou en automne, lorsque les eaux de la lagune l’envahissent, forçant les habitués des cafés à boire leur grappa les pieds dans l’eau… Shun Li travaille dans un de ces petits troquets. Ses compatriotes chinois lui ont payé le voyage, le permis de séjour, l’ont posée là et lui ont dit d’obéir. Pas facile : elle doit s’habituer à l’italien, qu’elle maîtrise mal, et à ces drôles de boissons que consomment les autochtones : du vin rouge mélangé à de l’orangeade, quelle drôle d’idée… Mais Shun Li accepte tout. Elle attend. Le jour lointain où elle aura suffisamment économisé pour faire venir de Chine son gamin de 8 ans. Bepi le pêcheur retraité et poète amateur, tout en rides et en sourires, va l’y aider… Ce qui naît entre eux, c’est la plus belle conséquence de l’amour : la douceur… Au grand étonnement de leur entourage, la serveuse et le poète semblent soudain se mouvoir dans un monde irréel, à la fois sensible et revigorant. Le réalisateur retrouve, en fait, la grande tradition du conte à l’italienne de jadis, le cinéma à la Vittorio De Sica, où le réalisme côtoyait la poésie, où les « gentils » étaient de doux rêveurs face à des « méchants » nostalgiques de leur pureté perdue… Chez Andrea Segre, les bons sentiments deviennent beaux, comme par miracle. La Petite Venise
ou les ravages de la mondialisation par le prisme d’une rencontre entre deux étrangers. Shun Li et Bepi sont deux victimes. Elle est le jouet d’un monde en train de se bâtir ; il est le vestige d’un monde en train de sombrer. Collusion des cultures, affaissement des frontières, perte identitaire : pour son premier long métrage, Andrea Segre dresse une esquisse à hauteur d’intime de la mondialisation en cours.

Ce film est précédé du court métrage:
L’OCCUPANT
un film de Gabriel Le Bomin
(Fiction – France – 2008 – 14′)

Corse, 1942. Pierre, dix ans est le fils d’un maquisard. Il se lie d’une amitié secrète avec un soldat italien déserteur réfugié dans un abri, et ne se nourrit qu’avec l’aide de Pierre. Dans cette période troublée par la haine, la peur et la suspicion, comment se soustraire aux obligations morales ?

Lamastre (plein air – préau école publique) :
jeudi 12 juillet à 22h

vendredi 13 juillet
à 22h

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 15 juillet à 17h
lundi 16 juillet à 18h & 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 15 juillet à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 17 juillet à 20h30

 

 

 

Du 04 au 10 juillet 10 juillet, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 11:26

LE GRAND SOIR

Du 04 au 10 juillet dans Archives affiche-le-grand-soir
Film de Benoît Delépine et Gustave Kervern (Comédie – France – 2012 – 1h32)
Avec Benoît Poelvoorde, Albert Dupontel, Brigitte Fontaine, Gérard Depardieu, Bouli Lanners…

Si la révolution gronde en Grèce et au Québec, il est un lieu où elle peut s’afficher à loisir : le cinéma. Dans Le Grand Soir, nouveau délire fabuliste du duo grolandais Delépine/Kervern, une zone périurbaine se mue en décor de western où une fratrie atypique prépare l’insurrection sur fond de musique punk. Not (Benoît Poelvoorde) se revendique être le plus vieux punk à chien d’Europe. Marginal assumé, il se heurte à la docilité politique de son frère Jean-Pierre (Albert Dupontel), vendeur de matelas méprisé par son patron. Mais la crise rôde et tandis que Not déserte le centre-ville pour zoner dans le centre commercial où officie son frangin, celui-ci est viré sans ménagement. Jean-Pierre, déboussolé, trouve alors en Not un soutien inattendu. Forts de leur complicité retrouvée, les deux frères décident de réveiller les consciences des nombreux clients qui consomment aveuglément autour d’eux et préparent activement le Grand Soir. Prenant à bras le corps la crise philosophique qui parcourt l’échine du monde capitaliste, les deux réalisateurs interrogent l’inertie de la classe laborieuse (incarnée par Jean-Pierre et les parents, patrons de la Pataterie), en regard de la prise de distance extrême de Not, outcast volontaire, épris de liberté. Le Grand Soir participe ainsi de la réflexion contemporaine face à l’effondrement d’un système, par l’entremise de l’éclatement de la bulle de Jean-Pierre. Largué par sa femme, dégagé par son patron, incapable de mettre fin à ses jours, le personnage campé par Dupontel synthétise à lui seul le mal-être d’une société. Société à laquelle il veut désespérément appartenir mais qui lui claque la porte au nez. L’ambition du film des Grolandais est grande et ô surprise, leur réussite l’est tout autant. Filmée comme dans un western, à coup de grand angle et d’une lumière quasi technicolor, cette banlieue, tête de gondole d’un consumérisme effréné ressemble à s’y méprendre aux villes éclatées du grand ouest américain. La dissémination topographique typique de ces zones consuméristes offre un espace d’errance idéale aux deux personnages en quête de liberté. Soulignée par des morceaux interprétés à l’harmonica par Bashung, la gémellité des deux univers explose à l’écran. Mais l’astucieuse mise en scène de Delépine et Kervern ne s’arrête pas là. Suivant le fil révolutionnaire en germe dans le titre du film, ils déconstruisent leur récit en le scandant de rêveries en forme de concert des Wampas. Crêtes, pogo, bière, tous les artefacts propres au mouvement punk constituent le cœur du métrage et sa singularité. Not embarque son frère dans son monde, où l’on apprend à marcher au sens propre, où l’on croise des suicidaires joyeux, où les apparents proscrits vivent finalement à plein poumon, le cœur léger. Le Grand Soir invite à une virée à tombeau ouvert, drôle et touchante, barrée et politisée. Un grand film en somme.

Ce film est précédé du court métrage:
NEXT FLOOR
un film de Denis Villeneuve
(Fiction – Québec – 2008 – 11’34 »)

Au cours d’un opulent et luxueux banquet, onze convives, servis sans retenue par une horde de valets et de serviteurs attentionnés, participent à un étrange rituel aux allures de carnages gastronomique. Dans cet univers absurde et grotesque, une succession d’événements viendra secouer la procession de cette symphonie d’abondance.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 05 juillet à 21h

vendredi 06 juillet
à 21h

Vernoux (salle du lac) :
lundi 09 juillet à 18h & 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 08 juillet à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 10 juillet à 20h30

 

 

 

Du 27 juin au 03 juillet 3 juillet, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 9:04

SUR LA ROUTE

Du 27 juin au 03 juillet dans Archives affiche-sur-la-route
Film de Walter Salles (Road-movie – France / USA / Brésil – 2012 – 2h17 – V.O.S.T.)
Avec Garett Hedlund, Sam Riley, Kristen Stewart, Amy Adams …

Au lendemain de la mort de son père, Sal Paradise, apprenti écrivain new-yorkais, rencontre Dean Moriarty, jeune ex-taulard au charme ravageur, marié à la très libre et très séduisante Marylou. Entre Sal et Dean, l’entente est immédiate et fusionnelle. Décidés à ne pas se laisser enfermer dans une vie trop étriquée, les deux amis rompent leurs attaches et prennent la route avec Marylou. Assoiffés de liberté, les trois jeunes gens partent à la rencontre du monde, des autres et d’eux-mêmes. Trois personnages en quête de moteur : Dean (Garrett Hedlund), l’étoile filante joliment bodybuildée, prêt à toutes les transes et toutes les trahisons, passant toujours la vitesse supérieure même s’il est déjà au maximum de la puissance ; Jack (Sam Riley), le Kerouac de la bande qui prend note tout au long du film des ébats des uns et des autres, et qui finit par prendre en main son destin, jouant les grands pianistes sur sa vieille Remington où le manuscrit de « Sur la route » semble défiler devant ses yeux comme si le texte lui-même dictait sa propre légende ; Marylou (Kristen Stewart), la nouvelle séductrice du cinéma américain. Trois bombes d’acteurs qui incarnent le roman de Kerouac, avec en renfort Kirsten Dunst, l’amoureuse éconduite, et le mémorable Viggo Mortensen dans le rôle de William Burroughs, le plus fou de la bande. Mais l’acteur principal, c’est encore la route, soit l’infini paysage américain qu’arpente sans relâche la caméra de Salles, qui a fait le juste choix de la liberté endiablée sur celui de l’adaptation littérale. Même s’il a été mille fois cité au cinéma, le roman de Jack Kerouac, manifeste de la Beat génération, n’avait jamais été adapté. Walter Salles s’en est chargé, s’appuyant sur l’expérience qu’il a acquise avec Carnets de voyage (2004), autre biographie en forme de road-movie située elle aussi dans les années 50. Et le cinéaste brésilien s’en tire plutôt bien, imposant à son film le même rythme jazzy que celui qui avait accompagné et inspiré le jeune écrivain. Face à l’impeccable Sam Riley, à la fois témoin et acteur, Garrett Hedlund incarne avec une énergie sans limites le charismatique Dean Moriarty, inlassable explorateur de nouveaux moyens de transports, surtout amoureux – il essayait toutes les positions, à deux ou à plusieurs, à voile et à vapeur. Kirsten Dunst et surtout Kristen Stewart sont très bien dans le rôle des petites amies toujours partantes, mais forcément déçues quand elles découvrent que la fidélité est incompatible avec la liberté. Avec le recul, le voyage de ces pionniers peut paraître limité si on le compare aux expériences plus radicales des décennies suivantes, mais il a le mérite d’être le premier du genre, et ses interprètes réussissent à nous faire partager l’excitation de la découverte.

Ce film est précédé du court métrage:
LA CARTE
un film de Stéfan Le Lay
(Animation – France – 2009 – 7’40 »)

Un jeune homme qui vit dans une carte postale en couleur tombe amoureux d’une jeune femme qui vit dans une carte postale en noir et blanc. Il est prêt à tout pour la rejoindre et rester avec elle.

Lamastre (centre culturel) :
samedi 30 juin à 18h & 21h

mardi 03 juillet
à 21h

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 01 juillet à 17h
lundi 02 juillet à 18h & 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 01 juillet à 20h30

 

 

 

Du 20 au 26 juin 26 juin, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 18:13

DE ROUILLE ET D’OS

Du 20 au 26 juin dans Archives affiche-de-rouile-et-dos
Film de Jacques Audiard (Drame – France – 2012 – 1h55)
Avec Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Armand Verdure, Bouli Lanners…

Père de famille à la rue, Ali quitte le nord de la France et trouve refuge chez sa sœur et son beau-frère, qui travaillent et habitent sur la Côte d’Azur. Son fils Sam, 5 ans, l’accompagne, voire l’encombre. Ce n’est pas le Pérou mais l’accueil familial, un toit et le climat du Sud permettent à Ali et Sam de se poser et de se reconstruire. Carrure d’athlète, Ali trouve un emploi de vigile dans un dancing où il rencontre la belle Stéphanie, dresseuse d’orques dans le Marineland local. Un soir, elle lui téléphone : victime d’un accident du travail, elle est en fauteuil roulant, privée de ses deux jambes à partir des genoux. Le film va s’attacher à décrire minutieusement la relation entre Ali, monstre de plénitude physique, et Stéphanie, beauté amputée. Comme Sur mes lèvres, autre film d’Audiard, De rouille et d’os se fonde sur un pitch hors norme : l’histoire entre un taulard et une sourde-muette laisse place à celle entre un père déchu et une cul-de-jatte. Au départ partenaires souhaitant combattre leur solitude, Ali et Stéphanie deviennent sex-friends, elle pour revenir vers la vie, remettre en marche son corps mutilé, lui pour l’aider et prendre du plaisir. Cette relation d’amitié sexuelle, peut-être d’amour, semble avoir des vertus d’échanges à tous les niveaux. Devenu lutteur pour une organisation de combats et paris clandestins, Ali voit son intégrité morale et physique sérieusement esquintée. Au début réticente, la fragile Stéphanie semble peu à peu prendre plaisir à ce spectacle lucratif de la violence. A mesure que son homme prend des coups, elle progresse dans sa rééducation. Entre Ali et Stéphanie s’opère une sorte de mise à égalité des corps, l’un s’abîmant quand l’autre se reconstruit. De rouille et d’os est un film impressionnant de maîtrise, d’intensité et, finalement, de simplicité. La plus large part de réussite du film tient dans les personnages, donc les acteurs : leurs corps, leurs phrasés, leurs interactions, leurs regards, leur palette de sentiments. Matthias Schoenaerts et Marion Cotillard sont immenses. Déjà impressionnant dans Bullhead, le balèze flamand va devenir à coup sûr une star, alliant la présence physique, le visage bien dessiné, l’accent peu usité et un naturel désarmant dans toutes les situations. Marion Cotillard, elle est tout bonnement excellente. C’est le cas aussi de tous les seconds rôles : Bouli Lanners, Céline Sallette, Corinne Masiero ou le petit Armand Verdure existent pleinement à côté du couple central. Quelles que soient les affinités avec le cinéma de Jacques Audiard, quel que soit le jugement que l’on porte sur ses films, force est de constater que De rouille et d’os est parfaitement réussi.

Ce film est précédé du court métrage:
UNE PUTE ET UN POUSSIN
un film de Clément Michel
(Fiction – France – 2008 – 15′)

Yelle joue Louise, une jeune femme perdue au beau milieu de nulle part. A un arrêt de bus totalement improbable, elle rencontre un jeune homme costumé en gros poussin qui pédale péniblement sur une bicyclette rouillée. Une rencontre tendre et loufoque entre deux petits oiseaux paumés qui vont faire un bout de chemin ensemble.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 21 juin à 21h

vendredi 22 juin
à 21h

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 24 juin à 17h
lundi 25 juin à 18h & 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 24 juin à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 26 juin à 20h30

 

 

 

Du 06 au 12 juin (4 films) 12 juin, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 22:21

DARK SHADOWS

Du 06 au 12 juin (4 films) dans Archives affiche-dark-shadows
Film de Tim Burton (Comédie fantastique – USA – 2012 – 1h52 – V.O.S.T.)
Avec Johnny Depp, Michelle Pfeiffer, Helena Bonham Carter, Eva Green…

Il a la classe, Barnabas Collins (Johnny Depp). Il a la classe, avec son teint blafard, ses accroche-cœurs, ses chemises à jabot et son accent british. Après 200 ans passés dans un tombeau où une belle sorcière d’origine française, Angélique Bouchard (Eva Green), l’a fait jeter par jalousie après avoir tué la femme qu’il aimait, ce fils d’un riche pionnier WASP implanté dans le Maine – où il a fondé une ville nommée Collinsport – se réveille un jour chez ses descendants de 1972, sorte de famille de dégénérés (dont la matriarche est interprétée par la géniale Michelle Pfeiffer), notables débiles et désargentés qui tentent de survivre grâce à leur réputation passée. Des ratés chez qui la médiocrité intellectuelle le dispute à l’appât du gain et à l’attrait pour le goût du jour. Or la jeune fille de la famille, Victoria Winters, ressemble étonnamment à l’amante défunte de Barnabas, et la ville de Collinsport est par ailleurs le fief d’une jeune et jolie femme qui a les traits de l’épouvantable Angélique Bouchard… Barnabas va-t-il revivre le même cauchemar ? De cette rencontre entre un vampire très chic et une famille sous l’emprise des règles de la société de consommation, Tim Burton tire à la fois une déclinaison de gags savoureux et une critique sociale, nihiliste et guillerette, de l’ennui acculturé généré par la civilisation américaine à laquelle il nous a habitués depuis ses débuts. Il tire aussi sur tout ce qui bouge : Barnabas prend par exemple le “M” d’une enseigne de McDonald’s pour l’initiale de Méphistophélès, ou confond sa descendante ado, au langage fleuri et aux poses alanguies de fausse beatnik, avec une prostituée. Le talent de Burton et de Depp fait que cet humour n’est jamais réactionnaire : Barnabas est aussi ridicule que les victimes de son jugement. Dark Shadows, tiré d’une série à succès diffusée entre 1966 et 1971 sur ABC, trouve aussi ses racines dans une culture spécifiquement américaine. Car le personnage de Barnabas renvoie moins à une nouvelle incarnation du conte de La Belle au Bois-Dormant qu’à l’un des premiers personnages de la littérature et de la mythologie américaines, celui de Rip Van Winkle. Barnabas n’est pas qu’un personnage comique, mais l’émouvant et drolatique morceau de ruban adhésif qui va relier les membres de la famille Collins à sa propre histoire. Barnabas Collins, c’est le retour du même ou une journée sans fin. En tentant de revivre deux cents ans plus tard son histoire d’amour avortée avec la femme qu’il aime et de lui donner une fin heureuse, en affrontant à nouveau, afin de la vaincre, l’incarnation du mal qui l’avait jeté dans les coulisses de la vie et du temps, il essaie de réparer les erreurs du passé et de préparer sa filiation aux embûches de l’avenir, de lui redonner un sang neuf : le comble pour un vampire. Tim Burton reste un éternel enfant qui ne se résout pas à l’idée que l’on ne puisse pas encore tout changer, tout réparer, tout revivre au-delà de la mort. Dark Shadows se révèle l’un de ses plus beaux films.

Ce film est précédé du court métrage:
CUL DE BOUTEILLE
un film de Jean-Claude Rozec
(Animation – France – 2010 – 09’00 »)

La nouvelle terrible est tombée : profondément myope, Arnaud doit porter des lunettes, et pas n’importe quelles lunettes, une monture grossière qui lui décolle les oreilles et lui pince le nez. Des verres si épais que ses yeux ne semblent plus que deux petits points noirs… Ces affreuses binocles, Arnaud ne les aime pas et il préfère de loin le monde flou et protéiforme de sa myopie, un monde peuplé de monstres, licornes et autres chimères qui apparaissent au gré de sa fertile imagination.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 07 juin à 21h

vendredi 08 juin
à 21h

Vernoux (salle du lac) :
samedi 09 juin à 17h
dimanche 10 juin à 17h
lundi 11 juin à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 10 juin à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 12 juin à 20h30

 

ET SI ON VIVAIT TOUS ENSEMBLE?

affiche-et-si-on-vivait-tous-ensemble dans Archives
Film de Stéphane Robelin (Comédie – France / Allemagne – 2012 – 1h36)
Avec Jane Fonda, Pierre Richard, Géraldine Chaplin, Claude Rich, Guy Bedos…

Annie, Jean, Claude, Albert et Jeanne sont liés par une solide amitié depuis plus de 40 ans. Alors quand la mémoire flanche, quand le cœur s’emballe et quand le spectre de la maison de retraite pointe son nez, ils se rebellent et décident de vivre tous ensemble. Le projet paraît fou mais même si la promiscuité dérange et réveille de vieux souvenirs, une formidable aventure commence : celle de la communauté… à 75 ans! Le problème de la dépendance, de la solitude ou de la maladie chez les personnes âgés n’est pas forcément le sujet le plus vendeur au cinéma, ni certainement le plus aisé à traiter. Pourtant Stéphane Robelin s’en sort plutôt bien avec Et si on vivait tous ensemble ? en parvenant à nous toucher avec une bande de sexagénaires bien mûrs. Une partie de la réussite de l’entreprise tient évidemment dans le casting que le réalisateur a pu réunir : Guy Bedos, Claude Rich, Pierre Richard, Géraldine Chaplin et même l’Américaine Jane Fonda ! Ensemble, ils parviennent à nous emporter avec humour dans cette histoire de petits vieux qui décident de vivre ensemble plutôt que d’aller finir leurs jours dans une maison de retraite. Une expérience que l’on ne vit pas seulement du côté de ces anciens mais également à travers le regard d’un « jeune », incarné par l’acteur allemand Daniel Brühl. L’audace du sujet, traité avec simplicité et réalisme sur le ton de l’humour et parfois sans tabous, l’emporte au final sur la qualité de la réalisation, qui n’est pas sans défauts, loin de là. Déconcertant est l’adjectif qui va le mieux à ce film qui se présente sous les dehors d’une comédie classique, avec son joli pavillon de banlieue, ses observations sociologiques et ses gags parfois prévisibles. Ce qui l’est moins, c’est l’omniprésence de la mort, qui donne au film une texture souvent inquiétante, parfois saisissante. Un titre plus honnête serait : « Et si on finissait de vivre tous ensemble ? ». Une comédie douce-amère bien venue.

Lamastre (centre culturel)
jeudi 07 juin à 15h

Colombier le Vieux (salle des fêtes) :
vendredi 08 juin à 21h

Vernoux (salle du lac)
samedi 09 juin à 21h

 

L’OURS ET LE MAGICIEN

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Films de Maris Brinkmans, Evald Lacis, et Janis Cimermanis
(animation – Lettonie -  2009 – 0h51 – V.F.)
Tout public, à partir de 3 ans

On ne sait pas quelle place tient l’animation de marionnettes dans la balance commerciale lettone, mais la production est constante et arrive régulièrement jusqu’aux écrans français. Depuis plus de 50 ans, le studio AB de Riga, en Lettonie, produit ces films pour enfants. Dépourvus de dialogues mais joliment bruités, les deux premiers, L’ours arrive et L’eau magique, séduisent par leur humour discret. Le troisième, Le Maître des glaces, cette fois dialogué, joue sur un registre plus poétique, avec sa princesse emprisonnée, sauvée par le jeune page. Dans L’Eau magique, de Maris Brinkmanis, deux créatures indéfinissables mais sympathiques découvrent les bienfaits et les dangers d’un liquide capable de faire fleurir le désert mais aussi de ressusciter les monstres (rien de bien méchant, pas de cauchemars à craindre). L’Ours arrive de Janis Cimermanis suit les tribulations d’un plantigrade polaire mais brun que la fonte des glaces amène jusqu’à un village européen. Le sang-froid des enfants sauve l’ours de la panique des adultes. Le scénario du troisième court, Le Maître des glaces, mélange vigoureusement Perrault et Andersen. Comme dans La Belle au bois dormant, la vengeance d’un convive maltraité plonge un royaume dans le sommeil, comme dans La Reine des glaces, il faut délivrer un prisonnier d’une forteresse enneigée. Les gentils gags visuels des deux premiers films laissent ici la place à des luttes spectaculaires à coups de rayons glaçants et d’épées enchantées. À la fois inventives, facétieuses et d’une grande poésie, les trois histoires qui composent L’ours et le magicien sont une ode à l’imaginaire.

Colombier le Vieux (salle des fêtes) :
vendredi 08 juin à 10h (séance scolaire ouverte à tous)

UNE VIE DE CHAT

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Film d’animation de Jean-Loup Felicioli & Alain Gagnol (policier – France -  2010 – 1h10)
Avec les voix de Dominique Blanc, Bruno Salomone, Jean Benguigui, Bernadette Lafont…
Film tout public, à partir de 6 ans

L’animation est en droit d’explorer tous les genres et, grâce à Une vie de chat, les enfants vont pouvoir être initiés sans douleur aux charmes du polar: Dino est un chat qui partage sa vie entre deux maisons. Le jour, il vit avec Zoé, la fillette d’une commissaire de police. La nuit, il escalade les toits de Paris en compagnie de Nico, un cambrioleur d’une grande habileté. Jeanne, la commissaire de police, est sur les dents. Elle doit à la fois arrêter l’auteur de nombreux vols de bijoux, et s’occuper de la surveillance du Colosse de Nairobi, une statue géante convoitée par Costa, le criminel responsable de la mort de son mari policier. Depuis ce drame, la fillette ne dit plus un mot. Les événements vont se précipiter la nuit où Zoé surprend Costa et sa bande. Une poursuite s’engage, qui durera jusqu’au matin, et qui verra tous les personnages se croiser, s’entraider ou se combattre, jusque sur les toits de Notre-Dame… Troisième long métrage des studios d’animation valentinois Folimage (après La Prophétie des grenouilles et Mia et le Migou), Une vie de chat frappe par sa souplesse gracile, la vivacité féline de ses dessins, l’harmonie bondissante de la musique et des couleurs. Il surprend par la manière dont, en à peine une heure et dix minutes, il condense une intrigue de polar bigarrée et une chronique sociale touchante. Un burlesque potache s’y niche par ailleurs, qui se traduit autant par la bêtise crasse des gangsters, leurs répliques pittoresques, leurs accents belges à couper au couteau. Celui, titi parisien, de Bernadette Lafont, qui prête sa voix à la nounou de Zoé, affreuse mégère à la solde des gangsters, apporte une saveur supplémentaire, qui s’accorde avec les quelques gags à répétition bien sentis. Une telle profusion traduit un formidable instinct de mise en scène. Il serait dommage de passer à côté.

Colombier le Vieux (salle des fêtes) :
vendredi 08 juin à 14h (séance scolaire ouverte à tous)

 

 

Du 30 mai au 05 juin (5 films) 5 juin, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 16:28

LA FEMME DU Vème

Du 30 mai au 05 juin (5 films) dans Archives affiche-la-femme-du-5%C3%A8me2
Film de Pawel Pawlikowski (Thriller – France / Pologne – 2011 – 1h25 – V.O.S.T.)
Avec Kristin Scott Thomas, Ethan Hawke, Joanna Kulig…
Ce film est présenté dans le cadre des « prémices du festival roman et cinéma », à l’occasion de la venue de l’auteur Douglas Kennedy, à Privas, le 1er juin.

On sent très vite qu’il ne va pas bien. Que tout joue contre lui. Son avion semble n’atterrir que sur une roue. Sa femme, qu’il retrouve à Paris après une longue absence, a peur et refuse qu’il voie leur fille. Il s’obstine. Elle appelle les flics. Alors, il fuit dans les rues, s’endort dans un bus, se fait voler bagages et papiers, échoue dans un hôtel où le taulier lui propose un job de veilleur de nuit dans un lieu bizarre, propice à des trafics probablement sanglants… Sans doute Tom, écrivain américain en panne de tout, est-il en train de devenir fou. A moins que d’autres cherchent à le ren­dre tel. C’est ainsi, en tout cas, que Pawel Pawlikowski, ciné­aste polonais filme son héros, défait dans un Paris hostile, sombre, propice à toutes les paranoïas… Le fantastique s’impose, insidieux et d’autant plus troublant que fondé, à chaque instant, sur un imperceptible décalage du réel. On est dans un cinéma de l’inquiétude, typique de l’Est – de la Pologne surtout. On songe aux premiers Polanski bien sûr : Le Couteau dans l’eau, Cul-de-sac. Rien n’est logique. Rien n’est clair. Ni Tom. Ni sa femme qui le fuit et sa fille qu’il poursuit. Ni ses rencontres. Ni son esprit. Comme galvanisé par une mise en scène qui semble tisser autour du héros – et du spectateur – une toile d’araignée invisible, le roman de Douglas Kennedy se métamorphose en polar onirique. Tom dérive, délire. Il frôle sans cesse des dangers diffus. Autour de lui, l’espace rétrécit. Mais, curieusement, les dangers qui le guettent, les ennemis qui le traquent s’évaporent comme par magie. Qui ordonne les pièces du puzzle ? Lui ? Ceux qui l’emploient comme veilleur de nuit ? Ou cette femme mystérieuse, rencontrée par hasard que Kris­tin Scott Thomas interprète avec une rouerie suave, une délicatesse amusée… Ce film elliptique, rapide, n’ex­plique rien : il invente. Il invite à aller de l’avant, à effacer les apparences, à traverser le miroir pour mieux percevoir l’invisible. Pawel Pawlikowski filme des mélancolies. Celle d’une jeune femme blonde qui attend en vain celui qui ne reviendra plus. Celle de son héros, aussi, qu’il n’abandonne que lorsqu’il est à bout, au bout de son errance, résigné à son sort. Il a sauvé ce qui pouvait l’être. Lui ne compte pas, ne compte plus. Comme un petit garçon apeuré, il ferme les yeux devant cette lumière qui l’aveugle et dans laquelle il se fond.

Ce film est précédé du court métrage:
REFLET D’ENFANT
un film de Eric Rosenlund
(Animation – Suède – 2007 – 05’00 »)

Une nuit sombre et orageuse. Une petite fille est seule chez elle, mais est-elle réellement seule ?

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 31 mai à 21h

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 03 juin à 17h
lundi 04 juin à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 03 juin à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 05 juin à 20h30

 

HUGO CABRET

affiche-hugo-cabret1 dans Archives
Film de Martin Scorsese (aventure – USA – 2011 – 2h08 – V.F.)
Avec Ben Kingsley, Sacha Baron Cohen, Asa Butterfield, Chloé Moretz, Helen McCrory…
Film tout public à partir de 6 ans programmé dans le cadre du festival « roman & cinéma – jeune public »

Voilà un film où on découvre pêle-mêle une aventure pleine de mystères dans un Paris à l’ancienne, la reconstitution d’un fameux accident qui eut lieu à la gare Montparnasse, au temps où elle s’appelait gare de l’Ouest, et celle de la non moins fameuse projection, en 1896, d’un des premiers films de l’histoire du cinématographe, L’Arrivée d’un train en gare de La Cio­tat des frères Lumière. Mais si Hugo Cabret nous ramène au temps du cinéma muet, c’est à travers un grand spectacle sous la direction de Martin Scorsese. Il y a là de quoi enchan­ter les enfants comme les cinéphiles, et même les enfants cinéphiles, ceux du film montrant l’exemple d’une formation précoce et très heureuse à l’amour du septième art. Pour réunir tout cela, il a d’abord fallu un livre fort et original, L’Invention de Hugo Cabret, de Brian Selznick. Son héros est un gamin orphelin qui, dans le Paris de 1931, vit seul sous les toits d’une grande gare dont il remonte les horloges. Une au­tre mécanique l’occupe : la mise en route d’un étrange automate laissé par son père. Pour l’animer, une clé en forme de coeur est nécessaire. Hugo va la trouver grâce à Isabelle, orpheline elle aussi, qui vit chez le vieux marchand de jouets de la gare. Cet homme austère a un fabuleux ­secret : il a été un inventeur, un créateur d’images pleines d’imagination. Il s’appelle Georges Méliès… Mais le génial auteur du Voyage dans la Lune (1902) a fini ruiné, oublié dans cette gare où il a dû se faire marchand de jouets. Avant d’être redécouvert et fêté à Paris… Comme un jeu de pistes à la fois sophistiqué et enfantin, l’intrigue d’Hugo Cabret mêle fantaisie et réalité historique pour nous conduire vers la belle aventure des débuts du cinéma, à travers Méliès. Retourner à l’enfance de l’art, c’est aussi, pour les orphelins Hugo et Isabelle, renouer les fils de leur propre histoire. Le film, comme le livre auquel il est fidèle, reste un conte. Il nous dit que le cinéma illumine notre vie et nous guide de la solitude à la lumière. Et Scorsese se fait avec joie le porte-voix de ce message, lui qui a dédié depuis longtemps une grande partie de son travail à la mémoire du cinéma et à sa transmission à travers des documentaires et une fondation, World Cinema Foundation. Loin de tout ce que le réalisateur des Affranchis et de Casino a fait jusqu’ici, Hugo Cabret n’en est donc pas moins une oeuvre personnelle. Mais Scorsese se place surtout ici en admirateur. Humble et passionné. Face au légendaire Méliès, il se montre, dans une scène, simple photographe venu immortaliser le maître. Au service de sa gloire, en quelque sorte. Donc au service du spectacle, car l’histoire du cinéma inventé par le magicien Méliès, c’est celle de la naissance des trucs et des trucages, des tours de magie et des effets spéciaux. Scorsese a d’autant plus d’admiration pour ces manipulations de l’image qu’il se situe davantage du côté des frères Lumière, proche du documentaire. Méliès, quant à lui, voit dans le cinéma les pouvoirs d’un immense tableau animé ; il est du côté de la peinture, du dessin. Mais nul devoir de choisir entre ces différentes visions, Hugo Cabret les célèbre toutes. Hugo Cabret fait le lien entre cinéma d’hier et d’aujourd’hui. Scorsese nous parle de l’émerveillement inventé et réinventé par le cinéma.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 31 mai à 14h

Vernoux (salle du lac) :
mercredi 30 mai à 15h
lundi 04 juin à 08h45

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 05 juin à 14h

 

ET SI ON VIVAIT TOUS ENSEMBLE?

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Film de Stéphane Robelin (Comédie – France / Allemagne – 2012 – 1h36)
Avec Jane Fonda, Pierre Richard, Géraldine Chaplin, Claude Rich, Guy Bedos…

Annie, Jean, Claude, Albert et Jeanne sont liés par une solide amitié depuis plus de 40 ans. Alors quand la mémoire flanche, quand le cœur s’emballe et quand le spectre de la maison de retraite pointe son nez, ils se rebellent et décident de vivre tous ensemble. Le projet paraît fou mais même si la promiscuité dérange et réveille de vieux souvenirs, une formidable aventure commence : celle de la communauté… à 75 ans! Le problème de la dépendance, de la solitude ou de la maladie chez les personnes âgés n’est pas forcément le sujet le plus vendeur au cinéma, ni certainement le plus aisé à traiter. Pourtant Stéphane Ribolin s’en sort plutôt bien avec Et si on vivait tous ensemble ? en parvenant à nous toucher avec une bande de sexagénaires bien mûrs. Une partie de la réussite de l’entreprise tient évidemment dans le casting que le réalisateur a pu réunir : Guy Bedos, Claude Rich, Pierre Richard, Géraldine Chaplin et même l’Américaine Jane Fonda ! Ensemble, ils parviennent à nous emporter avec humour dans cette histoire de petits vieux qui décident de vivre ensemble plutôt que d’aller finir leurs jours dans une maison de retraite. Une expérience que l’on ne vit pas seulement du côté de ces anciens mais également à travers le regard d’un « jeune », incarné par l’acteur allemand Daniel Brühl. L’audace du sujet, traité avec simplicité et réalisme sur le ton de l’humour et parfois sans tabous, l’emporte au final sur la qualité de la réalisation, qui n’est pas sans défauts, loin de là. Déconcertant est l’adjectif qui va le mieux à ce film qui se présente sous les dehors d’une comédie classique, avec son joli pavillon de banlieue, ses observations sociologiques et ses gags parfois prévisibles. Ce qui l’est moins, c’est l’omniprésence de la mort, qui donne au film une texture souvent inquiétante, parfois saisissante. Un titre plus honnête serait : « Et si on finissait de vivre tous ensemble ? ». Une comédie douce-amère bien venue.

Nozières (salle des fêtes) :
vendredi 01 juin à 21h

 

L’OURS ET LE MAGICIEN

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Films de Maris Brinkmans, Evald Lacis, et Janis Cimermanis
(animation – Lettonie -  2009 – 0h51 – V.F.)

Tout public, à partir de 3 ans

On ne sait pas quelle place tient l’animation de marionnettes dans la balance commerciale lettone, mais la production est constante et arrive régulièrement jusqu’aux écrans français. Depuis plus de 50 ans, le studio AB de Riga, en Lettonie, produit ces films pour enfants. Dépourvus de dialogues mais joliment bruités, les deux premiers, L’ours arrive et L’eau magique, séduisent par leur humour discret. Le troisième, Le Maître des glaces, cette fois dialogué, joue sur un registre plus poétique, avec sa princesse emprisonnée, sauvée par le jeune page. Dans L’Eau magique, de Maris Brinkmanis, deux créatures indéfinissables mais sympathiques découvrent les bienfaits et les dangers d’un liquide capable de faire fleurir le désert mais aussi de ressusciter les monstres (rien de bien méchant, pas de cauchemars à craindre). L’Ours arrive de Janis Cimermanis suit les tribulations d’un plantigrade polaire mais brun que la fonte des glaces amène jusqu’à un village européen. Le sang-froid des enfants sauve l’ours de la panique des adultes. Le scénario du troisième court, Le Maître des glaces, mélange vigoureusement Perrault et Andersen. Comme dans La Belle au bois dormant, la vengeance d’un convive maltraité plonge un royaume dans le sommeil, comme dans La Reine des glaces, il faut délivrer un prisonnier d’une forteresse enneigée. Les gentils gags visuels des deux premiers films laissent ici la place à des luttes spectaculaires à coups de rayons glaçants et d’épées enchantées. À la fois inventives, facétieuses et d’une grande poésie, les trois histoires qui composent L’ours et le magicien sont une ode à l’imaginaire.

Nozières (salle des fêtes) :
vendredi 01 juin à 10h30 (séance scolaire ouverte à tous)

UNE VIE DE CHAT

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Film d’animation de Jean-Loup Felicioli & Alain Gagnol (policier – France -  2010 – 1h10)
Avec les voix de Dominique Blanc, Bruno Salomone, Jean Benguigui, Bernadette Lafont…
Film tout public, à partir de 6 ans

L’animation est en droit d’explorer tous les genres et, grâce à Une vie de chat, les enfants vont pouvoir être initiés sans douleur aux charmes du polar: Dino est un chat qui partage sa vie entre deux maisons. Le jour, il vit avec Zoé, la fillette d’une commissaire de police. La nuit, il escalade les toits de Paris en compagnie de Nico, un cambrioleur d’une grande habileté. Jeanne, la commissaire de police, est sur les dents. Elle doit à la fois arrêter l’auteur de nombreux vols de bijoux, et s’occuper de la surveillance du Colosse de Nairobi, une statue géante convoitée par Costa, le criminel responsable de la mort de son mari policier. Depuis ce drame, la fillette ne dit plus un mot. Les événements vont se précipiter la nuit où Zoé surprend Costa et sa bande. Une poursuite s’engage, qui durera jusqu’au matin, et qui verra tous les personnages se croiser, s’entraider ou se combattre, jusque sur les toits de Notre-Dame… Troisième long métrage des studios d’animation valentinois Folimage (après La Prophétie des grenouilles et Mia et le Migou), Une vie de chat frappe par sa souplesse gracile, la vivacité féline de ses dessins, l’harmonie bondissante de la musique et des couleurs. Il surprend par la manière dont, en à peine une heure et dix minutes, il condense une intrigue de polar bigarrée et une chronique sociale touchante. Un burlesque potache s’y niche par ailleurs, qui se traduit autant par la bêtise crasse des gangsters, leurs répliques pittoresques, leurs accents belges à couper au couteau. Celui, titi parisien, de Bernadette Lafont, qui prête sa voix à la nounou de Zoé, affreuse mégère à la solde des gangsters, apporte une saveur supplémentaire, qui s’accorde avec les quelques gags à répétition bien sentis. Une telle profusion traduit un formidable instinct de mise en scène. Il serait dommage de passer à côté.

Nozières (salle des fêtes) :
vendredi 01 juin à 13h30 (séance scolaire ouverte à tous)

 

 

Du 23 au 29 mai 28 mai, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 21:17

L’ENFANT D’EN HAUT

Du 23 au 29 mai dans Archives affiche-lenfant-den-haut
Film de Ursula Meier (Drame – France / Suisse – 2012 – 1h37)
Avec Léa Seydoux, Kacey Mottet Klein, Martin Compston, Jean-François Stévenin…

Simon a 12 ans et vit avec sa sœur, Louise, dans une vallée un peu désolée et industrielle, striée de routes et d’autoroutes, au pied des montagnes. Chaque jour, il s’échappe vers les sommets et dépouille les touristes, dans les vestiaires où ils se sont délestés de leurs effets, avant de se déguiser en cosmonautes de la poudreuse. Le petit voleur est un enfant sauvage. Sans parents, ni lien social visible (ni école, ni autorité, pas même celle de sa grande sœur). Ce furet au regard direct repart, les poches bourrées d’un butin qu’il revend en bas, à la sauvette et de nourriture pour le soir, enfournée dans son blouson d’hiver. Sa sœur est larguée, hors limites, chatte perdue entre les hommes de passage qui la battent, l’abandonnent, elle se traîne dans l’existence. Louise arbore des tenues sexy, provocantes, pour attirer les regards mais ne récolte que les ennuis. Deux êtres errants, sans port d’attache. Leurs relations imprécises, flottantes, sans réels contours identifiables, demeurent le fascinant mystère et la clé de ce film impressionnant et tranchant comme la glace. Jusqu’à la révélation brutale que précipite Simon par peur de l’abandon. Il décide soudain d’abattre, pour de bon, les cartes d’un jeu biaisé, quitte à ruiner le désir d’avenir de sa « sœur » sur le chemin d’un amour qui semblait être le bon. L’un et l’autre en manque d’affection ont du mal à se rejoindre et jouent des rôles différents : Simon agit tantôt comme un père, un fils, ou un amant ; Louise se comporte en vamp immature et dépendante. L’une des beautés de ce film âpre et magnifique tient à une série d’oppositions entre cette vallée ouvrière et les sommets lumineux où les skieurs s’adonnent à des loisirs insouciants, pendant que d’autres triment pour leur servir une apparence de confort ; entre ce duo étrange aux aspirations brouillonnes, enfermé dans la mouise, dans une dérive sans solution, sur un non-dit explosif et enfermé dans une tour sans horizon. Couple instable sur un rafiot en perdition, êtres en fuite sur une voie sans issue. Voleur et menteur, Simon mystifie ses proies, s’invente une vie rêvée. Il quête de l’affection, à sa manière, rebelle et touchante. De ce va-et-vient entre le bas et le haut naît une dynamique qui irrigue cette œuvre éloquente sur l’époque. Présenté au festival de Berlin, L’Enfant d’en haut  qui a reçu l’Ours d’argent (mention spéciale du jury) affirme un ton et un style qui rappellent le Doillon des débuts, l’univers des frères Dardenne, l’âpreté de Ken Loach et l’empathie de Mike Leigh dont Ursula Meier serait la continuatrice inspirée. 

Ce film est précédé du court métrage:
LA PAGELLA
un film de Alessandro Celli
(Fiction – Italie – 2009 – 11′ – V.O.S.T.)

Un enfant rend visite à son père pour lui montrer son carnet scolaire avant de partir en vacances. La procédure est toujours la même : l’atmosphère est tendue, les regards sont sombres et l’entrevue pleine d’émotion.  Dans un face à face tendu, père et fils se parlent et s’écoutent. Le cadre influence notre regard et la fin du film dévoile un aspect des choses que nous n’avions pas envisagé. On pourrait presque parler d’un film à chute s’il n’émanait pas quelque chose de fort de ce sujet, de cette rencontre.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 24 mai à 21h

vendredi 25 mai
à 21h

Vernoux (salle du lac) :
lundi 28 mai à 18h & 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 27 mai à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 29 mai à 20h30

 

 

 

Du 16 au 22 mai 22 mai, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 23:17

BARBARA

Du 16 au 22 mai dans Archives AFFICHE-BARBARA
Film de Christian petzold (Drame – Allemagne – 2012 – 1h45 – V.O.S.T.)
Avec Nina Hoss, Ronald Zehrfeld, Rainer Bock…

L’action du film se déroule en 1980 en Allemagne de l’Est. Barbara est pédiatre. Originaire de Berlin-Est, elle est soupçonnée de vouloir passer à l’Ouest : les autorités viennent de la muter dans une clinique de province proche de la mer. Ses premiers contacts avec ses collègues sont très distants, sur le mode uniquement professionnel. Car Barbara a un amant de l’Ouest (qui a la possibilité de passer la frontière sans problème), avec lequel elle est en train d’organiser son propre passage vers la “liberté”. Mais très vite le médecin-chef de l’hôpital, André, d’abord admiratif devant ses qualités de médecin, va manifester des signes d’intérêt, d’affection à l’égard de la belle mais sombre Barbara. Peut-elle lui faire confiance ? A qui peut-on faire confiance, dans ce pays ? Ou même ailleurs ? Ou même dans l’amour ? La qualité du film de Petzold repose sur l’équilibre créé entre les deux forces qui le traversent, l’amour et le politique (la vie dans une dictature), dont la commune problématique repose donc sur la confiance. Sans vanter le moins du monde les mérites du passé communiste (le climat de méfiance généralisé du film ne cherche à tromper personne), la mise en scène s’arroge le droit d’en montrer aussi les aspects positifs, avec ses propres armes – d’abord par l’image, aux couleurs vives qui mettent en valeur les paysages, les visages des personnages. Le film de Petzold montre avec une réelle subtilité d’analyse, en évitant soigneusement de ne jamais tomber dans la métaphore, que la défiance entre les citoyens d’une même dictature s’accompagne d’une vertu insoupçonnée : l’attention aux autres.  Certes, tout un chacun peut être un agent de la Stasi mais cette autosurveillance généralisée engendre aussi parfois une solidarité inattendue entre victimes d’un même régime. Barbara va bientôt se retrouver face à un dilemme : réaliser son rêve de s’évader de son pays ou assumer la responsabilité de rester dans le sien pour tenter, à son niveau, d’améliorer la société comme elle ne va pas. Or ces deux décisions contradictoires coïncident justement avec les hésitations, les va-et-vient de ses sentiments. Qui aime-t-elle réellement ? Son amant passionné de l’Ouest plein aux as ou le Dr André, en qui la confiance s’installe au gré de leurs réussites médicales, mais aussi de leurs discussions ? La réponse que ce beau personnage de femme donnera aux mille questions qui l’écartèlent sera magnifique, courageuse, ouverte, poignante. Et surtout habilement amenée par une succession de scènes à l’agencement réglé comme du papier à musique, au premier abord mystérieuses et qui pourtant rendent peu à peu compréhensibles les hésitations de Barbara, sa compréhension d’un monde toujours plus compliqué. Barbara incarne à elle seule les errements, les haines et les douleurs passées, profondes, souvent tues, de tout un peuple. Un cinéma passionnant, haletant, attaché à l’écriture cinématographique comme celui d’Hitchcock, et posant sur la société de l’Allemagne de la postréunification un regard critique, voire ironique. En remettant à Barbara l’Ours d’argent de la mise en scène, le jury de la dernière Berlinale, présidé par Mike Leigh, a eu le nez fin.

Ce film est précédé du court métrage:
LA FEMME-SQUELETTE
un film de Sara Van Den Boom
(Animation – France – 2009 – 09’07 »)

Réduite à ses fonctions de ménagère, une jeune mère sombre dans la torpeur et noie sa tristesse dans le souvenir d’un homme qu’elle a aimé. Elle puisera dans ces tendres réminiscences la force nécessaire pour mener la barque familiale. Librement inspirée d’un conte inuit, La Femme-squelette est une fable contemporaine abordant, par le symbolique, la difficulté pour certaines jeunes femmes qui, devenues épouses et mères, s’épuisent et s’oublient dans un quotidien parfois ingrat. 

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 17 mai à 21h

vendredi 18 mai
à 21h

Vernoux (salle du lac) :
lundi 21 mai à 18h & 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 20 mai à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 22 mai à 20h30

 

 

 

Du 09 au 15 mai (2 films) 15 mai, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 23:24

SUR LA PISTE DU MARSUPILAMI

Du 09 au 15 mai (2 films) dans Archives affiche-sur-la-piste-du-marsupilami
Film de Alain Chabat (Comédie – France – 2012 – 01h45)
Avec Jamel Debbouze, Alain Chabat, Fred Testot, Géraldine Nakache, Lambert Wilson …
Film tout public, à partir de 6 ans

En Palombie, un petit escroc, Pablito, arnaque le touriste en sauvant des perroquets faussement mourants. À Paris, Dan Geraldo, reporter télé ringard, est menacé d’être viré s’il ne rapporte pas un scoop dans les dix jours. L’un va devenir le guide de l’autre, dans cette petite dictature sud-américaine dominée par un militaire (Lambert Wilson) porté sur la chansonnette et flanqué d’un botaniste traqueur d’orchidées. Plus précisément de cette orchidée très spéciale qui est la nourriture du Marsupilami. Car, quand Dan Geraldo arrive en Palombie, il ne se doute pas qu’il va faire la plus incroyable des découvertes: le Marsupilami, animal mythique et facétieux, existe vraiment !!! Houba houba, hop! Il mesure 80 cm, pèse 35 kg, dispose d’une queue de 8 m, vit en forêt tropicale et a fait, bien avant Gaston Lagaffe, le succès du dessinateur André Franquin. Alain Chabat aime la bande dessinée. Il l’a prouvé avec Astérix et Obélix : mission Cléopâtre. Et récidive aujourd’hui avec ce film d’aventures bâti autour du Marsupilami et conçu en hommage à Franquin. On retrouve le ton tendre et blagueur du dessinateur, son humour potache et sa délicieuse Palombie, concentré de clichés sur l’Amérique latine. Au centre de cet univers, Chabat crée deux personnages : Dan Geraldo, qu’il joue lui-même, un reporter imbécile mais gentil, et Paquito (Jamel Debbouze), un arnaqueur de première. Leurs aventures vont les mener sur la trace du fameux Marsupilami et surtout d’une amitié qui paraissait, au départ, fort mal engagée. Bref, il invente une comédie d’aventures exotique et bordélique, joyeux bric-à-brac bariolé, farfelu, bourré de trouvailles délirantes. Bien sûr, l’humour décalé des Nuls imprègne le film de bout en bout. Et le résultat est un spectacle familial jalonné de séquences mémorables. Au milieu se prélasse le miraculeux animal de Franquin, très à l’aise dans cette fatrasie qu’il enjolive de toutes les arabesques de sa queue interminable. On l’adopte!

Ce film est précédé du court métrage:
FOUTAISES
Film de Jean-Pierre Jeunet
(Fiction – France – 1989 – 7’18″)

Tout ce que j’aime. Tout ce que je n’aime pas. Jeunet, plus de dix ans après, réemploiera le gimmick consistant à caractériser ses personnages à travers ce qu’ils aiment et ce qu’ils n’aiment pas dans Le fabuleux destin d’Amélie Poulain

Lamastre (centre culturel)
vendredi 11 mai à 18h
samedi 12 mai à 21h

Vernoux en Vivarais (salle du Lac)
mercredi 09 mai à 17h
samedi 12 mai à 17h
lundi 14 mai à 18h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 13 mai à 17h30

St Jean Chambre (espace Balmont)
mardi 15 mai à 20h30


I WISH, NOS VŒUX SECRET

AFFICHE-I-WISH dans Archives

Film de Kore-Eda Hirokazu (Comédie dramatique – Japon – 2012 – 02h08 – V.O.S.T.)
Avec Koki Maeda, Ohshirô Maeda, Ryôga Hayashi…

Hirokazu Kore-eda est un subtil portraitiste de l’enfance. Il en connaît tous les secrets, tous les parfums, des plus légers aux plus graves, des plus doux aux plus joyeux. Le grand cinéaste japonais s’était déjà attardé dans cet univers avec Nobody Knows (2004) pour en tirer une tragédie poignante, celle de quatre gamins abandonnés par leur mère et livrés à eux-mêmes. I Wish est, à l’inverse, une chronique enfantine lumineuse et solaire. L’histoire de deux frères séparés par le divorce de leurs parents. L’aîné, Koichi, 12 ans, s’est installé dans le sud de l’île de Kyushu, avec sa mère et ses grands-parents. Ryunosuke, le cadet, vit au nord auprès de son père, guitariste rock. Les deux gamins restés complices se téléphonent tous les jours. Le sérieux et nostalgique Koichi rêve que leur famille soit de nouveau réunie. Quant à l’espiègle et rieur Ryunosuke, c’est un petit bonhomme débrouillard, qui cultive son potager et mène son père artiste à la baguette. Les deux frères se mettent à croire qu’un miracle pourrait se produire au point où se croiseront les TGV de la nouvelle ligne qui relie leurs deux régions. Leurs vœux les plus chers pourraient alors se réaliser. Ils décident de faire l’école buissonnière et entraînent leurs copains dans l’aventure. Sept gamins avec des vœux plein les poches: épouser la bibliothécaire, devenir joueur de base-ball professionnel ou le Motard Masqué, être actrice ou bien encore ressusciter le petit chien Marble que l’un d’entre eux transporte mort dans son sac à dos… Ce sera, à travers champs et voies ferrées, un voyage initiatique vers l’âge adulte. Kore-eda, sorte de Truffaut nippon, filme à hauteur d’enfant. Il capte avec sobriété et justesse leurs désirs, leurs maux et leurs mots tout comme leurs rapports avec les adultes. Il s’est entouré d’une bande de gamins formidables, à commencer par les deux petits acteurs Koki et Oshiro Maeda, également frères dans la vie. Gamin, Kore-eda avait appris à mettre de la distance, de la froideur dans ses relations avec ses parents pour ne pas être impliqué dans leurs perpétuelles disputes. Il rêvait d’être romancier. Mais c’est finalement le cinéma qui est entré par effraction dans son existence. En séchant ses cours de littérature, il s’aventure par hasard sur le chemin de la fac dans une salle d’art et d’essai. Et il y découvre sa vocation. Son œuvre, jusqu’à présent, ressemblait à un long questionnement sur la mort, le deuil, la mémoire et sur le temps qui passe. Avec ce huitième long-métrage, Kore-eda a accompli un petit miracle, plein de vie et de grâce.

Lamastre (centre culturel)
jeudi 10 mai à 21h
vendredi 11 mai à 21h

Vernoux en Vivarais (salle du Lac)
dimanche 13 mai à 17h
lundi 14 mai à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 13 mai à 20h30

 

 

Du 02 au 08 mai (2 films) 8 mai, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 16:15

OSLO 31 AOÛT

Du 02 au 08 mai (2 films) dans Archives affiche-OSLO-31-AO%C3%9BT1
Film de Joachim Trier (Drame – Norvège – 2012 – 01h36 – V.O.S.T.)
Avec Anders Danielsen Lie, Hans Olav Brenner, Ingrid Olava …

C’est le dernier jour de l’été et Anders, en fin de cure de désintoxication, se rend en ville le temps d’une journée pour un entretien d’embauche. L’occasion d’un bilan sur les opportunités manquées, les rêves de jeunesse envolés, et, peut-être, l’espoir d’un nouveau départ… Voilà un film qui, au lieu de nous divertir aimablement comme tant d’autres, semble nous demander pourquoi on vit, nous rappeler pourquoi on meurt. D’une beauté foudroyante, d’une lucidité perçante, Oslo, 31 août est une perle rare. Son héros au bord du vide est du genre inoubliable. L’effet de sidération commence dès le prologue, série de vues de la capitale norvégienne, étrangement déserte, sur fond de voix intérieures et souvenirs de jeunesse. Oslo, 31 août est librement adapté du Feu follet de Pierre Drieu la Rochelle, devenu trente ans après sa parution (en 1931), le chef-d’œuvre de Louis Malle, et celui son acteur, Maurice Ronet. Le personnage de Drieu la Rochelle était un dandy défait, un jet-setteur en bout de course. Son héritier norvégien, prénommé Anders, est plus quotidien : un grand garçon en jean-baskets, au regard intense, au sourire charmant. Mais lui aussi termine une cure de désintoxication – drogue comme dans le roman, plus alcool comme dans le film de Malle. Le 31 août est sa journée de « permission ». De retour en ville, il revoit des proches, tente de retrouver une amoureuse perdue de vue, se glissera dans l’une de ces soirées qui étaient son milieu naturel, quelques années auparavant. La question du suicide hante le film, comme jadis le roman. Prince déchu, dégrisé, Anders, c’est désormais monsieur Tout-le-monde ou presque, à la recherche d’une raison de garder sa place parmi les vivants. La prime jeunesse est finie, les années sauvages sont derrière, il s’agit de faire l’adulte. Encore faut-il en avoir envie. C’est, donc, une journée probatoire : la vie doit faire ses preuves aux yeux du revenant. Un suspense poignant s’insinue dans cette douceur de fin d’été. Le film balance sans cesse entre la tentation sensuelle et une distance irrévocable aux choses et aux êtres. Beau film d’un réalisateur inspiré par Joy Division, entre espoir de renouer avec le monde et pulsions de mort.

Ce film est précédé du court métrage:
SOUS LA LAME DE L’ÉPÉE
Film de Hélier Cisterne
(Fiction – France – 2011 – 12’30″)

D’origine chinoise, Tom, seize ans, est élève au lycée. Effacé et secret, il a fait de son invisibilité un refuge, une ligne de fuite.

Lamastre (centre culturel)
jeudi 03 mai à 21h
vendredi 04 mai à 21h

Vernoux en Vivarais (salle du Lac)
samedi 05 mai à 17h & 21h
lundi 07 mai à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 06 mai à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont)
mardi 08 mai à 20h30

 

JOUE-LA COMME BECKHAM

AFFICHE-JOUE-LA-COMME-BECKHAM dans Archives

Film de Gurinder Chadha (Comédie – Angleterre / USA – 2002 – 01h52)
Avec Parminder Nagra, Keira Knightley, Jonathan Rhys Meyers…
Film programmé dans le cadre de la semaine des sciences à Vernoux en Vivarais, sur le thème de « la physique fait du sport ».

Jesminder, appelez-la Jess, joue au foot comme personne. Au parc, dans son quartier londonien, cette jeune Anglo-Indienne pique le ballon à tous ses potes mâles. Bientôt repérée par Jules, autre mordue du ballon rond, elle devient membre de l’équipe féminine du coin. Entraînements, matchs, étincelles : à la maison, sa vocation déclenche une tempête sous le turban. On ne court pas en short dans un stade quand on approche de l’âge où il faut trouver un bon mari. Jess se désole. Elle était si douée, et son entraîneur, si joli garçon. Va-t-elle réussir à contourner la tradition et à vivre pleinement sa passion ? Cocktail sucré et coloré de thèmes populaires ­ le foot, la romance, les joies et peines de l’intégration ­ Joue-la comme Beckham (la superstar de Manchester United est l’idole des deux footballeuses) a été habilement dosé pour plaire à tous les publics. Un divertissement léger, mais agréable, qui, à l’instar de Jess (énergique Parminder Nagra) « la joue » droit au but.

Vernoux en Vivarais (salle du Lac)
vendredi 04 mai à 21h (séance gratuite)

 

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