Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

Du 29 février au 06 mars 7 mars, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 14:59

J.EDGAR

Du 29 février au 06 mars dans Archives affiche-J.edgar_
Film de Clint Eastwood (Biopic / drame – USA – 2012 – 2h15 – V.O.S.T.)
Avec Leonardo DiCaprio, Naomi Watts, Armie Hammer, Josh Lucas…

Le film explore la vie publique et privée de l’une des figures les plus puissantes, les plus controversées et les plus énigmatiques du 20e siècle, J. Edgar Hoover. Incarnation du maintien de la loi en Amérique pendant près de cinquante ans, J. Edgar Hoover était à la fois craint et admiré, honni et révéré. Mais, derrière les portes fermées, il cachait des secrets qui auraient pu ruiner son image, sa carrière et sa vie. Avec J. Edgar, Clint Eastwood réalise sans doute un de ses films les plus ambitieux, bien aidé par un Leonardo DiCaprio magistral dans un registre mêlant l’antipathique au vulnérable qu’il maîtrise sur le bout des doigts. Eastwood dresse un portrait de «son» Amérique, celle d’une supposée apogée que le cinéaste a fini par incarner, à travers un héros paradoxal, torturé et tragique, vivant toute son existence au rythme contraire de sa réputation. J. Edgar Hoover fut le redouté patron du FBI. Avec un acharnement obsessionnel, il mit tout ce qu’il put en fiches détaillées, modernisant les techniques de police scientifique et usant de tous les coups tordus pour maintenir son pouvoir à une échelle de quasi-invincibilité. Il fait plus que survivre à huit présidents qui, au même titre que chaque personnalité politique américaine, vivaient dans la crainte de son ahurissante collection de dossiers compromettants qu’il entassait dans un placard de son bureau. A ce titre, les frères Kennedy en ont salement bavé, de même que Franklin D. Roosevelt qui dut encaisser les révélations sur le compte de son épouse, paraît-il aussi attirée par les aventures fugaces avec des femmes que par les idées progressistes. En revanche, le tout-puissant FBI et son directeur se sont montrés bien mous du genou quand il s’est agi de lutter contre le crime organisé. D’où un soupçon légitime de collusion avec la mafia qui se portait comme un charme tandis que le moindre membre d’un groupuscule de gauche était traqué sans pitié. Par contre, le quotidien d’Hoover n’était que manies de vieux garçon et manifestations de son sale caractère, humiliant ses agents, exprimant sans retenue son mépris pour les Noirs, les Juifs ou les homosexuels et cultivant une haine sans limite pour tout ce qui se rapprochait des communistes. Ce qui intéresse Eastwood au plus haut point dans ce personnage, c’est la part de mystères et de légendes ténébreuses. Le film prend à son compte l’hypothèse que Hoover était sous l’emprise castratrice d’une mère dragon dont il n’est jamais parvenu à se soustraire. Il dit enfin que Hoover n’a connu qu’un seul et unique amour : Clyde Tolson, son adjoint, avec qui il vivait, dînait, partait en vacances en Floride, jouait aux courses et aux côtés duquel il voulut se faire enterrer. Avant d’être un film sur l’exercice du pouvoir, J. Edgar est un film sur un amour impossible. Que Hoover ait couché avec Tolson n’est pas la question. Le film montre bien davantage que Hoover, le gardien le plus féroce, le plus intransigeant d’un conformisme américain blanc, a été le maître d’ouvrage d’un système totalitaire dans lequel il s’est lui-même enseveli. Son entêtement à empiler les secrets de toute l’Amérique dans un placard ne servait finalement qu’à mieux y dissimuler les siens. A sa mort, sa secrétaire, qui l’a accompagné pendant toute sa carrière, a détruit tous les dossiers, sans un mot. J.Edgar est une réussite, un film tourmenté et fascinant surgi des replis les plus ténébreux de l’histoire et de la psyché américaines.

film précédé d’un court métrage:

FRENCH ROAST

Film de Fabrice O.Joubert (Animation – France – 2010 – 0h08)

Au moment de régler l’addition dans une chic brasserie Parisienne, un homme d’affaires guindé se rend compte avec horreur qu’il a oublié son portefeuille : comment va-t-il payer ?

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 01 mars à 21h

vendredi 02 mars
21h

Vernoux (salle du lac) :
samedi 03 mars 21h
dimanche 04 mars 17h
lundi 05 mars à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 04 mars à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 06 mars à 20h30

 

 

 

Du 08 au 28 février (3 films) 29 février, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 12:56

LA COLLINE AUX COQUELICOTS

Du 08 au 28 février (3 films) dans Archives affiche-la-colline-aux-coquelicots
Film de Goro Miyazaki (animation -Japon – 2012 – 1h31 – V.F.)
Film tout public à partir de 6 ans

Umi est une jeune lycéenne qui vit dans une vieille bâtisse perchée au sommet d’une colline surplombant le port de Yokohama. Chaque matin, depuis que son père a disparu en mer, elle hisse face à la baie deux pavillons, comme un message lancé à l’horizon. Au lycée, quelqu’un a même écrit un article sur cet émouvant signal dans le journal du campus. C’est peut-être l’intrépide Shun, le séduisant jeune homme qu’Umi n’a pas manqué de remarquer… Attirés l’un par l’autre, les deux jeunes gens vont partager de plus en plus d’activités, de la sauvegarde du vieux foyer jusqu’à la rédaction du journal. Pourtant, leur relation va prendre un tour inattendu avec la découverte d’un secret qui entoure leur naissance et semble les lier… Dans un Japon des années 60, entre tradition et modernité, à l’aube d’une nouvelle ère, Umi et Shun vont se découvrir et partager une émouvante histoire d’amitié, d’amour et d’espoir. A l’évidence, Goro Miyazaki marche sur les traces de son père, le grand maître du manga Hayao Miyazaki. Moins axé sur le fantastique, plus porté sur le réalisme du quotidien, il signe avec La Colline aux coquelicots une merveille de film d’animation qui allie finesse du dessin, rythme et subtilité des nuances de couleurs. Outre la beauté fulgurante des paysages — on a par moments l’impression de pénétrer dans un tableau impressionniste — le talent de Miyazaki réside dans la subtilité des moindres détails. Ainsi, des repas préparés par la jeune Umi, des habitudes de vie des étudiants ou de la description d’un marché aux poissons. C’est une ode à la solidarité et aux plaisirs de la vie. C’est touchant, contemplatif, plein de grâce et a le mérite d’être vu et revu.

Lamastre (centre culturel) :
vendredi 10 février à 14h
(séance scolaire ouverte à tous)
samedi 11 février
à 15h
mardi 14 février à 15h

Vernoux (salle du lac) :
mercredi 08 février à 14h
samedi 11 février à 17h30
lundi 13 février à 17h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 12 février à 17h30

 

CHEBURASHKA & SES AMIS

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Film de Makoto Nakamura (animation – Japon – 2011 – 1h20 – V.F.)
Film tout public à partir de 3 ans

Cette compilation de trois films d’animation destinés aux tout petits va permettre aux enfants français de découvrir  l’une des mascottes de l’univers enfantin russe. Cheburashka, son personnage central, est tiré d’une histoire de l’écrivain Edouard Ouspenski (Crocodile Gena et ses amis, 1966) qui fut adaptée de 1969 à 1983 sous la forme d’une série de films d’animation. Très populaire en Russie, ce personnage est aussi connu dans les pays de l’ex-bloc soviétique et, plus étonnamment, au Japon où cette peluche aux formes simplifiées et arrondies a connu une forte vogue au pays du manga dans les années 2000.  C’est un univers charmant qui est mis en scène ici, sous forme de trois histoires successives. Il rassemble notamment Cheburashka, son ami Gena le crocodile, et une vieille dame pas très sympathique du nom de Chapeau-Claque. Le premier, débarqué en Russie de sa forêt tropicale dans une caisse d’oranges, est un animal non répertorié qui ressemble à une adorable petite peluche marron aux grandes oreilles. Le second est un crocodile qui porte chapeau, fume la pipe, et qui rêve, lorsqu’il rentre de sa journée de travail au zoo, de se faire des amis. La troisième, tout habillée de noir et cachant un rat dans son sac à main, ne cesse de jouer les pires tours à ses congénères. Leur quotidien va cependant être ébranlé par l’arrivée en ville d’un cirque… Leurs aventures se déroulent dans un décor dépouillé aux couleurs vives, et exaltent toujours la gentillesse comme la plus grande des vertus. L’entraide, la tolérance, l’amitié et la persévérance sont les valeurs phares de ce film poétique, drôle et un peu mélancolique.

Lamastre (centre culturel)
vendredi 10 février à 9h15 (séance scolaire ouverte à tous)
jeudi 16 février à 14h30
mardi 21 février à 15h30

Vernoux (salle du lac)
Mercredi 15 février à 14h
Samedi 18 février à 15h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 19 février à 17h30

LE VILAIN PETIT CANARD

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Film de Garri Bardine (animation – Russie – 2011 – 1h14 – V.F.)
Film tout public à partir de 5 ans

Garri Bardine, l’auteur de cette adaptation du Vilain Petit Canard (conte écrit en 1842 par Hans Christian Andersen), est le maître incontesté de l’animation russe. Son terrain de jeu, l’animation de marionnettes, est entaché de la tradition et de l’artisanat. Bardine cultive depuis bientôt quarante ans l’esthétique brute et l’inquiétante étrangeté. Que de génie dans cet art de la laideur, dans le comique ravageur de ces figures visiblement composées de bric et de broc, et dans le lyrisme déchaîné qui les unit à la bande musicale. Le Vilain Petit Canard, sorti en 2010 en Russie, est le premier long-métrage de cet auteur : six ans de travail, quatre cents marionnettes modelées à la main et animées image par image. Un film dont la puissance d’évocation, la sombre poésie, l’alchimie de la plastique et de la musique, sont intactes. Passons rapidement sur l’intrigue, connue : éclos d’un oeuf abandonné, un oisillon d’une vilaine noirceur, ne ressemblant à personne, se voit rejeté par tous. Moqué, humilié et abandonné, il doit s’exiler avant de se transfigurer en cygne majestueux. Bardine orchestre ce canevas en recourant à la dialectique de la laideur et du sublime (Le Lac des cygnes, de Tchaïkovski, devenant l’hymne pathétique du paria). Il transfigure par ailleurs le conte en comédie musicale politique, faisant du poulailler un enclos totalitaire soumis à un ordre martial (choeurs, alignement de parade, salut au drapeau) dirigé par un coq grotesque. C’est ainsi que Le Vilain Petit Canard devient le salut contemporain au monde d’un poète de la Russie éternelle. Cette charge — disons politique — ne vient jamais empiéter la dimension poétique et une merveille d’écriture cinématographique se destinant à tous les âges. À l’époque du 100% synthétique, Le Vilain Petit Canard représente une sorte d’anomalie, il s’érige cependant comme un jalon du cinéma d’animation, un déjà classique.

Lamastre (centre culturel)
vendredi 17 février à 15h30
jeudi 23 février à 14h30

Vernoux (salle du lac)
mercredi 15 février à 17h
samedi 18 février à 17h
mercredi 22 à 14h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 26 février à 17h30

 

 

Du 22 au 28 février (2 films)

Classé dans : Archives — Moïse @ 11:00

17 FILLES

Du 22 au 28 février (2 films) dans Archives affiche-17-filles
Film de Délphine et Muriel Coulin (Comédie dramatique – France – 2011 – 1h27)
Avec Louise Grinberg, Juliette Darche, Roxane Duran, Esther Garrell, Solène Rigot…

Dans une petite ville au bord de l’océan, dix-sept adolescentes d’un même lycée breton prennent ensemble une décision inattendue et incompréhensible aux yeux des garçons et des adultes : elles décident de tomber enceintes en même temps. Inspiré d’un fait divers survenu dans un campus américain, réacclimaté aux côtes venteuses de la Bretagne, 17 filles décrit en effet l’entêtement d’une lycéenne à garder un bébé issu d’un “accident de capote”. Puis le sidérant effet de contagion qui se propage dans le bahut et conduit seize autres filles à se retrouver elles aussi enceintes. Pour celles qui l’accomplissent, c’est un geste de révolte, une envie de couper le cordon avec la famille, une façon de devenir précocement adultes. Pour leur entourage, (parents, personnel scolaire), c’est au contraire faire le choix de l’aliénation, se priver d’études qui leur permettraient éventuellement de s’affranchir de leur milieu social plus ou moins modeste. Entre les rêveries des adolescentes (qui s’imaginent vivre en communauté, élever leurs bébés toutes ensemble…) et les protestations aguerries des parents, le film ne tranche pas tout à fait mais ne dissimule pas son empathie pour les premières. Il y a quelque chose d’incompréhensible dans ce geste. Et c’est précisément parce que tous ceux qui n’appartiennent pas à cette communauté n’y entendent rien que c’est un vrai geste de révolte. Une révolte, douce mais têtue, que les sœurs Coulin filment de façon lyrique, en faisant danser les corps de leurs petites amazones, en saturant la bande-son d’hymnes néopunk, en rendant compte avec justesse de l’ivresse propre aux adolescents de décider pour la première fois quelque chose de crucial pour eux-mêmes. Ce que veulent faire les filles avant tout, c’est quelque chose ensemble. Delphine et Muriel Coulin, deux sœurs issues du documentaire, elles, ont fait un film. Leur premier bébé. Une vraie réussite. On leur en souhaite beaucoup d’autres. Un film sensible et plein d’allant.

 

Film précédé d’un court métrage:

UNE LEçON PARTICULIÈRE

un film de Raphaël Chevènement (Comédie sentimentale – France – 2007 – 0h10)

Cyril, dix-sept ans, prend un cours particulier de français avec Eva, vingt-sept ans. Ils étudient un poème d’amour de Victor Hugo.

 

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 23 février à 21h

vendredi 24 février
21h

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 26 février à 17h
lundi 27 février à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 26 février à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 27 février à 20h30

 

OXYGÈNE

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Film de Hans Van Nuffel (Drame – Belgique / Canada – 2011 – 1h38 – V.F.)
Avec Stef Aerts, Marie Vinck, Wouter Hendrickx …
Film projeté dans le cadre d’une soirée citoyenne mise en place par le LEPAP de Lamastre
Le thème de cette première soirée est la santé. Le film sera suivit d’un débat.

Comme Lucas, son frère aîné, Tom est atteint d’une maladie génétique qui détruit ses poumons. En révolte contre son entourage et pour conjurer son espérance de vie réduite, Tom fréquente une bande de petits délinquants et vit intensément chaque minute de sa vie. Pourtant, à l’hôpital Tom est séduit par l’optimisme de Xavier qui souffre comme lui et il succombe à l’humour dévastateur d’Éline, une jeune patiente confinée en chambre d’isolement. Cette double rencontre va donner à Tom un nouveau sens à sa vie.  Au-delà de la maladie (la fibrose kystique, une maladie génétique qui s’attaque aux poumons), le récit propose le portrait d’un adolescent qui, confronté à la mort, passe du morveux qui grille sa vie au jeune adulte rattrapé par sa conscience et obsédé par ce qu’il va laisser aux autres. Les questions qui en découlent sont moins mièvres que cruelles : quel est la part d’espoir lorsque tout est condamné à l’avance? Est-il possible de vivre une histoire d’amour?  Au contact des autres malades, dont Xavier qui devient à la fois son rival, son frère de substitution et son double, l’adolescent réalise le coût d’une vie et oublie ses caprices. Alors qu’il aurait tellement été facile avec un pareil sujet de sortir les violons et d’enfoncer les doigts dans les yeux, Hans Van Nuffel ne sombre pas dans la moralisation et réussit à générer une vraie émotion. Avec une totale discrétion, il s’impose comme l’une des promesses du cinéma flamand.

Lamastre (centre culturel) :
mardi 28 février à 19h


 

 

Du 15 au 21 février (2 films) 21 février, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 23:06

LOUISE WIMMER

Du 15 au 21 février (2 films) dans Archives affiche-Louise-Wimmer
Film de Cyril Mennegun (Drame – France – 2012 – 1h20)
Avec Corinne Masiero, Jérôme Kircher, Anne Benoit, Marie Kremer…

L’héroïne, Louise Wimmer (Corinne Masiero, une révélation), en concurrence directe avec les personnages féminins de Ken Loach, est une quadra plus tellement pimpante qu’un divorce apparemment brutal a plongée dans l’enfer de la précarité. Femme de ménage à la solde d’un patron tyrannique, elle dort dans sa voiture, consume ses journées entre les PMU et les baises sans amour dans des hôtels miteux. Elle est peu aimable (mais qui le serait ?), presque antipathique, et refuse à quiconque de dévoiler le moindre indice sur son passé – trop fière ou simplement enfermée dans le déni. Arc-boutée contre la fatalité, elle incarne la volonté de prendre son destin en main. Louise est d’autant plus héroïque qu’elle est ordinaire. Louise vit au bord du gouffre et le film ressemble d’abord à la peinture d’une situation sociale, d’une précarité montrée ici dans sa forme la plus extrême. Si Louise Wimmer s’en tenait à ce seul propos, ce serait un film méritoire, un « cri d’alarme » ou un « implacable réquisitoire ». Or, c’est bien plus que ça. On voit bien avec ce portrait en pointillé ce qui motive le film, sa volonté de ne rien céder à la psychologie, de camper les effets quotidiens et prosaïques d’un déclassement : Louise Wimmer restera un mystère, l’esquisse du drame des travailleurs pauvres. Mais dans ce bloc de misère, le réalisateur et la comédienne sculptent peu à peu un personnage d’une grande complexité. Issu du documentaire, Cyril Mennegun signale à grands traits son expertise dans des séquences hyperréalistes, accordées par un scénario malin qui fait du plus petit accident un nouveau motif de suspense. Tout cela serait déjà vu ou anecdotique si Louise Wimmer n’entraînait pas dans sa chute une idée de la France telle qu’elle va, et dont les termes propulsent le film bien au-dessus de la petite chronique à fleur de réel. Le monde du travail, le vieux mythe de la solidarité de classe, la famille, l’amitié : c’est un champ de ruines dans lequel se débat Louise Wimmer, un vaste no man’s land où les valeurs d’hier sont battues en brèche par un capitalisme sans nom.

Film précédé d’un court métrage:

L’HOMME À LA GORDINI

un film de Jean-Christophe Lie (Animation – France – 2009 – 0h10)

Fin des années 1970, une banlieue imaginaire où la coutume est de ne porter ni de slip ni de pantalon, uniquement des hauts oranges. Avec l’aide d’un insurgé masqué en R8 Gordini bleue, Monsieur R et sa femme préparent une révolution vestimentaire radicale et s’élancent à l’assaut du totalitarisme monochromatique orange.

 

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 16 février à 21h

vendredi 17 février
21h

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 19 février à 17h
lundi 20 février à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 19 février à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 21 février à 20h30

 

CARMEN JONES

affiche-carmen-jones dans Archives
Film de Otto Preminger (romance / musical – USA – 1981 – 1h47 – V.O.S.T.)
Avec Dorothy Dandridge, Harry Belafonte, Pearl Bailey, Olga James …

Pendant la Seconde Guerre mondiale, dans le Sud des Etats-Unis, au milieu d’un camp militaire, la jolie Carmen Jones aux mœurs légères fait tourner les têtes des soldats, provoquant des rivalités jalouses. Joe se laisse séduire, abandonne sa gentille fiancée pour la sulfureuse Carmen et devient déserteur. Il est mis en prison mais Carmen accepte d’attendre sa sortie pour qu’ils continuent de filer leur parfait amour… Le roman originel de Mérimée pour l’histoire, l’opéra de Bizet pour la musique, le musical de Broadway, pour sa transposition du drame dans un milieu exclusivement afro-américain : autant de sources dont se nourrit Preminger pour livrer une version cinématographique de Carmen finalement tout à fait personnelle. On ne s’étonnera pas qu’une telle histoire ait pu intéresser un cinéaste particulièrement porté sur les personnages hors normes. Loin de tout académisme, son Carmen Jones est riche en audaces. Il fallait d’abord oser réintégrer dans la transposition contemporaine de cette histoire ancienne les airs d’opéra que le musical avait délaissés. Le choc entre des registres d’art a priori antagonistes ne se produit pas seulement à l’échelle des séquences, mais au sein même des passages chantés, qui fusionnent les mélodies de Bizet à la langue populaire qui leur sert d’appui. Ce sont ces paroles qui font le lien entre les scènes parlées et chantées et donnent aux interventions musicales toute leur pertinence. Comme Carmen Jones, cette femme qu’une forme de sagesse retient d’accorder trop d’importance à la vie, le film qui porte son nom fait une sorte de constat de la nature irrationnelle et immorale de l’être humain, rendant compte avec acuité des mécanismes affectifs qui régissent les comportements de chacun.

Lamastre (centre culturel) :
mardi 21 février à 21h

Vernoux (salle du lac) :
samedi 18 février à 21h

 

 

Du 08 au 14 Février (3 films) 14 février, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 23:08

TAKE SHELTER

Du 08 au 14 Février (3 films) dans Archives affiche-take-shelter
Film de Jeff Nichols (drame – USA – 2012 – 2h00 – V.O.S.T.)
Avec Michael Shannon, Jessica Chastain, Tova Stewart, Shea Whigham …
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

La fin du monde, grande affaire du cinéma contemporain, trouve en Take Shelter une de ses expressions les plus saisissantes, originales et pourtant élémentaires. Le film commence par une vision lancinante qui, par un simple mouvement de balancier, ne va cesser de revenir ébranler les certitudes d’un homme, en même temps que celles du spectateur. Curtis LaForche, un père de famille paisible, modeste ouvrier pour une société de forage, bon chrétien, bon mari, fait un cauchemar : il aperçoit, depuis son jardin, une tornade monumentale s’avancer inexorablement. A son réveil, la sensation de réel est si forte qu’il finit par se convaincre du caractère prémonitoire de ce rêve bientôt récurrent et décide, pour protéger sa femme et sa petite fille, de construire un abri au fond du jardin. Seul contre tous. Détail d’importance, il habite l’Ohio, État déshérité du Midwest dont les vastes plaines au ciel bleu figurent la plus terrifiante des prisons : sans rien pour entraver ce paysage immense, le danger peut venir de partout, de l’horizon ou de l’azur, du proche ou du lointain, de Dieu ou d’un chien ; seul le sous-sol pourrait constituer un abri (“shelter” en anglais), et encore. Ainsi, les grands espaces jadis synonymes de liberté et de puissance pour l’homme américain deviennent ici sa damnation. En quelques plans d’une beauté axiomatique, Take Shelter se déploie majestueusement, avec l’implacable tranquillité des grandes tragédies, et Jeff Nichols de s’imposer, après l’excellent Shotgun Stories en 2007, comme le plus grand espoir du cinéma américain, dans la noble lignée Ford-Cimino-Malick. On le comprend vite, l’Apocalypse n’est pas son sujet : c’est sous le crâne de LaForche que la véritable tempête fait rage. Les scènes proprement catastrophiques sont réduites à leur plus simple – mais terrifiante – expression, et plutôt que de chercher à concurrencer Hollywood sur son terrain spectaculaire, Nichols se rive au quotidien. Si la menace demeure abstraite, inscrivant le film dans une dimension cosmique, ses effets sont on ne peut plus concrets : de la consultation d’un psychologue à la visite bouleversante d’une mère schizophrène pour s’enquérir d’éventuels antécédents, de la honte d’un drap mouillé par la pisse à la crainte de ne pouvoir payer les traites à la fin du mois, les personnages sont englués dans des soucis quotidiens. Il faut insister sur cette qualité car, pour aussi déceptive qu’elle soit – le film ne vise nullement la sidération, il est plutôt de ceux qui obsède encore des jours après la projection –, elle est extrêmement précieuse. C’est parce que le film ne quitte jamais le terrain du réalisme – pas plus que le territoire réduit de sa petite communauté soudée – que ses visions, et notamment la dernière, sont à ce point terrassantes. 2012, année apocalyptique, pouvait difficilement mieux commencer.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 09 février à 21h

vendredi 10 février
21h

Vernoux (salle du lac) :
samedi 11 février à 21h
lundi 13 février à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 12 février à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 14 février à 20h30

 

RRRrrrr!!!

affiche-RRRrrrr dans Archives
Film de Alain Chabat (comédie – France – 2004 – 1h38)
Avec Jean-Paul Rouve, Alain Chabat, Gérard Depardieu, Marina Foïs, Jean Rochefort…
Film tout public

Il y a 37 000 ans, deux tribus voisines vivaient en paix… à un cheveu près. Pendant que la tribu des Cheveux Propres coulait des jours paisibles en gardant pour elle seule le secret de la formule du shampooing, la tribu des Cheveux Sales se lamentait. Son chef décida d’envoyer un espion pour voler la recette. Mais un événement bien plus grave allait bouleverser la vie des Cheveux Propres : pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, un crime venait d’être commis. Comment découvrir son auteur ? Au temps des mammouths et des moumoutes commence la première enquête policière de l’Histoire. Un film écrit par les Robins des Bois et réalisé par Alain Chabat, chef des Nuls, ne pouvait faire que des étincelles…

Désaignes (salle des fêtes) :
samedi 11 février à 19h

 

 

Du 01 au 07 Février (2 films) 8 février, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 9:05

TOUS AU LARZAC

Du 01 au 07 Février (2 films) dans Archives affiche-tous-au-larzac
Film de Christian Rouaud (documentaire – France – 2011 – 1h58)
Avec Léon Maille, Pierre et Christianne Burguière, José Bové, Marizette Tarlier…

Marizette, Christiane, Pierre, Léon, José… sont quelques uns des acteurs, drôles et émouvants, d’une incroyable lutte, celle des paysans du Larzac contre l’État, affrontement du faible contre le fort, qui les a unis dans un combat sans merci pour sauver leurs terres. Un combat déterminé et joyeux, mais parfois aussi éprouvant et périlleux. Tout commence en 1971, lorsque le gouvernement, par la voix de son ministre de la Défense Michel Debré, déclare que le camp militaire du Larzac doit s’étendre. Radicale, la colère se répand comme une trainée de poudre, les paysans se mobilisent et signent un serment : jamais ils ne céderont leurs terres. Dans le face à face quotidien avec l’armée et les forces de l’ordre, ils déploieront des trésors d’imagination pour faire entendre leur voix. Bientôt des centaines de comités Larzac naîtront dans toute la France… Dix ans de résistance, d’intelligence collective et de solidarité, qui les porteront vers la victoire. Sur un canevas thématique et temporel proche de son précédent film (Les Lip – l’imagination au pouvoir, sur la révolte des ouvriers de la société LIP), Christian Rouaud poursuit son travail d’exhumation des méthodes de résistance du peuple et trace une nouvelle radiographie de la « lutte joyeuse », qui rappelle que l’esprit d’insoumission reste la meilleure prérogative pour faire valoir ses droits. Il n’est ici nullement question de donner la parole à la défense (en l’occurrence, le gouvernement de l’époque), ou de dresser un portrait à charge de l’appareil étatique, mais bien de décrire les rouages d’une prise de conscience et les moyens particuliers mis en œuvre pour offrir une opposition appropriée. Rouaud a le grand mérite de ne jamais se poser en donneur de leçons, car il sait aussi bien que ses protagonistes qu’il n’existe pas de modèle type de la lutte, et son intérêt se focalise sur la façon dont il faut constamment réinventer ses propres moyens de résistance. La richesse du récit tient en particulier à la verve avec laquelle sont rapportés les témoignages, souvent drôles, d’une lutte guidée par un esprit d’improvisation et d’insouciance. C’est aussi l’histoire d’une transformation, celle de paysans timorés éparpillés sur la surface du plateau du Larzac, à qui le mouvement contestataire entrevu à la télévision de mai 1968 avait pu faire peur, et qui décident de s’engager dans la voie de l’activisme. Rouaud choisit d’en montrer le caractère fastidieux, notamment dans la cohabitation avec d’autres mouvements (marxistes, non-violents…) et à travers les débats sur les moyens d’actions que chacun propose : jeûne, manifestations, occupation du terrain. Avec, en filigrane, quelques questions brûlantes sur le militantisme : comment organiser une résistance singulière pour éviter de voir le mouvement récupéré par les différentes mouvances gauchistes au nom de leurs propres idées ? Comment se fondre dans un collectif épars tout en conservant sa propre unité ? L’ensemble de ces problématiques pose une réflexion passionnante sur les questions de légitimité et de légalité. Comment justifier, pour soi-même et pour les autres, d’entreprendre une action qui à la fois semble juste et impose de faire offense à la loi ? Plutôt que de proposer un manuel scolaire de l’insoumission, les témoignages dessinent peu à peu la création d’un affrontement plus symbolique, d’un duel stratégique et géographique, préfigurant les luttes d’aujourd’hui où il s’agit plus d’envoyer un signal médiatique fort que d’entreprendre une réelle action. Avec Tous au Larzac, Christian Rouaud prouve que la lutte reste, même à notre époque où tout se dématérialise à vitesse grand V, une véritable guerre d’occupation. Et entame, au passage, un dialogue tout en résonance avec les mouvements protestataires d’aujourd’hui comme, par exemple, les Indignés.

 

Film précédé d’un court métrage:

LES BARBARES

un film de Jean-Gabriel Périot (Documentaire alter mondialiste arty – France – 2010 – 0h05)

Usant d’un savoir faire en termes de montage et de choix musicaux, le réalisateur parvient à traduire, sans commentaires ni dialogues, les rapports de force qui régissent la société politico-économique actuelle.

 

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 02 février à 21h

vendredi 03 février
21h
mardi 07 février à 14h
(séance scolaire ouverte à tous)

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 05 février à 17h
lundi 06 février à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 05 février à 20h3

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 07 février à 20h30

 

LE NOM DES GENS

affiche-le-non-des-gens dans Archives
Film Michel Leclerc (comédie / France /  2010 / 1h44)
Avec Jacques Gamblin, Sara Forestier, Zinédine Soualem, Lionel Jospin …
Film lauréat du palmarès 2011 des spectateurs

Lui, c’est Arthur Martin (Jacques Gamblin), escorté de toutes les blagues attendues à en avoir ras-l’évier. Augure des temps modernes, il traque la grippe aviaire dans les entrailles des oiseaux. Elle, c’est Bahia Benmahmoud (Sara Forestier) que tout le monde croit, à tort, brésilienne. Ils vont se rencontrer sur un coup de colère. Et plus si affinités. Ces dernières ne sont rien moins qu’évidentes : il est jospinien. Elle se situe plutôt dans une extrême gauche qui voit l’extrême droite partout. Au point de se livrer à une croisade de conversion sexuelle, pour ramener les brebis égarées à l’UMP dans les bergeries du Larzac. De là, une comédie politique aux ressorts tendus avec humour, au rythme des lapsus et des malentendus. D’autant que les clans familiaux respectifs de ce duo amoureux ne manquent pas de sel. C’est au cours de l’une de leurs réunions que Lionel Jospin joue son propre rôle dans une séquence plutôt hilarante. En filigrane, se dessinent des interrogations sur ce que signifie être de gauche aujourd’hui. La vision caricaturale et archétypale révèle tout de même quelques traits justes. D’autres interrogations apparaissent autour de l’identité nationale mais empruntent des voies fort différentes de celles d’Éric Besson ou Brice Hortefeux. Les deux principaux personnages sont campés avec talent. Sara Forestier convainc vraiment par le mélange de candeur et de volontarisme avec lequel elle tient à faire le bonheur des autres sans forcément leur demander leur avis. Une comédie politique alerte sur l’art 
du trompe-l’œil.


Lamastre (centre culturel) :
dimanche 05 février 16h30

Vernoux (salle du lac) :
vendredi 03 février 21h00

 

 

 

Du 25 au 31 janvier (2 films) 1 février, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 13:52

LES ACACIAS

Du 25 au 31 janvier (2 films) dans Archives affiche-les-acacias
Film de Pablo Giorgelli (drame – Argentine – 2012 – 1h25 – V.O.S.T.)
Avec Germain De Silva, Hebe Duarte, Nayra Calle Mamani…
Caméra d’or du 64ème festival de Cannes

Asunción, de nos jours. Le dénommé Ruben, un routier argentin mutique, accueille dans son véhicule une femme et son bébé. Contre son gré, il doit cohabiter avec eux durant un long voyage qui les conduira jusqu’à Buenos Aires, 1 500 kilomètres plus loin. Les routiers sont sympas ? Pas sûr… L’asocial Ruben semble d’abord bien décidé à tout faire pour incarner une certaine idée de la muflerie. Et puis, peu à peu, presque insensiblement, le chauffeur et la timide héroïne apprennent à se connaître et à découvrir qu’ils se ressemblent… Dans Les acacias, son premier essai, le réalisateur Pablo Giorgelli met en scène une histoire d’amour pudique et secrète entre deux solitudes que rien ne semblait devoir réunir. Dans le huis clos du camion, le cinéaste organise un jeu infiniment subtil où son art de la suggestion fait merveille. Des regards plutôt que de grands discours, des hésitations plutôt que des démonstrations : pour raconter cette histoire simple et bouleversante, Pablo Giorgelli, bien aidé par ses deux comédiens formidables, fait preuve d’une finesse et d’une sensibilité hors norme. L’apparente simplicité du récit renvoie à une grâce où la justesse de l’interprétation, l’extrême précision des cadrages et le rythme apaisé enveloppent l’ensemble d’une poésie désarmante. En mai dernier, à Cannes, Les acacias a remporté le prix prestigieux de la caméra d’or, récompensant le meilleur premier film du festival. Il n’y a vraiment aucune raison de contredire le jury…

Film précédé d’un court métrage:

GRATTE-PAPIER

Film de Guillaume Martinez (comédie romantique  – France – 2005 – 0h08)

Une étincelle d’espoir inattendue dans la grisaille journalière du métro parisien.


Lamastre
(centre culturel) :

jeudi 26 janvier à 21h

vendredi 27 janvier
21h

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 29 janvier à 17h
lundi 30 janvier à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 29 janvier à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 31 janvier à 20h30

 

TIREZ SUR LE PIANISTE

affiche-tirez-sur-le-pianiste dans Archives
Film de François Truffaut (Policier – France – 1960 – 1h30)
Avec Charles Aznavour, Marie Dubois, Nicole Berger, Michèle Mercier …

Charlie Kohler joue du piano dans le bar-dancing populaire de Plyne. Son frère Chico, poursuivi par les gangsters Ernest et Momo, vient trouver refuge auprès de lui. Après avoir réglé la situation, Charlie regagne son domicile et retrouve son amie Clarisse, une jolie prostituée voisine de palier. Léna, la serveuse du bar, est intriguée par la timidité et le mutisme de Charlie.  Dans cette adaptation du roman de Goodis, le genre policier est joyeusement parodié : des gangsters peu effrayants, dont la conversation provoque le rire général, à la prestation de Boby Lapointe, dont la célèbre chanson Avanie et Framboise est sous-titrée, Truffaut s’amuse avec le public, multiplie les surprises et les digressions. Le thème de l’amour, qui domine comme dans la plupart de ses films, prend ici trois aspects, trois visages de femmes clairement différenciés par les mouvements de caméra et le cadrage. Tirez sur le pianiste est une pure merveille du cinéma français. Un polar tantôt illuminé par l’amour et tantôt profondément assombri par ce même amour. Au final, l’histoire policière est presque anodine, elle est surtout prétexte à mettre en scène cet amour au sens large, et ce, dans ses multiples formes, dans ce qu’il a de plus merveilleux et de plus infernal, dans ce qu’il a de plus jouissif et de plus tragique… Une histoire triste mais néanmoins teintée d’une certaine forme d’humour. Un classique de la « Nouvelle Vague » qui vaut largement le détour.

Lamastre (centre culturel) :
mardi 31 janvier à 21h

Vernoux (salle du lac) :
lundi 30 janvier à 18h

 

 

Du 18 au 22 janvier 25 janvier, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 9:17

SHAME

Du 18 au 22 janvier dans Archives affiche-Shame
Film de Steve McQueen (drame – Angleterre – 2011 – 1h39 – V.O.S.T.)
Avec Michael Fassbender, Carey Mulligan, Nicole Beharie, James Badge Dale…
Film interdit aux moins de 12 ans

C’est un cinéma ample, lyrique, qui se déploie à partir d’un lit défait, d’une chambre à coucher, d’une salle de bains, puis d’une rame de métro, d’un bureau aux parois de verre. C’est un regard insistant, scrutateur (celui du réalisateur) sur un homme, dans ses moindres faits et gestes, a fortiori les plus intimes. Célibataire, trentenaire, bien fait, élégant et peu disert. Bel appartement impersonnel à Manhattan, bon job insupportable, du « consulting », ce genre-là. Steve McQueen, révélé avec Hunger en 2008, confirme qu’il est l’un des grands metteurs en scène d’aujourd’hui, capable de donner une résonance quasi métaphysique aux images d’un tel quotidien. Ce film est l’étude d’une addiction – la maladie du nouveau siècle paraît-il, qu’elle porte sur le jeu, le travail ou sur le chocolat. Brandon lui, ne pense qu’au sexe, se masturbe du matin au soir, y compris dans les toilettes du bureau. Utilise tous les moyens modernes à sa disposition, de la webcam à la prostitution en ligne. Ignore le sentiment amoureux, la stabilité affective. Reflète un monde où la pornographie disponible à l’infini sur Internet a formaté les fantasmes et transformé le rapport à autrui. Shame repose, comme Hunger, sur une série de morceaux de bravoure, des situations simples explorées de fond en comble, à force de durée et d’acuité. Malgré sa bonne volonté, Brandon ne connaît que le sexe pour le sexe, avec une pro ou une inconnue, ou plusieurs. Jusqu’à un certain point, le film manifeste une neutralité vis-à-vis de cette sexualité compulsive. Le sens du tragique de Steve McQueen et son évident dolorisme ne sonnent pas comme un diagnostic médical, ni comme une condamnation morale. Avec l’installation chez Brandon de sa petite soeur très paumée, vaguement chanteuse, les choses se gâtent un peu. Le puritanisme dévoilé du réalisateur est contredit par l’attention dévorante, amoureuse, qu’il porte à son acteur, Michael Fassbender. Dont il exalte à tout moment le magnétisme sexuel. C’est Steve McQueen qui avait révélé Fassbender dans le rôle physiquement extrême du gréviste de la faim irlandais Bobby Sands (Hunger). Lui et son comédien, qui se sont manifestement trouvés l’un l’autre, poursuivent leur travail d’exploration des pouvoirs et des impasses du corps. Steve McQueen est plasticien de formation. Au-delà de son scénario, Shame brille comme une sorte d’installation sur un thème ultra contemporain, et à laquelle Fass­bender se donne entièrement, altier et ravagé, impudique et ténébreux. En un mot, sensationnel.

Film précédé d’un court métrage:

LOVE YOU MORE

Film de Sam Taylor-Wood (comédie sentimentale  – Grande Bretagne – 2008 – 0h15)

Londres, été 1978. Giorgia est assise en cours de géographie et couvre son cahier de graffitis. Assis non loin d’elle, Pierre lui lance des regards que Giorgia feint d’ignorer. L’été 78 c’est aussi celui de la sortie du single ‘Love You More’ des Buzzcocks… En ces temps de revival rock, Love You More touche une corde sensible, nostalgique. Le morceau Love You More est au cœur de ce film, par le truchement du 45 tours rythmant les ébats de deux ados anglais dont le cœur de petits punks bat fort sous leurs uniformes scolaires. Réjouissant, tonique, Love You More rappelle aussi à quel point les morceaux de musique pop tracent les cartographies de bien des itinéraires sentimentaux, compagnons de route menant, souvent, de l’adolescence à l’âge adulte.

 

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 19 janvier à 21h

vendredi 20 janvier
21h

Vernoux (salle du lac) :
lundi 23 janvier à 18h & 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 22 janvier à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 24 janvier à 20h30

 

 

 

Du 11 au 17 janvier 18 janvier, 2012

Classé dans : Archives — Moïse @ 17:15

LE HAVRE

Du 11 au 17 janvier dans Archives affiche-le-havre
Film de Aki Kaurismäki (comédie dramatique – France / Finlande – 2011 – 1h33)
Avec Jean-Pierre Darroussin, André Wilms, Kati Outinen, Blondin Miguel, Evelyne Didi…

Au Havre, Marcel Marx est cireur de chaussures. Il parle comme Louis Jouvet. Il travaille à la sortie de la gare SNCF et a pour copain Chang, un sans-papiers chinois qui ne l’est pas, puisqu’il est Vietnamien??? Marcel vit avec Arletty. Le soir, après sa journée, il boit l’apéro sur le zinc du Moderne chez madame Claire. Jamais plus de deux verres, sauf quand Claire paye sa tournée alors Marcel dit que c’est pas de refus. Chez Claire il y a un flipper mécanique et des lamaneurs en casquette de cap-horniers qui passent la journée sur des banquettes en moleskine. Marcel a une chienne prophétique qui prédit l’avenir en remuant les oreilles ou la queue et qui tient un rôle essentiel. La vie de Marcel va prendre un tour biblique. Il rencontre le jeune Idrissa échappé d’un conteneur au moment où la police l’ouvre avec un pied-de-biche. Le commissaire Monet, qui a dû marcher un temps au Cinzano et à la Suze-cassis, doulos vissé sur le crâne, dit : «Ne tirez pas, c’est un gosse». Marcel, lui, va s’employer à cacher Idrissa et à retrouver sa parentèle à Calais en montant dans un vieux Saviem. Il doit rassembler une forte somme pour assurer le passage d’Idrissa de l’autre côte de la Manche. Mais où trouver la thune ? C’est là qu’intervient le rock’n’roll et c’est ici que Kaurismäki se transforme en conteur hindou. Il sort Little Bob, l’Elvis Presley du Havre, de sa semi-retraite pour un concert afin de payer le passeur. Le bien et le mal se battent comme dans un western. Les apôtres de la fraternité habitent entre le quai des brumes et un quartier à poésie fanée. Serviteur de l’administration française, le commissaire Darroussin s’oppose au délateur FN, Jean-Pierre Léaud. La présence de Pierre Etaix souligne que le cinéaste finlandais dénonce la barbarie des temps modernes sur un ton proche de Chaplin, Tati et Prévert. Cinéaste humaniste traquant la moindre lumière des faubourgs, Kaurismäki traite le problème des demandeurs d’asile sur un ton burlesque et nostalgique. Le réalisateur est le champion des choses incroyables qui nous dit que nous sommes faits pour l’impossible : aimer et combattre. On voit des choses qui dépassent l’homme : des bagnoles des années 50-60, des guéridons, des transistors, des boîtes à couture, une guérison miraculeuse et un chien qui parle mais qu’on n’entend pas. On monte dans une sorte de pays inconnu en troisième classe et on finit dans un wagon de première. Ode à la liberté et à la solidarité aussi tendre que drôle, aux images et à l’interprétation aussi maîtrisées que superbes, à la nostalgie et à l’optimisme revendiqués… Cette nouvelle déclaration d’amour au cinéma et à l’espérance d’Aki Kaurismäki est peut-être sa plus belle. Le Havre est un film qui redonne du courage, un conte parfait, que l’on recommande vivement aux grands comme aux petits spectateurs.

Film précédé d’un court métrage:

KWIZ

Film de Renaud Callebaut (comédie  – Belgique – 2006 – 0h05)

Armées de téléphones portables, deux femmes d’âge respectable se livrent à un test de connaissance impitoyable dans la salle d’attente d’une clinique. Pour ne pas perdre la face, jusqu’où iront-elles ?


Lamastre
(centre culturel) :

jeudi 12 janvier à 21h

vendredi 13 janvier
21h

Vernoux (salle du lac) :
samedi 14 janvier à 17h & 21h
lundi 16 janvier à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 15 janvier à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 17 janvier à 20h30

 

 

 

Du 04 au 10 janvier 2012 28 décembre, 2011

Classé dans : Archives — Moïse @ 17:16

LES NEIGES DU KILIMANDJARO

Du 04 au 10 janvier 2012 dans Archives les-neiges-du-kilimandjaro
Film de Robert Guédiguian (Drame / romance – France – 2011 – 1h47)
Avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Anaïs Demoustier, Gérard Meylan…

La classe ouvrière est mal barrée et les neiges éternelles du Kilimandjaro ont presque entièrement fondu. On a beau savoir ça par cœur, le nouveau film de Robert Guédiguian met un sacré coup au moral et à l’estomac. De retour dans son fief marseillais quatorze ans après Marius et Jeannette, le cinéaste livre un portrait profondément mélancolique d’un monde ouvrier pour lequel la nostalgie et les regrets d’un combat perdu semblent l’avoir définitivement emporté sur l’espoir de lendemains qui chantent. Les docks de Marseille d’où son héros vient de se faire virer sont à l’abandon, le local syndical sonne creux et les jeunes du film préfèrent se caler au frais dans le petit jardin de leur lotissement plutôt que de jeter un œil sur le monde qui part en quenouille. Évidemment, il y a toujours les grillades sur la terrasse, la baignade dans la Méditerranée pour les enfants en sortant de l’école ou encore les copains avec lesquels on ne se lasse pas de convoquer un passé plus engageant que le présent. Parce qu’on peut le constater tous les jours, tout est foutu. Tout, sauf l’amour d’une vie que rien n’a pu éroder. Oui, mais comment dire cela sans avoir l’air d’un vieux con, surtout quand on n’en est pas un ? De la manière la plus simple et la plus modeste qui soit, en racontant cette histoire contemporaine d’un couple au bord de la retraite, ex-prolos un peu à l’aise, à qui la vie réserve le pire des coups bas. Alors qu’ils viennent de se voir offrir le voyage de leur vie pour leurs trente ans de mariage, ils se font braquer dans leur jolie maisonnette du quartier de l’Estaque. C’est dur, violent, traumatisant mais ce n’est pas grand-chose par rapport à ce qui les attend. Car celui qui les a molestés est un des leurs. Un ouvrier comme eux, jeune, déterminé et tellement convaincu que rien ne pourra le sauver de la misère qu’il en vient à détrousser ceux qui sont un peu moins pauvres que lui. Le plus désespérant, c’est la question qui vient après la colère : et si, au fond, c’était lui, le voyou écorché vif, le salaud qui tabasse ses semblables, qui était le dernier révolté ? Le constat d’échec, s’il est lucide et amer, n’est pas l’unique objet du film. Guédiguian retrouve la veine de la comédie teintée de mélo social qui est un fragment de sa signature, comme pour cette partie de cartes qui met un drôle d’uppercut dans les gencives de Pagnol. En même temps, il n’oublie jamais l’essentiel, par petites touches qui, parfois, relèvent du subliminal. En arrière-plan de presque toutes les séquences, la mer est là dans le lointain, magnifique mais toujours barrée de la silhouette squelettique d’une grue du port. Comme pour démontrer, et sans jamais le dire, que ce petit monde au parfum d’utopie désuète n’est certainement pas à l’abri de la cruelle réalité. Bien au contraire.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 05 janvier à 21h
vendredi 06 janvier à
21h

Vernoux (salle du lac) :
samedi 07 janvier à 21h
dimanche 08 janvier à 17h
lundi 09 janvier à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 08 janvier à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 10 janvier à 20h30

 

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