Ecran Village

Cinéma associatif à Vernoux, Lamastre, St Jean Chambre et Chalencon (07)

 

Du 28 décembre au 03 janvier 2012 20 décembre, 2011

Classé dans : Archives — Moïse @ 12:06

HUGO CABRET

Du 28 décembre au 03 janvier 2012 dans Archives affiche-hugo-cabret1
Film de Martin Scorses (aventure – USA – 2011 – 2h08 – V.F.)
Avec Ben Kingsley, Sacha Baron Cohen, Asa Butterfield, Chloé Moretz, Helen McCrory…
Film tout public à partir de 6 ans

Voilà un film qu’on reçoit comme un cadeau, une malle aux trésors. On y découvre pêle-mêle une aventure pleine de mystères dans un Paris à l’ancienne, la reconstitution d’un fameux accident qui eut lieu à la gare Montparnasse, au temps où elle s’appelait gare de l’Ouest, et celle de la non moins fameuse projection, en 1896, d’un des premiers films de l’histoire du cinématographe, L’Arrivée d’un train en gare de La Cio­tat des frères Lumière. Mais si Hugo Cabret nous ramène au temps du cinéma muet, c’est à travers un grand spectacle sous la direction de Martin Scorsese. Il y a là de quoi enchan­ter les enfants comme les cinéphiles, et même les enfants cinéphiles, ceux du film montrant l’exemple d’une formation précoce et très heureuse à l’amour du septième art. Pour réunir tout cela, il a d’abord fallu un livre fort et original, L’Invention de Hugo Cabret, de Brian Selznick. Son héros est un gamin orphelin qui, dans le Paris de 1931, vit seul sous les toits d’une grande gare dont il remonte les horloges. Une au­tre mécanique l’occupe : la mise en route d’un étrange automate laissé par son père. Pour l’animer, une clé en forme de coeur est nécessaire. Hugo va la trouver grâce à Isabelle, orpheline elle aussi, qui vit chez le vieux marchand de jouets de la gare. Cet homme austère a un fabuleux ­secret : il a été un inventeur, un créateur d’images pleines d’imagination. Il s’appelle Georges Méliès… Mais le génial auteur du Voyage dans la Lune (1902) a fini ruiné, oublié dans cette gare où il a dû se faire marchand de jouets. Avant d’être redécouvert et fêté à Paris… Comme un jeu de pistes à la fois sophistiqué et enfantin, l’intrigue d’Hugo Cabret mêle fantaisie et réalité historique pour nous conduire vers la belle aventure des débuts du cinéma, à travers Méliès. Retourner à l’enfance de l’art, c’est aussi, pour les orphelins Hugo et Isabelle, renouer les fils de leur propre histoire. Le film, comme le livre auquel il est fidèle, reste un conte. Il nous dit que le cinéma illumine notre vie et nous guide de la solitude à la lumière. Et Scorsese se fait avec joie le porte-voix de ce message, lui qui a dédié depuis longtemps une grande partie de son travail à la mémoire du cinéma et à sa transmission à travers des documentaires et une fondation, World Cinema Foundation. Loin de tout ce que le réalisateur des Affranchis et de Casino a fait jusqu’ici, Hugo Cabret n’en est donc pas moins une oeuvre personnelle. Mais Scorsese se place surtout ici en admirateur. Humble et passionné. Face au légendaire Méliès, il se montre, dans une scène, simple photographe venu immortaliser le maître. Au service de sa gloire, en quelque sorte. Donc au service du spectacle, car l’histoire du cinéma inventé par le magicien Méliès, c’est celle de la naissance des trucs et des trucages, des tours de magie et des effets spéciaux. Scorsese a d’autant plus d’admiration pour ces manipulations de l’image qu’il se situe davantage du côté des frères Lumière, proche du documentaire. Méliès, quant à lui, voit dans le cinéma les pouvoirs d’un immense tableau animé ; il est du côté de la peinture, du dessin. Mais nul devoir de choisir entre ces différentes visions, Hugo Cabret les célèbre toutes. Hugo Cabret fait le lien entre cinéma d’hier et d’aujourd’hui. Scorsese nous parle de l’émerveillement inventé et réinventé par le cinéma.  Son film est le plus beau conte de Noël qui ait été donné à voir depuis longtemps.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 29 décembre à 21h
vendredi 30 décembre à 16h
& 21h

Vernoux (salle du lac) :
mercredi 28 décembre à 17h
samedi 31 décembre à 17h
dimanche 01 janvier à 17h
lundi 02 janvier à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 01 janvier à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 03 janvier à 20h30

 

 

Du 14 au 20 décembre 15 décembre, 2011

Classé dans : Archives — Moïse @ 12:08

 

TOUTES NOS ENVIES

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Film de Philippe Lioret (drame – France – 2011 – 2h)
Avec Marie Gillain, Vincent Lindon, Pascale Arbillot, Amandine Dewasmes…

Claire, jeune juge au tribunal de Lyon, rencontre Stéphane, juge chevronné et désenchanté, qu’elle entraîne dans son combat contre le surendettement. Quelque chose naît entre eux, où se mêlent la révolte et les sentiments, et surtout l’urgence de les vivre. Toutes nos envies est un film sous pressions (sociale, économique, professionnelle, judiciaire, vitale…) qui emprisonne ses personnages dans un enfer carcéral d’où il semble difficile, voire impossible, de s’échapper.Philippe Lioret aime les rencontres « magiques » : celles qui font que chacun se dépasse et s’en trouve changé, à jamais. Après Welcome, il tisse à nouveau un drame où s’entremêlent l’intime et le social, très librement adapté du roman d’Emmanuel Carrère D’autres vies que la mienne. Le cinéaste s’attache à dénoncer l’influence des dérives du système capitaliste sur la vie des gens au quotidien, jusqu’à les broyer. Là encore, si Lioret croit en la vertu salvatrice d’une réaction collective, il n’oublie pas pour autant que celle-ci doit s’inscrire dans une démarche qui part de chaque individu, empêtré dans des petites lâchetés quotidiennes qui contaminent son existence. Cet engagement est sublimé par l’investissement total de Marie Gillain et de ses partenaires, humains dans toute leur fragilité.Lutter contre, c’est aussi lutter tout contre : entre Stéphane et Claire va naître un sentiment in extremis, peut-être plus fort que de l’amour : une tendresse infinie. C’est par sa volonté de mettre en lumière des combattants du quotidien que le film touche. Deux petits juges, deux David, qui, à force d’entêtement, réussissent à ébranler Goliath. Claire, surtout : elle qui a déjà perdu contre la maladie veut absolument partir sur une victoire. Profondément ancré dans une réalité sociale éprouvante, violente et cruelle, Toutes nos envies est avant tout la belle histoire d’une rencontre entre deux êtres.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 15 décembre à 21h
vendredi 16 décembre à
21h
samedi 17 décembre à 21h

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 18 décembre à 17h
lundi 19 décembre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 18 décembre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 20 décembre à 20h30

 

 

Du 07 au 20 décembre (3 films) 14 décembre, 2011

Classé dans : Archives — Moïse @ 14:02

LE GRUFFALO

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Film de Jakob Schuh & Max Lang (animation – Allemagne / Angleterre – 2011 – 0h45 – V.F.)
Avec les voix de Zabou Breitman, Pierre Lognay, Jean-Daniel Nicodème, Bernard Faure …

Tous public, à partir de 3 ans

Un programme monstre ! Un dragon, un monstre ou un loup, vous connaissez, mais un Gruffalo ? Il a des oreilles toutes crochues, une affreuse verrue sur le bout du nez, des griffes acérées, des épines roses sur le dos, une paire de cornes et des dents aiguisées dans une mâchoire d’acier ! Effrayant, non ? Entre l’ours et le sanglier, cet animal est le fruit de l’imagination d’une espiègle souris, inventé pour faire fuir les prédateurs qui en veulent à ses grandes oreilles… L’histoire est racontée par une maman écureuil à ces petits. Trente minu­tes d’un joli conte, signé Jakob Schuh et Max Lang, pour prôner la supériorité du verbe sur la force physique. Véritable phénomène outre-Manche, cette adaptation du livre de Julia Donaldson et Axel Scheffler, un immense succès de librairie, a été nommée aux Oscars 2011 et primée au festival d’Annecy 2010. Présenté avec les courts métrages « Pierre et le dragon épinard », « Loup y es-tu ? » et « Mon monstre et moi ». Trois courts tout aussi plaisants, simples, drôles et bien rythmés.

Lamastre (centre culturel) :
vendredi 09 décembre à 10h (séance scolaire ouverte à tous)
samedi 10 décembre à 16h
samedi 17 décembre à 16h

Vernoux (salle du lac aux ramiers) :
mercredi 07 décembre à 16h
lundi 12 décembre à 9h30 (séance scolaire ouverte à tous)
mercredi 14 décembre à 16h
lundi 19 décembre à 17h

St Jean Chambre (espace Balmont) :
jeudi 08 décembre à 10h (séance scolaire ouverte à tous) 

 

LE TABLEAU

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Films de Jean-François Laguionie (animation – France -  2011 – 1h16)
Avec les voix de Jessica Monceau, Adrien Larmande, Thierry Jahn, Julien Bouanich …
Tous public, à partir de 6 ans

Le peintre est un dieu cruel. Il n’a pas achevé son tableau. Il a abandonné les créatures qui y résident à leur société hiérarchisée. Éclatants de couleurs, arrogants et rondouillards, les personnages finis, les Toupins, y forment la caste dirigeante. Dans l’ombre, exploités, maltraités, il y a les mal peints, les inachevés, les Pafinis. Et, tout en bas de l’échelle… picturale, se terrent de pauvres esquisses, les Reufs dont les lignes noires rappellent Giacometti. Pour rétablir l’égalité, une petite délégation, toutes classes confondues, décide de quitter le tableau pour retrouver le peintre. L’idée est lumineuse. Elle est le malin prétexte à une rêverie sur l’art. Chaque étape de l’aventure, d’une toile à l’autre, dans un atelier abandonné, correspond à un hommage. L’odyssée mène de Modigliani et Cézanne à Picasso et sa période bleue, en passant par une géante alanguie, que l’on croirait dessinée par Matisse. Jean-François Laguionie est un cinéaste rare. Son précédent long métrage animé date de 2004. Dans L’Île de Black Mór, conte maritime, le jeune héros était déjà un laissé-pour-compte, un orphelin en quête d’identité. Le cinéaste reprend et amplifie ici la dénonciation du racisme, des inégalités sociales. Quant à l’enquête sur le mystérieux peintre qui ne cesse de se dérober, elle captive, vertigineuse mise en abîme de la création, où chaque oeuvre ouvre sur une autre, et où l’artiste lui-même n’est, peut-être, que le rêve de quelqu’un d’autre… J-F. Laguionie nous offre ici une palpitante aventure, doublée d’une fable humaniste. Le raffinement du graphisme et la pertinence de l’écriture font de ce film une magnifique réussite.

Lamastre (centre culturel) :
samedi 10 décembre à 17h

lundi 12 décembre à 14h
(séance scolaire ouverte à tous)
mardi 13 décembre à 18h

Vernoux (salle du lac aux Ramiers) :
mercredi 07 décembre à 17h
dimanche 11 décembre à 15h

St Jean Chambre (espace Balmont) :
jeudi 08 décembre à 14h (séance scolaire ouverte à tous)

 

UN MONSTRE À PARIS

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Films de Éric Bergeron (animation – France -  2011 – 1h22)
Avec les voix de Vanessa Paradis, Mathieu Chédid, Gad Elmaleh, François Cluzet …
Tous public, à partir de 6 ans

2011 sera décidément l’année de Paris au cinéma : Woody Allen ressuscite avec Minuit à Paris une ville Lumière de fantasme aux tons doux et nostalgiques, et Martin Scorsese, avec son Hugo Cabret, va faire revivre le Paris de George Méliès. Alors, Woody Allen, Martin Scorsese, Bibo Bergeron, même combat ? Pourquoi pas ? Après huit années passées chez DreamWorks à réaliser, entre autres, Gang de ­requins, le frenchie Bibo Bergeron aurait pu revenir « américanisé ». Ce n’est pas le cas, bien au contraire. Dans Un monstre à Paris, il nous plonge dans le Paris de 1910 inondé par la crue de la Seine . Et de la Seine à la scène du cabaret de ­Montmatre, il n’y a que quelques brasses. Lucille chante à L’Oiseau rare et enchante son public. Mais l’atmosphère est à la terreur. Un monstre sème la panique dans la capitale. En mettant le nez dans les expériences d’un savant Cosinus, deux jeunes gens libèrent une créature de cauchemar dans les rues de Paris. De cauchemar ? Pas tout à fait. Car le monstre a été exposé à un produit qui lui donne un talent musical et choral hors du commun. Ce monstre-là, Lucille va en percer le mystère, et le prénommer Francœur, à cause de son cœur pur, de sa voix cristalline. Les personnages croqués à la ­Franquin sont largement inspirés par les voix qui les interprètent. Le charme de ce film d’animation tient au délicieux duo formé par Vanessa Paradis et Matthieu Chedid, dans la peau de cette puce géante au talent monstre et qui ne ferait pas de mal à une mouche. Les chansons et la musique composées par -M- sont un pur moment de poésie. Ciselées sur un mode intemporel, elles apportent un supplément d’âme et de magie. Un monstre à ­Paris aurait fait une formidable comédie musicale animée. Les notes d’humour, la fraîcheur des images, le duo envoûtant que forment M et Vanessa Paradis, la poésie qui nimbe le tout font de ce film un joli rendez-vous pour les grands et les petits.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 15 décembre à 14h15
(séance scolaire ouverte à tous)

samedi 17 décembre à 17h
mardi 20 décembre à 15h
(séance en partenariat avec le centre de loisir La Ribambelle, ouverte à tous)

Vernoux (salle du lac aux Ramiers) :
mercredi 14 décembre à 17h
dimanche 18 décembre à 15h
lundi 19 décembre à 18h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 18 décembre à 17h30

 

 

Du 07 au 13 décembre (2 films)

Classé dans : Archives — Moïse @ 7:21

INTOUCHABLES

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Film de Éric Toledano & Olivier Nakache (comédie – France – 2011 – 1h52)
Avec François Cluzet, Omar Sy, Anne Le Ny, Audrey Fleurot …

A la suite d’un accident de parapente, Philippe, riche aristocrate, engage comme aide à domicile Driss, un jeune de banlieue tout juste sorti de prison… Bref, la personne la moins adaptée pour le job. Ensemble ils vont faire cohabiter Vivaldi et Earth Wind and Fire, le verbe et la vanne, les costumes et les bas de survêtement… Deux univers vont se téléscoper, s’apprivoiser, pour donner naissance à une amitié aussi dingue, drôle et forte qu’inattendue, une relation unique qui fera des étincelles et qui les rendra… Intouchables.2 L’un est blanc, l’autre noir. L’un plein aux as et l’autre dans la dèche. L’un habite un hôtel particulier à Paris, l’autre n’a plus droit de cité dans son HLM de banlieue. Ils se rencontrent et deviennent de formidables copains. Racontée un peu vite, cette histoire de contraires qui s’unissent ferait craindre le pire. Mais, en fait, c’est une histoire de semblables qui commence. Et Intouchables la raconte drôlement bien. Tout est affaire de handicap. Celui de Philippe est très lourd, celui de Driss est costaud aussi (un zéro de la société). Sur le premier, on a collé l’étiquette « désespoir » et, sur le second, l’étiquette « sans espoir ». Mais, du haut de son fauteuil roulant, Philippe rejette les mines de commisération contrite, et les mines de condamnation affligée glissent sur Driss. Ces deux-là vont se rejoindre au-delà des jugements, au-dessus du lot commun, dans tout ce qui les rend imperméables au simplisme ambiant. Intouchables est l’histoire d’une attitude face à la vie. Une manière d’être dans la légèreté, l’élégance et le rire au lieu de sombrer dans l’ordinaire. Une histoire vraie, qui a inspiré Eric Toledano et Olivier Nakache. Tout en construisant des scènes efficaces, les réalisateurs sont restés en symbiose avec leurs personnages. Dès l’ouverture du film, Driss et Philippe en font trop : le premier conduit dans Paris comme un braqueur de banque et, quand la police s’en mêle, le second simule une crise d’épilepsie. On peut savourer le punch comique, mais ce que l’humour a de vital compte tout autant : le rire est, ici, salvateur, jusque dans la clownerie. Si l’on croit à la dimension humaine de cette comédie, c’est aussi parce que la belle rencontre que raconte le film est celle de deux comédiens tranquillement exceptionnels, François Cluzet et Omar Sy. Grâce à eux, il passe à la fois dans Intouchables un plaisir fort, jamais forcé, et une sensibilité juste, pudique au fond. Joli coup double.

Lamastre (centre culturel) :
vendredi 09 décembre à 18h & 21h
samedi 10 décembre à 21h
mardi 13 décembre à 14h30 (
séance scolaire et en partenariat avec l’UTL, ouverte à tous)

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 11 décembre à 17h
lundi 12 décembre à 18h & 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 11 décembre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 13 décembre à 20h30

 

LES SENTIERS DE LA GLOIRE

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Film de Stanley Kubrick (drame / guerre – USA – 1957 – 1h28 – V.O.S.T.)
Avec Kirk Douglas, Ralph Meeker, Adolphe Menjou …

Film programmé dans le cadre du cycle « mémoire du cinéma » en partenariat avec Les Écrans

En 1916, durant la première Guerre mondiale, le général français Broulard ordonne au général Mireau de lancer une offensive suicidaire contre une position allemande imprenable, surnommée « la fourmilière ». Au moment de l’attaque, les soldats tombent par dizaines et leurs compagnons, épuisés, refusent d’avancer… Premier chef d’oeuvre de la carrière de Kubrick, Les Sentiers de la gloire se définit comme un anti-film héroïque, diatribe désespérée et virulente contre le système de guerre. En racontant l’histoire de soldats condamnés à mort pour avoir refusé de mourir au front, Kubrick fustige l’armée et décrit les rouages absurdes mais inéluctables de la hiérarchie martiale. Tourné en Allemagne, le film impressionne par sa reconstitution des tranchées et la performance magistrale livrée par Kirk Douglas en colonel révolté contre le cynisme et la manipulation des masses. A l’époque, on reprocha à la charge politique son pessimisme et son antipatriotisme. Jugé trop critique envers l’armée, le film ne fut même pas montré en France avant 1975. Aujourd’hui, Les Sentiers de la Gloire est devenu un modèle cinématographique incontestable, qui a su dépeindre l’un des plus grands drames de la condition humaine.

Lamastre (centre culturel) :
lundi 12 décembre à 9h30 (séance scolaire ouverte à tous)
mardi 13 décembre à 21h

Vernoux (salle du lac) :
mercredi 07 décembre à 21h

 

 

DU 30 novembre au 06 décembre (2 films) 12 novembre, 2011

Classé dans : Archives — Moïse @ 18:22

LE COCHON DE GAZA

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Film de Sylvain Estibal (comédie – France – 2011 – 1h39 – V.O.S.T.)
Avec Sasson Gabai, Baya Belal, Myriam Tekaïa …

Dans la longue liste de films évoquant de près ou de loin le conflit israélo-palestinien et au milieu d’une litanie de pleurs et de souffrance, Sylvain Estibal prend le parti du rire. Malgré les embûches – c’est son premier film, il s’attaque au conflit du Proche Orien et choisit délibérément un ton casse-gueule pour un pareil sujet – le réalisateur s’en sort haut la main. À Gaza, Jafaar, pauvre pêcheur au quotidien difficile, remonte un beau jour dans ses filets… un cochon, animal impur par excellence dans la culture musulmane, mais aussi dans celle des voisins juifs. Après avoir à tout prix voulu s’en débarrasser, Jafaar imagine une autre solution qui profiterait à son portefeuille. Un petit arrangement avec Allah, un retour au pragmatisme qui apparaît finalement comme la seule sortie de crise du conflit. De ce point de départ absurde s’il en est, Sylvain Estibal tire un récit drôle, intelligent et ingénieux sur le rapprochement de deux peuples. Le réalisateur déploie humblement une histoire rythmée et tout entière guidée par l’humour. Il est porté, d’abord, par une galerie de personnages hauts en couleur, qui gravitent autour de Jafaar. Loin de se juxtaposer les uns et les autres comme autant de prétextes à saynètes, ces personnages secondaires contribuent à un portrait d’un Gaza tout aussi déjanté que décrépi. Portrait complété, d’autre part, dans la grande tradition du clown chaplinesque, par un savoureux comique de geste, construit sur les allers-retours de l’autre côté du grillage, où Jafaar entre dans l’antre de l’ennemi pour y faire commerce de la semence de son cochon, trajet pour lequel il faut sans cesse imaginer des stratagèmes auprès des policiers pour déguiser ses réelles intentions. L’ingéniosité du réalisateur se lit dans l’intelligence avec laquelle il place quelques métaphores de la situation politiques jamais trop appuyées, mais toujours bâties sur ce principe de degré supplémentaire dans l’absurde, de personnages parlant chacun dans leur sphère sans atteindre l’autre, alors qu’ils se ressemblent tant. Les archétypes politiques attendus dans un tel contexte se présentent sous un nouveau genre, qui les débarrasse de leurs oripeaux moraux au profit d’un message véhiculé par la bouffonnerie. Drôle, parfois même désopilant, Le Cochon de Gaza est une fable pétrie d’humanisme… qui peut même se permettre une pointe de naïveté dans son final puisqu’elle a posé les règles du conte, de l’utopie, dès le début. La fable d’un rêveur éveillé dont l’humour casse les stéréotypes politiques offerts par certains mélodrames politiques trop discursifs.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 01 décembre à 21h (séance suivie d’une discussion avec l’association France Palestine Solidarité)
vendredi 02 décembre à 21h

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 04 décembre à 17h
lundi 05 décembre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 04 décembre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 06 décembre à 20h30

 

 

DU SILENCE ET DES OMBRES

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Film de Robert Mulligan (drame – USA – 1963 – 2h09 – V.O.S.T.)
Avec Gregory Peck, Mary Badham, Phillip Alford …

Film programmé dans le cadre du cycle « mémoire du cinéma » en partenariat avec Les Écrans

Méconnu en France, Du silence et des ombres est presque autant célèbre aux États-Unis que le livre dont il a été tiré, To Kill a Mockingbird (Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur). Un roman qui a valu le prix Pulitzer 1961 à son auteur Harper Lee, amie d’enfance de Truman Capote qui l’aida dans la longue enquête devant aboutir à De sang froid… Harper Lee y raconte, de façon romancée, son enfance dans l’Alabama des années 1930 et dessine la figure imposante d’un père avocat, qui lui apprit le sens de la justice et de la droiture morale. Le film en noir et blanc de Robert Mulligan (futur auteur d’Un été 42), fidèle au livre, nous plonge dans son premier tiers dans le monde de l’enfance, où l’on s’amuse à se faire peur pour un oui ou pour un non.L’héroïne, la jeune Scout, son frère Jem – des orphelins de mère – et leur nouveau copain Dill sont fascinés par la demeure de leur voisin. Ils l’imaginent hantée par une créature dangereuse, qui n’est autre que Boo Radley, le mystérieux fils de la maison.On retrouve dans l’adaptation de Mulligan l’ambiance de La Nuit du chasseur de Charles Laughton (et du roman de Davis Grubb), soit un mélange de mythologie biblique et de littérature gothique sur fond de moiteur et de peur, commun aux écrivains du Sud.Ensuite, le récit dévie et Du silence et des ombres devient un film de procès. Le père des enfants, Atticus (Gregory Peck, qui obtint un oscar au passage), va devoir défendre un ouvrier agricole noir accusé d’avoir violé une jeune fille blanche.Nous sommes en 1932 dans le Sud, où l’on pratique allègrement le lynchage… Les trois enfants, lors de ce procès, vont découvrir à la fois la violence dont les hommes et la société peuvent se rendre coupables, et la noblesse morale d’un père qu’ils connaissaient au fond très mal.Enfin, ils découvriront aussi le vrai visage de Boo Radley (Robert Duvall dans son tout premier rôle au cinéma !). Humaniste par l’ambition affichée de son sujet, souvent perçu comme un vibrant plaidoyer contre le racisme, c’est donc lorsqu’il nous emmène de l’autre côté du décor, du côté des premiers frémissements d’une peur viscérale, que le film prend toute son ampleur. Donnant à voir des enfants qui s’amusent à se faire peur, dans une campagne du Sud des États-Unis dont il a fait son terrain de jeu de prédilection, Mulligan offre un miroir au spectateur qui, dans la salle obscure, cherche à son tour d’excitants frissons. Et du même coup, il laisse deviner comment cette recherche instinctive d’épouvantails imaginaires peut amener des groupes entiers à se livrer à des chasses aux sorcières contre leurs ennemis présumés, ou à se passionner pour les péripéties de terrifiants procès.


Lamastre
(centre culturel) :
mardi 06 décembre à 21h

Vernoux (salle du lac) :
lundi 05 décembre à 18h

 

 

 

Du 23 au 29 novembre (2 films) 11 novembre, 2011

Classé dans : Archives — Moïse @ 17:07

POULET AUX PRUNES

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Film de Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud (comédie dramatique – France – 2011 – 1h33)
Avec Mathieu Amalric, Edouard Baer, Maria de Medeiros, Jamel Debbouze, Chiara Mastroianni…

Téhéran, 1958. Depuis que son violon tant aimé a été brisé, Nasser Ali Khan (Mathieu Amalric), un des plus célèbres musiciens de son époque, a perdu le goût de vivre. Et ce n’est pas sa femme, qu’il n’aime pas, qui l’aidera. Ne trouvant aucun instrument digne de le remplacer, il décide de se mettre au lit et d’attendre la mort. Pendant les huit jours de son agonie, ses pensées vagabondent vers le passé, l’avenir, le rêve, les fantasmes, et s’enfonce dans de profondes rêveries aussi mélancoliques que joyeuse, qui, tout à la fois, le ramènent à sa jeunesse, le conduisent à parler à Azraël, l’ange de la mort, et nous révèlent l’avenir de ses enfants… Au fur et à mesure que s’assemblent les pièces de ce puzzle apparaît le secret de sa vie : une magnifique histoire d’amour qui a nourri son génie et sa musique. En effet, sa rencontre éphémère avec Irâne, la jolie et douce fille d’un horloger, a bouleversé à la fois sa vie personnelle et artistique. L’audace du film est d’associer chacune de ces journées à un genre cinématographique différent, avec son esthétique propre. Grand mélodrame hollywoodien à la Minnelli et burlesque façon Chaplin, parenthèse fantastique avec Edouard Baer en ange de la mort et hommage au muet… Satrapi et Paronnaud osent beaucoup, réussissent sou­vent, se plantent parfois – c’est le propre du patchwork d’assembler des pièces inégales. Après Persepolis, Marjane Satrapi adapte fidèlement une autre de ses bandes dessinées à l’écran. La cinéaste franco-iranienne et son complice Vincent Paronnaud auraient pu rester fidèles à l’animation pour surfer sur le succès de leur premier film. Hormis dans quelques brèves séquences, ils ont préféré l’aventure, inédite pour eux, de la direction d’acteurs. Ce poulet aux prunes est un régal! C’est l’infinie beauté des choses perdues. Terrifiante, débordante, grotesque et sublime à la fois.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 24 novembre à 21h
vendredi 25 novembre à 21h

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 27 novembre à 17h
lundi 28 novembre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 27 novembre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 29 novembre à 20h30

 

LA GROTTE DES RÊVES PERDUS

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Film de Werner Herzog (documentaire / histoire – France – 2011 – 1h30)
Avec Werner Herzog, Dominique Baffier, Jean Clottes …

Film tout public à partir de 10 ans

Werner Herzog, 68 ans et une soixantaine de films au compteur, est le cinéaste bavarois le plus explosif que l’on connaisse. De fictions en documentaires, d’Aguirre, la colère de Dieu en 1972 à Grizzly Man en 2005, ce baroudeur prométhéen n’a jamais eu qu’un objet de prédilection: l’exploit. Artistique, sportif, scientifique, mental, physique, peu lui chaut, dès lors qu’il met en jeu la tension, et souvent la folie, par laquelle l’homme cherche à dépasser ses propres limites. C’est qu’au bout de la chaîne se tient toujours l’impénétrable mystère de notre présence au monde. La Grotte des rêves perdus, son nouveau documentaire, joint l’exploit au mystère. L’exploit, dont Herzog peut et ne manque d’ailleurs pas de s’enorgueillir, consiste à avoir arraché aux autorités compétentes l’autorisation de filmer sans doute pour la dernière fois la grotte Chauvet. Ce lieu situé en Ardèche, extraordinairement protégé en raison de sa fragilité, regroupe l’ensemble de peintures pariétales le plus ancien au monde, un trésor de l’humanité riche de quelque quatre cents oeuvres datant d’il y a plus de trente mille ans. De quoi faire passer les croquis de Lascaux, qui remontent à dix-sept mille ans, pour de l’art moderne. Le mystère est quant à lui partout dans le film. Du miracle de la préservation de ces peintures jusqu’au signe fascinant que nous envoient à travers elles nos ancêtres Sapiens, en passant par la remise en question de la théorie sur le développement linéaire de l’art que cette découverte a suscitée. Mystère encore, et sans doute le plus épatant de tous, que la manière dont Herzog transforme cette passionnante exploration pédagogique en une sorte de transe méditative ouverte sur la singularité originelle de notre espèce, seule pour une raison qu’on ignore à représenter le monde qui l’entoure. Découverte en 1994 par une équipe de  spéléologues, la grotte doit la remarquable préservation de ses trésors à l’effondrement du plafond de son entrée, il y a vingt mille ans. Son accès est depuis lors restreint à des missions scientifiques triées sur le volet, dont les experts sont régulièrement sollicités par le réalisateur. Témoignages passionnants, qui n’échappent pas toujours aux pointes d’humour du cinéaste, désireux de marquer la limite de la raison scientifique. On découvre surtout, grâce à la caméra de Herzog, l’intérieur de ce sanctuaire interdit, à la beauté minérale, au parois ornées d’un riche bestiaire. Les peintures reproduisent des scènes de chasse, de lutte, d’accouplement, qui semblent captées sur le vif, et témoignent d’une technique élaborée, qui joue de l’alliance entre le trait et la surface, avec des effets saisissants de perspective, de mouvement, de relief. Le cinéaste s’y attarde longuement, silencieusement, presque religieusement.Ce film magnifique invite les vivants que nous sommes à éprouver ce que les premiers morts de notre espèce ont voulu nous transmettre. Il permet aussi de comprendre que le plus profond témoignage de la conscience qu’a l’homme de sa présence énigmatique au monde passe par la création. Herzog, cinéaste mediumnique qui reconduit l’inquiétude de ces pionniers de l’image en mouvement, trouve là une définition de l’art à sa mesure.

Lamastre(centre culturel) :
vendredi 25 novembre à 15h
(séance scolaire ouverte à tous)
mardi 29 novembre à 21h

Vernoux (salle du lac) :
mercredi 23 novembre à 17h
lundi 28 novembre à 17h

 

 

Du 16 au 22 novembre 10 novembre, 2011

Classé dans : Archives — Moïse @ 16:55

POLISSE

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Film de Maïwenn (drame – France – 2011 – 2h07)
Avec Karin Viar, Joey Starr, Marina Foïs, Jérémy Elkaïm, Frédéric Pierrot, Maïwenn…

Prix du jury du 64e festival de Cannes
Avertissement: des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

En reconstituant la vie d’une brigade parisienne de protection des mineurs, après en avoir partagé le quotidien pendant six mois, la jeune comédienne et réalisatrice Maïwenn, entourée d’une troupe d’acteurs très convaincants, signe une œuvre impressionnante d’authenticité. Comment vivent et travaillent ces hommes et ces femmes qui n’appartiennent pas à l’aristocratie de la police et accomplissent pourtant chaque jour une de ses missions les plus essentielles ? À quelles situations sont-ils confrontés, des drames sociaux les plus compliqués aux cas de pédophilie, en passant par la question de la prostitution ou des mineurs étrangers ? Comment leur activité rejaillit-elle sur leurs existences, forcément secouées par l’extrême densité humaine de ce à quoi ils sont confrontés ? Comment gérer le stress, le manque de moyens et trouver cette frontière mouvante entre l’empathie et la mise à distance ? Pourquoi ces professionnels – qui sont rarement là par hasard – choisissent-ils un domaine intérieurement aussi déstabilisant, que la plupart quittent au bout d’une dizaine d’années ? C’est de tout cela que parle Polisse  – avec ces deux « s » qui rapprochent, sous la forme d’une grosse faute d’orthographe, l’univers de la loi de celui de l’enfance à protéger. Bien sûr, il y a de la dureté dans les situations et de la crudité – parfois extrême – dans les dialogues de cette œuvre ouvrant de vertigineux abîmes, mais sonnant juste et fort. Une œuvre âpre, donc, dérangeante parfois, mais portée avec une énergie presque éruptive et refusant de se laisser happer par le glauque. Un film libre, pas forcément parfait, s’autorisant de drôles d’embardées. Il en émane pourtant une vitalité hors du commun, insufflée par la cinéaste et une troupe d’acteurs galvanisés par l’improvisation partielle de leur jeu. Karine Viard, Marina Foïs, Joey Starr, Nicolas Duvauchelle, Jérémie Elkaïm, Frédéric Pierrot ou, dans un autre registre, Wladimir Yordanoff : tous sont épatants. Polisse s’impose comme une œuvre aussi haletante que débordante d’humanité, avançant coûte que coûte en dépit des menaces de déséquilibre permanent. À l’image de ces policiers vivant en véritable tribu, incapables de se quitter après le travail, formant parfois couple avec leurs collègues et traversant aussi de violents à-coups relationnels. Le jury présidé par Robert de Niro ne s’y est pas trompé, qui a tenu à décerner à la réalisatrice un très encourageant prix du jury. Polisse, une époustouflante plongée au cœur de la brigade des mineurs.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 17 novembre à 21h
vendredi 18 novembre à 14h (
séance scolaire ouverte à tous) & 21h

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 20 novembre à 17h
lundi 21 novembre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 20 novembre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 22 novembre à 20h30

 

 

Du 09 au 15 novembre (2 films) 5 octobre, 2011

Classé dans : Archives — Moïse @ 15:56

 

L’EXERCICE DE L’ÉTAT

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Film de Pierre Schoeller (drame / politique – France – 2011 – 1h52)
Avec Olivier Gourmet, Michel Blanc, Zabou Breitman…

Le ministre des Transports Bertrand Saint-Jean est réveillé en pleine nuit par son directeur de cabinet. Un car a basculé dans un ravin. Il y va, il n’a pas le choix. Ainsi commence l’odyssée d’un homme d’État dans un monde toujours plus complexe et hostile. Vitesse, lutte de pouvoirs, chaos, crise économique… Tout s’enchaîne et se percute. Une urgence chasse l’autre. A quels sacrifices les hommes sont-ils prêts ? Jusqu’où tiendront-ils, dans un État qui dévore ceux qui le servent ? Voici L’Exercice de l’État et, sous ce titre d’une austère dignité, le talentueux et entêté Pierre Schoeller s’attaque à une réalité chaotique, fiévreuse, brouillonne. La politique. Sous les ors des ministères et des palais de la République, on court après le pouvoir et on change de pouvoir après lequel courir. Là où l’on devrait gouverner, on cherche le gouvernail. Regardez Bertrand Saint-Jean (Olivier Gourmet), le ministre des Transports. Il se bat pour un gros dossier, s’engage et se voit désavoué par son confrère du Budget. Saint-Jean se démenait pour des idées, il va falloir qu’il se débrouille pour sauver sa peau, en trouvant, par exemple, une ville à conquérir pour son parachutage aux municipales. Ravalant sa puissance comme son impuissance, le ministre endosse, sur tous les fronts, tous les rôles : impressionnant général en chef, bon petit soldat, sale tireur embusqué, sympathique héros sacrifié au combat, déserteur pitoyable… Est-ce ainsi que les hommes politiques vivent ? Jamais, en tout cas, on n’a trouvé cela si convaincant au cinéma. L’Exercice de l’État entre de plein fouet dans une matière bien plus intéressante qu’une reconstitution du décorum politique : la politique au quotidien, là où elle se fait, en marge des guerres de partis. Le carburant du film, c’est le travail, les relations de ce ministre des Transports avec ses collaborateurs. Un directeur de cabinet (Michel Blanc), une chargée de communication (Za­bou Breitman), des conseillers, et aussi un chauffeur, chômeur de longue durée, recruté dans le cadre d’un contrat initiative emploi. L’Exercice de l’État est un film en tension constante, et c’est sa grande réussite. Musique tonitruante sur image de ministère feutré, sms s’affichant sur l’écran, visions de rêve ou de cauchemar hantant Saint-Jean, parole politique dans tous ses états: toutes sortes de matériaux sonores et visuels se télescopent pour créer une matière cinématographique dense, originale. Avec un regard inquiet, Pierre Schoeller nous montre la politique sous un jour parfois presque désespérant, mais toujours passionnant. Ce film-là manquait. Il nous comble.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 10 novembre à 21h
vendredi 11 novembre à 21h

Vernoux (salle du lac) :
dimanche 13 novembre à 17h
lundi 14 novembre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 13 novembre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 15 novembre à 20h30

 

LES AVENTURES DE TINTIN:

LE SECRET DE LA LICORNE

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Film de Steven Spielberg (animation / aventure – USA – 2011 – 1h47 – V.F.)
Avec Jamie Bell, Andy Serkis, Daniel Craig, Gad Elmaleh…

Film tout public à partir de 6 ans

Parce qu’il achète la maquette d’un bateau appelé la Licorne, Tintin, le jeune reporter, se retrouve entraîné dans une fantastique aventure à la recherche d’un fabuleux secret. En enquêtant sur une énigme vieille de plusieurs siècles, il contrarie les plans d’Ivan Ivanovitch Sakharine, un homme diabolique convaincu que Tintin a volé un trésor en rapport avec un pirate nommé Rackham le Rouge. Avec l’aide de Milou, son fidèle petit chien blanc, du capitaine Haddock, un vieux loup de mer au mauvais caractère, et de deux policiers maladroits, Dupond et Dupont, Tintin va parcourir la moitié de la planète, et essayer de se montrer plus malin et plus rapide que ses ennemis, tous lancés dans cette course au trésor à la recherche d’une épave engloutie qui semble receler la clé d’une immense fortune… et une redoutable malédiction. De la haute mer aux sables des déserts d’Afrique, Tintin et ses amis vont affronter mille obstacles, risquer leur vie, et prouver que quand on est prêt à prendre tous les risques, rien ne peut vous arrêter… Il y a des associations qui sonnent comme une évidence, des réunions d’artistes hors normes continuant à concrétiser leurs rêves d’enfant. Hergé, Steven Spielberg, Peter Jackson. Deux des cinéastes les plus influents de l’histoire du cinéma rendant hommage à l’auteur de bande dessinée par excellence. Le public ne pouvait rêver mieux pour ces aventures de Tintin. Le pouvoir de l’imaginaire a été l’une des clés de la réussite de Steven Spielberg, auteur majeur et référence du cinéma d’aventures depuis de nombreuses années. On parle souvent de ses héritiers mais il reste le maître absolu de l’enchantement. Si l’aspect graphique des personnages restera dépendant du goût de chacun, tout le monde s’accordera sur un point. Le cinéaste pousse l’art du plan dans ses retranchements. Ce film est un terrain de jeux foisonnant où l’infiniment petit communique avec l’infiniment grandiose. Le film est d’une richesse incroyable dans son utilisation du champ d’action et Steven Spielberg orchestre un dialogue perpétuel entre premier et arrière-plan. Le dialogue est constant entre les différentes strates. Les fans reconnaîtront surtout la marque de fabrique du réalisateur à chaque scène. Au risque de se répéter, Steven Spielberg se livre à un jeu habile d’auto-référencement et cite Les Dents de la mer ou Indiana Jones et la dernière croisade, quelquefois à la limite du plagiat. Lorsque l’on a du génie comme ces deux hommes, il n’est pas interdit de puiser dans son propre travail. Si le cinéaste offre une vision très personnelle et laisse son empreinte d’auteur sur tout le long-métrage, le respect au travail d’Hergé est quasi-total. Les personnages créés il y a quatre vingt ans sont identiques à leurs versions grand écran : Tintin est un jeune reporter affûté et intuitif, Milou est un chien malicieux et le Capitaine Haddock, un ivrogne au grand coeur adepte des injures colorées. Manque uniquement le Professeur Tournesol…. En adaptant trois bandes dessinées d’Hergé (Le Secret de la Licorne, Le Trésor de Rackham le rouge et Le Crabe aux pinces d’or), Spielberg parvient à imprimer une construction rythmique virevoltante en vénérant à leur tour les grandes séquences inventées par Hergé. Du générique de début en mode Arrête-moi si tu peux aux scènes d’action, Les Aventures de Tintin: Le secret de la Licorne reste un divertissement haut de gamme où le talent naturel des artistes en place suffit à convaincre.


Lamastre
(centre culturel) :
vendredi 11 novembre à 17h30
samedi 12 novembre à 20h30
mardi 15 novembre à 14h (
séance scolaire ouverte à tous)

Vernoux (salle du lac) :
mercredi 09 novembre à 14h (séance ouverte à tous, en partenariat avec le centre de loisir « les copains d’abord »)
lundi 14 novembre à 17h30

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 13 novembre à 17h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
samedi 12 novembre à 17h30

 

 

Du 02 au 08 novembre (2 films) 4 octobre, 2011

Classé dans : Archives — Moïse @ 14:53

 

ET MAINTENANT ON VA OU?

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Film de Nadine Labaki (comédie dramatique – France – 2011 – 1h50)
Avec Nadine Labaki, Claude Msawbaa, Leyla Fouad…

Des femmes vêtues de noir avancent vers un cimetière. En dansant… Au bord des tombes, le cortège se scinde : les unes se dirigent vers les croix, les autres vers les croissants. C’est l’ouverture, impressionnante, du deuxième film de la Libanaise Nadine Labaki, quatre ans après les séduisants portraits de femmes entre elles de Caramel. Les héroïnes de Et maintenant, on va où ? sont, elles aussi, des résistantes : toutes ont survécu aux deuils, à la violence, à la haine de la guerre civile, dans un village de montagnes entouré de mines où la paix reste précaire. Le pays n’est jamais identifié – même si l’on pense très fort au Liban -, pour donner une portée universelle à une fable futée et surprenante. Car les femmes, lassées de pleurer leurs morts, sont prêtes à tous les mensonges (on vous laisse le plaisir de découvrir lesquels) pour distraire leurs maris, fils et frères de leurs pulsions bellicistes. Le tout avec l’aide, inattendue et drôle, d’un imam et d’un curé, plus tolérants que leurs ouailles masculines. Burlesque pur qui bascule soudainement dans le tragique, scènes de café naturalistes qui se transforment en univers en-chanté à la Demy : le charme du film doit beaucoup aux ruptures de ton osées par Nadine Labaki et sa troupe – énergique – de comédiens. Ce mélange de fantaisie et de gravité est, parfois, un peu foutraque, mais terriblement attachant. Tourné à l’automne 2010, Et maintenant on va où ?, présenté au Festival de Cannes, dans la section Un certain regard, est apparu comme une hirondelle cinématographique annonçant le printemps arabe.

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 03 novembre à 21h
vendredi 04 novembre à 21h

Vernoux (salle du lac) :
samedi 05 novembre à 17h
lundi 07 novembre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 06 novembre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 08 novembre à 20h30

 

CABEZA DE VACA

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Film de Nicolas Echevarria (historique / aventure – Mexique / Espagne – 1991 – 1h52 – V.0.S.T.)
Avec Juan Diego, Daniel Gimenez-Cacho, Roberto Sosa…

Nous sommes au milieu du XVIe siècle, à l’époque des conquistadors. Voulant gagner la Floride, une expédition espagnole se fait massacrer par les Indiens, 600 hommes y laissant leur vie, transpercés par les flèches. Une poignée de survivants échoue finalement en Louisiane, avec à leur tête Alvar Núñez, trésorier de l’expédition, dit “Cabeza de Vaca” (tête de vache). Depuis la Louisiane, ils vont errer vers l’ouest, de part et d’autre de ce qui sera la frontière américano-mexicaine, au gré de leurs rencontres avec les tribus indiennes. Plutôt que s’entêter dans la confrontation, Núñez va petit à petit apprendre la culture indigène, puis l’adopter, devenant guérisseur, et le seul conquistador de l’histoire passé côté indigène.Si les premières scènes du film laissent entrevoir un film d’aventures à grand spectacle, c’est une fausse piste. Cabeza de Vaca est dominé par des scènes intimistes avec peu de personnages, des décors naturels, un montage long, charriant une force d’incarnation et une vérité de nature quasi documentaire. On est plus proche de la vision d’un Werner Herzog ou du cinéma ethnographique que d’une fresque hollywoodienne. Les scènes de guérison et de chamanisme sont particulièrement saisissantes. Echevarría et son équipe ont trouvé le juste équilibre entre le spectacle et sa mise au service du sujet et des personnages. Dans la dernière partie, Núñez et ses compagnons sont retrouvés par une autre expédition espagnole. Le personnage s’est complètement attaché à sa nouvelle famille indienne tout en prenant pleinement conscience de la sauvagerie de son pays d’origine. Le vrai Núñez a fini par rentrer en Espagne, publiant ses rapports ethnographiques, puis s’éteignant à Séville en 1559. Ce film dont la première vertu est de nous enseigner un pan méconnu de l’histoire coloniale, et malgré ses 20 ans, sa beauté singulière et son propos sont sans âge… A découvrir sans hésitation!

Lamastre (centre culturel) :
mardi 08 novembre à 21h

Vernoux (salle du lac) :
samedi 05 novembre à 21h

 

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